50 plantes d’intérieur qui tolèrent l’air sec

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La plupart des plantes d’intérieur sont malheureuses quand l’air de nos demeures est aussi sec que celui d’un désert. Source: pexels.com

L’air sec est un problème majeur pour les plantes d’intérieur pendant l’hiver… et d’ailleurs, pour toute plante qui pousse à l’intérieur (semis, boutures, etc.) à cette saison. Lorsque l’humidité atmosphérique est inférieure à 40%, ce qui est certainement le cas dans de nombreuses maisons, les plantes s’efforcent de compenser en transpirant plus abondamment, c’est-à-dire en libérant de l’eau par leurs stomates (pores respiratoires). Plus l’air est sec, plus elles transpirent, et cela peut les conduire à perdre leur eau plus rapidement que les racines ne peuvent la remplacer, endommageant les tissus fragiles des feuilles et des fleurs. Cela peut conduire à toutes sortes de symptômes de stress: flétrissement, boutons floraux brunis ou avortés, feuilles qui se recourbent, feuilles aux pointes brunes, mort de la plante, etc.

Les feuilles stressées par l’air sec sont également plus sujettes aux dégâts des ravageurs (araignées rouges, aleurodes, thrips, etc.)

Certaines plantes tolèrent l’air sec

Cela dit, de nombreuses plantes, en particulier celles qui sont originaires de climats arides ou qui sont exposées à de longues périodes de sécheresse dans la nature, ont développé des façons de compenser l’air sec. Les cactus et les plantes succulentes, par exemple, sont généralement très résistants à l’air sec, de même que certaines plantes épiphytes, comme les hoyas.

Certaines plantes résistent à l’air sec en produisant des feuilles avec moins de stomates que la normale, réduisant ainsi la perte d’eau. Beaucoup ont même abandonné l’utilisation de feuilles et respirent par leurs tiges vertes (beaucoup de cactus, par exemple). D’autres gardent leurs stomates fermés pendant le jour, quand le soleil est le plus chaud et la perte d’eau, donc, plus importante, respirant seulement la nuit. (C’est ce qu’on appelle le métabolisme acide crassuléen ou CAM.) En d’autres termes, elles retiennent leur souffle 12 heures par jour!

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Souvent, les plantes résistantes à l’air sec ont un feuillage épais et ciré. Source: davisla.wordpress.com

De plus, les plantes résistantes à l’air sec ont souvent des feuilles ou des tiges très épaisses et recouvertes de cire, de poudre ou de poils, d’autres facteurs qui réduisent l’évapotranspiration.

Plantes d’intérieur qui tolèrent l’air sec

La liste qui suit présente quelques plantes d’intérieur qui ne seront pas dérangées outre mesure si l’air dans votre maison est plutôt sec. Non pas qu’elles souffrent si vous augmentez l’humidité à des niveaux plus acceptables (la plupart des plantes préfèrent une humidité relative de 50% ou plus), ce qui est bon pour votre santé aussi, mais si vous ne pouvez tout simplement pas améliorer l’humidité atmosphérique, au moins les plantes suivantes n’en souffriront pas trop!

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Les feuilles épaisses et serrées les unes contre les autres aident Aeonium arboreum ‘Atropurpureum’ à survivre à l’air sec. Source: Bernard Dupont, Wikimedia Commons

  1. Aeonium spp. (aeonium)
  2. Agave spp. (agave)
  3. Aglaonema spp. (aglaonéma)
  4. Aloe spp. (aloès)
  5. Ananas comosus (ananas)
  6. Aspidistra elatior (aspidistra)
  7. Beaucarnea recurvata (pied d’éléphant)
  8. Cephalocereus senilis (barbe de vieillard)
  9. Cereus peruvianus (cactus cierge)
  10. Ceropegia woodii (chaîne de cœurs)
  11. Clivia miniata (clivia)
  12. Crassula ovata (plante jade)
  13. Crassula spp. (crassula)
  14. Cryptanthus spp. (cryptanthe)

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    D’habitude, les feuilles épaisses du dieffenbachia résistent bien à l’air sec, mais remarquez comme cette feuille est légèrement endommagée vers sa pointe. Source: Forest & Kim Starr, Wikimedia Commons

  15. Dieffenbachia spp. (dieffenbachia)
  16. Echeveria spp. (echeveria)
  17. Echinocactus grusonii (coussin de belle-mère)
  18. Epipremnum aureum (pothos)
  19. × Epicactus (cactus orchidée)
  20. Euphorbia lactea (euphorbe candélabre)
  21. Euphorbia milii (couronne d’épines)
  22. Euphorbia tirucalli (plante-crayon)
  23. Ficus elastica (caoutchouc)
  24. Ficus lyrata (figuier lyre)
  25. Gasteria spp. (gasteria)
  26. Gymnocalycium mihanovichii friedrichii ‘Hibotan’ (cactus boule rouge)
  27. Haworthia spp. (haworthia)
  28. Hippeastrum cvs (amaryllis
  29. Hoya carnosa (hoya, fleur de porcelaine)
  30. Kalanchoe (kalanchoé)
  31. Ledebouria socialis (scille violacée)

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    Peu de végétaux résistent aussi bien à l’air sec que les pierres vivantes. Source: Dysmorodrepanis, Wikimedia Commons

  32. Lithops spp. (pierre vivante)
  33. Mammillaria spp. (mammillaire)
  34. Opuntia spp. (cactus raquette, oponce)
  35. Pachypodium lamerei (palmier de Madagascar)
  36. Pelargonium graveolens (pélargonium odorant, géranium odorant)
  37. Pelargonium × hortorum (pélargonium des jardins, géranium des jardins)
  38. Peperomia obtusifolia, P. clusiifolia (pépéromia)
  39. Philodendron hederaceum oxycardium (philodendron grimpant)
  40. Rhipsalis spp. (rhipsalis)
  41. Sansevieria trifasciata (sansevière, langue de belle-mère)
  42. Schlumbergera (cactus de Noël)
  43. Sedum spp. (sédum, orpin, queue d’âne)

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    Les petites feuilles presque rondes de Senecio rowleyanus réduisent la surface exposée à l’air sec. Source: Forest & Kim Starr, Wikimedia Commons

  44. Senecio rowleyanus (collier de perles)
  45. Senecio serpens (séneçon bleu craie)
  46. Stapelia spp. (fleur de charogne)
  47. Streltizia reginae (oiseau de paradis)
  48. Syngonium spp. (syngonium)
  49. Yucca elephantipes (yucca sans épine)
  50. Zamioculcas zamiifolia (faux zamier)20171227A pexels.com

Conserver les «géraniums» pendant l’hiver

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Pelargonium x hortorum a besoin de protection contre le froid de l’hiver. Source: Forest & Kim Starr, Wikimedia Commons

Le populaire «géranium des jardins» est en fait un pélargonium (Pelargonium x hortorum). On le vend comme annuelle, mais c’est plutôt une plante subtropicale qui ne peut pas tolérer le gel. Donc, soit vous le laissez geler à l’automne, quitte à acheter de nouvelles plantes au printemps, soit vous le rentrez à l’intérieur pour l’hiver.

Vous avez même deux options pour le conserver pendant son séjour hivernal à l’intérieur: mettre la plante en dormance ou la cultiver comme plante d’intérieur.

À la rentrée

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Nettoyez bien votre pélargonium pour éviter de rentrer des insectes indésirables.

Quand vous rentrez la plante, lavez bien le feuillage avec une solution de savon insecticide, vendu dans toute jardinerie, pour éliminer tout insecte qui pourrait s’y trouver. (Les aleurodes, aussi appelés mouches blanches, adorent les pélargoniums, notamment!) Et trempez aussi la motte de racines dans de l’eau savonneuse (5 ml [1 c. à thé] de savon insecticide dans un litre d’eau) pendant 15 minutes pour éliminer tout insecte caché dans le terreau. Vous pouvez ensuite rentrer la plante dans la maison sans crainte d’y apporter des indésirables.

Mais comment l’entretenir une fois qu’elle est rentrée?

Méthode traditionnelle

Nos grands-parents mettaient leurs pélargoniums en dormance pour l’hiver et beaucoup de gens pensent toujours que c’est la bonne méthode. Voici comme on faisait:

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Pélargoniums suspendus à l’envers pendant l’hiver: un vieux traitement souvent fatal à la plante! Source: the2seasons.com

À l’automne, avant le premier gel sévère, on déterrait le pélargonium, faisait tomber le terreau de ses racines et le suspendait à l’envers dans le caveau à légumes. Après plusieurs mois de dormance, sans arrosage ni éclairage, on sortait la plante de la chambre au début de mars, la rempotait dans un terreau frais, coupait les tiges asséchées et mortes (inévitables avec cette méthode) et recommençait à l’arroser. Devant une fenêtre ensoleillée, la plante récupérait peu à peu, reprenait sa coloration verte et, avec un peu de chance, était bientôt prête à affronter un nouvel été en plein air.

Beaucoup de jardiniers appliquent encore cette méthode, ou essaient de l’appliquer, et ne comprennent pas pourquoi ils échouent si souvent alors que leurs grands-parents réussissaient. Mais l’environnement dans nos maisons a beaucoup changé, surtout depuis la Première Guerre mondiale. Le caveau à légumes, un emplacement noir, humide et froid, mais libre de gel, où l’on conservait les légumes et les fruits autrefois, a été essentiellement remplacé par le réfrigérateur et n’existe plus ou est très rare. La plupart des sous-sols modernes sont chauffés, ce qui met un stress supplémentaire sur la plante déjà en détresse (le pélargonium n’est pas fait pour entrer en dormance et dépérit lentement lorsqu’on le traite ainsi). Même si la plante est conservée à la noirceur d’un sous-sol, elle séchera davantage qu’auparavant, car l’air y est nettement plus chaud et plus sec que dans un caveau.

En passant, il n’a jamais été nécessaire de suspendre la plante à l’envers, même dans le temps de nos grands-parents. Ils croyaient que cela «renvoyait de l’énergie vers les tiges», mais, de nos jours, on sait que c’est un non-sens!

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Pélargoniums en dormance forcée. Ils n’aiment pas un tel traitement, mais généralement, y survivent. Source: threepsandq.wordpress.com

Si vous tenez à faire subir une dormance forcée à votre pélargonium, un garage à peine chauffé conviendrait mieux qu’un sous-sol chauffé. Idéalement, la température se tiendra autour de 5 à 10 °C. Et si possible, n’exposez pas les racines à l’air libre. Mieux vaut laisser la motte de racines intacte et l’envelopper dans un sac de papier ou dans du papier journal plutôt que de suspendre la plante à l’envers (emballées, les racines s’assécheront moins). Si la plante est dans un pot individuel, rentrez tout simplement le pot au frais.

Il est sage de vaporiser la motte de racines d’eau une fois par mois pendant l’hiver, ou de verser un peu d’eau sur la motte des plantes cultivées en pot, car un garage est nettement moins humide qu’un caveau à légumes, et les plantes s’y dessèchent plus rapidement. Aussi, ramassez et compostez les feuilles tombées: il y en aura beaucoup.

Méthode plus sûre

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Les pélargoniums sont beaucoup plus à l’aise quand on les fait hiverner sur le rebord d’une fenêtre. Source: agardenforthehouse.com

L’autre méthode pour maintenir un pélargonium pendant l’hiver et qui a toujours été la plus sûre: il s’agit de le garder en croissance devant une fenêtre, tout simplement, ce qui reproduit davantage les conditions dans lesquelles les pélargoniums vivent dans leur pays d’origine, l’Afrique du Sud, où la plante pousse toute l’année avec seulement un ralentissement pendant les mois plus froids de l’hiver.

Avec cette méthode, nettoyez tout simplement un peu la plante quand vous la rentrez, enlevant les feuilles mortes et jaunies et les fleurs séchées. Aussi, il peut être pratique de pincer l’extrémité des tiges (autrement dit, couper le bourgeon terminal) pour stimuler une meilleure ramification, ce qui donnera un plant plus fourni. Maintenant, placez le pot dans une soucoupe devant la fenêtre la plus ensoleillée possible ou encore sous un éclairage artificiel intense. La plante s’adaptera à une bonne gamme de températures, de 5 à 35 °C.

Pendant l’hiver, arrosez au besoin quand le terreau est sec au toucher. Notez que la fréquence d’arrosage peut varier d’aussi souvent qu’une fois tous les cinq jours à aussi peu qu’une fois toutes les trois semaines, selon vos conditions. (Plus la pièce est fraîche, moins la plante aura besoin d’eau.) Ne fertilisez pas pendant l’automne et l’hiver, à moins que la plante ne soit cultivée sous un éclairage artificiel où vous maintenez des jours longs, mais reprenez les fertilisations (avec un engrais tout usage) en mars, quand les journées commencent à s’allonger sérieusement. Éviter les engrais, et notamment les engrais riches en azote, pendant l’hiver aidera à prévenir un étiolement indésirable.

Votre «pélargonium bord de fenêtre» fleurira pendant son séjour dans la maison, mais généralement moins qu’à l’extérieur, car l’éclairage y est moins intense.

Quand l’été arrive

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L’été, si possible, placez la plante à l’extérieur au soleil ou à la mi-ombre. Source: Sergei S. Scurfield, Wikimedia Commons

Peu importe la méthode utilisée pour entretenir votre plante, il faut l’acclimater graduellement aux conditions d’extérieur au début de l’été. Quand il n’y a plus de risque de gel, placez la plante en plein air, d’abord à l’ombre pendant trois ou quatre jours, puis à la mi-ombre, encore pendant trois ou quatre jours, avant de la placer au soleil. Avec ces soins, votre pélargonium devrait refleurir abondamment pour un deuxième été.

Gageons toutefois que les pélargoniums qui ont poussé sur le rebord d’une fenêtre seront plus beaux et plus fleuris que ceux qui ont passé l’hiver en dormance forcée!20171105E agardenforthehouse.com:.jpg