Des plantes aux noms qui font peur!

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Source: http://www.succesrama.com

C’est l’Halloween. Ce soir, de petits fantômes et de petits monstres sonneront à nos portes dans des costumes conçus pour nous effrayer. Les plantes aussi ont parfois des noms à vous glacer le sang. Voici une sélection de végétaux aux noms horrifiants qui semblent avoir été spécialement conçus pour l’Halloween.

Sanguinaire (Sanguinaria canadensis)

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Les belles fleurs blanches de la sanguinaire cachent une sève rouge sang. Source: jardinierparesseux.com

Commençons par la sanguinaire. Elle est courante dans les forêts feuillues un peu partout dans l’est de l’Amérique du Nord et fait une excellente fleur vivace pour les jardins de sous-bois. La fleur blanc immaculé de la petite plante n’a rien de sanguin, toutefois. C’est en tranchant le rhizome que vous verrez couler la sève rouge sang qui lui a valu son nom. La sanguinaire a autrefois servi en médecine traditionnelle pour traiter les maladies sanguines et les cancers, mais son extrême toxicité la met au ban de la médecine moderne.

Plante fantôme (Monotropa uniflora)

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L’absence de chlorophylle donne à la plante fantôme une couleur blanc spectral. Source : jardinierparesseux.com

La plante fantôme, ou monotrope uniflore, doit son nom funeste à sa coloration blanc spectral unique. C’est une vivace parasite des conifères qui passe le gros de sa vie sous le sol. Seule la tige florale arquée, portant des écailles et une seule fleur en clochette, le tout d’un blanc fantomatique, ressort du sol. Beaucoup de gens la prennent pour un champignon, mais c’est bien une plante à fleurs, appartenant d’ailleurs à la famille des rhododendrons (Éricacées). Une plante aux fleurs d’une telle pâleur, parasite de surcroît, paraît particulièrement lugubre. On la trouve dans les forêts de l’hémisphère Nord.

Monstera (Monstera deliciosa)

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Les grandes feuilles découpées du monstera. Source : jardinierparesseux.com

Cette populaire plante d’intérieur est plutôt un monstre gentil. Le nom vient de ses feuilles cordiformes de taille monstrueuse, soit jusqu’à 90 cm de diamètre, pleines de trous et de découpures. Pour rester dans le thème de l’Halloween, on pourrait dire qu’elles semblent avoir été taillées par Freddy Krueger. Curieusement, ses fruits sont toxiques quand ils sont immatures, mais quand ils sont mûrs, ils sont comestibles, avec un goût d’ananas, d’où son épithète deliciosa.

Orchidée dracula (Dracula vampira)

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Les fleurs noires de l’orchidée dracula lui ont valu son nom. Source : Eric Hunt, Wikimedia Commons

Cette orchidée équatorienne tient son nom de ses grosses fleurs presque noires à trois sépales qui peuvent faire penser à la cape du mythique comte Dracula ou peut-être, avec un peu d’imagination, à une chauve-souris à trois ailes. C’est une plante épiphyte (qui pousse sur d’autres plantes) qu’on voit parfois dans les expositions d’orchidées. Inutile de dire qu’avec un nom comme Dracula vampira, elle attire tous les regards!

Palmier zombie (Zombia antillarum)

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Les épines acérées du palmier zombie sont carrément épeurantes! Source : tropical.theferns

C’est son origine, ainsi que son apparence effrayante, qui a valu le nom de zombie à ce petit palmier, car il vient d’Haïti, le pays des zombies. Son tronc (en fait, plutôt les bases de feuilles qui le recouvrent) est tellement couvert d’épines acérées que personne n’osera l’approcher.

Griffe du diable (Proboscidea louisianica)

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Vous ne voudriez pas rencontrer une capsule de graines de la griffe du diable pieds nus! Source : Steven Laymon, Bureau of Land Management & John D. Byrd, Mississippi State University, Bugwood.org

La plante est une jolie annuelle aux fleurs en trompette roses, pas menaçante du tout. Mais la capsule de graines, qui suit la floraison, est longue et noire avec deux «cornes» arquées très pointues à l’extrémité, comme de longues griffes. Elles s’accrochent aux pattes des animaux qui passent, permettant aux graines d’être répandues. Et il paraît qu’une rencontre avec cette capsule piquante quand vous êtes pieds nus n’est pas agréable du tout!

Arbre de la mort (Hippomane mancinella)

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Le fruit de l’arbre de la mort peut ressembler à une pomme… mais ne le mangez pas! Source : jardinierparesseux.com

Cet arbre, aussi appelé manicellier, est fréquent sur les plages de l’Amérique tropicale. Il produit de petits fruits verts qui ressemblent à des pommes, mais qui sont tellement toxiques qu’ils peuvent tuer la personne qui en consomme, ce qui lui a mérité son surnom macabre. D’ailleurs, tout est toxique chez cette plante. Même s’abriter sous ses branches lors d’une pluie peut vous empoisonner.

Figuier étrangleur (Ficus spp.)

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Ce figuier étrangleur s’attaque à une statue de Bouddha à Ayutthaya, Thaïlande. Source : jardinierparesseux.com

Il ne s’agit pas d’une seule espèce, mais de nombreuses espèces différentes de Ficus qui partagent le même mode de vie macabre : les graines germent sur les branches d’un arbre d’une autre espèce, puis les racines de l’étrangleur entourent graduellement le tronc de son hôte. Avec le temps, il finit par étouffer (étrangler) l’autre arbre et prend alors sa place comme grand arbre dans la forêt. Très utilisé comme plante d’intérieur, le figuier pleureur (Ficus benjamina) est, dans la nature, un de ces figuiers étrangleurs. Alors, faites attention quand vous êtes à son pied!

Fleur chauve-souris (Tacca chantrieri)

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La fleur chauve-souris rappelle le mammifère volant par sa forme et sa couleur. Source : jardinierparesseux.com

Les grandes fleurs noires de cette plante d’intérieur sont assez terrifiantes pour provoquer des cauchemars. Elles peuvent mesurer jusqu’à 30 cm de diamètre et se composent de deux «ailes» noires et de longues et minces moustaches noires qui peuvent dépasser 60 cm de longueur. On la trouve parfois en jardinerie, mais sa demande d’une forte humidité en fait une plante difficile à réussir.

Fleur cadavre (Amorphophallus titanum)

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Quand la fleur cadavre est pleinement épanouie, vous la sentez de loin! Source : Leif Jørgensen, Wikimedia Commons

Cette plante, qui produit la plus grosse inflorescence au monde, mesurant jusqu’à 3 m de hauteur, pousse à partir d’un gros tubercule souterrain. Elle produit annuellement une seule énorme feuille découpée, parfaitement dressée sur un pétiole mesurant jusqu’à 6 m et qui rappelle un tronc, donnant à la plante entière l’allure d’un arbre. Chaque 10 ans environ, elle produit une inflorescence gigantesque qui dégage une intense odeur de chair en décomposition, d’où le nom de fleur cadavre. Vous aurez deviné qu’elle attire, comme pollinisateur, les mouches à charogne. La floraison ne dure que trois jours, mais attire souvent les foules dans les jardins botaniques qui cultivent cette plante : tout le monde veut voir — et sentir! — le monstre!


Si vous cherchez un peu, vous trouverez d’autres plantes aux noms aussi épeurants : plante-araignée, géranium sanguin, maïs ‘Bloody Butcher’, griffe de sorcière et bien d’autres. Il y en aura sûrement assez pour en faire un montage macabre pour souligner l’Halloween!

 

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Cinq plantes aux feuilles bizarres

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Il y a beaucoup de plantes aux feuilles réellement intrigantes; en voici cinq. Source: Clipart Library

Le rôle d’une feuille est de capter la lumière du soleil, de la convertir en sucres au moyen de la photosynthèse et d’ainsi contribuer à la croissance de la plante sur laquelle elle pousse. Ainsi, tout ce qu’il faut à une feuille pour être fonctionnelle est d’être verte et d’être portée de façon à ce que le soleil puisse l’atteindre. On pourrait alors penser qu’une simple feuille large et plane suffirait pour tous les végétaux, mais non. Il y a autant de formes et de tailles de feuilles qu’il y a de plantes et elles viennent dans beaucoup plus de couleurs qu’elles ne le devraient théoriquement. Voici quelques-unes des plus intéressantes et des plus curieuses.

Monstera délicieux (Monstera deliciosa)

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La grande feuille trouée du monstera délicieux. Source: Forest & Kim Starr, Wikimedia Commons

Il s’agit d’une plante d’intérieur populaire et facile à trouver dont les feuilles ne cessent de grossir… et de devenir de plus en plus bizarres avec le temps.

Si vous en avez déjà cultivé un à partir d’un jeune plant, vous savez que les premières feuilles sont entières et en forme de cœur. D’ailleurs, à ce stade, beaucoup de gens le prennent pour un philodendron. Puis, à mesure que la plante grandit, les feuilles prennent du galon et commencent à devenir découpées. À mesure que la taille de la feuille augmente, le nombre de découpures augmente et les premières perforations apparaissent: des trous presque ronds qui semblent avoir été percés dans la feuille. Les feuilles suivantes sont encore plus grosses et plus perforées. C’est à cause de ces perforations qu’on l’appelle «Swiss cheese plant» (plante gruyère) en anglais!

Si vous avez l’espace pour cette énorme plante (ce n’est pas pour rien qu’on l’appelle monstera!), les feuilles atteindront 1 mètre de long et seront d’une beauté saisissante… et en même temps très, très bizarres.

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Une théorie veut que les trous laissent passer le vent, évitant que la feuille ne soit déchiquetée. Source: Cliparting.com

Il y a beaucoup de théories pour expliquer pourquoi les feuilles deviennent si découpées et perforées en mûrissant, mais j’aime celle qui prétend que c’est comme une bannière qu’on étend au-dessus d’une rue: il faut y percer quelques trous pour laisser passer le vent, sinon la bannière se déchirerait. Ainsi, les feuilles sont peut-être énormes, mais le vent peut passer sans les déchiqueter. Il y a cependant d’autres théories et, d’ailleurs, je prévois écrire quelque chose à ce sujet dans un blogue futur.

Le monstera est une plante grimpante. Dans la nature, il peut facilement monter au sommet des arbres et atteindre alors 20 m de hauteur et plus. Dans nos maisons (et cette plante sera une plante d’intérieur pour presque tous les lecteurs de cette chronique, car seuls ceux qui vivent sous un climat tropical peuvent penser la cultiver en plein air), il restera plus compact, car il grimpe à de telles hauteurs dans la jungle à la recherche de soleil alors que, à l’intérieur, nous pouvons tout simplement le placer plus près d’une fenêtre pour obtenir le même effet. Reste qu’il se développe mieux lorsqu’on lui offre un tuteur couvert de mousse sur lequel s’accrocher.

Attention! Souvent les vendeurs suggèrent que le monstera tolérera un éclairage faible, ce qui est vrai, mais… les feuilles resteront petites et sans découpure. Pour faire grandir les feuilles, donnez-lui autant de lumière que vous le pouvez.

Le monstera produira de longues racines aériennes, mais qui ne sont pas très utiles quand on le cultive en pot et qu’on peut donc supprimer. J’aime quand même en conserver quelques-unes pour l’effet qu’elles donnent.

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Inflorescence de Monstera deliciosa. Source: Karl Wimmi, Wikimedia Commons

Votre monstera pourra même fleurir pour vous un jour, produisant des inflorescences blanches qui rappellent les fleurs de lis de la paix (Spathiphyllum) ou de calla (Zantedeschia). Le fruit qui suit est comestible une fois qu’il est entièrement mûr et, comme l’indique le nom monstera délicieux, bon au goût, étant sucré et au goût d’ananas. Par contre, le reste de la plante est toxique, même les fruits immatures.

Le monstera délicieux est facile à cultiver à l’intérieur, mais apprécie une forte humidité atmosphérique (pour éviter le brunissement des feuilles). Autrement, traitez-le comme n’importe quelle autre plante d’intérieur… et soyez patient!

Haworthia de Cooper (Haworthia cooperi)

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Haworthia cooperi truncata, une variété à feuilles arrondies. D’autres variétés ont des feuilles pointues…. mais toutes ont des fenêtres. Source; 9gag.com

J’utilise cette plante comme exemple d’une «plante à fenêtre», un groupe qui comprend plusieurs plantes pas nécessairement apparentées dans les genres Haworthia, Lithops, Peperomia, Senecio, Fenestraria et Frithia, mais qui partagent une même caractéristique bizarre: elles ont une zone translucide à l’extrémité de la feuille où la lumière du soleil peut passer pour traverser l’intérieur transparent et gélatineux et atteindre les cellules photosynthétiques le long des marges extérieures de la feuille.

C’est exactement le contraire du fonctionnement de la très vaste majorité des autres végétaux. Les cellules photosynthétiques des plantes «normales» sont situées près de l’extérieur de la feuille, juste sous la cuticule, où elles peuvent plus facilement capter le soleil; non pas enfouies profondément à l’intérieur. Mais la plupart des plantes à fenêtre proviennent de climats très arides au soleil brûlant et vivent essentiellement sous la terre, avec seulement l’extrémité transparente des feuilles exposée. Ainsi, l’extrémité agit comme un puits de lumière, permettant au soleil d’éclairer les cellules chlorophylliennes de la feuille plus bas. De cette façon, la plante souterraine peut quand même profiter du soleil pour sa croissance.

Pour en savoir davantage sur les plantes à fenêtre, lisez Plantes à fenêtre: curiosité du monde végétal.

Maintenant, voici quelques détails sur la culture de l’haworthia de Cooper.

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Haworthia cooperi cooperi a des feuilles pointues. Source: bu Shawka, Wikimedia Commons

Il s’agit d’une petite succulente facile à cultiver, bien adaptée aux conditions dans nos demeures. Vous pouvez l’installer sur presque n’importe quel rebord de fenêtre assez ensoleillé. Avec le temps, la petite rosette originale s’entourera de rejets qui viendront remplir la surface du pot de feuilles. Il suffit de le cultiver comme n’importe quelle autre succulente, l’arrosant seulement quand le sol est assez sec, et vous aurez du succès. Il fleurira même assez facilement, bien que les fleurs ne soient pas très voyantes.

Pour mieux apprécier la belle transparence des feuilles, il est important de le placer de façon appropriée. Il faut qu’il soit à peu près au niveau des yeux, avec le soleil à l’arrière-plan, car quand on regarde de haut, les «fenêtres» paraissent foncées, non pas transparentes.

Vous trouverez facilement cet haworthia, et d’ailleurs d’autres haworthias à fenêtre, dans la plupart des jardineries. Allez-y par une journée ensoleillée et quand vous remarquerez des plantes dans le rayon des cactus et succulentes qui semblent scintiller, vous saurez que vous les avez trouvés!

Dionée attrape-mouche (Dionaea muscipula)

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Les curieuses feuilles en forme de piège de la dionée attrape-mouche. Source: Mokkie, WC

On ne peut nier que cette petite plante a des feuilles très, très bizarres. Bizarres en apparence et encore plus bizarres en fonctionnement.

Il s’agit d’une petite plante à rosette qui produit parfois une tige dressée de petites fleurs blanches sans trop d’attrait. C’est plutôt le feuillage qui nous intéresse.

Chaque feuille est composée d’un large pétiole ailé, souvent en forme de cœur, qui se repose plus ou moins sur le sol (ou plutôt sur la mousse, car on ne cultive pas cette plante dans un terreau typique), et qui fait le gros de la photosynthèse, et d’un limbe à deux lobes, chacun entouré de dents. Lorsqu’un insecte déclenche une réaction en touchant les petits poils au centre de la feuille, la feuille se referme rapidement, piégeant sa proie qui ne peut plus sortir. Ensuite, les feuilles produisent des sucs gastriques pour la digérer. Oui, cette plante est carnivore ou, pour être plus précis, insectivore.

Comme la plupart des plantes insectivores, la dionée attrape-mouche a développé ses habitudes alimentaires étranges du fait qu’elle pousse dans un environnement presque stérile, en l’occurrence les tourbières pauvres en azote et en phosphore de Caroline du Nord et de Caroline du Sud aux États-Unis. Elle a besoin de cette «chair» pour compléter son maigre régime.

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La dionée attrape-mouche est généralement vendue dans un petit terrarium, mais c’est pour le transport. À la maison, elle préféra le plein soleil, une excellente humidité atmosphérique et être placée dans une soucoupe toujours remplie d’eau de pluie. Source: www.carnivorousplants.org

Bien que vendue comme plante d’intérieur, la dionée attrape-mouche est plus une curiosité qu’une bonne plante de maison. Elle ne peut prospérer non plus en plein air à moins que vous ne puissiez recréer un environnement acide, humide et plutôt froid, mais sans gel sévère (zones 7 à 9).

Dans la plupart des cas, il est préférable de la considérer comme une plante temporaire qui sera à composter après quelques mois de culture.

Par contre, vous pouvez garder un attrape-mouche en vie pendant plusieurs années si vous savez quoi faire et êtes prêt à vous plier à ses caprices. Lisez-en plus à ce sujet dans l’article Pas de hamburger pour l’attrape-mouche.

Croton appendiculé (Codiaeum variegatum forma appendiculatum)

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Tous les crotons sont plutôt bizarres, avec leurs couleurs bigarrées et leurs feuilles souvent drôlement découpées ou tordues. Source: www.pahls.com

Dans le fond, tous les crotons ont des feuilles bizarres. Bizarres par leurs couleurs, souvent bizarres par leur forme aussi.

D’abord, les feuilles sont presque toujours panachées. Elles ne viennent pas juste en vert et blanc, comme chez tant d’autres plantes panachées, mais plutôt dans une vaste gamme de couleurs (rouge, orange, jaune, violet, vert et blanc) et, souvent, elles changent même de couleur à mesure qu’elles mûrissent. Ainsi, les feuilles au centre de la plante n’ont pas nécessairement la même combinaison de couleurs que celles du sommet.

La forme de la feuille est aussi extrêmement variable. Parfois ovale, parfois linéaire, elle peut être entière ou profondément lobée ou découpée. Souvent, elle est tordue ou même spiralée.

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Les feuilles ultra curieuses du croton appendiculé ‘Appendiculatum’. Source: www.thepaddocks.de

Mais les plus étranges de tous les crotons sont les crotons appendiculés (C. variegatum forma appendiculatum), que les anglophones appellent «mother and daughter crotons» (crotons mère et fille). Dans leur cas, la feuille, souvent assez linéaire, produit un filet étroit à partir de son extrémité, puis un feuillet plus petit, souvent en forme d’entonnoir, apparaît au bout du filet, comme un petit cerf-volant au bout de sa corde. Bizarre!

Je reçois souvent des lettres de lecteurs qui pensent qu’un bébé pousse à partir de la pointe d’une feuille mère. Désolé, mais ce n’est pas le cas: le croton n’est tout simplement pas l’une des plantes que vous pouvez multiplier par boutures de feuille et encore moins par boutures de section de feuille. (Si vous désirez le bouturer, il faut prendre des boutures de tige ou faire un marcottage aérien.)

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Croton appendiculé ‘Interruptum’. Source: tom-piergrossi.squarespace.com

Il existe peu de cultivars appendiculés. Je ne connais que ‘Appendiculatum’ à feuillage vert ou rouge et ‘Interruptum’ aux feuilles vertes marbrées de jaune devenant rouges marbrées d’orange, mais il en existe sans doute d’autres.

À moins de vivre sous les tropiques où les pépinières regorgent des crotons les plus variés et où l’on peut facilement trouver des crotons appendiculés, vous dépendrez plutôt des arrivages dans les jardineries. Parfois un camion arrive du Sud chargé de crotons en mélange et on peut y trouver quelques curieux crotons appendiculés à travers les variétés plus classiques. Donc, visitez régulièrement votre jardinerie locale si vous voulez en dénicher un!

Le croton a la réputation d’être une plante capricieuse, mais j’ai chez moi des spécimens de plus de 20 ans qui vont bien depuis tout ce temps. Je dois toutefois admettre que j’en ai perdu plusieurs avant de comprendre que ce dont le croton a vraiment besoin, c’est d’une humidité élevée pendant qu’il s’acclimate à tout nouvel environnement. Idéalement, donc, achetez-en un à la fin du printemps ou en été, pendant que l’air est naturellement très humide, et placez-le dans son emplacement permanent qui doit, en passant, être bien éclairé. Au moment où l’air sec de l’automne arrivera, votre croton aura eu le temps de s’adapter à vos conditions et ne réagira presque pas au changement de saison.

Une fois que votre croton est bien acclimaté, il suffit de lui donner les mêmes soins qu’à toute autre plante d’intérieur… et aussi d’éviter toute exposition à l’air froid (moins de 15 ° C).

Notez que les crotons font aussi de populaires arbustes, et même des haies, sous les climats tropicaux humides (zones 10 à 12).

Arbre aux quarante écus (Ginkgo biloba)

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La curieuse feuille du ginkgo. Source: www.edenproject.com.

La plupart des plantes aux feuilles réellement bizarres sont des plantes tropicales, ce qui est parfaitement normal étant donné que la grande majorité des plantes de cette planète sont d’origine tropicale. Il n’en reste pas moins qu’il y a aussi beaucoup de bizarreries parmi les plantes de climat tempéré et je pense que le ginkgo mérite une place de choix sur la liste des plantes à feuilles bizarres.

Pour certaines personnes, le ginkgo est tellement familier que sa feuille peut leur sembler tout à fait anodine, mais il faut comprendre que la forme de sa feuille est en fait tout à fait unique parmi les plantes à graines. Il n’y a donc aucun risque de confondre un ginkgo avec quelque autre plante que ce soit.

Chaque feuille de ginkgo a une forme en éventail réellement spéciale, causée par des veines qui se divisent en deux, puis se divisent en deux encore et encore, donnant un limbe étroit à la base et très large à l’autre extrémité, rempli de veines parallèles. C’est comme si une aiguille de pin très étroite à la base se mettait à s’élargir en crête de coq à partir du point médian. Et je n’ai pas choisi la référence à une aiguille de pin au hasard, car le ginkgo est en effet une gymnosperme et est ainsi plus proche parent des conifères que des plantes à fleurs, malgré ses larges feuilles caduques.

Il y a 250 millions d’années, les ginkgos étaient les arbres dominants sur notre planète et étaient apparemment une source de nourriture majeure pour les dinosaures herbivores. Il n’en reste plus qu’une seule espèce, G. biloba, que l’on trouve rarement dans la nature (seulement dans les régions isolées du sud-ouest de la Chine). Malgré cette pénurie à l’état sauvage, le ginkgo est maintenant cultivé partout dans le monde, du moins là où il peut pousser, soit dans les zones de rusticité 4 à 9. Le ginkgo est à croissance lente mais assurée, devenant éventuellement un grand arbre et s’adaptant à presque toutes les conditions sauf les sols mal drainés.

Plus de feuilles bizarres à venir

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Il y aura d’autres plantes à feuilles bizarres dans ce blogue: revenez souvent si le sujet vous intéresse!

Je ne fais que gratter la surface du sujet des plantes aux feuilles bizarres. J’en ai beaucoup d’autres en tête que je propose de vous présenter au cours des mois à venir. Mais aussi, je suis ouvert aux suggestions. Peut-être que je pourrai inclure votre choix dans un de me blogues futurs? Contactez-moi à jardinierparesseux.com si vous avez des idées. Si vous me permettez d’utiliser une de vos photos, je l’ajouterai aussi!

Notez que je recherche des idées de plantes dont les feuilles sont toujours bizarres, pas d’une feuille mutante unique sur une plante par ailleurs normale, ni les feuilles dont la forme bizarre est provoquée par les insectes ou les maladies (même si je dois admettre que certaines galles foliaires sont d’une bizarrerie incroyable!). Aussi, pour l’instant, je m’en tiens strictement aux feuilles, pas aux ports curieux ou aux fleurs bizarres.

Merci pour toute aide que vous pouvez m’offrir!

 

Plantes d’intérieur comestibles

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Le caféier (Coffea arabica) est parmi les plantes comestibles qu’on peut cultiver comme plantes d’appartement.

Question: Existe-t-il des plantes d’intérieur qui sont comestibles et jolies en même temps?

Clecio Turgeon

Réponse: Bien sûr. Il existe de nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver comme plantes d’intérieur pour égayer nos appartements et qui nous fournissent aussi de quoi nous mettre sous la dent. Mais relativement peu des plantes d’intérieur les plus courantes sont dans cette catégorie. La plupart des «plantes d’intérieur de tous les jours» ne sont pas considérés comestibles ou certaines (philodendrons, dieffenbachias, la plupart des euphorbes, etc.) sont même toxiques.

Ce qui suit donnera une petite idée des plantes d’intérieur comestibles.

Plantes absentes de la liste

Je me permets d’être sélectif dans mon choix de «plantes d’intérieur comestibles». Ainsi, je balaie de la liste la plupart des fines herbes qu’on rentre pour l’hiver, car ce ne sont pas véritablement des plantes d’intérieur. Sans un long séjour à l’extérieur l’été, elles ne font pas long feu dans nos maisons.

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Les micro-pousses ne sont pas de véritables plantes d’intérieur

Je n’inclus pas non plus les fines herbes et légumes qu’on peut semer dans la maison pour une récolte rapide: germes, pousses, jeunes plants à feuillage comestible, têtes de carotte ou pieds de céleri qu’on fait enraciner, etc. Ce sont des plantes éphémères, généralement avec comme seul attrait un feuillage comestible. Ce ne sont pas non plus, de mon avis, de véritables plantes d’intérieur.

Enfin, sont aussi rayées de la liste les plantes toxiques qui ne deviennent comestibles qu’après des traitements très spéciaux, comme le taro (Calocasia esculenta) et le manioc ornemental (Manihot esculenta ‘Variegata’), qu’il faut cuire dans plusieurs eaux pour enlever les toxines. Parfois les gens lisent mes textes rapidement et je ne veux pas les induire en erreur, surtout avec un sujet aussi sensible que ce qui est une plante comestible.


Plantes d’intérieur classiques

Voici quelques «plantes d’intérieur de tous les jours» qui sont comestibles. Vous les trouverez dans presque n’importe quelle jardinerie:

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Ananas ornemental

Ananas (Ananas comosus)
Il existe plusieurs variétés d’ananas ornementaux, à feuillage rougeâtre, panaché, etc. et tous produisent des fruits qui sont peut-être petits, mais qui demeurent parfaitement comestibles. On peut aussi cultiver un plant d’ananas à partir d’un fruit acheté et il fructifiera dans quelques années.

Caféier (Coffea arabica)
On trouve facilement de jeunes caféiers sur le marché, généralement à peine plus que des semis. Après 2 ou 3 ans, ils donneront des fleurs blanches parfumées suivis de fruits rouges dont on peut manger la chair sucrée et rôtir et moudre les graines pour faire une boisson délicieuse.

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Géranium à senteur de rose (Pelargonium graveolens ‘Grey Lady Plymouth’)

Géranium à senteur (Pelargonium graveolens et autres)
Il existe une foule de variétés aux arômes des plus variables: citron, rose, noix de coco, pomme, pêche, fraise, clou de girofle, etc. En plus de sentir leur feuillage en les frôlant, on peut utiliser les feuilles en cuisine pour aromatiser les mets. La firme Richters (Canada) en offre plus de 70 variétés!

Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)
Les fleurs sont comestibles et souvent utilisées en tisane. Voici un article au sujet de cette plante: Cultiver un hibiscus à l’intérieur.

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Monstera (Monstera deliciosa)
Aussi appelé philodendron (nom qui appartient en fait à un proche parent), le monstera, avec ses grandes feuilles découpées, fait une plante d’appartement impressionnante. Quand il arrive à maturité, il fleurit, produisant une fleur blanche rappelant une calla et par la suite, un fruit comestible, d’où son épithète botanique deliciosa. Il faut laisser mûrir le fruit pendant 11 à 12 mois. Quand les écailles commencent à tomber, il est prêt à manger. Notez que tout le reste de la plante, dont les feuilles, les tiges et les fruits immatures, est toxique.

Oranger calamondin ou oranger d’appartement (X Citrofortunella microcarpa, anc. X C. mitis)
C’est le seul agrume couramment offert comme plante d’intérieur et il fleurit et fructifie abondamment à l’intérieur. Les fruits sont très acides, mais on peut les utiliser en cuisine, notamment dans la préparation de marmelades. Pour quelques autres suggestions d’agrumes d’intérieur, lisez plus loin.

Piment décoratif (Capiscum annuum et autres)
Tous les piments sont comestibles, mêmes les variétés vendues comme plantes ornementales. Ce sont des piments forts, même très forts. Pourtant, parfois la plante porte à l’achat l’étiquette «impropre à la consommation humaine». Pourquoi? C’est que ces plantes ont été traités avec des insecticides potentiellement toxiques pour les humains. Vous pourriez toutefois récolter et semer leurs graines et obtenir des fruits comestibles à la 2e génération.

Théier (Camellia sinensis)
On le trouve maintenant en pépinière, même s’il n’est pas aussi courant que les plantes précédentes. Voici un article à son sujet: Le théier comme plante d’intérieur.

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Peu de gens savent que les feuilles du trèfle d’appartement sont comestibles.

Trèfle d’appartement (Oxalis triangularis, syn. O. regnellii)
Les feuilles de cette plante populaire, qui peuvent être pourpres ou vertes, avec ou sans une macule argentée ou rose, ont un goût acidulé. Il ne faut pas en consommer en trop grosse quantité, à moins de les faire cuire, car l’acide oxalique qu’elles contiennent est toxique si consommée en quantité importante. Pour vous rassurer, sachez que les épinards, que nous mangeons couramment, contiennent aussi de l’acide oxalique et aussi sont toxiques si consommés en trop grosses quantités. Comme on dit, c’est la dose que fait le poison. Mangez-en modestement et il n’y aura pas de problème.


Fruitiers

La plupart des fruitiers tropicaux doivent atteindre une trop grande taille avant de fleurir ou sont à de nombreuses années de toute fructification, ce qui n’en fait pas de bonnes plantes comestibles pour la maison. On peut bien les cultiver comme plantes d’intérieur ornementales, mais il est peu probable qu’ils produisent des fruits chez vous. Dans ce groupe se trouvent les nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver à partir d’une graine, d’un pépin ou d’une noix, comme l’avocatier (Persea americana), le manguier (Mangifera indica), le papayer (Papaya carica), etc. Il est plaisant de les semer et de les regarder pousser… mais il ne faut pas compter des fruits, même après de nombreuses années. Sachez toutefois qu’il existe souvent des variétés naines de ces fruitiers qui peuvent produire des fruits à l’intérieur… si vous pouvez les trouver!

Les fruitiers qui suivent sont plus adaptés à la culture dans nos maisons et font alors de bonnes plantes d’intérieur comestibles.

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Acérole: belles fleurs, beaux et délicieux fruits!

Acérole ou cérisier des Barbades (Malpighia glabra)
Un petit fruitier arbustif qui produit des fleurs roses et des fruits rouges rappelant une cerise, au moins par leur apparence. De culture assez facile.

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Le limettier des Antilles est une variante naine de la lime et fleurit et fructifie très bien à l’intérieur.

Agrumes (Citrus spp., Microcitrus australasica et Fortunella spp.)
Tel que mentionné dans l’article Un citronnier ou oranger dans votre salon?, les véritables citronniers, orangers, pamplemoussiers, etc. sont trop gros pour être de bonnes plantes d’intérieur et prennent généralement 10 ans et plus avant de produire des fruits. D’autres agrumes moins connus, à croissance plus rapide et de taille plus restreinte, font de bien meilleures plantes d’intérieur. C’est notamment le cas du citronnier Meyer (Citrus x meyeri) qui, malgré son nom, n’est pas un véritable citron, du limettier des Antilles ou Key lime (C. x aurantiifolia) et du citron caviar ou Australian finger lime (Microcitrus australasica). On peut les semer et avoir des fruits 2 ans plus tard!

Les kumquats (Fortunella spp.) aussi font d’excellentes plantes d’intérieur.

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Bananier nain

Bananier nain (Musa spp.)
Même un bananier nain prend beaucoup d’espace dans maison (parmi les cultivars les plus petits, il y a ‘Super Dwarf Cavendish’ et ‘Truly Tiny’) et il lui faut beaucoup d’humidité, de chaleur et de soleil pour arriver à faire des fruits. Malgré tout, il n’est pas impossible que votre bananier nain produise un régime de bananes après quelques années de culture.

Le bananier d’ornement (Musa velutina), aux fleurs et aux fruits roses, est comestible aussi, même si le fruit contient de grosses graines, et suffisamment petit pour cultiver à l’intérieur.

Cacaotier (Theobroma cacao)
Difficile à trouver et difficile à cultiver, le cacaotier peut quand même produire des cabosses de cacao chez vous… si vous convertissez votre maison en jungle ultra-humide et chaude à l’année longue.

Figuier comestible (Ficus carica)
Il préfère passer sont été à l’extérieur… et a la mauvaise habitude de laisser tomber ses feuilles pendant l’hiver, mais le figuier produit quand même assez facilement des fruits dans la maison. De plus, son feuillage est comestible.

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Grenadier nain

Grenadier nain (Punica granatum ‘Nana’)
Version miniature du grenadier qui donne les grosses pommes de Grenade, le grenadier nain forme un petit arbuste aux fleurs orange qui donnent des pommes de petite taille, mais néanmoins comestibles.

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Grenadille (Passiflora edulis)

Grenadille ou passiflore comestible (Passiflora edulis)
Cette grimpante vigoureuse aura besoin d’un bon treillis, mais peut produire ses fleurs blanches à auréole pourpre et ses fruits pourpres ou jaunes, selon le cultivar, dans un emplacement bien ensoleillé.

Pitahaya ou fruit du dragon (Hylocereus undatus, H. polyrhizus, H. megalanthus et autres)
Ces cactus grimpants prennent beaucoup d’espace, mais fleurissent assez facilement quand ils atteignent leur maturité (après 5 ou 6 ans), produisant d’énormes fleurs blanches nocturnes très parfumées suivies de gros fruits rouges ou jaune à la chair blanche ponctué de graines noires. On peut produire des plants à partir de graines prelevées dans un fruit acheté au supermarché.

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Cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger)

Je cultive chez moi un cactu plus petit, le cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger), aux tiges aplaties curieusement échancrées (d’où son nom commun) et de nature retombantes. Ses fleurs blanches nocturnes très parfumées donnent des petits fruits verts comestibles… mais il est difficile de juger quand ils sont mûrs. Comme ses parents, il prend plusieurs années avant de commencer à fleurir.

Prunier du Natal (Carissa macrocarpa)

Petit arbuste épineux à feuilles lisses qui produit des fleurs blanches et des fruits rouges comestibles. On l’utilise parfois en bonsaï. Toute la plante est toxique; il n’y a que les fruits mûrs qui sont comestibles.

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Fruits de roselle

Roselle (Hibiscus sabadariffa)
Cet arbuste à petits fleurs jaune pâle ou blanches fleurit assez rapidement par semences et peut donner donc des fruits rouges, souvent utilisées dans les boissons et les gelées, dès la première année.

Vigne Pixie (Vitis x Pixie® Pinot Meunier)
Mutation naine de la vigne à raisin Pinot Meunier qui produit des fruits toute l’année sur une plante de petite taille. Ses feuilles aussi sont comestibles. On peut la cultiver comme plante d’intérieur.


Épices et herbes fines

Ces plantes servent à aromatiser nos repas et aussi parfois comme plantes médicinales. Je me suis limité aux variétés qui font réellement de bonnes plantes d’intérieur.

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Tiges et rhizomes de gingembre

Gingembre (Zingiber officinale)
On peut cultivar des plants de gingembre à partir de rhizomes achetés au marché. Attention, toutefois: souvent les rhizomes ainsi offerts ont été traités chimiquement ou irradiés pour ne pas germer. Il vous faut des rhizomes vivants, avec des bourgeons indiquant qu’ils sont prêts à pousser. Un supermarché asiatique devrait en avoir.

Il s’agit tout simplement d’enfoncer une section de rhizome dans un pot de terreau et d’arroser: un plante verte avec une petite allure de bambou poussera. Avec le temps, le rhizome se divisera et vous pourrez alors récolter les surplus. Il est rare que le gingembre commun fleurisse à l’intérieur, par contre.

D’autres épices de la famille du gingembre produisent aussi des rhizomes comestibles et font, elles aussi, d’excellentes plantes d’intérieur: le galanga (Alpinia galanga), le cucurma (Cucurma longa) et la cardamome (Elettaria cardamomum) ne sont que quelques exemples.

Laurier-sauce (Laurus nobilis)
Une des rares fines herbes classiques qui pousse assez bien dans la maison pour être une bonne plante d’intérieur.

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L’origan cubain panaché (Plectranthus amboinicus ‘Variegatus’) est la variété la plus populaire.

Origan cubain ou gros thym (Plectranthus amboinicus)
Cette plante n’est ni un origan (Origanum spp.) ni un thym (Thymus spp.), mais un proche parent du coléus (Plectranthus scutellaroides, syn. Solenostemon scutellarioides et Coleus blumei). Les feuilles épaisses sont ajoutées aux mets dans les pays chauds pour remplacer l’origan. Très facile à cultiver.

Poivre noir (Piper nigrum)

Grimpante aux feuilles lisses et à longues épis pendants de fruits verts devenant rouges, le poivre noir n’est pas difficile à cultiver à l’intérieur si vous pouvez lui offrir une bonne humidité. Les graines donnent du poivre noir, blanc ou rouge, selon le traitement qu’on leur donne.

Stevia (Stevia rebaudiana)
De plus en plus populaire pour ses feuilles édulcorantes qui donne un goût sucré aux mets sans ajouter des calories.

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Tulbaghie violacée

Tulbaghie violacée (Tulbaghia violacea)
Plante bulbeuse à feuilles en lanière et à petites fleurs en trompette roses: toute la plante dégage une odeur d’ail. Si vous utilisez les feuilles ou fleurs comestibles en cuisine, sachez elles ne donnent pas mauvaise haleine, d’où le nom anglais «society garlic» (ail de société). Ainsi on peut sortir “en société” après les avoir consommées.


Légumes

Il n’y a pas beaucoup de plantes qu’on pourrait qualifier de légumes qui font de bonnes plantes d’intérieur. Je n’en ai pu trouver que les deux suivantes:

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Épinard de Malabar (Basella alba)

Épinard de Malabar (Basella alba, syn. B. rubra)
Grimpante assez ornementale à feuilles mucilagineuses qui remplace l’épinard dans les pays chauds où l’épinard pousse difficilement. L’espèce produit des tiges vertes et des fleurs blanches, mais B. alba ‘Rubra’, probablement plus cultivé que l’espèce, a des tiges rougeâtres et des fleurs roses. Très facile à cultiver.

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Figuier de Barbarie sans épine (Opuntia ficus-indica ‘Burbank Spineless’

Figuier de Barbarie ou nopal (Opuntia ficus-indica et autres)
Ce cactus aux raquettes aplaties produit des fruits comestibles lorsqu’on le cultive en plein air sous un climat chaud et sec, mais à l’intérieur il fructifie rarement. On utilise plutôt ses raquettes comme légume sous son nom mexicain: nopal. Préférez un cultivar qui n’a pas d’épines (ou presque pas d’épines) comme ‘Burbank Spineless’. Il faut le plein soleil pour bien le réussir. Et oui, on peut bouturer les raquettes en vente à l’épicerie.

Où les trouver?

Je viens de vous préparer toute une liste d’épicerie, n’est-ce pas! Tristement, la plupart de ces plantes ne sont pas disponibles dans les jardineries locales. Une bonne source au Canada pour les épices et les fines herbes mentionnées est Richters. Pour les fruitiers inhabituels, essayez Flora Exotica et Brugmansia-Québec. Pour les jardiniers européens, Denise Roby recommande AlsaGarden comme source pour les plantes et semences comestibles inhabituelles.

Bon appétit!20170126k