Planter votre jardin de la victoire 2.0

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Dans un billet précédent, nous avons parlé des jardins de la victoire 2.0, ces jardins potagers réinventés pour le bien-être des confinés de la COVID-19, et y avons expliqué la façon de les planifier en 8 étapes. Il est maintenant temps de penser à planter votre jardin de la victoire en pleine terre. 

Les conseils suivants viennent du National Garden Bureau, le groupe qui a lancé l’idée du jardin de la victoire 2.0 ce printemps et ils furent traduits et adaptés de l’américain par jardinierparesseux.com.

Plantez votre propre jardin de la victoire 2.0 en dix étapes

1. Pour la transplantationtenez compte des dates de plantation recommandées en fonction de la date sans risque du gel de votre région. Faire la plantation trop tôt pourrait signifier qu’un gel tardif tuera les petits plants et semis ou que les plants resteront figés pendant plusieurs semaines à cause de l’air et du sol trop froid. Oui, les survivants commenceront à croître de nouveau lorsqu’ils se réchaufferont enfin, mais vous perdrez ainsi un temps précieux. Les semis dont a retardé un peu la plantation et qui n’ont jamais été stressés par le froid donneront une récolte plus hâtive et plus abondante.

2. Un bon sol est absolument nécessaire si vous voulez cultiver de bons légumes. Il doit être riche et bien drainé, mais capable de retenir une bonne quantité d’humidité. Donc, avant de planter, assurez-vous d’avoir préparé votre sol en mélangeant 5 à 7,5 cm de compost au sol trouvé sur place ou en achetant le meilleur terreau disponible si vous commencez un nouveau potager encadré. Et quand la terre est prête, il est temps de commencer la plantation!

3. Les légumes qui tolèrent un certain froid sont généralement ceux qui mûrissent le plus rapidement et vous donnent de belles feuilles, racines et grains à manger très tôt dans la saison. Alors, pensez à démarrer votre jardin en semant en pleine terre (ou en bac) les laitues, épinards, radis, pois, etc. alors que les températures sont encore fraîches dans votre région. Certaines graines étant minuscules, il faut essayer de ne pas en semer trop. Suivez les dates de semis recommandées sur l’emballage des semences.

4. Pour de meilleurs résultats, plantez les légumes à l’espacement recommandé. Recherchez cette information sur le sachet de semences, dans un catalogue, sur un site web ou dans un livre… un de mes livres, par exemple, comme Les idées du jardinier paresseux: Potager ou Les semis du jardinier paresseux (le format papier de ce dernier est actuellement épuisé et sera réédité en février, mais le livre est disponible en format électronique.). Des légumes trop serrés: voilà l’une des erreurs les plus courantes des jardiniers débutants. Il en résulte une diminution de la circulation d’air qui peut laisser les maladies s’installer. Et une trop grande promiscuité peut également entraîner des plantes de plus petite taille et réduire les récoltes, car ces plantes n’arriveront pas alors à obtenir leur pleine part de soleil et de minéraux. Parfois moins égale plus, du moins dans le monde des légumes!

5. Manipulez les plants délicatement lors du repiquage. Ne comprimez pas leur motte de racines et évitez si possible de briser les racines, tiges et feuilles fragiles. Dans la plupart des cas, plantez à la même profondeur que dans le contenant d’origine. Les tomates et les poivrons font exception à cette règle: ils peuvent être plantés plus profondément, ce qui est particulièrement utile si les plants repiqués sont un peu étiolés (hauts et faibles) au moment de la plantation. Enterrez les poivrons un peu plus profondément que la motte de racines et cela stimulera la production de racines sur la tige enterrée, donnant des plants plus robustes. Dans le cas des tomates, vous pouvez enlever 4 ou 5 des feuilles inférieures et ainsi enterrer jusqu’à la moitié de la tige. Les tomates aussi ont la capacité de produire des racines supplémentaires le long de la tige enfouie et un bon enracinement leur permettra de mieux survivre aux chaudes journées d’été.

6. Palissez les légumes aux tiges longues et rampantes sur un treillis, une cage à tomates ou d’autres tuteurs. Cela vous permettra de cultiver plus de légumes dans un espace restreint, car ils pousseront vers le haut plutôt qu’en largeur. Dans ce groupe, vous trouvez les tomates, les concombres, les haricots à rames, les melons, les courges et les pois. C’est ce qu’on appelle le jardinage vertical et c’est un économiseur majeur d’espace!

7. La tradition veut que les légumes soient plantés en rangées du nord au sud. Ainsi une rangée n’ombrera pas l’autre. Même si vous ne plantez pas en rangées, gardez cette idée à l’esprit et plantez les plantes plus courtes au sud et les plantes plus grandes au nord pour qu’elles ne jettent pas d’ombre sur ces dernières. 

8. L’engrais est un élément essentiel dans la plupart des jardins, car les légumes sont des plantes bien gourmandes. Vous pouvez incorporer un engrais à libération lente au sol au début de la saison et compléter avec une application d’engrais soluble toutes les deux à trois semaines tout au long de la saison de croissance.

9. L’arrosage est, bien entendu, très important dans votre jardin. La survie même des légumes dépend d’un arrosage adéquat. Heureusement qu’il est facile d’arroser adéquatement. N’attendez pas que le feuillage fane avant de le faire, mais utilisez votre index pour déterminer si le terreau est sec (lisez L’humidimètre le plus efficace pour plus d’information). Et quand vous arrosez, il faut toujours le faire abondamment, pour que l’eau descende en profondeur afin d’atteindre toutes les racines de vos légumes.

10. Enfin: faut-il pailler votre potager ou pas? Dans le potager traditionnel, on laissait la terre nue, exposée au soleil, au vent asséchant et aux mauvaises herbes, mais le consensus de nos jours est qu’un paillis est toujours préférable dans un potager. C’est que le paillis garde le sol plus frais, humide et friable, empêche la germination des mauvaises herbes, assure la propreté des plantes tout en réduisant les maladies, enrichit le sol en minéraux et facilite la récolte des légumes racines. Vous trouverez plus d’informations sur le paillage dans l’article d’hier Comment pailler un potager.

Allez-y donc et plantez votre propre jardin de la victoire 2.0!

Photos fournies par le National Garden Bureau

Le jardin de la victoire 2.0 – Planification

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Jardin de la victoire de la Seconde Guerre mondiale. Photo: http://www.thecanadianencyclopedia.ca

Pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, les citoyens des pays alliés ont été encouragés à planter un «jardin de la victoire» ou «jardin de la guerre»: un potager où ils pourraient produire certains de leurs propres légumes, fines herbes et fruits. C’était une période de pénurie et les aliments frais étaient souvent sévèrement rationnés, alors les gouvernements des pays impliqués ont incité les gens à planter des jardins de la victoire non seulement pour compléter leurs propres rations (et ainsi réduire la pression sur les agriculteurs), mais aussi pour le bénéfice de l’esprit de corps de la population en général. Cultiver son jardin est rapidement devenu un geste patriotique profondément valorisant.

Pancarte faisant la promotion des jardins de la victoire en France. Photo: Library of Congress

Ainsi, ces jardins de la victoire ont fusé de partout: sur les terrains résidentiels et les terrains vagues, bien sûr, mais aussi, grâce à des permissions spéciales, dans les parcs publics, les cours d’école et sur les terrains des entreprises. Le moindre lopin de terre fut bientôt couvert de légumes, même en pleine ville dans les quartiers les plus pauvres. 

Des analystes ont conclu que les jardins de la victoire avaient grandement aidé à stimuler le moral des civils, en plus de leur assurer une meilleure santé physique grâce à la consommation de denrées fraîches: les jardiniers participants se sentaient responsabilisés par leur contribution à la cause et récompensés par les produits qu’ils cultivaient.

La guerre contre le coronavirus

Jardin de la victoire 2.0: pour gagner la guerre contre le coronavirus. Photo: 200418I Claudette Gallant, http://www.publicdomainpictures.net

Eh bien, nous sommes engagés dans une bataille très différente en 2020. Encore une guerre mondiale, mais cette fois-ci, contre un ennemi largement invisible: le virus causant la COVID-19.

Pour le garder sous contrôle, beaucoup d’entre nous sommes encouragés à rester à la maison et à limiter nos déplacements, même pour aller au supermarché, et à ne même pas rendre visite aux membres de notre famille. C’est comme une assignation à résidence, sauf que nous n’avons pas de dispositif de surveillance électronique attaché à notre cheville… pour le moment! À la suite de ces semaines d’enfermement, nous avons tous besoin de nous remonter le moral, comme dans le temps de la guerre, d’où l’idée de ressusciter le jardin de la victoire: le jardin de la victoire 2.0, quoi!

Et pourquoi pas? Tout le monde peut avoir un jardin de la victoire! Dans sa plus simple expression, un jardin de la victoire peut n’être qu’un ou deux pots de légumes-feuilles sur un balcon ou un rebord de fenêtre. À plus grande échelle, vous pouvez couvrir ce balcon de nombreux bacs de légumes ou planter un potager dans la cour avant ou arrière. Il est surprenant comme le moindre petit espace peut produire une quantité importante de légumes frais.

Nous vaincrons cette maladie et nous en sortirons plus forts: que votre jardin de la victoire soit la preuve vivante de cette détermination!

La préparation d’un jardin de la victoire 2.0 en 8 étapes

Voici comment préparer votre jardin de la victoire.

1. Faites une liste des aliments que votre famille aime manger.

– Déterminez la quantité de produits que votre famille peut raisonnablement consommer pendant les périodes clés de récolte. De combien de courgettes votre famille aura-t-elle vraiment besoin? Devez-vous en planter 2 plants ou 4 plants?

– Décidez si vous avez les ressources nécessaires pour conserver les légumes en surplus en les congelant ou en les mettant en conserve. Si oui, plantez-en davantage.

– À partir de cette liste, commencez à rechercher des variétés spécifiques qui conviendront à vos attentes.

2. Choisissez des variétés faciles à cultiver.

Commencez avec des variétés faciles à cultiver. Photo: ecotalk.org

– Si vous êtes néophyte dans le jardinage, commencez par des plantes faciles à cultiver. 

– La plupart des légumes (betterave, carotte, concombre, chou frisé, courge, haricot, laitue, pois, radis, tomate, etc.) sont justement «faciles» et aussi de nombreuses herbes aromatiques (basilic, ciboulette, coriandre, origan, persil, romarin, sauge, thym, etc.). Ils sont faciles à cultiver à partir de graines ou de plants repiqués et produisent de manière prolifique la première année. 

– En général, les fruitiers (les fraisiers font exception à la règle) sont un peu plus complexes à cultiver et peu produisent la première année. Il peut être plus sage d’acquérir une certaine expérience avant de les aborder.

3. Décidez lesquelles de ces plantes vous allez cultiver à partir de graines et lesquelles vous achèterez comme transplants.

Il faut semer à l’intérieur les variétés lentes à mûrir, comme les tomates, ou encore, acheter des plants à repiquer. Photo: irisgardeninn.com

– On sème certaines plantes comestibles (betterave, carotte, coriandre, pois, etc.) en pleine terre. Pour les autres (les variétés à croissance plus lente), il faut les semer à l’intérieur quelques semaines à l’avance ou encore les acheter sous forme de plants à repiquer: c’est le cas du poivron, du romarin, de la tomate, etc. Recherchez ce détail sur le sachet de semences, dans un livre ou sur le Web et notez-le sur la liste préparée aux étapes 1 et 2.

– Notez aussi pour chaque variété les dates recommandées pour le semis et, le cas échéant, le repiquage, information trouvée aux mêmes endroits.

– Dans votre liste de variétés à cultiver, déterminez quelles cultures peuvent être cultivées et récoltées tôt, puis remplacées par des cultures estivales qui, elles, laissent leur place aux cultures automnales. (On appelle cela la culture successive.) Par exemple, vous pouvez semer de la roquette ou des radis tôt au printemps, puis des tomates en été et revenir à la roquette ou aux radis à l’automne.

4. Décidez où vous placerez votre jardin de la victoire

On peut placer un jardin de la victoire n’importe où, même sur un balcon, mais il faut au moins 6 heures de soleil. Photo: gardens.theownerbuildernetwork.co

– Cour avant, arrière-cour, cour latérale, balcon, terrasse, toit plat, rebord de fenêtre, etc.

– Assurez-vous que l’emplacement est dans une zone qui reçoit beaucoup de soleil; presque tous les légumes et fines herbes préfèrent le plein soleil (6 à 8 heures d’ensoleillement par jour).

– Il devrait y avoir une source d’eau à proximité.

5. Décidez si vous allez faire un jardin au sol, en potager surélevé ou en contenant.

Si jardiner à genoux est un problème, le potager surélevé est la solution! Photo: http://www.taylorsvillecityjournal.com

– Un jardin en pleine terre convient mieux aux endroits où la terre est meuble et bien drainée ainsi qu’aux vastes potagers.

– Un potager surélevé est un bon choix pour les cultures intensives et les emplacements où la terre d’origine n’est pas convenable.

– Un jardin en contenant peut aller n’importe où, même sur les surfaces imperméables comme un balcon, une terrasse ou un toit, mais est habituellement plus petit qu’un jardin au sol. 

– Pour les jardiniers à mobilité réduite ou tout simplement plus âgés, il est possible de préparer un jardin surélevé ou en contenant à une hauteur telle qu’il n’est pas nécessaire de se mettre à genoux pour jardiner: un jardin à hauteur de taille, par exemple.

– Évitez de faire un potager au sol aux endroits où il y a des racines d’arbres envahissantes. Jardiner en contenant est préférable dans de telles circonstances.

6. Planifiez votre espace de jardin.

Plan de jardin potager. Ill.: jardinierparesseux.com & pngimage.ne

– Préparez un plan du potager que vous prévoyez, avec les dimensions correspondantes. 

– Il peut être pratique de diviser, sur papier, le potager en carrés de 30 cm × 30 cm. Chaque variété a besoin d’un certain espace pour une croissance saine et ainsi, un carré peut comprendre un gros légume, 4 semi-gros légumes, 9 moyens ou 16 petits. Vous pouvez trouver des informations concernant l’espacement nécessaire sur les paquets de semences, en ligne ou dans les livres de jardinage.

– Rajoutez aux carrés que vous dessinez les noms (ou même des images!) des légumes et fines herbes que vous allez cultiver en indiquant le nombre de plants à inclure. Cela vous donnera un très beau plan, facile à suivre.  

6. Notez et respectez les dates de semis et de repiquage recommandées.

– Vous trouverez ces informations sur les sachets de semences, en ligne ou dans des livres de jardinage.

– Vous devrez connaître la date où il n’y a plus de risque de gel dans votre région afin de savoir quand vous pouvez semer et repiquer. Cette date suit généralement d’environ 2 à 3 semaines la date moyenne du dernier gel. Si, par exemple, un site météorologique indique que pour votre région la date moyenne du dernier gel est le 5 mai, la date où il n’a plus aucun risque de gel sera vers le 19 mai (climat aux printemps doux) ou le 26 mai (climat aux printemps froids). Sans doute que votre société d’horticulture pourrait vous aider à trouver la bonne date.

7. Prévoyez d’améliorer votre sol ou d’acheter une terre de jardinage de bonne qualité.

On ajoute un bon compost à presque toute terre de jardin. Photo: http://www.medicalnewstoday.com

– Attendez-vous à devoir améliorer le sol de l’emplacement que vous avez choisi pour votre potager. Par exemple, vous devrez probablement y faire pénétrer 2,5 à 5 cm de compost ainsi qu’un engrais biologique tout usage à libération lente (l’étiquette recommandera la dose appropriée) à un sol existant.

– Pour les jardins en contenant, vous aurez besoin d’une terre de jardin de qualité supérieure.

8. N’oubliez pas d’inclure dans votre potager des fleurs qui attirent les pollinisateurs.

Les fleurs attirent les pollinisateurs. Photo: http://www.shiftingroots.com

– Cela garantira que vos légumes fruitiers (courges, concombres, poivrons, etc.) seront adéquatement pollinisés!

– Parmi les fleurs intéressantes, il y a les espèces suivantes: bourrache, cosmos, mauve, rudbeckie, souci, zinnia.


Alors qu’attendez-vous? Rassemblez la famille et commencez à planifier votre jardin de la victoire 2.0! Dans les semaines à venir, je donnerai plus de détails sur la réalisation d’un jardin de la victoire 2.0.