Nouvelles espèces découvertes par les jardins de Kew en 2019

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Les chercheurs des jardins de Kew Gardens parcourent le monde à la recherche de nouvelles plantes. Ill.: http://www.vecteezy.com

Les chercheurs des vénérables jardins botaniques royaux de Kew, populairement appelés jardins de Kew, sont occupés à parcourir les forêts, les jungles, les garrigues et les déserts du monde entier à la recherche de nouvelles plantes. En 2019, les chercheurs et leurs partenaires ont publié officiellement la découverte de 102 plantes vasculaires venant de toute la planète.

Près de la moitié des espèces nommées cette année viennent d’Afrique et la plupart sont menacées d’extinction. Leur donner un nom est le premier pas vers leur conservation, car une plante qui n’est pas reconnue peut difficilement mériter une protection.

Voici 6 des espèces les plus intéressantes nommées en 2019. Certaines pourraient nous fournir de nouveaux aliments, matériaux ou médicaments.

Fleurs couleur bonbon

Cyrtandra vittata. Photo: Lynsey Wilson/RBG Kew

Celle-ci ferait une charmante plante d’intérieur, ne pensez-vous pas? C’est une spectaculaire nouvelle espèce de Gesnériacée (famille de la violette africaine), Cyrtandra vittata, qui a été découverte dans le nord de la Nouvelle-Guinée. C’est un arbuste de la forêt tropicale avec des fleurs rose vif à rayures rose pâle et des baies blanches qui seraient dispersées par les colombes et les pigeons.

Quand les scientifiques du jardin botanique royal d’Édimbourg ont récolté quelques tiges de cette plante inconnue, ils n’avaient pas la moindre idée de ce qu’ils avaient, car elle n’était pas en fleurs. Cependant, quand les boutures ont pris racine dans leur serre en Écosse, ils ont su qu’ils avaient quelque chose d’extraordinaire. C’était, en effet, une toute nouvelle espèce.

Cyrtandra vittata est l’une des quelque 800 espèces du genre Cyrtandra, qui vont de plantes herbacées basses à de petits arbres et se rencontrent de la Thaïlande à l’archipel hawaïen. La plupart des espèces se trouvent aux Philippines, à Bornéo ou en Nouvelle-Guinée.

Quand sûr devient sucré: un nouveau fruit miracle

Synsepalum chimanimani. Photo: Bart Wursten/RBG Kew

Synsepalum chimanimani, une nouvelle espèce de fruit miracle, a été découverte dans les forêts tropicales des montagnes Chimanimani à la frontière entre le Mozambique et le Zimbabwe en Afrique. Les fruits de ce fruit miracle ne sont que légèrement sucrés au goût, mais contiennent un composé appelé miraculine qui bloque les papilles gustatives de sorte que lorsque des aliments aigres sont consommés par la suite, tels que des citrons, ils ont un goût sucré.

C’est un petit arbre de seulement quatre mètres de hauteur avec des feuilles persistantes brillantes produites en petites grappes. Les rameaux produisent un latex blanc caoutchouteux une fois coupés. Moins de 40 espèces de Synsepalum sont connues, toutes issues des forêts tropicales africaines.

La nouvelle espèce a été jugée en voie de disparition, car elle n’existe que dans trois endroits, tous menacés de déforestation pour l’agriculture.

Une photo Facebook mène à la découverte d’une nouvelle espèce de perce-neige

Galanthus bursanus. Photo: D. Zubov/RBG Kew

Un nouveau perce-neige, Galanthus bursanus, du nord-ouest de la Turquie près de la ville de Bursa, a été découvert sur Facebook lorsqu’un pédiatre turc, le Dr Y. Konca, y a téléchargé ses photos de vacances.

Un chercheur ukrainien, le Dr Dimitri Zubov, a réalisé que le perce-neige était quelque chose d’unique: une espèce inconnue. Ils sont tous deux retournés pour trouver l’emplacement sur la photo, ont cueilli un échantillon de la plante et ont contacté le spécialiste des perce-neige de Kew, Aaron Davis.

Contrairement à la plupart des autres espèces de perce-neige, Galanthus bursanus fleurit non pas au printemps, mais en automne, et ce, sans ses feuilles. Ces dernières apparaissent au printemps, puis disparaissent l’été. Les fleurs sont très parfumées.

Malheureusement, le perce-neige a déjà été évalué comme en danger critique d’extinction en raison des menaces de collecte illégale, de l’extraction du marbre, du changement climatique et de l’expansion des terres agricoles.

Un glaïeul de montagne vivement coloré

Gladiolus mariae. Photo: Xander van der Burgt/RBG Kew

Le scientifique de Kew, Xander van der Burgt, a trouvé cette fleur orange vif sur une montagne à Kounounkan, en Guinée. Son aire est limitée à deux montagnes de la région: parmi les dernières qui n’ont pas encore été touchées par les humains. Il pousse dans un habitat libre d’incendies dans un pré alpin assez dégarni, peu couvert d’herbe.

Il l’a nommé pour sa femme, Maria. Alors, bienvenue à Gladiolus mariae!

À peine découvert, il pourrait aussitôt disparaître

Mischogyne iddii. Photo: Andrew R Marshall/RBG Kew

Avec seulement sept arbres connus sur la planète, le zonozono (Mischogyne iddii), un arbre tanzanien de 20 mètres de haut de la famille des corossols (Annonacées), est peut-être l’espèce la plus rare décrite cette année.

Il a été nommé par ses découvreurs, George Gosline et Andy Marshall, en l’honneur du botaniste tanzanien Iddi Rajabu. Sa découverte a été une surprise, car jusqu’alors le genre Mischogyne était uniquement connu en Afrique centrale.

L’espèce est évaluée comme en voie de disparition en raison du faible nombre d’individus, des menaces de coupe pour la fabrication de poteaux et de l’envahissement de son aire par un arbre introduit.

Herbe de haut volcan

Costularia cadetii. Photo: J Bruhl/RBG Kew

Croître en marge d’un volcan semi-actif n’est peut-être pas l’endroit le plus sûr au monde pour se développer, mais c’est bien l’habitat naturel de Costularia cadetii, une Cypéracée graminiforme. Elle pousse au sommet des volcans de l’île de la Réunion dans l’océan Indien. Bien que le premier signalement de cette espèce ait été noté en 1965, d’autres documents étaient nécessaires à son identification et elle n’a été officiellement nommée que cette année.

Isabel Larridon a nommé l’herbe en l’honneur de son collectionneur, Thérésian Cadet, un ancien professeur et passionné d’escalade de l’île. L’espèce est déjà classée en voie de disparition, car elle est limitée à cet habitat de haute altitude qui la met en danger à cause de l’activité volcanique, des incendies et du changement climatique.

Informations adaptées d’un article du Dr Martin Cheek, publié sur le site Web de Kew Gardens