Faits surprenants au sujet de l’hibiscus

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La fleur spectaculaire de l’hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis). Source: wallpaperstock.net

L’hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis) est parmi les plantes d’intérieur les plus populaires dans les régions septentrionales et n’est pas moins populaire comme arbuste fleuri dans les régions tropicales. Qui ne reconnaît pas sa grande fleur en forme d’antenne parabolique qui vient dans une vaste gamme de couleurs?

Mais notre hibiscus préféré cache aussi quelques secrets, des détails peu connus de la plupart de ses amateurs. En voici quelques-uns :

  1. Les boutons floraux et les fleurs d’hibiscus sont comestibles, avec un goût citronné, et sont riches en vitamine C. On peut les utiliser dans les chutneys, les soupes, les salades, les currys, les confitures et les gelées. Séchés, on les utilise aussi en tisane.
  2. L’hibiscus rose de Chine est l’emblème floral d’Haïti et de la Malaisie.
  3. La fleur d’hibiscus ne dure normalement qu’une journée mais, contrairement à la plupart des autres fleurs qui fanent rapidement si on ne les place pas dans l’eau, elle restera épanouie même sans eau. Ainsi, on peut facilement l’utiliser comme élément décoratif.

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    La panachure de l’Hibiscus rosa-sinensis ‘Cooperi’ est causée par un virus. Source: KENPEI, Wikimedia

  4. Le feuillage panaché blanc ou blanc et rose de certains hibiscus comme H. r-s. ‘Cooperi’ est causé par un virus qui peut se transmettre à d’autres hibiscus par le greffage. Le virus n’est pas considéré comme nuisible, mais il n’en reste pas moins que les hibiscus panachés fleurissent moins que les variétés à feuilles entièrement vertes.
  5. On peut frotter les fleurs sur des souliers pour les polir, d’où le nom commun «shoe plant» ou «shoeblack plant» en Inde.
  6. L’hibiscus est utilisé comme plante pharmaceutique dans la médecine traditionnelle chinoise.

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    Est-elle mariée ou disponible? La façon dont elle porte une fleur d’hibiscus donne la réponse. Source: alohaoutlet.com

  7. Les femmes polynésiennes avaient l’habitude d’en mettre une dans leurs cheveux. Quand elles portaient la fleur à droite, cela voulait dire qu’elles recherchaient un partenaire. Les femmes mariées portaient la fleur à gauche.
  8. On peut utiliser une fleur d’hibiscus pour déterminer le pH d’un liquide. La fleur devient rose foncé ou magenta dans une solution acide et verte dans une solution alcaline.
  9. Les fleurs colorées servent de teinture naturelle.

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    Fleurs d’hibiscus offertes à la déesse Kali. Source: http://www.wikiwand.com

  10. Dans la religion hindoue, la fleur d’hibiscus représente Kali, la déesse de la préservation, de la transformation et de la destruction. Les croyants lui laissent souvent des fleurs d’hibiscus en offrande.
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Des cadeaux fleuris pour la fête des Mères

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Tous les fleuristes et jardineries offrent une vaste gamme de potées fleuries pour la fête des Mères. Source:www.timperleygardencentre.com

La date de la fête des Mères varie d’un pays à l’autre, mais cette fête a souvent lieu au printemps, généralement au mois de mai. Dans la plupart des pays, dont le Canada, les États-Unis, la Belgique et la Suisse, c’est le deuxième dimanche de mai. En France, c’est le dernier dimanche de mai. La tradition veut que vous donniez un bouquet de fleurs coupées à Maman pour cette fête, ce qui est très bien, mais j’ai une autre suggestion. Pourquoi ne pas lui offrir une plante vivante? Une plante fleurie qu’elle pourra conserver par la suite, plutôt qu’un bouquet qui, aussi joli soit-il, n’égayera sa demeure que pendant quelques jours?

Voici quelques potées fleuries qu’elle appréciera :

Azalée d’Inde (Rhododendron simsii)

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Azalée des Indes. Source: www.bakker.com

Cette azalée d’intérieur se couvre d’une masse de fleurs en forme de roses rouges, roses, blanches ou bicolores. Maman peut la cultiver à l’intérieur durant la floraison, puis la mettre à l’extérieur durant l’été, à la mi-ombre. Ne la rentrez pas trop tôt à l’automne : l’azalée aime les températures fraîches, mais pas le gel, toutefois.

Bac ou panier d’annuelles

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Potée d’annuelles. Source: Proven Winners

Vous trouverez un beau choix de pots remplis de belles fleurs annuelles — calibrachoas, scaevolas, alysses hybrides, pélargoniums, etc. — dans n’importe quelle jardinerie, le cadeau parfait pour la mère qui a un balcon ou une terrasse comme espace extérieur. Demandez au commis de vous aider à en choisir un selon la luminosité chez Maman : plein soleil, mi-ombre ou ombre. Dans les régions aux printemps froids, dites à Maman de conserver la potée à l’intérieur, devant une fenêtre ensoleillée, jusqu’à ce qu’on annonce des températures nocturnes supérieures à 12 °C, car certaines annuelles sont frileuses.

Bulbes printaniers (Tulipa, Narcissus, Crocus, etc.)

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Narcisses et jacinthes. Source: Wouter Koppen, ibulb.org

Ces bulbes sont rustiques. Après la floraison, plantez-les à l’extérieur dans un emplacement qui est ensoleillé au printemps (ces plantes sont en dormance l’été et donc indifférentes à l’exposition estivale) et ils fleuriront de nouveau les années suivantes.

Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)

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Hibiscus rose de Chine. Source: www.hollywoodhibiscus.com

Il s’agit d’une plante d’intérieur (arbuste d’extérieur dans les régions tropicales) à grosses fleurs en forme d’antenne parabolique qui peut refleurir encore et encore pendant plusieurs années. Conservez-la au soleil ou mettez-la à l’extérieur durant l’été.

Hortensia ou hydrangée à grandes feuilles (Hydrangea macrophylla)

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Hydrangée à grandes feuilles. Source: http://www.teleflora.com

Avec ses grosses boules de fleurs bleues ou roses, parfois d’autres couleurs, elle ne peut que plaire. Dites à Maman de l’arroser abondamment et souvent : cette plante perd beaucoup d’humidité à l’air à cause de ses énormes feuilles et alors sèche très rapidement. Après la floraison, Maman peut l’acclimater aux conditions de jardin et la planter à l’extérieur. Avec un peu de chance, elle refleurira l’an prochain. Une bonne protection hivernale sera toutefois nécessaire dans les régions froides, car cette plante n’est pleinement rustique que dans les zones de rusticité 6 à 9.

Lis (Lilium spp.)

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Lis. Source: W.H. Zandbergen, ibulb.org

Roses, rouges, jaunes, orange ou blancs, à fleurs en trompette, en étoile ou en forme de turban, parfumés ou non, les lis en pot sont toujours saisissants. Pour prolonger le plaisir au maximum, achetez une plante avec beaucoup de boutons floraux, mais seulement une ou deux fleurs ouvertes. Les lis sont rustiques (zone 3 ou 4 pour la plupart) et peuvent donc être plantés en pleine terre, au soleil, après la floraison. Ils reviendront annuellement pendant de nombreuses années.

Primevère (Primula spp.)

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Primevère des jardins. Source: www.ebbing-lohaus.de

Il existe de nombreuses primevères, dont plusieurs vendues comme plantes-cadeaux. Certaines, comme la primevère obconique (P. obconica) et la primevère des fleuristes (P. malacoides), sont considérées comme des annuelles et meurent après la floraison. Mettez-les tout simplement au compost quand leurs fleurs sont fanées. La plupart des autres, et surtout la très populaire primevère des jardins (P. vulgaris et P. x polyantha), sont solidement rustiques : des vivaces classiques pour la plate-bande, la plupart adaptées aux zones 3 à 8. On peut les repiquer dans une plate-bande mi-ombragée au sol relativement humide et elles repousseront fidèlement pendant plusieurs années.

Rosier (Rosa spp.)

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Rosier miniature. Source: www.jacksonandperkins.com

On vend surtout des rosiers miniatures (très rustiques, zone 4) et polyanthas (moyennement rustiques, environ zone 5) à la fête des Mères. Souvent, ces plantes refleuriront plusieurs fois au cours de l’été si on les maintient correctement. Plantez-les en pleine terre, au soleil, pour une floraison renouvelée au cours des années à venir.


Bien sûr, il y a beaucoup d’autres potées fleuries que Maman appréciera : arbuste à fleurs, cinéraire, violette africaine, orchidée, broméliacée, etc. Choisissez-les en pensant non seulement à ses goûts, mais aussi à ses capacités de les maintenir.

Comment bouturer un hibiscus

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Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis). Source: worldoffloweringplants.com

L’hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis) est une plante d’intérieur très populaire dans les pays tempérés et, dans les régions tropicales et subtropicales, un arbuste de plein air cultivé partout. Il est de culture relativement simple — du moins, tant que vous pouvez lui offrir le plein soleil et une bonne humidité atmosphérique —, mais il n’est pas facile à multiplier. Certainement, les tentatives de faire enraciner une bouture d’hibiscus dans un verre d’eau — une technique que je déconseille de toute façon (lisez Pas de boutures dans l’eau) — sont presque toujours infructueuses. Mais si vous faites des boutures dans du terreau en y appliquant une hormone d’enracinement, le taux de succès augmente énormément.

Étape par étape

Voici comment faire :

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Enlevez les feuilles inférieures pour dégager l’extrémité de la tige. Source: priticious.com

Au printemps ou au début de l’été (on peut aussi faire des boutures en d’autres saisons, mais le temps d’enracinement s’allonge et le taux de succès diminue), prélevez des sections de tiges de 7 à 10 cm de longueur. Enlevez tout bouton floral ou fleur et aussi les feuilles à l’extrémité inférieure de la bouture pour dégager environ 3 à 4 cm de tige nue.

Maintenant, pincez l’extrémité supérieure. Le pinçage aura pour effet de ralentir la croissance verte de la bouture pour qu’elle investisse plutôt son énergie (et ses hormones!) dans la production de nouvelles racines. Aussi, pincer à ce stade stimulera une meilleure ramification plus tard.

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Appliquez une hormone d’enracinement. Source: www.lowes.com

Appliquez une hormone d’enracinement sur l’extrémité coupée. À cette fin, vous pouvez en verser dans un plat et y plonger la tige, ou encore, en badigeonner la tige avec un coton-tige.

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Cultivez la bouture à l’étouffée pendant la période d’enracinement. Source: www.victoriaadvocate.com

Insérez maintenant la bouture dans un pot de terreau humide en vous assurant qu’au moins deux nœuds (points de jonction d’anciennes feuilles) soient couverts de terreau et couvrez-la d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent pour maintenir une forte humidité. C’est ce qu’on appelle une culture à l’étouffée. Placez l’ensemble dans un endroit assez chaud (24-27 °C) sous un éclairage moyen (sous une lampe de culture, par exemple), sans soleil direct.

Quand de nouvelles feuilles apparaîtront (ce qui peut prendre entre 2 semaines et 2 mois), la bouture sera enracinée et vous pourrez commencer à l’acclimater aux conditions d’intérieur normales en ouvrant le sac/dôme peu à peu sur 4 ou 5 jours.


Et voilà! Vous aurez un joli petit hibiscus qui fleurira probablement dans quelques mois. Il sera nécessaire de l’empoter dans des pots de plus en plus gros à mesure qu’il prendra du galon ou, dans les pays chauds, de l’acclimater peu à peu aux conditions de plein air avant de le planter au jardin.

Pour en savoir davantage sur son entretien comme plante d’intérieur, lisez Cultiver un hibiscus à l’intérieur.

Plantes d’intérieur comestibles

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Le caféier (Coffea arabica) est parmi les plantes comestibles qu’on peut cultiver comme plantes d’appartement.

Question: Existe-t-il des plantes d’intérieur qui sont comestibles et jolies en même temps?

Clecio Turgeon

Réponse: Bien sûr. Il existe de nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver comme plantes d’intérieur pour égayer nos appartements et qui nous fournissent aussi de quoi nous mettre sous la dent. Mais relativement peu des plantes d’intérieur les plus courantes sont dans cette catégorie. La plupart des «plantes d’intérieur de tous les jours» ne sont pas considérés comestibles ou certaines (philodendrons, dieffenbachias, la plupart des euphorbes, etc.) sont même toxiques.

Ce qui suit donnera une petite idée des plantes d’intérieur comestibles.

Plantes absentes de la liste

Je me permets d’être sélectif dans mon choix de «plantes d’intérieur comestibles». Ainsi, je balaie de la liste la plupart des fines herbes qu’on rentre pour l’hiver, car ce ne sont pas véritablement des plantes d’intérieur. Sans un long séjour à l’extérieur l’été, elles ne font pas long feu dans nos maisons.

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Les micro-pousses ne sont pas de véritables plantes d’intérieur

Je n’inclus pas non plus les fines herbes et légumes qu’on peut semer dans la maison pour une récolte rapide: germes, pousses, jeunes plants à feuillage comestible, têtes de carotte ou pieds de céleri qu’on fait enraciner, etc. Ce sont des plantes éphémères, généralement avec comme seul attrait un feuillage comestible. Ce ne sont pas non plus, de mon avis, de véritables plantes d’intérieur.

Enfin, sont aussi rayées de la liste les plantes toxiques qui ne deviennent comestibles qu’après des traitements très spéciaux, comme le taro (Calocasia esculenta) et le manioc ornemental (Manihot esculenta ‘Variegata’), qu’il faut cuire dans plusieurs eaux pour enlever les toxines. Parfois les gens lisent mes textes rapidement et je ne veux pas les induire en erreur, surtout avec un sujet aussi sensible que ce qui est une plante comestible.


Plantes d’intérieur classiques

Voici quelques «plantes d’intérieur de tous les jours» qui sont comestibles. Vous les trouverez dans presque n’importe quelle jardinerie:

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Ananas ornemental

Ananas (Ananas comosus)
Il existe plusieurs variétés d’ananas ornementaux, à feuillage rougeâtre, panaché, etc. et tous produisent des fruits qui sont peut-être petits, mais qui demeurent parfaitement comestibles. On peut aussi cultiver un plant d’ananas à partir d’un fruit acheté et il fructifiera dans quelques années.

Caféier (Coffea arabica)
On trouve facilement de jeunes caféiers sur le marché, généralement à peine plus que des semis. Après 2 ou 3 ans, ils donneront des fleurs blanches parfumées suivis de fruits rouges dont on peut manger la chair sucrée et rôtir et moudre les graines pour faire une boisson délicieuse.

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Géranium à senteur de rose (Pelargonium graveolens ‘Grey Lady Plymouth’)

Géranium à senteur (Pelargonium graveolens et autres)
Il existe une foule de variétés aux arômes des plus variables: citron, rose, noix de coco, pomme, pêche, fraise, clou de girofle, etc. En plus de sentir leur feuillage en les frôlant, on peut utiliser les feuilles en cuisine pour aromatiser les mets. La firme Richters (Canada) en offre plus de 70 variétés!

Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)
Les fleurs sont comestibles et souvent utilisées en tisane. Voici un article au sujet de cette plante: Cultiver un hibiscus à l’intérieur.

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Monstera (Monstera deliciosa)
Aussi appelé philodendron (nom qui appartient en fait à un proche parent), le monstera, avec ses grandes feuilles découpées, fait une plante d’appartement impressionnante. Quand il arrive à maturité, il fleurit, produisant une fleur blanche rappelant une calla et par la suite, un fruit comestible, d’où son épithète botanique deliciosa. Il faut laisser mûrir le fruit pendant 11 à 12 mois. Quand les écailles commencent à tomber, il est prêt à manger. Notez que tout le reste de la plante, dont les feuilles, les tiges et les fruits immatures, est toxique.

Oranger calamondin ou oranger d’appartement (X Citrofortunella microcarpa, anc. X C. mitis)
C’est le seul agrume couramment offert comme plante d’intérieur et il fleurit et fructifie abondamment à l’intérieur. Les fruits sont très acides, mais on peut les utiliser en cuisine, notamment dans la préparation de marmelades. Pour quelques autres suggestions d’agrumes d’intérieur, lisez plus loin.

Piment décoratif (Capiscum annuum et autres)
Tous les piments sont comestibles, mêmes les variétés vendues comme plantes ornementales. Ce sont des piments forts, même très forts. Pourtant, parfois la plante porte à l’achat l’étiquette «impropre à la consommation humaine». Pourquoi? C’est que ces plantes ont été traités avec des insecticides potentiellement toxiques pour les humains. Vous pourriez toutefois récolter et semer leurs graines et obtenir des fruits comestibles à la 2e génération.

Théier (Camellia sinensis)
On le trouve maintenant en pépinière, même s’il n’est pas aussi courant que les plantes précédentes. Voici un article à son sujet: Le théier comme plante d’intérieur.

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Peu de gens savent que les feuilles du trèfle d’appartement sont comestibles.

Trèfle d’appartement (Oxalis triangularis, syn. O. regnellii)
Les feuilles de cette plante populaire, qui peuvent être pourpres ou vertes, avec ou sans une macule argentée ou rose, ont un goût acidulé. Il ne faut pas en consommer en trop grosse quantité, à moins de les faire cuire, car l’acide oxalique qu’elles contiennent est toxique si consommée en quantité importante. Pour vous rassurer, sachez que les épinards, que nous mangeons couramment, contiennent aussi de l’acide oxalique et aussi sont toxiques si consommés en trop grosses quantités. Comme on dit, c’est la dose que fait le poison. Mangez-en modestement et il n’y aura pas de problème.


Fruitiers

La plupart des fruitiers tropicaux doivent atteindre une trop grande taille avant de fleurir ou sont à de nombreuses années de toute fructification, ce qui n’en fait pas de bonnes plantes comestibles pour la maison. On peut bien les cultiver comme plantes d’intérieur ornementales, mais il est peu probable qu’ils produisent des fruits chez vous. Dans ce groupe se trouvent les nombreuses plantes tropicales qu’on peut cultiver à partir d’une graine, d’un pépin ou d’une noix, comme l’avocatier (Persea americana), le manguier (Mangifera indica), le papayer (Papaya carica), etc. Il est plaisant de les semer et de les regarder pousser… mais il ne faut pas compter des fruits, même après de nombreuses années. Sachez toutefois qu’il existe souvent des variétés naines de ces fruitiers qui peuvent produire des fruits à l’intérieur… si vous pouvez les trouver!

Les fruitiers qui suivent sont plus adaptés à la culture dans nos maisons et font alors de bonnes plantes d’intérieur comestibles.

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Acérole: belles fleurs, beaux et délicieux fruits!

Acérole ou cérisier des Barbades (Malpighia glabra)
Un petit fruitier arbustif qui produit des fleurs roses et des fruits rouges rappelant une cerise, au moins par leur apparence. De culture assez facile.

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Le limettier des Antilles est une variante naine de la lime et fleurit et fructifie très bien à l’intérieur.

Agrumes (Citrus spp., Microcitrus australasica et Fortunella spp.)
Tel que mentionné dans l’article Un citronnier ou oranger dans votre salon?, les véritables citronniers, orangers, pamplemoussiers, etc. sont trop gros pour être de bonnes plantes d’intérieur et prennent généralement 10 ans et plus avant de produire des fruits. D’autres agrumes moins connus, à croissance plus rapide et de taille plus restreinte, font de bien meilleures plantes d’intérieur. C’est notamment le cas du citronnier Meyer (Citrus x meyeri) qui, malgré son nom, n’est pas un véritable citron, du limettier des Antilles ou Key lime (C. x aurantiifolia) et du citron caviar ou Australian finger lime (Microcitrus australasica). On peut les semer et avoir des fruits 2 ans plus tard!

Les kumquats (Fortunella spp.) aussi font d’excellentes plantes d’intérieur.

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Bananier nain

Bananier nain (Musa spp.)
Même un bananier nain prend beaucoup d’espace dans maison (parmi les cultivars les plus petits, il y a ‘Super Dwarf Cavendish’ et ‘Truly Tiny’) et il lui faut beaucoup d’humidité, de chaleur et de soleil pour arriver à faire des fruits. Malgré tout, il n’est pas impossible que votre bananier nain produise un régime de bananes après quelques années de culture.

Le bananier d’ornement (Musa velutina), aux fleurs et aux fruits roses, est comestible aussi, même si le fruit contient de grosses graines, et suffisamment petit pour cultiver à l’intérieur.

Cacaotier (Theobroma cacao)
Difficile à trouver et difficile à cultiver, le cacaotier peut quand même produire des cabosses de cacao chez vous… si vous convertissez votre maison en jungle ultra-humide et chaude à l’année longue.

Figuier comestible (Ficus carica)
Il préfère passer sont été à l’extérieur… et a la mauvaise habitude de laisser tomber ses feuilles pendant l’hiver, mais le figuier produit quand même assez facilement des fruits dans la maison. De plus, son feuillage est comestible.

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Grenadier nain

Grenadier nain (Punica granatum ‘Nana’)
Version miniature du grenadier qui donne les grosses pommes de Grenade, le grenadier nain forme un petit arbuste aux fleurs orange qui donnent des pommes de petite taille, mais néanmoins comestibles.

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Grenadille (Passiflora edulis)

Grenadille ou passiflore comestible (Passiflora edulis)
Cette grimpante vigoureuse aura besoin d’un bon treillis, mais peut produire ses fleurs blanches à auréole pourpre et ses fruits pourpres ou jaunes, selon le cultivar, dans un emplacement bien ensoleillé.

Pitahaya ou fruit du dragon (Hylocereus undatus, H. polyrhizus, H. megalanthus et autres)
Ces cactus grimpants prennent beaucoup d’espace, mais fleurissent assez facilement quand ils atteignent leur maturité (après 5 ou 6 ans), produisant d’énormes fleurs blanches nocturnes très parfumées suivies de gros fruits rouges ou jaune à la chair blanche ponctué de graines noires. On peut produire des plants à partir de graines prelevées dans un fruit acheté au supermarché.

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Cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger)

Je cultive chez moi un cactu plus petit, le cactus arête de poisson (Epiphyllum anguliger), aux tiges aplaties curieusement échancrées (d’où son nom commun) et de nature retombantes. Ses fleurs blanches nocturnes très parfumées donnent des petits fruits verts comestibles… mais il est difficile de juger quand ils sont mûrs. Comme ses parents, il prend plusieurs années avant de commencer à fleurir.

Prunier du Natal (Carissa macrocarpa)

Petit arbuste épineux à feuilles lisses qui produit des fleurs blanches et des fruits rouges comestibles. On l’utilise parfois en bonsaï. Toute la plante est toxique; il n’y a que les fruits mûrs qui sont comestibles.

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Fruits de roselle

Roselle (Hibiscus sabadariffa)
Cet arbuste à petits fleurs jaune pâle ou blanches fleurit assez rapidement par semences et peut donner donc des fruits rouges, souvent utilisées dans les boissons et les gelées, dès la première année.

Vigne Pixie (Vitis x Pixie® Pinot Meunier)
Mutation naine de la vigne à raisin Pinot Meunier qui produit des fruits toute l’année sur une plante de petite taille. Ses feuilles aussi sont comestibles. On peut la cultiver comme plante d’intérieur.


Épices et herbes fines

Ces plantes servent à aromatiser nos repas et aussi parfois comme plantes médicinales. Je me suis limité aux variétés qui font réellement de bonnes plantes d’intérieur.

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Tiges et rhizomes de gingembre

Gingembre (Zingiber officinale)
On peut cultivar des plants de gingembre à partir de rhizomes achetés au marché. Attention, toutefois: souvent les rhizomes ainsi offerts ont été traités chimiquement ou irradiés pour ne pas germer. Il vous faut des rhizomes vivants, avec des bourgeons indiquant qu’ils sont prêts à pousser. Un supermarché asiatique devrait en avoir.

Il s’agit tout simplement d’enfoncer une section de rhizome dans un pot de terreau et d’arroser: un plante verte avec une petite allure de bambou poussera. Avec le temps, le rhizome se divisera et vous pourrez alors récolter les surplus. Il est rare que le gingembre commun fleurisse à l’intérieur, par contre.

D’autres épices de la famille du gingembre produisent aussi des rhizomes comestibles et font, elles aussi, d’excellentes plantes d’intérieur: le galanga (Alpinia galanga), le cucurma (Cucurma longa) et la cardamome (Elettaria cardamomum) ne sont que quelques exemples.

Laurier-sauce (Laurus nobilis)
Une des rares fines herbes classiques qui pousse assez bien dans la maison pour être une bonne plante d’intérieur.

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L’origan cubain panaché (Plectranthus amboinicus ‘Variegatus’) est la variété la plus populaire.

Origan cubain ou gros thym (Plectranthus amboinicus)
Cette plante n’est ni un origan (Origanum spp.) ni un thym (Thymus spp.), mais un proche parent du coléus (Plectranthus scutellaroides, syn. Solenostemon scutellarioides et Coleus blumei). Les feuilles épaisses sont ajoutées aux mets dans les pays chauds pour remplacer l’origan. Très facile à cultiver.

Poivre noir (Piper nigrum)

Grimpante aux feuilles lisses et à longues épis pendants de fruits verts devenant rouges, le poivre noir n’est pas difficile à cultiver à l’intérieur si vous pouvez lui offrir une bonne humidité. Les graines donnent du poivre noir, blanc ou rouge, selon le traitement qu’on leur donne.

Stevia (Stevia rebaudiana)
De plus en plus populaire pour ses feuilles édulcorantes qui donne un goût sucré aux mets sans ajouter des calories.

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Tulbaghie violacée

Tulbaghie violacée (Tulbaghia violacea)
Plante bulbeuse à feuilles en lanière et à petites fleurs en trompette roses: toute la plante dégage une odeur d’ail. Si vous utilisez les feuilles ou fleurs comestibles en cuisine, sachez elles ne donnent pas mauvaise haleine, d’où le nom anglais «society garlic» (ail de société). Ainsi on peut sortir “en société” après les avoir consommées.


Légumes

Il n’y a pas beaucoup de plantes qu’on pourrait qualifier de légumes qui font de bonnes plantes d’intérieur. Je n’en ai pu trouver que les deux suivantes:

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Épinard de Malabar (Basella alba)

Épinard de Malabar (Basella alba, syn. B. rubra)
Grimpante assez ornementale à feuilles mucilagineuses qui remplace l’épinard dans les pays chauds où l’épinard pousse difficilement. L’espèce produit des tiges vertes et des fleurs blanches, mais B. alba ‘Rubra’, probablement plus cultivé que l’espèce, a des tiges rougeâtres et des fleurs roses. Très facile à cultiver.

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Figuier de Barbarie sans épine (Opuntia ficus-indica ‘Burbank Spineless’

Figuier de Barbarie ou nopal (Opuntia ficus-indica et autres)
Ce cactus aux raquettes aplaties produit des fruits comestibles lorsqu’on le cultive en plein air sous un climat chaud et sec, mais à l’intérieur il fructifie rarement. On utilise plutôt ses raquettes comme légume sous son nom mexicain: nopal. Préférez un cultivar qui n’a pas d’épines (ou presque pas d’épines) comme ‘Burbank Spineless’. Il faut le plein soleil pour bien le réussir. Et oui, on peut bouturer les raquettes en vente à l’épicerie.

Où les trouver?

Je viens de vous préparer toute une liste d’épicerie, n’est-ce pas! Tristement, la plupart de ces plantes ne sont pas disponibles dans les jardineries locales. Une bonne source au Canada pour les épices et les fines herbes mentionnées est Richters. Pour les fruitiers inhabituels, essayez Flora Exotica et Brugmansia-Québec. Pour les jardiniers européens, Denise Roby recommande AlsaGarden comme source pour les plantes et semences comestibles inhabituelles.

Bon appétit!20170126k

Cultiver un hibiscus à l’intérieur

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Hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis)

Je reçois plus de questions au sujet de l’hibiscus que presque toute autre plante. Pourquoi? Parce qu’il se comporte souvent très mal dans la maison. Apprenons alors comment réussir cette plante capricieuse… et commençons par le début, en bien identifiant la plante.

Autres hibiscus

Ni l’hibiscus vivace (H. moscheutos, à gauche) et ni l’hibiscus arbustif (H. syriacus, à droite) ne font de bonnes plantes d’intérieur et ne sont pas couverts dans ce texte.

Il faut comprendre que le genre Hibiscus, de la famille, des Malvacées, comprend plus de 200 espèces, dont des annuelles, des vivaces, des arbustes et des arbres. Dans cet article, je ne traiterai qu’une d’une seule espèce, l’hibiscus rose de Chine (Hibiscus rosa-sinensis), qui est un arbuste d’origine tropicale.

Il se cultive en pleine terre dans régions tropicales et subtropicales et en pot, à l’extérieur l’été et à l’intérieur l’hiver, dans les régions au climat tempéré. Donc, laissez votre hibiscus vivace (H. moscheutos et espèces apparentées) et votre hibiscus arbustif ou ketmie de Syrie (H. syriacus) pousser en pleine terre. Notre sujet ici est l’H. rosa-sinensis et ce que j’écris à son sujet ne s’applique pas nécessairement à aucune autre espèce.

Description

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Hybrides d’hibiscus rose de Chine.

L’hibiscus rose de Chine (H. rosa-sinensis) est ainsi appelé parce que les premiers cultivars à atteindre l’Europe furent envoyés de la Chine. On croît cependant que l’espèce est indigène plus au sud, peut-être en Malaysie ou dans les îles du Pacifique, mais elle n’a jamais été trouvée à l’état sauvage. Et malgré son surnom «rose de Chine», il n’est pas, bien sûr, le moindrement apparenté à un véritable rosier (Rosa spp.).

D’ailleurs, le véritable H. rosa-sinensis est rarement cultivé. La plupart des variétés offertes de nos jours sont le résultat de plus de 1000 ans de croisements souvent impliquant d’autres espèces d’hibiscus.

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L’hibiscus rose de Chine devient un petit arbre dans les tropiques.

L’hibiscus rose de Chine est un arbuste ou petit arbre aux tiges ligneuses de 1 à 5 m de hauteur. Son feuillage persistant est elliptique à la marge dentée et vert foncé luisant (certains cultivars ont un feuillage panaché de blanc et de rose).

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Fleur en forme d’entonnoir avec une colonne staminale centrale.

Les fleurs à 5 pétales parfois frangées forment un entonnoir largement ouvert, comme une antenne parabolique, avec au centre une colonne staminale qui réunit le stigmate à 5 lobes et les étamines jaunes.

La couleur d’origine des pétales était rouge, mais on trouve aujourd’hui une vaste gamme de couleurs: rose, jaune, orange, blanc, et même, chez les hibiscus de collection, des teintes de violet et de bleu. Souvent il y a un œil central rouge. Certaines variétés ont des fleurs doubles. Les fleurs peuvent mesurer de 10 cm à 15 cm de diamètre, même 20 cm pour les variétés de collection.

Tristement, les fleurs ne durent qu’une seule journée (parfois 2 pour certains cultivars modernes), mais la plante en produit d’autres pendant une longue saison de floraison, presque toute l’année sous des conditions optimales.

Hibiscus courants ou de collection?

Les hibiscus rose de Chine vendus couramment en pépinière ont des fleurs relativement petites (10 cm), habituellement unicolores, simples ou, plus rarement, doubles. Souvent ils sont vendus sans nom de cultivar. Ce sont habituellement des variétés très florifères, ce qui assure une floraison durable. Très honnêtement, ce sont probablement les meilleures variétés pour le jardiner moyen.

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Hibiscus de collection

Il y a toutefois aussi des hibiscus de collection, souvent avec des fleurs multicolores de grande taille. Quand vous en voyez un, il est difficile de résister à son charme. Par contre, la floraison est nettement moins abondante et souvent limitée à l’été. Ces variétés sont difficiles à trouver localement, à moins de vivre sous les tropiques où il peut avoir des pépinières spécialisées: il faut presque toujours les commander par la poste. Ils sont souvent difficiles à bouturer: parfois il faut les greffer sur d’autres hibiscus si vous voulez les multiplier.

Hibiscus sur tige

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Hibiscus sur tige

On peut aussi se procurer des hibiscus cultivés sur une tige dressée, parfois même tressée. Il ne s’agit pas d’un hibiscus génétiquement distincte, mais plutôt d’un hibiscus commun taillée de façon spéciale. Vous pourriez d’ailleurs tailler tout hibiscus pour en former un arbre si vous voulez. Il suffirait de choisir une branche dressée pour servir de tronc, de supprimer toute tige ou feuille à la base de ce tronc et tailler le sommet du tronc plus fréquemment de façon à stimuler une bonne densité de branches.

L’entretien d’un tel hibiscus est d’ailleurs strictement le même que pour tout autre hibiscus.

Pourquoi l’hibiscus change de forme

La plupart des hibiscus courants ont été traités avant la vente avec un régulateur de croissance. Ce produit chimique stimule une réduction de la longueur des tiges sans toutefois affecter la floraison. La plante reste alors compacte et densément feuillue. Son effet peut durer 6 mois et plus et vous prenez donc pour acquis que c’est ainsi que votre hibiscus se comporte naturellement. Vous avez alors la surprise de votre vie quand tout d’un coup les branches commencent à s’allonger et le feuillage, à s’espacer, donnant un grand arbuste nettement plus clairsemé.

Mais c’est ainsi qu’un hibiscus croît vraiment. Ces régulateurs de croissance n’étant pas disponible aux consommateurs, vous devriez alors contrôler la taille de votre hibiscus par la taille.

Culture

Je me restreints ici à expliquer la culture de l’hibiscus rose de Chine sous les climats tempérés, là où il doit passer l’hiver à l’abri. Je laisse l’explication de sa culture en pleine terre toute l’année, soit dans les zones de rusticité 9 à 12, à d’autres.

Non, l’hibiscus n’est pas une plante d’intérieur de culture facile. Il faut une certaine expérience pour bien le réussir et je ne le recommande pas aux novices. Faites votre main avec des dracénas et des philodendrons avant de vous lancez dans sa culture!

De plus, mieux vaut traiter l’hibiscus comme une plante d’intérieur qui séjournera à l’extérieur pendant l’été. Il est difficile à cultiver à l’intérieur à longueur d’année.

Éclairage

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Il faut du soleil pour réussir un hibiscus.

Il faut un maximum de soleil pour bien réussir un hibiscus. Pendant l’hiver, placez-le dans l’endroit le plus ensoleillé que vous avez, sans doute près d’une fenêtre orientée au sud. Quand le soleil commence à s’intensifier au printemps, vous pouvez l’éloigner de la fenêtre pendant les heures les plus chaudes.

On peut aussi supplémenter le soleil ou même le remplacer avec un éclairage artificiel intense. Utilisez une minuterie pour lui offrir 16 heures de lumière par jour. Il est toutefois difficile d’éclairer également une plante d’une aussi grande taille: souvent une plante cultivée sous un éclairage artificiel fleurit à son sommet, mais perd ses feuilles inférieures.

L’été, quand la température nocturne dépasse fidèlement 10˚C, commencez à acclimater la plante aux conditions extérieur en le plaçant à l’ombre pendant quelques jours, puis la mi-ombre avant de l’exposer au plein soleil.

Arrosage

En période de croissance, arrosez abondamment dès que le terreau est sec au toucher. En période de semi-dormance, l’hibiscus peut s’assécher davantage.

Température

20170113O.jpgIl peut tolérer jusqu’à 0˚C (même moins pendant de courtes périodes), mais mieux vaut éviter de l’exposer à des températures inférieures à 10˚C si vous voulez garder la plante en croissance. Il est souvent plus facile à cultiver si vous êtes capable de maintenir une température fraîche (environ 15˚C) pendant l’hiver.

Curieusement, malgré ses origines tropicales, l’hibiscus peut arrêter de fleurir quand il fait trop chaud (plus de 32˚C environ). Par période de canicule, donc, il peut être utile de le transporter temporairement à un emplacement plus ombragé et frais.

Humidité

L’hibiscus est sujet à la chute des feuilles et des b0utons floraux quand il est exposé à l’air sec, une situation courante dans nos maisons l’hiver. Aussi, sous de telles conditions, il est davantage sensible aux infestations d’insectes. Mieux vaut alors utiliser un humidificateur ou un plateau humidifiant pour augmenter l’humidité pendant les mois d’hiver.

Fertilisation

L’hibiscus est une plante gourmande et apprécie des fertilisations régulières, mais à moins de le cultiver sous un éclairage artificiel, où la lumière est intense toute l’année, mieux vaut l’encourager à ralentir un peu l’hiver en arrêtant les fertilisations entre octobre et la fin de février. On peut le fertilisez avec tout engrais, réduisant le taux à un quart du dosage recommandé.

Rempotage

L’hibiscus fleurit mieux quand il est un peu à l’étroit dans son pot. Donc, un rempotage dans un pot un peu plus gros aux 2 ou 3 ans suffit. Utilisez tout terreau pour plantes d’intérieur. Le meilleur moment pour le rempotage est à la fin de l’hiver (fin de février ou mars).

Taille

20170113N.jpgIl est toujours embêtant de tailler un hibiscus, car il fleurit à l’extrémité de ses branches. La tailler élimine alors toujours une partie de la floraison à venir et il prend alors plusieurs mois avant de récupérer. Pourtant, si on ne le taille pas, il devient grand et dégarni. Que faire?

En fait, il y a plusieurs possibilités. En voici deux.

Si vous avez d’excellentes conditions de culture, donc une forte intensité lumineuse, une température supérieure à 15˚C et une bonne humidité ambiante, donc une situation où votre hibiscus est capable de fleurir toute l’année, prenez l’habitude de rabattre une branche ou deux (les couper à deux tiers de leur longueur) aux 3 mois, ce qui stimulera la pousse de nouvelles branches à cet emplacement. Avec cette taille régulière, vous garantissez qu’il y aura toujours un mélange de branches matures portant des boutons floraux et de jeunes branches garantes de floraisons à venir.

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Une taille sévère à la fin de l’hiver stimulera une floraison abondante l’été.

Si votre hibiscus ne fait que vivoter pendant l’hiver, faute d’un éclairage suffisant (d’ailleurs la situation habituelle dans la plupart des maisons), rabattez plutôt toutes les branches à la fin de février, ce qui donnera à la plante le temps de refaire de nouvelles branches avec beaucoup de boutons floraux à temps pour la saison estivale.

La rentrée automnale

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Jaunissement provoqué par une rentrée trop tardive de la plante.

La plus grosse gaffe des débutants est de rentrer leur hibiscus trop tardivement. Quand on le laisse à l’extérieur longtemps, soit jusqu’à la fin de septembre ou même d’octobre, il s’acclimate à des nuits de plus en plus fraîches et de plus en plus humides. Imaginez alors le choc quand vous le rentrez subitement à la chaleur et à l’air sec de votre demeure! La plante réagit en rejetant une bonne partie de son feuillage, qui jaunit et tombe. Cela crée aussi une situation parfaite pour les insectes nuisibles qui prolifèrent sur les plantes en état de stress.

La rentrée devrait plutôt avoir lieu tôt, à la fin d’août ou au tout début de septembre, quand les conditions extérieures et intérieures sont identiques. Ainsi, pas de stress, très peu de perte de feuilles, et moins d’infestations d’insectes.

Il faut aussi bien nettoyer votre hibiscus avant de le rentrer, question d’éliminer tout insecte caché à travers son feuillage. Pour plus de renseignements à ce sujet, je vous réfère à C’est le temps de rentrer vos plantes.

Un hiver en semi-dormance

La plupart des gens n’ont pas autre choix que de cultiver leur hibiscus à la température de la pièce, mais si vous avez accès à une pièce à peine chauffée, de l’ordre de 4 ou 5˚C, vous pouvez y placer votre hibiscus pendant l’hiver. La plante n’aimera pas ce traitement et perdra presque toutes ses feuilles, mais avec ce traitement au froid et un arrosage minimal (seulement assez d’eau pour l’empêcher de mourir complètement), vous pouvez au moins la garder en vie jusqu’au printemps.

Multiplication

Il est possible de multiplier votre hibiscus par bouturage ou greffage, éventuellement même par marcottage aérien, mais seulement la première technique est normalement utilisée par les jardiniers amateurs. Beaucoup de gens se plaignent toutefois que leurs boutures d’hibiscus ne réussissent pas, mais habituellement c’est parce qu’ils essaient de faire les boutures dans l’eau (une vieille technique qu’on devrait bannir). Voici comment réellement réussir des boutures d’hibiscus.

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Boutures d’hibiscus.

Au printemps ou au début de l’été, prélevez des sections de tige de 7 à 10 cm de longueur. Enlevez toute fleur ou bouton floral et appliquez une hormone d’enracinement à l’extrémité coupée avec un coton-tige. Insérez la bouture dans un terreau humide et couvrez-la d’un dôme ou d’un sac de plastique transparent pour maintenir une forte humidité. Placez l’ensemble dans un endroit assez chaud (24-27ºC) sous un éclairage moyen, sans soleil direct. Quand de nouvelles feuilles apparaissent (ce qui peut prendre entre 2 semaines et 2 mois), la bouture sera enracinée et vous pouvez commencer à l’acclimater aux conditions d’intérieur normales.

Et voilà! Bouturez un hibiscus n’est pas difficile quand vous le faites de la bonne manière!

Insectes et maladies

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Hibiscus infesté de pucerons. Photo: Éric Trépanier

Un hibiscus stressé est comme un aimant pour les insectes indésirables: cochenilles, aleurodes, pucerons, araignées rouges, etc. Donc la première protection est d’assurer que la plante reçoive un éclairage et une humidité atmosphérique adéquats. Ainsi, il résistera mieux à ses ennemis. De plus, surveillez votre plante attentivement et soyez toujours prêt à agir si vous remarquez la présence d’insectes. Habituellement, un traitement avec un savon insecticide (et pas un détersif à vaisselle), répété régulièrement, devrait en venir à bout.

L’hibiscus rose de Chine cultivé en pleine terre sous les tropiques est sujet à son lot de maladies fongiques, virales et bactériennes, mais elles sont peu présentes dans les régions septentrionales.

Le jaunissement et la chute des feuilles ne sont pas dus à une maladie comme tel, mais à un éclairage insuffisant, une atmosphère trop sèche, un manque d’eau ou à un changement trop radicale des conditions. Évidemment, même sous les meilleures conditions, les feuilles les plus anciennes finissent toujours par jaunir et tomber, donc une certaine chute est feuilles est inévitable.

Pour plus de renseignements

Si vous êtes très intéressé par les hibiscus, voici deux sociétés auxquelles vous pourriez adhérer: l’International Hibiscus Society (les photos sur ce site sont époustouflantes!) et l’American Hibiscus Society.20170112a