Le cactus qui a fait le tour du globe!

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Le cactus-gui (Rhipsalis baccifera) est le cactus le plus répandu au monde… mais il ne ressemble pas trop à l’image qu’on se fait d’un cactus! Source: http://www.gardentags.com

Tout article le moindrement sérieux écrit sur les cactus mentionne qu’ils sont strictement endémiques du Nouveau Monde, à une exception près: le cactus-gui (Rhipsalis baccifera, syn. R. cassutha).

Mais vous êtes-vous déjà demandé comment cette espèce a réussi à voyager du Nouveau Monde (elle est largement répandue en Amérique centrale et du Sud, dans les îles des Caraïbes et même en Floride) jusqu’au Vieux Monde, où on la trouve notamment à Madagascar, au Sri Lanka, très localement en Inde et dans la plupart des pays d’Afrique tropicale? Je vais vous l’expliquer dans cet article, mais d’abord, jetons un coup d’œil à la plante elle-même.

Du spaghetti vert

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Dans la nature, le cactus-gui pousse dans les arbres. Source: Reinaldo Aguilar, tropical.theferns.inf

Oui, le cactus-gui ressemble vraiment à du spaghetti vert à l’état sauvage: de longues tiges tubulaires vertes retombant en pluie des arbres (c’est une plante épiphyte). Parfois, il pousse aussi sur les falaises. On le trouve à diverses altitudes, du niveau de la mer jusqu’à la forêt de nuages. Et seriez-vous surpris d’apprendre que les Américains l’appellent parfois spaghetti cactus?

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Le gui (Viscum album) produit des baies blanches presque identiques à celles du cactus-gui et a aussi des tiges vertes, mais produit aussi des feuilles, ce que le cactus-gui ne fait pas. Source: H. Zell, Wikimedia Commons

Et comme le nom commun le suggère, il ressemble aussi au gui (Viscum album), qui est également un épiphyte aux tiges pendantes. La ressemblance est surtout évidente quand le cactus est orné de baies blanches rondes quelque peu translucides très semblables à celles que le gui produit. La différence est que le cactus-gui n’a pas de feuilles (autres que ses cotylédons, présents très temporairement à la germination), alors que le vrai gui en a toujours. Les deux espèces se propagent même de la même manière, d’arbre en arbre: les oiseaux mangent les baies des deux et excrètent les graines. Quand leurs fientes tombent sur d’autres branches, les graines germent!

Bien sûr, les deux plantes ne sont pas du tout apparentées. Le gui est une plante parasite de la famille des Santalacées, tandis que le cactus-gui est un véritable cactus, portant alors des aréoles (petits coussins duveteux), une caractéristique unique aux cactus. Dans le cas du cactus-gui, cependant, les poils sont petits, doux et tombent souvent avec le temps.

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Baies de cactus-gui. Notez aussi les poils sur les jeunes tiges qui tombent lorsque les tiges sont matures, les laissant lisses. Source: http://www.taylorgreenhouses.com

Le cactus-gui produit de petites fleurs blanches en forme d’étoile, souvent en hiver. Elles sont assez jolies, mais trop petites pour être frappantes. Elles sont remplacées par des baies sans qu’aucune pollinisation soit nécessaire. Ces dernières passent du vert au blanc translucide (ou au rose ou rouge dans le cas de certaines sous-espèces) au fur et à mesure qu’elles mûrissent. Elles persistent plusieurs mois sur la plante.

Comment le cactus-gui a-t-il fait le tour du monde?

Il existe quatre théories sur la manière dont le cactus-gui a réussi à se propager aux quatre coins du globe tropical. Les voici :

Théorie 1

La plante serait une introduction récente dans le Vieux Monde, ayant été importée en Afrique par des marins au XVIsiècle avant de se répandre dans la nature. La raison pour laquelle les marins auraient transporté un cactus-gui d’un continent à un autre n’est pas claire: la plante n’est pas particulièrement utile, car les baies sont comestibles, mais pas très bonnes au goût et offrent peu d’utilisations médicinales. Peut-être voulaient-ils s’embrasser sous le gui au jour de l’An?

C’est une théorie à laquelle peu de botanistes modernes croient, pour deux raisons.

Premièrement, si le cactus-gui avait été introduit récemment (le 16siècle équivaut à quelque chose comme une nanoseconde sur l’échelle de l’évolution!), il aurait une distribution limitée et se trouverait probablement principalement autour des ports africains. Or, il est largement répandu et surtout commun au centre du continent africain.

Deuxièmement, les sous-espèces présentes en Afrique ne sont pas les mêmes que celles présentes dans le Nouveau Monde. Prenons R. baccifera horrida, trouvé à Madagascar, comme exemple.

Cette variété est très différente de l’espèce type, avec des tiges plus courtes et plus épaisses, des fleurs plus grosses et une bonne couverture de poils sur les tiges matures alors que celles des cactus-gui du Nouveau Monde sont plutôt lisses. Aussi, elle croît sur des rochers plutôt qu’en épiphyte, au plein soleil tropical plutôt que dans la jungle et tolère bien la sécheresse. Même le nombre de chromosomes diffère. Tant de divergences de l’espèce type suggèrent que cette plante a subi des centaines de milliers, voire des millions d’années d’évolution indépendante, pas seulement 500 ans (du 16siècle à aujourd’hui).

Pour ces raisons, la théorie du transport par bateau ne plaît pas trop à la communauté scientifique.

Théorie 2

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Dérive des continents. Source: http://www.clipartmax.com

Cette théorie suggère que R. baccifera serait une espèce très ancienne et qu’elle aurait déjà été présente sur le supercontinent Gondwana avant la dérive des continents, il y a environ 130 millions d’années, quand l’Afrique et l’Amérique du Sud se sont séparées. Donc, notre petit cactus n’aurait pas eu à voyager, il aurait simplement suivi le mouvement des continents au cours des millénaires.

Il serait difficile de prouver ou de réfuter cette théorie en se basant sur l’évidence physique, car les cactus ne laissent tout simplement pas de fossiles. Cependant, aujourd’hui, des estimations de l’antiquité d’une espèce peuvent être faites sur la base d’études moléculaires. Et les estimations les plus récentes tendent à suggérer que, contrairement à l’idée que les cactus soient des plantes anciennes originaires du Gondwana, la famille serait plutôt assez moderne et aurait évolué dans le Nouveau Monde il y a 35 à 30 millions d’années, bien après la dérive des continents. Et d’ailleurs, l’espèce R. baccifera serait d’évolution plus récente encore, apparue probablement il y a moins de 25 millions d’années.

Encore une fois, bien que l’état des connaissances scientifiques ne permette pas de le confirmer, la tendance actuelle est de considérer les cactus comme une famille végétale très jeune, originaire du Nouveau Monde… et de calculer alors que la dérive des continents n’a pas été un facteur dans la dispersion de Rhipsalis baccifera.

Théorie 3

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Distribution actuelle du cactus-gui (Rhipsalis baccifera). Est-ce qu’un oiseau aurait pu le transporter vers l’Ancien Monde? Source: IUCN Red List, Google Maps, montage: jardinierparesseux.com

La troisième théorie suggère que ce sont des oiseaux migrateurs qui auraient traversé l’océan Atlantique ou l’océan Pacifique avec les graines de R. baccifera dans leur intestin et les auraient alors déposées avec leurs fientes en Afrique, établissant ainsi une nouvelle population dans l’Ancien Monde.

Le défaut de cette théorie est que les oiseaux frugivores ne survolent généralement pas de telles étendues d’eau… encore moins sans déféquer pendant le voyage! (Peut-être que l’oiseau transporteur était constipé?) Cela impliquerait probablement que le pauvre volatile y aurait été transporté de force par une forte tempête. Ou peut-être qu’il y a plusieurs millions d’années, il existait des oiseaux frugivores migrateurs qui traversaient régulièrement l’océan, espèces qui n’existeraient plus.

Bien sûr, il faut dire que l’océan Atlantique Sud était beaucoup plus étroit à l’époque où les premiers Rhipsalis ont probablement évolué, rendant le voyage dans cette direction un peu plus plausible. (Le Pacifique aurait au contraire été beaucoup plus large qu’aujourd’hui, rendant un déplacement dans cette direction moins probable.)

Et il aurait également pu y avoir un transfert progressif, d’île en île. D’ailleurs, le cactus-gui s’est montré bien capable de s’étendre à des îles assez distantes. Cela explique pourquoi on trouve des cactus-gui sur des îles éloignées des côtes de l’Afrique comme l’île Maurice et les Seychelles. D’ailleurs, comment expliquer autrement l’existence d’une population de Rhipsalis baccifera sur la côte est de l’Inde et sur l’île de Sri Lanka, à quelque 5 000 km du continent africain, sinon par des sauts d’île en île à travers l’océan Indien?

La théorie du transport des graines de Rhipsalis par des oiseaux demeure la préférée des scientifiques.

Théorie 4

Cette dernière théorie est de mon cru. Des extraterrestres anciens auraient déplacé, il y a des millions d’années, des plantes de cactus-gui d’Amérique du Sud en Afrique tout simplement dans le but d’emmerder les scientifiques qui essayeraient de comprendre comment R. baccifera s’est déplacé d’un continent à l’autre.

Quoi? Vous ne l’acceptez pas? Permettez-moi de me sentir un peu offusqué!

Cultivez votre propre cactus-gui

Voici quelques détails sur l’entretien de R. baccifera pour ceux d’entre vous qui voudraient tenter l’expérience de le cultiver.

Soins de base

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Le cactus-gui est souvent cultivé en suspension. Source: Robin Clark, http://www.pinterest.ca

En raison de sa nature nettement retombante (les tiges peuvent mesurer jusqu’à 1,8 m de long), le cactus-gui est bien évidemment un excellent choix pour la culture en panier suspendu ou peut-être en jardinière murale.

C’est une plante très facile à cultiver, bien adaptée aux conditions typiques de nos demeures. Mais ne traitez pas le cactus-gui comme un «cactus», même s’il en est un. Il vient de forêts tropicales humides (jungles) et n’appréciera pas les conditions sèches que préfèrent les cactus de climat aride qu’on connaît si bien. Ses soins ressembleraient davantage à ceux donnés au cactus de Noël (Schlumbergera russelliana et S. x buckleyi) et au cactus d’automne (S. truncata).

Plantez-le dans un terreau pour plantes d’intérieur tout à fait ordinaire (vous pouvez aussi utiliser un mélange pour orchidées, mais ce n’est pas nécessaire) et maintenez le terreau un peu humide en arrosant abondamment dès que le sol est sec au toucher. Une lumière vive, y compris quelques heures de soleil matinal, est préférable, mais vous devrez peut-être le retirer des fenêtres chaudes qui font face au sud pendant les mois d’été. Fertilisez-le légèrement au printemps et au début de l’été. Les températures intérieures lui conviennent toute l’année, mais il peut aussi facilement tolérer des températures plus basses, soit de 15 °C ou même moins.

Logiquement, étant donné qu’il provient d’un environnement humide (la jungle), une humidité atmosphérique élevée semblerait vitale, mais il est en fait assez indifférent à l’air sec.

Le cactus-gui aime passer l’été en plein air. Je suspends tout simplement le mien à une branche d’arbre à cette saison, là où la lumière du soleil est filtrée à travers les feuilles, comme dans la nature.

Notre cactus est facile à multiplier par boutures de tige (parfois, il produit des racines aériennes et s’installe tout seul dans les pots environnants!) et est étonnamment facile à faire pousser à partir des petites graines noires qu’on prélève dans ses baies.

Dans l’ensemble, le cactus-gui est parmi les plantes d’intérieur les plus faciles à cultiver!

D’autres variétés

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Quelques exemples de rhipsalis divers. Source: worldofsucculents.com

Il existe actuellement quelque 35 espèces de Rhipsalis, toutes de culture facile à assez facile. Certains rhipsalis ont des tiges arrondies, d’autres aplaties, d’autres presque carrées, vertes ou rougeâtres, poilues ou lisses. Les rhipsalis peuvent être dressés, arqués ou retombants, avoir des fleurs blanches ou roses, des fruits verts, blancs, roses ou rouges. Cela dit, il existe une grande confusion quant à l’identification des divers rhipsalis sur le marché et les plantes en jardinerie sont souvent mal étiquetées… ou ne portent aucune étiquette d’identification du tout.

Vous trouverez des producteurs spécialisés sur Internet, du moins en Europe et aux États-Unis. (En France, par exemple, Kuentz offre un certain choix.) Au Canada, vous devriez pouvoir en trouver dans votre jardinerie locale. Sinon, visitez un spécialiste des plantes succulentes comme Le Cactus Fleuri.

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Les plantes de Noël autour du monde

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Il y a différentes plantes associées à Noël à travers le monde. Source: jardinierparesseux.com

Je pense que je peux dire sans me tromper que la plante de Noël la plus populaire en Amérique du Nord est le poinsettia (Euphorbia pulcherrima): les magasins en regorgent à cette saison! Mais d’autres plantes aussi sont populaires: le cactus de Noël (Schlumbergera spp.), le kalanchoé de Noël (Kalanchoe blossfeldiana), l’amaryllis (Hippeastrum spp.), le piment de Noël (Capsicum annuum), le cerisier de Jérusalem (Solanum pseudocapsicum), la fougère givrée (Selaginella martensii ‘Frosty’), le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla) et, bien sûr, le sapin de Noël (Abies balsamea et autres). Depuis quelques années, le thé des bois, aussi appelé gaulthérie couchée (Gaultheria procumbens), s’est ajouté à la liste.

Mais les plantes de Noël diffèrent autour du monde. Jetons un coup d’œil sur ce qu’il se passe ailleurs.

Nouvelle-Angleterre

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Polystichum acrostichoides. Source: Krzysztof Ziarnek, Kenraiz

En plus des plantes précitées, j’ajouterais à la liste des plantes de Noël le polystic faux-acrostic (Polystichum acrostichoides), qu’on appelle aux États-Unis «Christmas fern» (fougère de Noël), car ses frondes sont persistantes et peuvent servir dans la fabrication de guirlandes et de couronnes. La même fougère pousse aussi au Québec, mais nous ne semblons pas l’utiliser comme décoration de Noël.

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Ilex verticillata Berry Poppins®. Source: Proven Winners.

Les branches de houx verticillé (Ilex verticillata), à feuilles caduques, donc sans feuilles à Noël mais chargées de baies rouges, sont fort appréciées dans les arrangements de Noël dans cette région. Encore une fois, cette plante pousse également chez nous et les branches sont parfois vendues dans les boutiques des fleuristes, mais elles ne semblent pas spécialement associées au temps des Fêtes au Québec.

En Europe

En général, les plantes présentées dans le premier paragraphe (poinsettias, cactus de Noël, kalanchoé de Noël, etc.)  sont populaires en Europe aussi, bien que le poinsettia, qu’on appelle étoile de Noël en France, ne domine pas le paysage à Noël comme il le fait de l’autre côté de l’Atlantique. Mais il y a d’autres plantes associées avec Noël (et le jour de l’An) qui sont plus propres à l’Europe.

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Ilex aquifolium. Source: AnemoneProjectors, Wikimedia Commons

Par exemple, le houx (Ilex aquifolium), un symbole de Noël très important, est un arbuste ou même un grand arbre aux feuilles persistantes dentées et aux fruits rouges qu’on cultive dans bien des jardins de l’Ancien Monde.

Nous le connaissons au Québec, mais surtout sous la forme de cartes de Noël et de guirlandes de plastique, car les houx à feuillage persistant sont rarement assez rustiques pour notre climat et ceux qui le sont sont de petits arbustes frileux généralement emballés de géotextile à Noël et donc inaccessibles.

En Europe, par contre, les branches de houx sont utilisées abondamment à Noël. On les fixe aux portes et aux fenêtres des maisons. Aujourd’hui, on prétend que c’est en guise d’invitation, mais en fait, cette tradition relève d’une vieille croyance selon laquelle ces branches empêchaient les mauvais esprits d’entrer.

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Bouquet de gui suspendu. Source: mistletoematters.wordpress.com

La tradition d’utiliser du gui (Viscum album) — avec ses petits fruits ronds blancs translucides — comme décoration du jour de l’An est encore très répandue sur le Vieux Continent et date d’ailleurs de l’époque des druides, mais peine à survivre en Amérique. C’est que le gui, une plante parasite qui vit aux dépens de son arbre hôte, ne pousse pas dans le nord-est du continent nord-américain, et qu’on ne peut même plus obtenir des branches de gui fraîches. Il y a quand même des guis nord-américains similaires, notamment dans le genre Phoradendron, qui sont présents dans le sud et l’ouest de l’Amérique du Nord, mais la tradition de s’embrasser sous le gui se perd néanmoins en Amérique alors qu’elle est plus tenace en Europe.

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Couronne d’Hedera helix. Source: bcinvasives.ca

Le lierre européen ou lierre anglais (Hedera hélix) est la guirlande traditionnelle des Fêtes en Europe. On en décore copieusement les maisons à Noël… et pourquoi pas, puisque cette grimpante à feuillage persistant pousse abondamment partout! Cette tradition ne semble jamais s’être établie en Amérique du Nord, sans doute parce que le lierre n’y est pas indigène, mais qu’il y existe surtout comme plante d’intérieur, plus rarement comme grimpante ou couvre-sol en plein air, et est donc de distribution beaucoup plus limitée.

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Rose de Noël (Helleborus niger). Source: 4028mdk09, Wikimedia Commons

La rose de Noël (Helleborus niger), qui n’est pas du tout un rosier (Rosa sp.), mais plutôt une plante vivace, est la plante de Noël dans le sud-est de l’Europe, là où l’Église orthodoxe domine. Leur Noël a lieu au milieu de janvier quand cette vivace est en fleurs: c’est la première fleur de l’année, d’ailleurs. On l’utilise surtout en plate-bande, mais il s’en vend aussi des potées fleuries dans les jardineries. Ailleurs, cette plante fleurit trop tard pour être une plante de Noël: à Pâques ou même en mai au Québec!

En Europe, le «sapin de Noël» est souvent un épicéa (épinette) ou un pin, voire un genévrier ou un autre conifère, selon ce qui est disponible localement.

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Bûche de Noël. Source: maeclair.net

Dans beaucoup de régions d’Europe, la tradition de la bûche de Noël demeure profondément ancrée. Les Québécois seront surpris d’apprendre qu’il s’agit d’une véritable bûche, une grosse, qu’on allume en soirée la veille de Noël et qui brûle pendant tout la nuit et jusqu’au soir de Noël le lendemain. Au Québec — on ne sait pas trop comment —, la bûche est devenue un… gâteau!

Dans les Balkans, on appelle la bûche de Noël «badnjak» (ou «budnik», selon la langue locale) et c’est toujours un chêne (Quercus), symbole de longévité. Ceux qui n’ont pas de foyer où brûler une bûche vont souvent décorer leur appartement avec des brindilles de chêne.

Grèce et Moyen-Orient

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Couronne décorée de grenades (Punica granatum). Source: http://www.clubbotanic.com

La principale plante de Noël dans cette région est la grenade (Punica granatum), qui mûrit justement à cette saison. On en décore portes, foyers, tables, etc., autant avec le vrai fruit rouge qu’avec des grenades artificielles.

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Fragon faux houx (Ruscus aculeatus). Source: Dominicus Johannes Bergsma, Wikimedia Commons

D’autres plantes souvent utilisées dans les décorations sont le fragon faux houx (Ruscus aculeatus) et le buisson ardent (Pyracantha spp.), les deux au feuillage persistant vert et aux baies rouges. D’ailleurs, ces deux plantes sont utilisées de cette façon un peu partout dans le sud de l’Europe.

En Israël, on offre des branches d’olivier (Olea europaea) à Noël aux amis en symbole de paix.

Mexique

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Poinsettias en vente au Mexique dans un marché à Noël. Source: casita-colibri.blog

Le poinsettia (Euphorbia pulcherrima) est originaire du Mexique et est populaire dans ce pays, où on l’appelle «flor de Nochebuena» (fleur de la nuit sainte). On décore aussi avec le fragon faux houx et le buisson ardent, comme dans le sud de l’Europe, ainsi qu’avec des plantes locales qui sont attrayantes à Noël.

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Punch de Noël mexicain avec fruits de manzanita (Crataegus mexicana). Source: www.goya.com

La manzanita, aussi appelée tejocote ou manzanilla (Crataegus mexicana), une aubépine à gros fruits, est autre plante traditionnellement utilisée comme décoration de Noël dans bien des régions d’Amérique centrale. On enfile les fruits orange sur un fil comme guirlande et l’on s’en sert aussi pour produire le punch de Noël.

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Noche de Los Rábanos. Source: AlejandroLinaresGarcia, Wikimedia Commons

L’une des traditions les plus curieuses est cependant la Nuit des radis (Noche de Los Rábanos), fêtée dans la région d’Oaxaca, où l’on sculpte des radis et prépare des montages de radis pour le 23 décembre.

Amérique du Sud

De l’autre côté de l’Équateur, il y a une complication: les plantes fleurissent à la saison opposée à celle de l’hémisphère Nord, donc nos plantes de Noël fleurissent en général… six mois trop tard! Ainsi, le poinsettia est appelé «fleur de Pâques» (flor de pascua) dans bien des pays d’Amérique du Sud, car il fleurit à cette saison alors que notre cactus de Noël (Schlumbergera) est appelé «flor de Maio» (fleur de mai) dans son pays d’origine, le Brésil. En contrepartie, c’est notre cactus de Pâques (Hatiora gaertneri, anc. Rhipsalidopsis gaertneri) qui devient le «cactus de Navidad» (cactus de Noël) en Amérique du Sud. C’est littéralement le monde à l’envers!

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Faux-poivrier (Schinus terebinthifolius). Source:Javier Alejandro, flickr

À la place de «nos» fleurs de Noël, les Sud-Américains ont tendance à utiliser comme plantes des Fêtes des plantes indigènes qui fleurissent ou qui fructifient à la fin de décembre. Des branches de faux-poivrier (Schinus terebinthifolius et S. molle), connu dans le nord pour le poivre rose qu’il produit, sont par exemple utilisés pour décorer les églises et les maisons dans le temps des Fêtes, car elles sont remplies de petites baies rouges à cette saison.

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Orchidée de Noël vénézuélienne (Cattleya percivaliana), QuazDelaCruz,

Au Venezuela, c’est une orchidée qui annonce Noël: Cattleya perciviliana. Ailleurs en Amérique du Sud, c’est plutôt Angraecum sesquipedale, originaire de Madagascar, mais populaire dans plusieurs pays, qu’on appelle «orquídea de navidad» (orchidée de Noël) ou «estrella de Belén» (étoile de Bethléem) pour ses grosses fleurs étoilées blanches qui s’épanouissent à cette saison. Dans certaines régions d’Amérique du Sud, d’autres plantes à fleurs étoilées blanches qui fleurissent à la bonne saison portent le nom «estrella de Bélen», par exemple un bulbe appelé Ornithogalum umbellatum.

Au Paraguay, on décore la maison et les crèches de «flores de coco», soit les longues inflorescences parfumées d’un palmier, le coyol (Acrocomia aculeata), une tradition préchrétienne qui vient du peuple guarani indigène.

Asie

En général, le concept de Noël est relativement récent sur ce continent et c’est surtout une fête commerciale d’inspiration américaine. Il n’y a pas de plantes vraiment traditionnelles associées avec cette célébration, du moins, pas de longue date. La plupart des plantes de Noël sont donc des introductions récentes, généralement les mêmes plantes de Noël qu’on voit en Amérique du Nord (poinsettias, cactus de Noël, etc.). On voit, par exemple, des sapins de Noël dans les centres commerciaux, rarement chez les gens, et habituellement ils sont artificiels.

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Bambou céleste (Nandina domestica). Source: http://www.mailordertrees.co.uk

La population chrétienne au Japon est plus solidement établie que dans la plupart des pays asiatiques et a adopté la tradition du sapin de Noël, habituellement un véritable sapin ou un épicéa (épinette). Le bambou céleste, Nandina domestica, qui n’est pas un bambou du tout, mais un arbuste, décore les jardins à cette saison avec ses fruits écarlates et ses feuilles rouges. Le chrysanthème (Chrysanthemum morifolium), populaire en toute saison au Japon, l’est particulièrement à Noël aussi.

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Pomme imprimée portant un souhait de paix. Source: gbtimes.com

En Chine, on donne souvent une pomme emballée de papier de couleur ou avec une image imprimée sur son épiderme la veille de Noël, car le mot mandarin pour «veille de Noël», soit «nuit de paix» (Ping’an Ye), ressemble au mot pomme (píngguǒ).

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Palmier de Noël (Adonidia merrillii). Source: palmpedia.net

Dans les régions tropicales d’Asie, il y a le palmier de Noël (Adonidia merrillii), mieux connu sous son ancien nom, Veitchia merrillii, qui fait office de symbole de Noël. Avec son tronc trapu et ses frondes relativement courtes, il ressemble à un palmier royal nain… et il se décore de fruits rouges à Noël. Originaire des Philippines et de la Malaisie, ce palmier est maintenant cultivé un peu partout dans les tropiques, pas seulement en Asie.

Enfin, en Inde, le cyprès de Monterey doré (Cupressus macrocarpa ‘Goldcrest’) commence à se populariser comme sapin de Noël, mais autrement, cette fête est peu célébrée dans ce pays.

Afrique

Les traditions des plantes de Noël sont davantage établies dans le sud de l’Afrique que dans le centre et le nord, apportées dans cette région par les Européens qui s’y sont établis (notamment les Néerlandais et les Anglais).

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La « fleur de Noël » en Afrique du Sud est l’hortensia (Hydrangea macrophylla). Source: pxhere

Encore, les saisons étant inversées, leur choix de plantes de Noël est fort différent de celui des Européens et des Nord-Américains. Notamment, l’hortensia (Hydrangea macrophylla), bien connu dans l’hémisphère Nord pour sa floraison estivale, s’y appelle «Christmas flower» (fleur de Noël) et est probablement la plante de Noël la plus populaire! Par contre, on y trouvera quand même aussi des potées de poinsettias, les pépiniéristes locaux ayant réussi à les faire fleurir pour Noël en couvrant les serres de production de toiles noires à partir de 18 h pour assurer les jours courts nécessaires à l’initiation de leur floraison.

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Christmas bells (Sandersonia aurantiaca), une plante à bulbe. Source: http://www.alanjolliffe.com

Différentes plantes indigènes servent aussi de fleurs de Noël, notamment le «Christmas bush» (Pavetta spp.), les «Christmas bells» (Sandersonia aurantiaca) et le «Christmas berry» (Chironia baccifera) et aussi plusieurs plantes australiennes, car le climat des deux régions est similaire (lisez plus loin pour quelques exemples). Les Africains fêtent aussi Noël avec beaucoup de plantes qui sont pour nous des fleurs estivales, comme les marguerites, les roses et les zinnias.

Le sapin de Noël est bien populaire en Afrique du Sud, mais on utilise plutôt à cette fin des conifères adaptés aux conditions locales, comme le cyprès (Cupressus spp., notamment C. macrocarpa), le cryptoméria du Japon (Cryptomeria japonica) et divers pins (Pinus spp.).

Australie

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Sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Source: AlfredSin, flickr

En Australie, le «sapin» de Noël traditionnel est le sapin de Norfolk (Araucaria heterophylla). Si, dans l’hémisphère Nord, on l’utilise surtout comme plante d’intérieur et qu’il y dépasse rarement 1,5 m de hauteur, dans son Australie natale, il peut éventuellement atteindre jusqu’à 65 m de hauteur, soit l’équivalant de 20 étages! On utilise aussi d’autres conifères venant d’autres parties du monde comme arbres de Noël, notamment différents pins.

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Australian Christmas tree (Nuytsia floribunda). Source: JarrahTree, Wikimedia Commons

Et les Australiens ont leur propre «Australian Christmas tree» (arbre de Noël australien), Nuytsia floribunda, mais il ne s’agit pas d’un conifère, mais plutôt d’un feuillu. D’ailleurs, c’est un arbre parasite (ou plutôt hémiparasite, puisqu’il fait de la photosynthèse) qui soutire la majeure partie de son eau et de ses minéraux des plantes avoisinantes! Il produit des épis mousseux de fleurs jaune orange dans le temps des Fêtes.

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L’un des arbustes de Noël australiens (Ceratopetalum gummiferum). Source: gdaymateowyagoin, flickr

Aussi, chaque État australien semble avoir son propre «Christmas bush» (arbuste de Noël), toujours un arbuste indigène qui produit des masses de fleurs ou de fruits colorés à la bonne saison, dont Correa spp., Chromolaena odorata, Ceratopetalum gummiferum et Prosanthera laisanthos. Et plusieurs bulbes qui fleurissent à Noël sont populaires, notamment divers Blandfordia, qui portent le nom de «Christmas bells». Et l’Australie a aussi sa propre orchidée de Noël: Calanthe triplicata, une espèce indigène.

Nouvelle-Zélande

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Le New Zealand Christmas tree (Meterosideros excelsa). Source: Ed323, Wikimedia Commons

Parlez d’arbre de Noël à un Néozélandais et il pensera non pas à un conifère, mais au Meterosideros excelsa, un arbre feuillu au port arrondi, qui se couvre de fleurs plumeuses rouges à Noël. On l’appelle «New Zealand Christmas Tree» ou «pōhutukawa». Et l’alstroemère perroquet (Alstroemeria psittacina), un bulbe introduit qui produit des fleurs tubulaires rouges à pointe verte, est couramment cultivé sous le nom de «New Zealand Christmas Bells» (cloches de Noël néozélandaises).


Donc, où que vous voyagiez à travers le monde, il y a toujours des fleurs et des plantes associées à Noël. Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à m’en faire part à jardinierparesseux@gmail.com.20171224A HC

Où est passé le gui du temps des Fêtes?

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La belle tradition de s’embrasser sous le gui semble en voie de disparition!

Autrefois, on utilisait beaucoup le gui (Viscum, Phordendron et autres) comme décoration du temps des Fêtes. D’ailleurs, on accrochait une tige au plafond, car la tradition voulait qu’un homme et une femme qui se rencontraient sous le gui devait s’embrasser. Je me souviens d’avoir mis la tradition en pratique.

Je devais avoir 15 ou 16 ans et j’avais été invité à une fête de Noël pour les jeunes bénévoles d’une association, fête tenue dans le sous-sol d’une résidence privée, Évidemment, il y avait une tige de gui fixé au plafond. J’ai vite vu l’avantage de la situation et me suis installé tout près, question d’embrasser le plus de belles filles que possible. C’était généralement un petit bec de type fraternel, mais parfois un peu plus durable et un peu plus intense. En fait, j’ai eu mon premier «vrai baiser» sous cette tige de gui, rapidement suivi d’un second et d’un troisième. Dans ma vie d’adolescent, c’était encore plus efficace que le jeu de la bouteille pour se rapprocher d’une jeune fille!

Je tiens à souligner qu’il ne s’agit pas seulement d’un autre machisme sexiste. Je vous assure que certaines jeunes demoiselles se tenaient aussi près du gui que moi en espérant que le garçon de leur choix passe dessous… et j’ose même dire que certaines n’étaient pas très difficiles quant à leur choix. Donc, le système fonctionne dans les deux sens!

Je ne vois plus de gui

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On ne voit plus que du gui en plastique sur le marché!

Je n’ai pas vu de gui en vente à Noël depuis des années. En fait, depuis des décennies. Aucune des jardineries locales ne l’offrent. Je ne vois plus que du gui en plastique de nos jours! Qu’est-il arrivé avec le vrai produit?

J’espère qu’un de mes lecteurs saura, car j’aimerais bien comprendre pourquoi une tradition si intéressante liée aux plantes (et si pratique pour un ado très timide) soit en train de disparaître.

Peut-être que c’est le prix du produit qui est trop exorbitant? Car j’ai trouvé quelques sources sur l’Internet qui vendent une branche de gui… mais pour environ 15$ (10,5€), plus frais de livraison. Oui, pour une seule mince branche. C’est beaucoup trop cher!

(Aux Européens qui lisent cette chronique et se demandent pourquoi je ne vais pas tout simplement recommander aller couper du gui dans une forêt quelconque, il faut comprendre qu’il n’y pas de gui, autre que le gui nain, essentiellement invisible, dans le pays où je réside [le Canada]. Afin de pouvoir en cueillir, il faudrait que les Canadiens aillent en Europe ou au sud des États-Unis, ce qui coûterait encore bien plus cher que de faire venir une tige par la poste!)

Ou peut-être les gens ont banni le gui de leur demeure à cause de sa toxicité, car la plante est réputée toxique. Mais cela n’est pas logique non plus. Car les mêmes gens ne se gênent pas de décorer avec des tiges de houx (Ilex) alors que ses baies sont toxiques aussi. De toute façon, à la fois le gui et le houx ne sont que «légèrement toxiques», que ce soit pour les humains et les petits animaux. Manger quelques baies ne donnera qu’un petit mal de ventre.

Programme d’appréciation du gui

Je crois qu’il faudrait commencer une sorte de «programme d’appréciation du gui», sinon la tradition disparaîtra à jamais en très peu de temps.

Savez-vous reconnaître le gui?

Laquelle de ces 3 plantes est le gui?

Déplacez le curseur sur l’image pour voir si vous avez raison.

D’ailleurs, de moins en moins des gens savent reconnaître le gui. Mon expérience est que beaucoup de gens confondent le gui et le houx. Pourtant, les deux ne se ressemblent aucunement. Le gui a des feuilles lisses et relativement étroites et des baies blanches; le houx (ou du moins le type d’houx utilisé à Noël) a des feuilles coriaces, luisantes et piquantes ainsi que des baies rouges. Essayez le test Savez-vous reconnaître le gui? ci-dessous pour voir si vous êtes capable de les distinguer.

D’ailleurs, même sur l’Internet, si vous entrez le terme «gui de Noël» dans un moteur de recherche, au moins la moitié du temps on vous présentera une image de houx! C’est donc une confusion assez généralisée!

Ce qui m’inquiète surtout est que nos jeunes risquent de s’embrasser par accident sous une tige de houx. Quel faux pas social!

Quelques détails au sujet du gui

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On remarque surtout le gui (ici, Viscum album d’Europe) à l’automne et l’hiver, quand les arbres sont sans feuilles.

Maintenant que vous savez le reconnaître, voici quelques faits divers sur le gui qui pourraient peut-être aider à redorer son blason:

  • La tradition du gui comme plante de Noël est antérieure au christianisme. Les druides, entre autres, vénéraient le gui pour sa capacité à rester vert l’hiver, même lorsque toutes les plantes des environs perdaient leurs feuilles.
  • Le fait que le gui soit une plante médicinale et aussi un peu toxique n’est pas étranger à l’intérêt que les druides y portaient: ils voyaient dans les plantes médicinales et toxiques une grande puissance spirituelle.
  • On pense que la coutume de suspendre le gui à la fin de l’année provienne de la tradition druide de déposer les armes et d’échanger des salutations sous le gui.
  • Le gui est un hémiparasite. Il adhère à un arbre ou un arbuste au moyen d’un suçoir et vit des minéraux, des sucres, de l’eau, etc. contenus de la sève de son hôte. Il n’est toutefois pas un parasite total, car la plupart des espèces de gui font un peu de photosynthèse et ne dépendent donc pas totalement de leur hôte pour leur survie.
  • Le gui tue souvent la branche sur laquelle il se développe. Une infestation vraiment lourde, avec de nombreux guis, peut tuer l’arbre hôte.
  • Le gui des druides (Viscum album) est une espèce strictement européenne, mais il existe des espèces similaires (du genre Phoradendron) dans les régions tempérées chaudes de l’Amérique du Nord… et il y a des centaines d’espèces de gui dans les régions tropicales du monde entier.
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    Les oiseaux sont très friands des baies de gui.

    Le gui est diffusé par les oiseaux qui mangent les baies et transportent les graines par mégarde sur d’autres plantes hôtes. Souvent, les graines très collantes (notez le nom botanique Viscum qui veut dire visqueux) adhère au bec de l’oiseau qui essaie alors de les enlever en frottant son bec contre une branche. Les graines y restent collées et, si les conditions sont bonnes, germent et infestent le nouvel hôte. D’autres oiseaux avalent les graines tout rond et elles passent intactes à travers leur système digestif pour être déposées sur une branche dans leurs fientes.

  • Dans plusieurs régions où l’on fait de la récolte commerciale de gui (pour le marché de Noël ou pour l’industrie pharmaceutique), le gui est récolté en tirant sur la plante avec un fusil afin de la faire tomber de son arbre. D’autres cueilleurs utilisent un lance-pierre ou une grande échelle.
  • Le gui américain (Phoradendron leucarpum) est la fleur d’état de l’Oklahoma. Il ressemble beaucoup aux guis européens et est récolté lui aussi pour le marché des Fêtes.
  • Dans le nord de l’Amérique du Nord (y compris l’ensemble du Canada), le seul gui local est le gui nain (Arceuthobium spp.). Cette forme très petite pousse principalement à l’intérieur des tissus de son hôte, toujours un conifère, et provoque souvent la formation d’un balai de sorcière. La petite partie exposée à l’air est trop petite pour servir de décoration et d’ailleurs, passe généralement inaperçue.
  • Toutes les parties du gui sont toxiques… ce qui n’empêche pas les humains d’utiliser le gui en médecine. En Europe, les préparations à base de gui ont été approuvées pour traiter le cancer et même le SIDA.

Le gui: une plante des plus étranges, mais porteuse d’une longue et intéressante histoire d’utilisation. Il serait regrettable que la vénérable tradition du «gui du temps des Fêtes» disparaisse complètement.20161206a