Ramasser les feuilles mortes, une fausse bonne idée*

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La meilleure chose à faire pour l’environnement est de laisser les feuilles sur place, tout simplement. Source: ksenvironmental.com.au

*Oui, je sais que j’ai déjà écrit à propos de la recommandation de ne pas nettoyer les jardins et les pelouses à l’automne, en fait il y a seulement quelques semaines de cela, mais j’ai toujours eu l’impression d’être la voix de celui qui crie dans le désert : je semblais toujours être seul à promouvoir ce conseil de jardinage écologique simple mais efficace. Cet automne (2018), cependant, il semble que tout le monde se lance dans le mouvement «laissez vos pelouses et vos jardins tranquilles à l’automne». Le texte ci-dessous est tiré d’un communiqué de presse d’ICI Nouveau-Brunswick. Merci à Gabriel Martin de m’avoir signalé le communiqué.

Les feuilles mortes au sol protègent de petits insectes, une source alimentaire importante pour les oiseaux durant l’hiver, affirme un organisme pour la protection de l’environnement. Conservation de la nature Canada demande aux citoyens de ne pas les ramasser.

«C’est une bonne nouvelle si vous n’aimez pas cette tâche automnale : laisser les feuilles mortes au sol est la bonne chose à faire pour l’environnement», assure un porte-parole de l’organisme Conservation de la nature Canada, Andrew Holland.

Ces feuilles créent un espace de vie pour plusieurs petites bestioles durant l’hiver. C’est un habitat naturel pour les papillons et pour plusieurs autres insectes qui peuvent s’y réfugier pour hiverner. «Et ces insectes constituent une source nutritive de choix pour les oiseaux lorsque le printemps arrive.»

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Moins vous faites le ménage automnal sur votre terrain, plus vous aidez les oiseaux, comme cette mésange. Source: Dan Pancamo, Wikimedia Commons

Les gens peuvent aussi aider les oiseaux à survivre à l’hiver en ne nettoyant pas leur jardin à la fin de l’été. «Les fruits et les semences qui restent sur les fleurs et les arbustes fournissent une nourriture essentielle pour de nombreux oiseaux, dont les chardonnets, les geais et les mésanges», explique un biologiste de Conservation de la nature Canada, Dan Kraus.

Pour ceux qui craignent d’étouffer leur pelouse ou de boucher leurs gouttières, Andrew Holland propose de déplacer les feuilles, sous des buissons, par exemple.

«Ces feuilles fournissent un bon paillis pour les arbustes et aident à prévenir le cycle gel/dégel des racines pendant l’hiver», explique-t-il.

«Vous voulez réduire les feuilles au sol en morceaux de la taille d’une petite pièce de monnaie. Vous saurez que vous avez terminé quand on peut voir environ 1 cm de gazon à travers la couche de feuilles broyées. Une fois que les feuilles se sont installées, les microbes et les vers commencent à les recycler», indique le site Web.

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Jardinier forcené ou paresseux à l’automne ?

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Le ménage des plates-bandes à l’automne : est-ce si nécessaire? Illustration tirée du livre Les 1500 trucs du jardinier paresseux

C’est à l’automne que la décision se prend. Serez-vous un jardinier forcené ou un jardinier paresseux ? Car, pour le jardinier forcené, l’automne est une grosse saison de travail, alors que pour le jardinier paresseux, c’est une longue saison de farniente.

Le « ménage » des plates-bandes

Le jardinier forcené, par exemple, tient à faire le grand ménage de ses plates-bandes. Il arrache toutes les annuelles et coupe les vivaces au sol pour que ses plates-bandes soient propres, propres, propres. Il faut, pour ce faire, se munir de sécateurs, d’un râteau et de beaucoup de sacs de plastique, car du stock, il en sort de son terrain. Après, il contemple avec satisfaction ses plates-bandes vides de tout ce qui pousse et il est content, car une plate-bande vide est une plate-bande propre et c’est ce qui compte.

Il est inutile de lui faire remarquer qu’il vient tout juste de faire un tort terrible à ses plates-bandes. En arrachant les annuelles, il vient de jeter à la poubelle de la belle terre, laissant de plus ce qui reste de la terre de ses plates-bandes exposé à l’érosion. De plus, la faune bénéfique du sol est terriblement perturbée… mais ce n’est pas grave, pense-t-il, car qui a besoin de champignons, de bactéries et d’insectes bénéfiques quand on peut appliquer des doses massives d’engrais et d’insecticides ?

En coupant les vivaces au sol, il expose les pauvres plantes aux pires rigueurs de l’hiver, car elles conservaient précieusement leurs tiges et leurs feuilles près d’elles pour s’abriter du froid.

Malheureusement, ces plantes vivaces sortiront de l’hiver affaiblies… si encore elles survivent, mais après tout, le ménage ne compte-t-il pas plus que la santé des plantes ?

De plus, les insectes bénéfiques hivernent dans les feuilles et les tiges des vivaces et des annuelles qu’il vient d’envoyer aux ordures. Ainsi, l’année prochaine, il aura le plaisir de vaporiser maints pesticides sur sa plate-bande, vu que les insectes nuisibles, dont il vient d’éliminer les ennemis, proliféreront.

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Même mortes, les feuilles des vivaces sont utiles. Elles protègent contre le froid, abritent des insectes bénéfiques et enrichissent le sol. Photo: brookside_dave, Pixabay

Le jardinier paresseux laisse et ses annuelles et ses vivaces sur place l’hiver. D’accord, les annuelles sont mortes, détruites par le gel, mais mêmes mortes elles jouent un rôle important dans l’écosystème, réduisant l’érosion et aidant à attraper la neige qui protégera les plantes vivaces avoisinantes. Il ne coupe pas non plus ses vivaces au sol. Pendant des millions d’années, elles ont évolué pour que leurs tiges restent debout l’hiver et que leurs feuilles se recroquevillent sur leur couronne pour la protéger du froid. De plus, tout le monde sait que le meilleur engrais pour toute plante est son propre feuillage !

 

Pourquoi défaire ce « plan de survie hivernale » de dame Nature juste pour faire propre ? Dame Nature n’est pas proprette, mais elle sait produire de belles plantes ! Au printemps, il coupera au sol les tiges mortes… du moins celles qui restent (la majorité pourrissent au cours de l’hiver, enrichissant le sol et lui évitant le besoin d’appliquer de l’engrais), mais il aura très peu de ménage à faire. Presque rien, en fait, car Dame Nature s’occupe de presque tout quand on la laisse faire.

Attirer les oiseaux

Sunflowers Bird Nature Yellow Summer Goldfinch

Quand on rabat les vivaces au sol et qu’on coupe les annuelles, on enlève la nourriture de la bouche des oiseaux. Photo: Max Pixel

Le jardinier forcené commence à installer ses mangeoires pour l’hiver. Elles lui coûtent très cher et il faut de plus payer encore et encore pour de la nourriture, mais il a les poches profondes et adore dépenser.

Le jardinier paresseux n’a pas besoin d’installer des mangeoires pour l’hiver. Les plantes qu’il n’avait pas coupées au sol (tournesols, échinacées, graminées, etc.) portent les graines qui seront la nourriture naturelle des oiseaux. Il aura autant de visiteurs ailés que son voisin forcené, mais il laissera Dame Nature faire tout le travail.

Protection hivernale

20170929D Hans, pixabay

Protection hivernale : laide et souvent inefficace! Photo : Hans, pixabay

Dès le ménage terminé, le jardinier forcené s’empresse à emballer tout ce qui reste pour l’hiver. Rien ne lui échappe : il y aura des « momies » partout ! Sa seule déception est qu’il n’arrive pas à emballer les grands arbres : il se contente d’emballer toutes les autres plantes à tiges ligneuses (arbustes, rosiers, conifères, jeunes arbres, etc.).

Il ne fait aucune confiance à Dame Nature pour protéger ses plantes contre les effets de l’hiver… d’ailleurs, comme il n’est jamais sorti de la ville de sa vie (du moins pas les yeux ouverts), il ne sait même pas que les conifères, les arbustes, les rosiers et les arbres qu’il protège avec tant de soins passent parfaitement l’hiver sans le moindre emballage dans la nature. Il emballe même ses conifères, qu’il avait pourtant achetés « parce qu’ils sont beaux 12 mois par année », mais que voulez-vous, il a toujours été un peu excessif!

En emballant ses plantes, il pense les avoir mises à l’abri du froid, car il est convaincu qu’une couche de toile ou de jute empêchera le froid de pénétrer dans ses végétaux. Or, il fait exactement la même température à l’intérieur de sa protection qu’à l’extérieur. En fait, tous ces emballages ne protègent nullement contre le froid, mais réduisent bien la force du vent… un peu !

Le jardinier paresseux n’emballe rien pour l’hiver. Il choisit plutôt des plantes selon son climat et ses conditions. Il s’informe notamment de la zone de rusticité des végétaux qu’il plante et évite les plantes des zones supérieures, se contentant des végétaux adaptés à sa région. Ainsi, s’il réside dans la zone de rusticité 5, il choisit uniquement des plantes des zones 1, 2, 3, 4 et 5. Le jardinier paresseux de la zone 4 préfère des plantes des zones 1, 2, 3 et 4. Et ainsi de suite.

Si une plante brûle l’hiver, c’est qu’elle n’est pas bien adaptée à cet endroit. Il la remplace par une plante qui l’est. Ainsi, il plante ses rhododendrons à l’abri du vent et il évite de planter des arbustes ou des conifères près des jets de la souffleuse à neige, où ils peuvent être brisés, car il sait que c’est le domaine des vivaces qui ne sont nullement dérangées par cet appareil.

Les feuilles d’automne

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C’est triste de voir les feuilles mortes, tellement une richesse pour le sol, mises aux vidanges. Bigmouth1, Wikimedia Commons

Le jardinier forcené ramasse au râteau toutes les feuilles d’automne sur son terrain et les met à la rue pour que la municipalité en dispose : il sort souvent des dizaines et des dizaines de sacs de « déchets » de son terrain pour que ce soit très, très propre. Dès que le vent apporte encore quelques feuilles, il recommence. Décidément, jardiner, c’est un travail sans fin !

Le jardinier paresseux aussi ramasse les feuilles tombées sur son terrain, mais seulement celles qui atterrissent sur son gazon : il sait que les feuilles tombées dans les plates-bandes ne nuisent pas et vont même nourrir le sol. Le gazon, qui est un milieu hautement artificiel, ne tolère pas l’ombre des feuilles tombées. Il les collecte alors, du moins quand le gazon en est complètement couvert, mais ne les jette pas (quelques feuilles çà et là ne dérangent pas et il les laisse sur place). Il les ramasse avec une souffleuse-déchiqueteuse qui coupe les feuilles en miettes ou encore, il utilise sa tondeuse pour les ramasser et les déchiqueter. Et il ne jette pas ses feuilles. Une fois déchiquetées, elles font un merveilleux paillis gratuit qui ne part pas au vent et qu’il peut poser dans ses plates-bandes pour enrichir le sol tout en protégeant les couronnes des plantes du froid. Plus il en met, plus ses plates-bandes seront belles.

Et il met tout surplus de feuilles dans le composteur.

On appelle réutiliser les feuilles de cette façon le feuillicyclage. Tellement bon pour l’environnement!


Et voilà ! Serez-vous un jardinier forcené ou un jardinier paresseux ? Ce sont vos actions au cours des prochaines semaines qui vont le déterminer !

 

Les feuilles d’automne: déchiquetez-les avant usage

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20151003BÇa y est ! Les températures baissent, le gel est à l’horizon (et est même déjà passé dans certaines régions), les feuilles changent de couleur: l’automne est vraiment arrivé. Et en tant que bon citoyen de la planète Terre, vous allez nécessairement recycler les feuilles qui tombent… soit, faire du feuillicyclage (j’adore ce néologisme!).

Après tout, les feuilles mortes sont l’or brun du jardinier, tellement riches en matière organiques et minéraux qu’elles peuvent facilement remplacer les engrais coûteux (et parfois polluants). On peut les mettre dans le compost (ou en mettre de côté pour le compost de l’an prochain), on peut les appliquer comme paillis sur la platebande ou le potager (ou les mélanger à un paillis existant), on peut tout simplement les déposer dans un sous-bois, etc.

Mais pour se décomposer rapidement, les feuilles doivent être déchiquetées. D’accord, cela est moins vrai pour les petites feuilles (feuilles de robinier, de pommetier, de bouleau, etc.), mais les grosses feuilles (feuilles d’érable de Norvège, de chêne rouge, etc.) posent un problème si on les laisse intactes. Elles tendent à s’imbriquer les unes dans les autres pour créer une barrière impénétrable. Aussi, les feuilles entières partent facilement au vent et dérangent les voisins; les feuilles déchiquetées, par un miracle quelconque de la physique, ne bougent pas du tout! Et les feuilles de chêne, surtout, se décomposent très difficilement si on les laisse entières… mais en seulement quelques mois si on les déchiquète.

Et oui, vous pouvez utiliser les feuilles atteintes de maladies, comme la tache goudronneuse de l’érable. Voici une explication.

20151003La méthode la plus facile pour déchiqueter les feuilles est tout simplement de les étaler sur le gazon (si elles ne s’y trouvent pas déjà) et de passer la tondeuse dessus. La tondeuse les réduira en miettes parfaites pour le compost et le paillis!