Il faut plus que des asclépiades pour sauver les monarques!

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Papillon monarque (Danaus plexippus) visitant des fleurs d’aster. Source: LyWashu, Wikimedia Commons

En Amérique du Nord, le déclin du papillon monarque (Danaus plexippus), ce papillon migrateur orange aux nervures noires qui hiverne au Mexique et en Californie pour se rendre jusqu’au Canada l’été, est très médiatisé. Sa population décroît depuis au moins 50 ans et, à compter de 2008, la population a chuté de façon particulièrement draconienne, de 1 milliard de papillons à 93 millions.

Plusieurs autorités attribuent une bonne part de la responsabilité de ce déclin à l’agriculture moderne, car l’utilisation routinière d’herbicides sur une grande échelle crée de vastes superficies où il ne pousse rien d’autre que la culture en question (maïs, soya, etc.). C’est que les monarques ne peuvent vivre dans ces milieux qui n’offrent pas les végétaux dont ils ont besoin pour se nourrir.

De plus, plusieurs années de perturbations climatiques au Texas, État américain par lequel tous les papillons de l’Est de l’Amérique doivent passer, sont venues aggraver la situation. Sans parler de la coupe des forêts au Mexique où les monarques passent plusieurs mois en dormance chaque hiver et de l’utilisation sans discrimination d’insecticides un peu partout le long de leur parcours.

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D’après une étude récente faite par le Jardin botanique de Montréal, 67% des Québécois seraient prêts à faire une place aux papillons dans leur jardin si on leur expliquait comment faire. Source: Jardin botanique de Montréal.

Depuis quelques années, diverses associations qui font la promotion de la sauvegarde du monarque ont mis de l’avant l’idée de demander aux jardiniers amateurs de donner un coup de main à ces papillons en créant une oasis pour monarques sur leur terrain : une plate-bande chez eux où les papillons monarques seraient non seulement tolérés, mais où leur présence serait même encouragée. Si suffisamment de personnes créaient des plates-bandes de fleurs un peu partout sur la route que les papillons parcourent du Mexique jusqu’au sud du Canada, peut-être qu’on pourrait aider la population de monarques à récupérer!

Aussitôt dit, aussitôt fait!

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Chenille de monarque sur une asclépiade tubéreuse (Asclepias tuberosa). Source: Marshal Hedin, Wikimedia Commons

Beaucoup de gens ont compris au moins un des éléments de cette stratégie : qu’il faut planter davantage d’asclépiades (Asclepias spp.). En effet, les larves (chenilles) de monarques ne peuvent se nourrir que d’asclépiades (et des plantes du genre africain apparenté Gomphocarpus) : ce sont leur unique source de nourriture. Elles meurent si on leur offre quoi que ce soit d’autre.

L’idée que la sauvegarde du papillon passe par la culture d’asclépiades est devenue tellement populaire que la vente d’asclépiades est montée en flèche au Canada et aux États-Unis : on dirait que tout le monde en plante… et c’est bien ainsi. Beaucoup d’associations semblent d’ailleurs s’arrêter à l’idée que la plantation d’asclépiades est la solution au problème, mais c’est un peu plus compliqué que cela.

En fait, tout aussi importants que la plantation d’asclépiades pour nourrir les larves sont la plantation et le maintien des plantes nectarifères pour les adultes, et surtout des plantes qui fleurissent à la fin de l’été et à l’automne. Les monarques adultes, en effet, ne sont pas du tout limités aux fleurs d’asclépiade, mais se nourrissent d’une vaste gamme de fleurs nectarifères, indigènes et importées. Il leur en faut pendant toute la belle saison.

Pénurie de fleurs automnales

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Une oasis pour papillons monarques doit contenir une bonne variété de plantes nectarifères, surtout des espèces qui fleurissent en fin de saison. Source: jesusbranch.wordpress.com

Là où le problème se trouve le plus accentué est à la fin de l’été et à l’automne. C’est que, si au printemps la migration des monarques se fait en plusieurs générations, c’est-à-dire que les papillons «arrêtent» en chemin pour pondre et produire de nouveaux papillons qui continueront la route vers le Nord, et donc que les asclépiades sont essentielles pour nourrir les chenilles de la génération montante, le retour du Nord au Sud se fait dans une seule génération. Le même papillon né au milieu de l’été sur une asclépiade au Lac-Saint-Jean au Québec, à l’extrême nord de l’aire du monarque, doit voler par la suite jusqu’au centre du Mexique, soit à une distance de 4800 kilomètres. Tout au long de cette route, il a besoin de fleurs nectarifères.

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Les diverses routes de migration des monarques en Amérique du Nord et centrale. Source: Harald Süpfle, Wikimedia Commons

Pendant son vol vers le Sud, le papillon n’a plus spécifiquement besoin d’asclépiades, car la femelle ne pondra aucun œuf et il n’y aura aucune chenille qui doive se nourrir de feuilles d’asclépiade. D’autre part, ce ne sera qu’au mois de mars ou avril, soit 5 à 7 mois plus tard, quand les papillons monarques se réveilleront de leur dormance hivernale, que la recherche d’asclépiades recommencera.

D’ailleurs, certains scientifiques considèrent que, dans l’effort pour essayer de rétablir la population des monarques, la plantation de plantes nectarifères à floraison tardive est encore plus importante que la plantation d’asclépiades! (Consultez l’étude du Dr Anurag Agrawal de l’Université Cornell: Linking the continental migratory cycle of the monarch butterfly to understand its population decline.)

Créer une oasis pour les monarques chez vous

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Oasis de papillons monarques. Source: charismaticplanet.com

Si vous voulez créer une oasis pour les monarques chez vous, voici quelques considérations :

  1. Elle sera idéalement au plein soleil dans un endroit protégé du vent.
  2. Elle contiendra des asclépiades pour nourrir les chenilles et une bonne variété de fleurs nectarifères pour nourrir les adultes.
  3. Plus la plate-bande sera vaste, plus elle sera fréquentée (avez-vous vraiment besoin de cette mer de gazon qui entoure la plupart des maisons et qui est l’équivalent d’un désert pour les papillons?).
  4. Apprenez à accepter que certaines feuilles soient mâchouillées. (Il faut bien nourrir les chenilles!)
  5. Évitez de traiter votre oasis avec des produits toxiques pour les papillons, comme les insecticides, préférant des traitements doux s’il faut intervenir : jet d’eau, récolte manuelle, etc.

Plantes qui nourrissent les monarques

Pour nourrir les larves de monarque, il est clair qu’il faut absolument des asclépiades.

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Asclépiade tubéreuse (A. tuberosa), à gauche; asclépiade des marais (A. incarnata), à droite. Source: Derek Ramsey, WC & http://www.robsplants.com

L’asclépiade tubéreuse (A. tuberosa), zone 4, à fleurs orange ou jaunes, et l’asclépiade incarnate, aussi appelée asclépiade des marais (A. incarnata), zone 3, aux fleurs roses ou blanches, sont les plus faciles à trouver en pépinière. La première préfère les sols très bien drainés, voire secs, la deuxième, les sols riches et au moins un peu humides.

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Asclépiade commune (A. syriaca). Source:  Stefan.lefnaer, Wikimedia Commons

Dans l’est de l’Amérique du Nord, l’asclépiade commune (A. syriaca), aussi appelée petits cochons, est déjà fort répandue à l’état sauvage, mais peu disponible commercialement. De plus, elle peut être un peu envahissante pour une plate-bande.

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Asclépiade de Curaçao (A. curassavica). Source: Jeevan Jose, Wikimedia Commons

Les jardiniers limités à la culture sur balcon ou terrasse pourraient essayer l’asclépiade de Curaçao (A. curassavica), d’origine tropicale, qui peut se cultiver en pot comme plante annuelle.

Il existe quelque 140 autres espèces d’asclépiades, mais leur distribution commerciale est fort limitée.

Voilà qu’on nourrit les chenilles, mais…!

Fleurs nectarifères

Pour les adultes, il faut une bonne variété des plantes qui produisent du nectar en quantité. Non seulement des asclépiades, mais des fleurs de toutes sortes.

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Les fleurs nectarifères préférées des papillons monarques ont des fleurs regroupées, comme celles de ce sédum ‘Herbstfreude’ (Hylotelephium spectabile ‘Herbstfreude’, syn. Sedum spectabile ‘Herbstfreude’). Source:  Darkone, Wikimedia Commons

Habituellement, les plantes intéressantes pour les papillons produisent des inflorescences aux fleurs regroupées comme les Astéracées, les Apiacées et les Verbénacées. Les papillons laissent habituellement la pollinisation des fleurs individuelles aux abeilles. Les fleurs vivement colorées attirent beaucoup l’attention des monarques, mais ils sont relativement indifférents aux parfums (sauf pour la fragrance de l’asclépiade qu’ils peuvent détecter à bonne distance). Attention aux fleurs doubles : souvent, la multiplicité des pétioles rend le nectar inaccessible aux monarques.

La croyance qu’il faut se limiter aux fleurs indigènes est erronée : des études plus récentes indiquent c’est un mélange de fleurs indigènes et importées qui attire et nourrit le plus de papillons.

Il faut bien finir la saison

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La verge d’or (ici Solidago canadensis, mais il y a beaucoup d’autres espèces) est une source importante de nectar pour les papillons monarques sur une bonne partie de leur route de retour vers le Sud. Il ne faut pas la détruire! Source: Harry Rose, Wikimedia Commons

À la fin de l’été, les monarques doivent boire beaucoup de nectar afin d’accumuler une bonne réserve de lipides, non seulement pour nourrir le long vol à venir, mais aussi pour assurer leur survie pendant les mois où ils seront en dormance, fixés sur les arbres au Mexique. Ainsi, ils fréquenteront encore plus les jardins à cette saison, non seulement en préparant leur envol, mais lors du trajet. C’est pourquoi il est doublement important de leur offrir une abondance de fleurs qui s’épanouissent à la fin de l’été et à l’automne, comme les suivantes :

  1. Agastache à feuilles de scrofulaire (Agastache scrophulariifolia) — zones 4-7
  2. Agérate (Ageratum spp.) — annuelle
  3. Alysse odorante (Lobularia × hybridum) — annuelle ou zones 9-11
  4. Asclépiade (Asclepias spp.) — zones 3-10
  5. Aster (Aster spp., Symphyotrichum spp. et plusieurs autres genres) — zones 2-9
  6. Bois bouton (Cephalanthus occidentalis) — zones 4-10
  7. Boltonie (Boltonia spp.) zones 3-8
  8. Buddléia ou arbre aux papillons (Buddleia spp.) — zones 6-9
  9. Callistemon (Callistemon spp.) — zones 9-11
  10. Caryoptère (Caryopteris spp.) – zones 5-9
  11. Célosie (Celosia spp.) – annuelle ou zones 10-11
  12. Ciboulette ail (Allium tuberosum) — zone 3-8
  13. Coroépsis (Coreopsis spp.) – zones 3-9
  14. Cosmos (Cosmos spp) — annuelle
  15. Dahlia (Dahlia  × hortensis) — annuelle  
  16. Duranta ou vanillier de Cayenne (Duranta spp.) — zones 9-11
  17. Échinacée (Echinacea spp) – zones 3 à 9
  18. Eupatoire (Eupatorium spp., Conoclinium spp. et Eutrochium spp.) — zones 3-9
  19. Gaillarde (Gaillardia spp.) — annuelle ou zones 3-10
  20. Gomphocarpus ou bijoux de famille (Gomphocarpus spp.) — annuelle ou zones 10-11
  21. Gomphréna (Gomphrena spp.) – annuelle
  22. Lantana (Lantana spp.) — annuelle ou zones 9-11
  23. Liatride (Liatris spp.) – zones 3-8
  24. Menthe des montagnes (Pycnanthemum spp.) — zones 4-8
  25. Mikanie scandente (Mikania scandens) – zones 6-9
  26. Monarde fistuleuse (Monarda fistulosa) – zones 3–9
  27. Népéta (Nepeta spp.) – zones 3–9
  28. Pentas (Pentas spp.) — annuelle ou zones 9-11
  29. Phlox des jardins (Phlox paniculata) – zones 3–8
  30. Rose (Rosa spp., variétés à fleurs simples) — zones 3–10
  31. Rudbeckie (Rudbeckia spp.) — zones 3-9
  32. Sauge (Salvia spp.) — annuelle ou zones 5-11
  33. Sauge russe (Perovskia spp.) — zones 4b-9
  34. Sédum (Sedum spp. et Hylotelephium spp.) — zones 3-9
  35. Séneçon orange (Pseudogynoxys chenopodioides, syn. Senecio confusus) — annuelle ou zones 10-11
  36. Silphium (Silphium spp.) — zones 4-8
  37. Soleil du Mexique (Tithonia rotundifolia) — annuelle
  38. Spirée (Spiraea spp.) — zones 3-8
  39. Tagète ou œillet d’Inde (Tagetes spp.) — annuelle
  40. Tournesol (Helianthus annua) — annuelle
  41. Verbésina (Verbesina spp.) – zones 4-8
  42. Verge d’or (Solidago spp.) – zones 3–9
  43. Vernonia (Vernonia spp.) – zones 4-9
  44. Véronicastre (Veronicastrum spp.) – zones 3-9
  45. Verveine bleue (Stachytarpheta jamaicensis) — annuelle ou zones 9-11
  46. Verveine bonne à rien (Verbena bonariensis) — annuelle ou zones 7-9
  47. Verveine du Canada (Glandularia canadensis) — annuelle ou zones 6-9
  48. Verveine hybride (Verbena hybrida) — annuelle ou zones 9-10
  49. Zinnia (Zinnia spp.) — annuelle

Bonne chance avec votre propre oasis de papillons monarques!20180328A LyWashu, WC

 

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6 vivaces à floraison automnale

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Chrysanthèmes d’automne: facilement aussi colorées que n’importe quelle fleur estivale! Photo: Rachel Kramer, Flickr

Vous pensiez que la saison de jardinage était terminée et qu’il ne restait plus qu’à ranger les outils de jardinage? Détrompez-vous! Avec les automnes qui se prolongent de plus en plus un peu partout, la saison de floraison s’étend maintenant jusqu’aux premières neiges en novembre ou même décembre dans bien des régions.

Des bulbes (colchiques et crocus d’automne), des arbustes (plusieurs hydrangées, l’heptacodium et l’hamamélis) et beaucoup d’annuelles (pensées, mufliers, soucis, etc.) continueront de fleurir tout l’automne, tant qu’il n’y a pas de gel sévère. D’ailleurs, certaines annuelles ne commencent à prendre de la couleur qu’à l’automne, comme le chou ornemental. Et il y a un bon nombre de vivaces qui fleurissent à l’automne. En voici six à mettre en vedette!

Chrysanthèmes

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Les chrysanthèmes vendus à rabais à l’automne ne sont pas généralement des variétés rustiques et il faut les considérer comme des annuelles. Photo: Rachel Kramer, Flickr

Il existe des dizaines d’espèces de chrysanthèmes vivaces et toutes fleurissent à l’automne. Par contre, ce n’est pas parce qu’elles sont vendues localement qu’elles sont de véritablement rustiques dans votre région: plusieurs marchands vendent indifféremment des chrysanthèmes de fleuriste (non rustiques) et des chrysanthèmes de jardin (rustiques). Les deux appartiennent à la même espèce (Chrysanthemum ×morifolium, anc. C. ×grandiflorum), un hybride complexe entre différents chrysanthèmes rustiques et subtropicaux, et paraissent donc identiques, mais certains sont de zone 8 alors d’autres tolèrent jusqu’à la zone 3. Comment distinguer entre les deux?

Le plus facile, c’est de demander une garantie que les plantes passeront l’hiver: le marchand aura alors tout avantage à vous diriger vers les variétés rustiques!

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Chrysanthème Mammoth Red Daisy: un grand chrysanthème bien rustique. Photo: Ball Horticultural Company

Il y a des classiques parmi les chrysanthèmes de jardin, des variétés réputées pour leur résistance aux pires froids, comme les Morden, Minn, Firecracker et Mammoth™ (la série s’appelait autrefois My Favorite™). Les quatre séries offrent des variétés simples ou doubles dans une vaste gamme de couleurs: jaune, orange, rose, violet, blanc, etc. Les Morden et Minn forment des plants nains (30-45 cm x 45-60 cm) couverts de fleurs de septembre jusqu’aux gels; les Mammoth sont plus hauts et larges: jusqu’à 120 cm x 120 cm. La série Firecracker (Power Surge®, Showbiz®, Suncatcher®, etc.) est de dimensions intermédiaires. Toutes ces variétés sont de zone 3. Soleil ou mi-ombre.

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Marguerite d’automne ‘Clara Curtis’. Photo: rosekennedygreenway.org

Il y a aussi les «marguerites d’automne» ou chrysanthème rubellum, en fait, des chrysanthèmes très rustiques (Chrysanthemum ×rubellum), dont le bien connu ‘Clara Curtis’ (rose, zone 3), mais aussi ‘Duchess of Edinburgh’ (rose foncé, zone 4) et ‘Mary Stoker’ (jaune, zone 3) et plusieurs autres. Ces plantes, avec leurs fleurs simples à cœur jaune, ressemblent, comme leur nom commun le suggère, davantage à des marguerites qu’à des chrysanthèmes. Elles atteignent environ 45-75 cm de hauteur et de diamètre, mais elles ne poussent pas en touffe dense comme les autres et sont portées à vagabonder un peu. Un simple coup de pelle les remettra toutefois à leur place. Soleil ou mi-ombre.

Asters

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Aster novi-anglaie ‘Purple Dome’. Photo: Footprints Plants, LLC

Les champs et les forêts d’Amérique du Nord regorgent d’asters sauvages, mais il y a de nombreux asters cultivés à découvrir aussi, notamment parmi les asters de Nouvelle-Angleterre (Aster novae-angliae, maintenant Symphotrichum novae-angliae) et les asters de New-York (A. novi-belgii, maintenant S. novi-belgii). Ils font des fleurs plus grosses et plus colorées que celles des variétés sauvages. On trouvera des asters aux fleurs violettes, pourpres, roses, rouges, et blanches, souvent à fleurs semi-doubles ou doubles.

Les asters nains, souvent vendus incorrectement sous le nom A. dumosus, sont des sélections d’A. novae-angliae et de A.novi-belgii. A. n-a. ‘Purple Dome’ est populaire, formant un dôme arrondi de 40-50 cm de hauteur et de largeur, aux fleurs violettes. La série Wood’s, offrant plusieurs couleurs, est similaire.

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New York Aster ‘Patricia Ballard’. Photo: dorsetperennials.co.uk

La plupart des autres sont de plus grande taille, comme A. n-a. ‘Harrington’s Pink’ (rose, 120 cm x 60 cm) et A. n-b. ‘Patricia Ballard’ (rose foncé, 90 cm x 40-50 cm). Les asters sont solidement rustiques en zone 4 et parfois en zone 3. Soleil ou mi-ombre.

Verge d’or

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Solidago rugosa ‘Fireworks’. Photo: F. D. Richards, flickr

Il y a une dichotomie surprenante entre l’attitude des jardiniers nord-américains et européens envers les verges d’or. Les Nord-américains les voient comme de mauvaises herbes et les balaient d’un revers de main, tout simplement parce qu’elles poussent si abondamment chez eux dans la nature, alors que les Européens, pour qui elles sont des plantes exotiques venant du Nouveau-Monde, les adorent!

Je trouve qu’il est presque criminel de maudire ces vivaces si jolies aux fleurs mousseuses jaune riche tout simplement parce qu’elles poussent à l’état sauvage, car les verges d’or sont parmi les meilleures vivaces d’automne. D’accord, la verge d’or du Canada (Solidago canadensis) est envahissante, mais les autres espèces poussent en touffe et restent bien à leur place.

Essayez S. × ‘Crown of Rays’ (40 à 50 cm x 45 cm), S. × ‘Dansolitlem’ Little Lemon (20-35 cm x 30-45 cm) ou S. rugosa ‘Fireworks’ (90 à 120 cm x 90 cm) aux fleurs jaunes plumeuses. Magnifiques! Zone 3. Soleil ou mi-ombre.

Sédum d’automne

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Sédum ‘Herbstfreude’. Photo jardinierparesseux.com

Le sédum automne (cultivars et hybrides de S. spectabile [Hylotelephium spectabile] et d’espèces apparentées) est une plante basse (rarement plus de 60 cm de hauteur) aux tiges et aux feuilles succulentes souvent bleutées ou pourpres. Les fleurs étoilées sont produites en masses denses, comme un chou-fleur de couleur: elles peuvent être roses, rouges ou blanches. Elles attirent tous les papillons!

S. ‘Herbsfreude’ (‘Autumn Joy’), 60 cm x 45-60 cm, est le plus connu et porte des fleurs roses devenant rouge brunâtre. S. ‘Autumn Fire’ est similaire, mais plus compact (50 cm x 45-60 cm,). Il n’a pas tendance à plier sous le poids des fleurs comme ‘Herbstfreude’ le fait quand la plante vieillit. S. ‘Purple Emperor’ (40 cm x 45-60 cm) porte des feuilles pourpre foncé et des fleurs roses et S. ‘Elsie’s Gold’ (30 cm x 30 cm), des feuilles vertes panachées de jaune et des fleurs magenta. Il y a des dizaines d’autres excellentes variétés. Zone 3. Soleil.

Chélone ou galane

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Chélone de Lyon ‘Hot Lips’. Photo: jardinierparesseux.com

Les chélones (on prononce «ké-LONNE») ou galanes ont de curieuses fleurs en forme de tête de tortue, d’où leur nom (chelone vient du grec pour tortue). La chélone oblique (Chelone obliqua) est probablement la variété la plus souvent offerte. Elle produit une touffe dense et non envahissante de tiges solides et parfaitement dressées de 60 à 90 cm de hauteur sur une plante de 60 cm de diamètre. Les feuilles vert très foncé sont attrayantes tout l’été, mais les belles fleurs roses dominent à l’automne. Le chélone de Lyon (C. lyonii) est très similaire et son cultivar ‘Hot Lips’ (60 à 90 cm x 60 cm) est bien populaire. C. lyonii ‘Tiny Tortuga’ est une variété naine (30-40 cm x 20-25 cm), idéale pour la bordure. Zone 3. Soleil ou ombre.

Miscanthe de Chine

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Miscanthus ‘Purpurascens’. Photo: jardinierparesseux.com

Cette grande graminée (Miscanthus sinensis) est très populaire, cultivée pour ses feuilles vertes arquées devenant couleur paille à l’automne et ses plumes automnales blanc argenté. Si la neige n’est pas trop lourde, feuilles, tiges et plumes restent sur le plant tout l’hiver, étirant sa saison d’intérêt jusqu’au printemps. Les jardiniers québécois doivent faire attention de choisir des variétés plus rustiques, car certaines sont tuées par le froid dans les zones inférieures à 5 ou encore, n’arrivent pas à y fleurir. M. s. ‘Huron Sunrise’ (180 cm x 60-90 cm) et les autres variétés de la série Huron sont le plus rustiques: zone 3. M. s. ‘Silberfeder’ (200 à 250 cm x 120 cm) est une classique assez rustique (zone 4). Le miscanthus pourpre (M. ‘Purpurascens’, 150 cm x 75-90 cm), qui offre un feuillage cuivré à l’automne, est un autre bon choix pour les régions froides (zone 4).

Plein soleil ou ombre très légère.

Et encore d’autres

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Avec tant de choix de vivaces à floraison automnale, il n’y a aucune raison pour que vos plates-bandes ne soient pas abondamment fleuries tout l’automne. Photo: autumnasters.co.uk

Il y a encore bien d’autres vivaces à floraison automnale: boltonies (Boltonia), anémones du Japon (Anemone × hybrida), hélénies (Helenium), cierges d’argent (Cimicifuga, syn. Actaea), eupatoires (Eupatorium spp.), vernonias (Vernonia), grand coreopsis (Coreopsis tripteris), tournesols vivaces (Helianthus ‘Lemon Queen’ et autres), rudbeckies (Rudbeckia), aconits (Aconitum), échinacées (Echinacea), et plus encore. Il n’y a aucune raison pour que votre terrain ne soit pas aussi fleuri en octobre qu’en juillet!20170911A Rachel Kramer, Flickr