Quand l’écorce craque par temps froid

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La gélivure apparaît en hiver, mais souvent on ne la remarque qu’au printemps. Photo: Bob Bricault, MSU Extension

Une gélivure est une fissure dans l’écorce d’un arbre qui paraît au cours de l’hiver, surtout sur un jeune arbre qui pousse dans un emplacement exposé au soleil. Quand l’air ambiant refroidit brutalement, passant de doux à glacial en seulement quelques heures, l’écorce peut éclater soudainement. Cette baisse subite de la température surprend l’arbre qui n’était pas encore préparé au froid. Les cellules de l’aubier, pleines de sève, prennent alors de l’expansion en gelant et l’écorce éclate, parfois avec bruit (on dirait un coup de fusil!).

La situation est toutefois plus compliquée qu’une simple baisse de température. La gélivure est généralement reliée à des blessures internes, notamment causées lors de la transplantation ou par des coups de tondeuse. (Voir Vos outils peuvent être les pires ennemis des jeunes arbres.) En effet, quand un jeune arbre est blessé, la pourriture (causée par des champignons microscopiques) s’installe souvent dans les parties endommagées, pourriture qui peut, par la suite, monter plus haut dans le tronc, l’affaiblissant et provoquant un filet de bois pourri sous l’écorce, invisible de l’extérieur. La gélivure a souvent lieu quand le bois pourri à l’intérieur du tronc, plein d’eau, prend rapidement de l’expansion sous l’effet du froid foudroyant, faisant pression sur l’écorce, qui alors se fissure subitement.

Pour cette raison, le traitement généralement recommandé pour prévenir les gélivures — soit d’emballer le tronc d’un tissu blanc ou pâle pendant l’hiver — n’est pas très efficace. Mieux vaut bien choisir un arbre en santé et le planter en faisant très attention de ne pas endommager ses racines ou son tronc, que ce soit pendant la transplantation ou par la suite.

Certaines espèces sont plus sensibles aux gélivures que d’autres, notamment les pommiers, les hêtres, les noyers, les chênes, les platanes, les marronniers d’Inde, les saules et les tilleuls.

Que faire?

Il n’y a aucun traitement pour une gélivure: une fois qu’elle est là, elle est là pour longtemps. Il ne faut surtout pas essayer de stériliser la blessure ou d’appliquer une peinture ou pâte d’émondage: ces deux actions tendent à stimuler le développement de champignons nocifs. 

Si jamais l’écorce décolle, il faut couper cette partie pour permettre au cal de recouvrir la blessure. Ill.: extension.udel.edu & http://www.gov.mb.ca

Il arrive parfois que l’écorce se décolle en plus de fendre. Dans ce cas, oui, il y a une action à prendre. Avec un couteau bien aiguisé, enlevez la partie détachée. Et non, même avec cette blessure élargie, il n’est pas nécessaire d’appliquer une peinture ou pâte d’émondage.

Sinon, laissez simplement l’arbre faire son travail: il essaiera de sceller la plaie en formant une couche de cal pour la couvrir. Le cal se développera à partir de l’écorce qui longe la marge de la fente pour croître vers l’intérieur de la blessure, couvrant lentement la plaie. Le cal ne se formera pas au milieu de l’hiver, bien sûr, seulement pendant la saison de croissance.

Cette gélivure a fini par se fermer, mais seulement après plusieurs années. Photo: nhgardensolutions.wordpress.com.

Si le cal n’arrive à recouvrir la plaie la première année, ou si la plaie s’ouvre à nouveau en raison d’une autre séance de froid subit (un phénomène fréquent), l’arbre réessayera l’année suivante, et encore l’année qui suit, aussi longtemps qu’il le faut. Mais finalement, le cal couvrira entièrement la plaie.

Heureusement qu’en général la fente se referme relativement bien. La plupart des arbres atteints d’une gélivure vivent longtemps et en assez bonne santé après l’éclatement initial de leur écorce. Mais la blessure, sous forme d’une ligne droite sur le tiers inférieur du tronc, est souvent encore visible même des dizaines d’années plus tard. Et souvent aussi, on découvrira que l’arbre, arrivé à maturité, est creux, bien ce cela n’est pas un problème en soi. (Voir Un arbre creux? Pas de panique!

Par contre, si l’arbre était déjà faible ou en mauvais état avant l’apparition de la gélivure, il aura tendance à dépérir ou encore, à se développer faiblement. Mieux vaut alors songer à le remplacer. 

N.D.L.R. Texte adapté d’un billet originalement publié le 27 février 2015.

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