Le dernier arbuste à fleurir

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Hamamelis virginiana

Dans la plupart des régions, le dernier arbuste à fleurir est l’hamamélis de Virginie (Hamamelis virginiana). Dans la partie sud de son aire naturelle (il est indigène de l’Amérique du Nord, du Texas jusqu’à l’Île d’Orléans), il commence à fleurir quand les feuilles sont encore vertes, mais dans le Nord, il se met à fleurir après que son feuillage – devenu jaune doré plus tôt à l’automne – est tombé! C’est alors que l’arbuste est à nu que sortent les curieuses fleurs à quatre pétales, jaune pâle, en forme de lanières froissées. Elles sont délicieusement parfumées, d’une odeur vaguement citronnée, une senteur que vous connaissez déjà, sans doute, car l’essence d’hamamélis de Virginie est très utilisée dans les produits de beauté et les médicaments. Souvent la floraison dure 2 mois et plus, jusqu’en décembre!

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Fleurs d’hamamélis de Virginie.

Curieusement, les fleurs se referment en boule par temps froid et s’ouvrent de nouveau lorsqu’il n’y a plus de gel. Les capsules de graines restent tout l’hiver sur l’arbuste et ne mûrissent que l’automne suivant, explosant avec un bruit audible pour envoyer les graines au loin.

Cet arbuste est trouvé sporadiquement dans la nature dans le sud du Québec et dans les provinces limitrophes, soit aux limites nord de son aire de distribution naturelle, mais beaucoup plus abondamment dans l’est des États-Unis. Il est toutefois difficile à trouver en jardinerie: comme bien des plantes indigènes, il n’a pas la cote dans nos jardins. Si vous n’en trouvez pas localement au Québec, je vous suggère Au Jardin de Jean-Pierre, qui en a habituellement en stock. Comme cette pépinière est grossiste, votre jardinerie locale peut aussi commander des plants chez elle.

Plantez l’hamamélis au soleil ou à l’ombre (la floraison est toutefois plus intense au soleil ou à la mi-ombre) dans tout sol, riche ou pauvre, acide ou alcalin, même glaiseux ou détrempé. Dans la nature, il pousse souvent le long des cours d’eau et dans les marécages, mais un sol toujours humide n’est pas nécessaire. C’est un grand arbuste, de 3,5 à 6 m de hauteur et de diamètre si vous le laissez prendre sa pleine taille. Vous pouvez aussi l’utiliser comme petit arbre en supprimant quelques branches pour dégager un ou plusieurs «troncs». Zone de rusticité: 4b. En zone 4a, il survit, mais est parfois endommagé l’hiver.

Noisetier des sorcières

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Sourcier tenant une baguette d’hamamélis.

On appelle parfois l’hamamélis de Virginie (et d’ailleurs aussi les autres hamamélis) noisetier des sorcières. La première partie se comprend facilement: les feuilles de l’hamamélis ressemble beaucoup à celles du noisetier (Corylus spp.), même si les deux ne sont pas de proches parents. Mais pourquoi «des sorcières»? C’est que les sourciers (personnes qui recherchent de l’eau souterraine) utilisaient autrefois une baguette d’hamamélis comme outil divinatoire. Comme l’hamamélis pousse souvent près de l’eau, la croyance était que son bois avait une affinité pour l’eau. Ainsi le sourcier se promenait sur un terrain, baguette d’hamaélis à la main. Quand la baguette baissait d’elle-même, c’était signe qu’il devait y avoir une source souterraine à cet endroit. D’ailleurs, il existe encore des sourciers et plusieurs utilisent toujours une baguette d’hamamélis comme outil.

Que vous croyez ou non à l’efficacité divinatoire de la baguette d’hamamélis, le nom «noisetier des sourciers» lui est resté, devenant avec le temps «noisetier des sorcières». Voilà l’explication!

Pour les autres espèces, une floraison hivernale

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Hamamelis x intermedia ‘Diana’

L’hamamélis de Virginie est le seul hamamélis qui fleurit à l’automne. Les autres espèces (les plus connues sont H. vernalis, H. japonica et H. mollis, ainsi que l’espèce hybride H. x intermedia) fleurissent plutôt l’hiver, entre janvier et mars, selon le climat. Leur rusticité faible limite leur utilisation au Québec aux régions les plus chaudes, mais vous pouvez les essayez en zone 5b. Le problème est alors que, même si l’arbuste survit au froid, il n’arrive pas toujours à fleurir, car les boutons floraux sont présents tout l’hiver et peuvent alors geler. Le succès est beaucoup plus assuré dans les zones 6 à 9. Il en existe plusieurs cultivars aux fleurs jaunes, orange ou rouges.

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