D’où vient le poivre?

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Poivre noir (Piper nigrum). Photo: Avarsha.com

Nous utilisons du poivre tous les jours dans la cuisine, ajoutant sa saveur piquante à tant de nos repas, mais que savons-nous de ce condiment? Plusieurs ne savent même pas qu’il vient d’une plante! Explorons donc aujourd’hui cette plante surprenante que vous pouvez même cultiver chez vous si vous voulez. 

Le poivre est une épice obtenue des baies d’une plante appelée poivrier ou poivrier noir (Piper nigrum), une liane tropicale de jusqu’à 4 m de hauteur de la famille des Pipéracées (famille du poivrier).

L’histoire du poivre

Originaire d’Asie du Sud-Est (fort probablement de la région du Kerala dans le sud de l’Inde), le poivre est cultivé depuis des temps immémoriaux.

Route des épices à l’époque romaine. Ill.: Morn, Wikimedia Commons

Il était connu des Égyptiens, des Grecs (dès le 4e siècle avant notre ère) et des Romains comme une épice importée, transportée par la route des épices de la côte malabare de l’Inde, par la mer Rouge, l’Égypte et la mer Méditerranée, jusqu’à Rome. Il a également été importé en Chine à partir d’au moins le 4e siècle avant notre ère. C’était un condiment de luxe, réservé à l’élite.

Récolte de poivre. Image tirée du Livre des merveilles de Marco Polo, Wikimedia Commons

Après la chute de l’Empire romain, le commerce a repris assez rapidement, tellement le poivre était apprécié en Occident, mais il était toujours vendu à des prix exorbitants. Sa valeur était telle que les grains de poivre étaient même utilisés comme monnaie d’échange, d’où l’expression «cher comme poivre». D’ailleurs, «payer en espèces» (originalement payer en épices) a la même origine. 

L’incitation principale des Portugais à trouver une route commerciale autour de l’Afrique, réalisée par Vasco da Gama en 1498, était de s’emparer d’une part du commerce lucratif du poivre dominé jusqu’alors par les Arabes et les Italiens. Au 17e siècle, ce sont les Hollandais et les Anglais qui prirent le contrôle de la route des épices des Portugais et qui commencèrent à importer du poivre en grande quantité. En conséquence, le prix a chuté au point où le poivre est devenu l’assaisonnement quotidien que nous connaissons de nos jours.

Aujourd’hui, le poivre représente encore un cinquième du commerce mondial des épices. Le Vietnam est le plus grand exportateur mondial de poivre, bien que le poivre indien, notamment de la région du Kerala, soit considéré comme de meilleure qualité. Parmi les autres pays exportateurs, il y a l’Indonésie, le Brésil, la Malaisie, le Sri Lanka et la Chine.

Croyances populaires

Poivre noir en grains. Photo: healthyliving.natureloc.com

Malgré la croyance populaire selon laquelle le poivre était autrefois utilisé pour masquer la saveur de la viande avariée, cela ne semble pas tenir la route. De même, bien que plusieurs autorités soulignent l’utilité du poivre dans la conservation des aliments, il n’en est rien. Par contre, le camarade habituel du poivre, le sel de table, est un excellent produit de conservation pour plusieurs aliments!

Le poivre a connu diverses utilisations médicinales au cours des millénaires et fut autrefois recommandé, entre autres, pour traiter les maux de dents, la constipation, l’insomnie, les coups de soleil et les abcès. Aujourd’hui, du moins selon Wikipedia, le poivre n’est plus considéré comme ayant une quelconque valeur médicinale. (No current medical evidence indicates any of these treatments has any benefit.)

Ce qui donne son piquant au poivre

L’alcaloïde pipérine est en fait très toxique, mais peut être consommé à faible dose. Ill.: pubchem.ncbi.nlm.nih.gov

La saveur piquante du poivre provient principalement de l’alcaloïde pipérine. Elle agit en provoquant de vives douleurs aux cellules nerveuses de notre langue. Pour la plupart des personnes, c’est une douleur agréable; seulement une minorité des gens ne tolèrent pas le goût du poivre.

Le poivre provoque également des éternuements. Cela est probablement aussi dû à l’irritation causée par la pipérine, cette fois-ci aux narines.

Différents poivres

Poivre noir en grains et moulu. Photo: http://www.thealternativedaily.com

Les cuisiniers occidentaux connaissent surtout le poivre noir. Ce condiment est produit à partir de baies récoltées encore vertes (immatures). Les baies de poivre noircissent en séchant, leur partie externe se contractant et se froissant, un processus généralement accéléré en faisant cuire brièvement les baies dans de l’eau chaude au préalable. Les baies séchées, vendues comme poivre noir en grains, sont ensuite broyées avant utilisation.

La saveur du poivre noir diminue avec le temps, surtout lorsque les grains sont exposés à l’air libre ou au soleil. Un stockage hermétique et à la noirceur aide à préserver la saveur piquante et, bien sûr, les cuisiniers sérieux moulent leur propre poivre frais dans un moulin à poivre pour une saveur optimale.

Poivre blanc en grains. Photo: peppercorns.com.au

Le poivre blanc est produit à partir de baies mûres qui deviennent rouge vif à maturité. On enlève alors la chair de la baie de différentes façons et l’on conserve et fait sécher le grain. Les grains sont ensuite broyés en poudre. 

Le poivre blanc est couramment utilisé dans la cuisine chinoise, thaïlandaise et portugaise ainsi que dans les produits alimentaires de couleur pâle, comme les sauces et la purée de pommes de terre, où la coloration foncée du poivre noir dérangerait. Le poivre blanc est aussi piquant que le noir, mais sa saveur est moins équilibrée.

Poivre vert en grains. Photo: silkroadspices.ca

Comme le poivre noir, le poivre vert est fabriqué à partir de baies immatures (vertes). Différentes méthodes de conservation sont utilisées (lyophilisation, conservation dans la saumure, le vinaigre ou le sel, etc.) afin que les grains conservent leur coloration verte. Le poivre vert peut également être utilisé frais, mais ne se conserve pas bien et n’est donc pas disponible pour les cuisiniers occidentaux, bien que populaire en Asie du Sud-Est.

Poivre rouge. Photo: spicelines.com

Il y a le poivre rouge, très rarement offert, dérivé, comme le poivre blanc, de baies bien mûres. Les grains sont conservés de diverses manières, notamment marinés ou séchés. Si vous voyez un poivre qui paraît rouge dans votre épicerie, par contre, c’est probablement le poivre rose, pas du tout un vrai poivre. Le poivre rose est décrit plus loin.

Le poivre gris est toujours vendu moulu. Photo: http://www.amazon.fr

Enfin, le poivre gris est soit du poivre noir moulu (il est gris parce que, lors de la mouture, l’épiderme noir se mélange avec l’intérieur blanc), soit un mélange de poivre noir et de poivre blanc. Il est toujours vendu moulu. 

Il faut faire attention avec l’achat du poivre gris et d’ailleurs de tout poivre moulu: certains poivres moulus comprennent des baies avortées, du poivre épuisé (après l’extraction de l’huile essentielle) et même des grignons d’olive!

Les autres poivres

Il existe d’autres vrais poivres (dérivés de plantes du genre Piper). 

Poivre long (Piper longum). Photo: http://www.amazon.com

Le plus connu est le poivre long (Piper longum). Ou du moins, il était autrefois bien connu et a été initialement expédié en Europe avec le poivre noir (P. nigrum) à l’époque de la route des épices. Les Romains, notamment, pensaient que les deux provenaient de la même plante. C’est un poivre de saveur plus chaude et sucrée que le poivre noir. Il demeure populaire dans plusieurs régions tropicales (Inde, Indonésie, etc.), mais est aujourd’hui rarement exporté. 

Son nom vient du fait que c’est l’inflorescence au complet qu’on récolte plutôt que les grains individuels comme avec le poivre noir. L’inflorescence est longue et étroite, rappelant un chaton de noisetier. Comme le poivre noir, on l’utilise moulu pour aromatiser les mets.

Un autre vrai poivre utilisé en cuisine est le poivre cubèbe (P. cubeba), mais il n’est pas bien connu en dehors de l’Orient.

Le poivre de Cayenne vient d’une plante totalement différente, nullement apparentée au poivrier noir. Photo: http://www.healthline.com

Le poivre de Cayenne n’est pas un poivre du tout, mais plutôt un piment fort, très fort: Capsicum frutescens, de la famille les Solanacées (famille des tomates). On l’appelle parfois piment enragé! Il a pris le nom de «poivre» par accident. Originaire du Nouveau Monde, il a été importé en Espagne au 15e siècle où sa saveur brûlante l’a conduit à être confondu avec Piper nigrum. Le poivre de Cayenne est cependant beaucoup plus piquant que le vrai poivre.

Le mélange quatre poivres qu’on voit parfois en épicerie comprend des grains de poivre noir, blanc et vert (Piper nigrum) ainsi que des grains de poivre rose (Schinus terebinthifolius). Photo: Ragesoss, Wikimedia Commons

Ensuite, il y a le poivre rose, aussi pas un vrai poivre. Il s’agit des fruits séchés du faux-poivrier (Schinus terebinthifolius), un arbre brésilien de la famille des Anacardiacées (famille des noix de cajou). Les fruits ressemblent beaucoup au poivre rouge, avec une saveur poivrée vaguement similaire. Ils peuvent provoquer de graves réactions allergiques chez les personnes allergiques aux noix de cajou.

Poivre de Sichuan. Photo: http://www.amazon.com

Enfin, il y a le poivre du Sichuan, dérivé des capsules de graines séchées de plusieurs espèces de frêne épineux (Zanthoxylum spp ., notamment Z. simulans et Z. piperitum), des arbustes nullement apparentés au poivrier. Les graines elles-mêmes, amères, ne sont pas consommées, mais seulement la coque. Largement utilisé dans la cuisine du Sichuan et dans d’autres cuisines orientales, le poivre du Sichuan a une saveur épicée unique et crée également une sensation d’engourdissement dans la bouche. Il peut être rougeâtre ou brun verdâtre, selon la récolte et le traitement, et peut être utilisé entier ou réduit en poudre.

Cultiver votre propre poivrier noir

Jeune plant de poivrier noir. Photo: Logee’s

Le poivrier noir (P. nigrum) ne peut être cultivé en plein air que sous les tropiques humides (zones de rusticité USDA 10 et supérieures), mais n’importe qui n’importe où peut le cultiver comme plante d’intérieur. D’accord, ce n’est pas la plante la plus facile à réussir et elle est lente à produire ses premières baies (calculez au moins 4 ans), mais c’est dans le domaine du possible.

Vous aurez besoin de chaleur tropicale (jamais inférieure à 15 °C la nuit et 20 °C le jour), du plein soleil ou d’un éclairage très intense* et d’une humidité atmosphérique élevée (plus de 50% en tout temps). Puisqu’il s’agit d’une grimpante, vous aurez également besoin d’un treillis. Arrosez abondamment dès que le sol commence à sécher et fertilisez légèrement avec l’engrais de votre choix du début du printemps jusqu’à la fin de l’été. 

*Les poivriers noirs cultivés en plein air préfèrent l’ombre partielle.

Après environ 4 à 5 ans de culture, la plante produira, au printemps ou à l’été, de longs épis pendants de minuscules fleurs blanches. Elles s’autopollinisent, permettant aux baies de se former. Elles le font très lentement, prenant jusqu’à 12 mois pour atteindre leur pleine maturité. À vous de décider à quel stade vous préférez les récolter: immature (vert) ou mature (rouge).

Plante de poivre noir mature. Photo: Drew 51, croissantfruit.org

Si vous cultivez du poivre noir à partir de graines (vous aurez besoin de graines fraîches; vous ne pouvez pas les réussir à partir de grains de poivre séchés vendus comme épice), des températures élevées sont nécessaires pour la germination: 24-30 °C. Faites tremper les graines dans de l’eau tiède pendant une nuit avant de semer. La germination prendra environ un mois.

Si vous avez accès à une plante, vous pouvez aussi multiplier le poivrier par boutures de tiges, faciles à faire enraciner dans un pot de terreau humide sous de bonnes humidité et température.

Méfiez-vous des cochenilles, à peu près le seul ennemi du poivrier à l’intérieur, à part l’air sec. Notez que les minuscules gouttes de sève qui se forment à l’envers des feuilles et qui finissent par devenir noires sont normales pour cette plante. C’est ce qu’on appelle la guttation.

Sources

De temps en temps, des plantes de poivrier noir apparaissent dans les jardineries pendant les mois d’été, mais on ne peut pas se fier à cette source. Heureusement qu’on peut en faire venir par commande postale, notamment des sources suivantes: 

Canada
Tropic of Canada

Europe
Aromatiques Tropicales
AlsaGarden

Plantes d’intérieur comestibles

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Le caféier (Coffea arabica) est parmi les plantes comestibles qu’on peut cultiver comme plantes d’appartement.

Question: Existe-t-il des plantes d’intérieur qui sont comestibles et jolies en même temps?

Clecio Turgeon

Réponse: Bien sûr. Il existe de nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver comme plantes d’intérieur pour égayer nos appartements et qui nous fournissent aussi de quoi nous mettre sous la dent. Mais relativement peu des plantes d’intérieur les plus courantes sont dans cette catégorie. La plupart des «plantes d’intérieur de tous les jours» ne sont pas considérés comestibles ou certaines (philodendrons, dieffenbachias, la plupart des euphorbes, etc.) sont même toxiques.

Ce qui suit donnera une petite idée des plantes d’intérieur comestibles.

Plantes absentes de la liste

Je me permets d’être sélectif dans mon choix de «plantes d’intérieur comestibles». Ainsi, je balaie de la liste la plupart des fines herbes qu’on rentre pour l’hiver, car ce ne sont pas véritablement des plantes d’intérieur. Sans un long séjour à l’extérieur l’été, elles ne font pas long feu dans nos maisons.

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Les micro-pousses ne sont pas de véritables plantes d’intérieur

Je n’inclus pas non plus les fines herbes et légumes qu’on peut semer dans la maison pour une récolte rapide: germes, pousses, jeunes plants à feuillage comestible, têtes de carotte ou pieds de céleri qu’on fait enraciner, etc. Ce sont des plantes éphémères, généralement avec comme seul attrait un feuillage comestible. Ce ne sont pas non plus, de mon avis, de véritables plantes d’intérieur.

Enfin, sont aussi rayées de la liste les plantes toxiques qui ne deviennent comestibles qu’après des traitements très spéciaux, comme le taro (Calocasia esculenta) et le manioc ornemental (Manihot esculenta ‘Variegata’), qu’il faut cuire dans plusieurs eaux pour enlever les toxines. Parfois les gens lisent mes textes rapidement et je ne veux pas les induire en erreur, surtout avec un sujet aussi sensible que ce qui est une plante comestible.


Plantes d’intérieur classiques

Voici quelques «plantes d’intérieur de tous les jours» qui sont comestibles. Vous les trouverez dans presque n’importe quelle jardinerie:

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Ananas ornemental

Ananas (Ananas comosus)
Il existe plusieurs variétés d’ananas ornementaux, à feuillage rougeâtre, panaché, etc. et tous produisent des fruits qui sont peut-être petits, mais qui demeurent parfaitement comestibles. On peut aussi cultiver un plant d’ananas à partir d’un fruit acheté et il fructifiera dans quelques années.

Caféier (Coffea arabica)
On trouve facilement de jeunes caféiers sur le marché, généralement à peine plus que des semis. Après 2 ou 3 ans, ils donneront des fleurs blanches parfumées suivis de fruits rouges dont on peut manger la chair sucrée et rôtir et moudre les graines pour faire une boisson délicieuse.

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Géranium à senteur de rose (Pelargonium graveolens ‘Grey Lady Plymouth’)

Géranium à senteur (Pelargonium graveolens et autres)
Il existe une foule de variétés aux arômes des plus variables: citron, rose, noix de coco, pomme, pêche, fraise, clou de girofle, etc. En plus de sentir leur feuillage en les frôlant, on peut utiliser les feuilles en cuisine pour aromatiser les mets. La firme Richters (Canada) en offre plus de 70 variétés!

Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)
Les fleurs sont comestibles et souvent utilisées en tisane. Voici un article au sujet de cette plante: Cultiver un hibiscus à l’intérieur.

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Monstera (Monstera deliciosa)
Aussi appelé philodendron (nom qui appartient en fait à un proche parent), le monstera, avec ses grandes feuilles découpées, fait une plante d’appartement impressionnante. Quand il arrive à maturité, il fleurit, produisant une fleur blanche rappelant une calla et par la suite, un fruit comestible, d’où son épithète botanique deliciosa. Il faut laisser mûrir le fruit pendant 11 à 12 mois. Quand les écailles commencent à tomber, il est prêt à manger. Notez que tout le reste de la plante, dont les feuilles, les tiges et les fruits immatures, est toxique.

Oranger calamondin ou oranger d’appartement (X Citrofortunella microcarpa, anc. X C. mitis)
C’est le seul agrume couramment offert comme plante d’intérieur et il fleurit et fructifie abondamment à l’intérieur. Les fruits sont très acides, mais on peut les utiliser en cuisine, notamment dans la préparation de marmelades. Pour quelques autres suggestions d’agrumes d’intérieur, lisez plus loin.

Piment décoratif (Capiscum annuum et autres)
Tous les piments sont comestibles, mêmes les variétés vendues comme plantes ornementales. Ce sont des piments forts, même très forts. Pourtant, parfois la plante porte à l’achat l’étiquette «impropre à la consommation humaine». Pourquoi? C’est que ces plantes ont été traités avec des insecticides potentiellement toxiques pour les humains. Vous pourriez toutefois récolter et semer leurs graines et obtenir des fruits comestibles à la 2e génération.

Théier (Camellia sinensis)
On le trouve maintenant en pépinière, même s’il n’est pas aussi courant que les plantes précédentes. Voici un article à son sujet: Le théier comme plante d’intérieur.

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Peu de gens savent que les feuilles du trèfle d’appartement sont comestibles.

Trèfle d’appartement (Oxalis triangularis, syn. O. regnellii)
Les feuilles de cette plante populaire, qui peuvent être pourpres ou vertes, avec ou sans une macule argentée ou rose, ont un goût acidulé. Il ne faut pas en consommer en trop grosse quantité, à moins de les faire cuire, car l’acide oxalique qu’elles contiennent est toxique si consommée en quantité importante. Pour vous rassurer, sachez que les épinards, que nous mangeons couramment, contiennent aussi de l’acide oxalique et aussi sont toxiques si consommés en trop grosses quantités. Comme on dit, c’est la dose que fait le poison. Mangez-en modestement et il n’y aura pas de problème.


Fruitiers

La plupart des fruitiers tropicaux doivent atteindre une trop grande taille avant de fleurir ou sont à de nombreuses années de toute fructification, ce qui n’en fait pas de bonnes plantes comestibles pour la maison. On peut bien les cultiver comme plantes d’intérieur ornementales, mais il est peu probable qu’ils produisent des fruits chez vous. Dans ce groupe se trouvent les nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver à partir d’une graine, d’un pépin ou d’une noix, comme l’avocatier (Persea americana), le manguier (Mangifera indica), le papayer (Papaya carica), etc. Il est plaisant de les semer et de les regarder pousser… mais il ne faut pas compter des fruits, même après de nombreuses années. Sachez toutefois qu’il existe souvent des variétés naines de ces fruitiers qui peuvent produire des fruits à l’intérieur… si vous pouvez les trouver!

Les fruitiers qui suivent sont plus adaptés à la culture dans nos maisons et font alors de bonnes plantes d’intérieur comestibles.

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Acérole: belles fleurs, beaux et délicieux fruits!

Acérole ou cérisier des Barbades (Malpighia glabra)
Un petit fruitier arbustif qui produit des fleurs roses et des fruits rouges rappelant une cerise, au moins par leur apparence. De culture assez facile.

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Le limettier des Antilles est une variante naine de la lime et fleurit et fructifie très bien à l’intérieur.

Agrumes (Citrus spp., Microcitrus australasica et Fortunella spp.)
Tel que mentionné dans l’article Un citronnier ou oranger dans votre salon?, les véritables citronniers, orangers, pamplemoussiers, etc. sont trop gros pour être de bonnes plantes d’intérieur et prennent généralement 10 ans et plus avant de produire des fruits. D’autres agrumes moins connus, à croissance plus rapide et de taille plus restreinte, font de bien meilleures plantes d’intérieur. C’est notamment le cas du citronnier Meyer (Citrus x meyeri) qui, malgré son nom, n’est pas un véritable citron, du limettier des Antilles ou Key lime (C. x aurantiifolia) et du citron caviar ou Australian finger lime (Microcitrus australasica). On peut les semer et avoir des fruits 2 ans plus tard!

Les kumquats (Fortunella spp.) aussi font d’excellentes plantes d’intérieur.

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Bananier nain

Bananier nain (Musa spp.)
Même un bananier nain prend beaucoup d’espace dans maison (parmi les cultivars les plus petits, il y a ‘Super Dwarf Cavendish’ et ‘Truly Tiny’) et il lui faut beaucoup d’humidité, de chaleur et de soleil pour arriver à faire des fruits. Malgré tout, il n’est pas impossible que votre bananier nain produise un régime de bananes après quelques années de culture.

Le bananier d’ornement (Musa velutina), aux fleurs et aux fruits roses, est comestible aussi, même si le fruit contient de grosses graines, et suffisamment petit pour cultiver à l’intérieur.

Cacaotier (Theobroma cacao)
Difficile à trouver et difficile à cultiver, le cacaotier peut quand même produire des cabosses de cacao chez vous… si vous convertissez votre maison en jungle ultra-humide et chaude à l’année longue.

Figuier comestible (Ficus carica)
Il préfère passer sont été à l’extérieur… et a la mauvaise habitude de laisser tomber ses feuilles pendant l’hiver, mais le figuier produit quand même assez facilement des fruits dans la maison. De plus, son feuillage est comestible.

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Grenadier nain

Grenadier nain (Punica granatum ‘Nana’)
Version miniature du grenadier qui donne les grosses pommes de Grenade, le grenadier nain forme un petit arbuste aux fleurs orange qui donnent des pommes de petite taille, mais néanmoins comestibles.

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Grenadille (Passiflora edulis)

Grenadille ou passiflore comestible (Passiflora edulis)
Cette grimpante vigoureuse aura besoin d’un bon treillis, mais peut produire ses fleurs blanches à auréole pourpre et ses fruits pourpres ou jaunes, selon le cultivar, dans un emplacement bien ensoleillé.

Pitahaya ou fruit du dragon (Hylocereus undatus, H. polyrhizus, H. megalanthus et autres)
Ces cactus grimpants prennent beaucoup d’espace, mais fleurissent assez facilement quand ils atteignent leur maturité (après 5 ou 6 ans), produisant d’énormes fleurs blanches nocturnes très parfumées suivies de gros fruits rouges ou jaune à la chair blanche ponctué de graines noires. On peut produire des plants à partir de graines prelevées dans un fruit acheté au supermarché.

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Cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger)

Je cultive chez moi un cactu plus petit, le cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger), aux tiges aplaties curieusement échancrées (d’où son nom commun) et de nature retombantes. Ses fleurs blanches nocturnes très parfumées donnent des petits fruits verts comestibles… mais il est difficile de juger quand ils sont mûrs. Comme ses parents, il prend plusieurs années avant de commencer à fleurir.

Prunier du Natal (Carissa macrocarpa)

Petit arbuste épineux à feuilles lisses qui produit des fleurs blanches et des fruits rouges comestibles. On l’utilise parfois en bonsaï. Toute la plante est toxique; il n’y a que les fruits mûrs qui sont comestibles.

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Fruits de roselle

Roselle (Hibiscus sabadariffa)
Cet arbuste à petits fleurs jaune pâle ou blanches fleurit assez rapidement par semences et peut donner donc des fruits rouges, souvent utilisées dans les boissons et les gelées, dès la première année.

Vigne Pixie (Vitis x Pixie® Pinot Meunier)
Mutation naine de la vigne à raisin Pinot Meunier qui produit des fruits toute l’année sur une plante de petite taille. Ses feuilles aussi sont comestibles. On peut la cultiver comme plante d’intérieur.


Épices et herbes fines

Ces plantes servent à aromatiser nos repas et aussi parfois comme plantes médicinales. Je me suis limité aux variétés qui font réellement de bonnes plantes d’intérieur.

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Tiges et rhizomes de gingembre

Gingembre (Zingiber officinale)
On peut cultivar des plants de gingembre à partir de rhizomes achetés au marché. Attention, toutefois: souvent les rhizomes ainsi offerts ont été traités chimiquement ou irradiés pour ne pas germer. Il vous faut des rhizomes vivants, avec des bourgeons indiquant qu’ils sont prêts à pousser. Un supermarché asiatique devrait en avoir.

Il s’agit tout simplement d’enfoncer une section de rhizome dans un pot de terreau et d’arroser: un plante verte avec une petite allure de bambou poussera. Avec le temps, le rhizome se divisera et vous pourrez alors récolter les surplus. Il est rare que le gingembre commun fleurisse à l’intérieur, par contre.

D’autres épices de la famille du gingembre produisent aussi des rhizomes comestibles et font, elles aussi, d’excellentes plantes d’intérieur: le galanga (Alpinia galanga), le cucurma (Cucurma longa) et la cardamome (Elettaria cardamomum) ne sont que quelques exemples.

Laurier-sauce (Laurus nobilis)
Une des rares fines herbes classiques qui pousse assez bien dans la maison pour être une bonne plante d’intérieur.

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L’origan cubain panaché (Plectranthus amboinicus ‘Variegatus’) est la variété la plus populaire.

Origan cubain ou gros thym (Plectranthus amboinicus)
Cette plante n’est ni un origan (Origanum spp.) ni un thym (Thymus spp.), mais un proche parent du coléus (Plectranthus scutellaroides, syn. Solenostemon scutellarioides et Coleus blumei). Les feuilles épaisses sont ajoutées aux mets dans les pays chauds pour remplacer l’origan. Très facile à cultiver.

Poivre noir (Piper nigrum)

Grimpante aux feuilles lisses et à longues épis pendants de fruits verts devenant rouges, le poivre noir n’est pas difficile à cultiver à l’intérieur si vous pouvez lui offrir une bonne humidité. Les graines donnent du poivre noir, blanc ou rouge, selon le traitement qu’on leur donne.

Stevia (Stevia rebaudiana)
De plus en plus populaire pour ses feuilles édulcorantes qui donne un goût sucré aux mets sans ajouter des calories.

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Tulbaghie violacée

Tulbaghie violacée (Tulbaghia violacea)
Plante bulbeuse à feuilles en lanière et à petites fleurs en trompette roses: toute la plante dégage une odeur d’ail. Si vous utilisez les feuilles ou fleurs comestibles en cuisine, sachez elles ne donnent pas mauvaise haleine, d’où le nom anglais «society garlic» (ail de société). Ainsi on peut sortir “en société” après les avoir consommées.


Légumes

Il n’y a pas beaucoup de plantes qu’on pourrait qualifier de légumes qui font de bonnes plantes d’intérieur. Je n’en ai pu trouver que les deux suivantes:

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Épinard de Malabar (Basella alba)

Épinard de Malabar (Basella alba, syn. B. rubra)
Grimpante assez ornementale à feuilles mucilagineuses qui remplace l’épinard dans les pays chauds où l’épinard pousse difficilement. L’espèce produit des tiges vertes et des fleurs blanches, mais B. alba ‘Rubra’, probablement plus cultivé que l’espèce, a des tiges rougeâtres et des fleurs roses. Très facile à cultiver.

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Figuier de Barbarie sans épine (Opuntia ficus-indica ‘Burbank Spineless’

Figuier de Barbarie ou nopal (Opuntia ficus-indica et autres)
Ce cactus aux raquettes aplaties produit des fruits comestibles lorsqu’on le cultive en plein air sous un climat chaud et sec, mais à l’intérieur il fructifie rarement. On utilise plutôt ses raquettes comme légume sous son nom mexicain: nopal. Préférez un cultivar qui n’a pas d’épines (ou presque pas d’épines) comme ‘Burbank Spineless’. Il faut le plein soleil pour bien le réussir. Et oui, on peut bouturer les raquettes en vente à l’épicerie.

Où les trouver?

Je viens de vous préparer toute une liste d’épicerie, n’est-ce pas! Tristement, la plupart de ces plantes ne sont pas disponibles dans les jardineries locales. Une bonne source au Canada pour les épices et les fines herbes mentionnées est Richters. Pour les fruitiers inhabituels, essayez Flora Exotica et Brugmansia-Québec. Pour les jardiniers européens, Denise Roby recommande AlsaGarden comme source pour les plantes et semences comestibles inhabituelles.

Bon appétit!20170126k