Un truc simple pour éviter le doryphore

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Voici un truc simple, mais efficace! 

Pour éviter le doryphore de la pomme de terre, aussi appelé bibitte à patate au Québec (Leptinotarsa decemlineata), un insecte qui dévore le feuillage des plants de pomme de terre (Solanum tuberosum), plantez vos pommes de terre non pas dans le potager, en monoculture, mais dans la plate-bande, dispersées çà et là à travers les fleurs. 

Plusieurs variétés de pomme de terre fleurissent facilement et cadrent alors très bien avec une plate-bande fleurie. Photo: Keith Weller, Wikimedia Commons

Les doryphores adultes sont attirés par l’odeur distinctive du feuillage des pommes de terre et trouvent plus facilement leur hôte quand la pomme de terre est regroupée en rangs, comme dans un potager. Mais quand les plants de pomme de terre sont éparpillés à travers d’autres végétaux, le problème disparaît. 

Parfois, un ou deux doryphores de la deuxième génération réussissent à trouver les plants vers la fin de l’été, mais pas assez pour même devoir traiter: il en faut des dizaines pour nuire à production des pommes de terre. 

L’année suivante, répétez… en changeant les pommes de terre de place (il faut toujours faire une rotation avec les légumes).

Facile, n’est-ce pas?

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Une barrière anti-insectes

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La couverture flottante laisse entrer l’air, l’eau et le soleil, mais pas les insectes indésirables. Source: rhinowindows.info

Un des «pesticides» les plus curieux qui soit est la couverture flottante, aussi appelée voile anti-insectes, filet d’exclusion ou toile flottante («floating row cover» ou «frost cover» en anglais). Il s’agit d’une étoffe translucide et très légère qui laisse passer l’eau de pluie, l’air et, bien sûr, la lumière du soleil.

À l’origine, ce produit fut conçu pour offrir aux légumes semés tôt au printemps quelques degrés de protection contre le gel… mais je pense que la plupart des jardiniers qui s’en servent aujourd’hui l’utilisent davantage pour protéger leurs cultures contre les insectes nuisibles.

Voici comment elle fonctionne.

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Des doryphores (bibittes à patate en bon québécois) bien frustrés! Ils peuvent voir et sentir leur plante-hôte, la pomme de terre, mais ne peuvent pas l’atteindre. Source: www.amazon.com

Il s’agit de recouvrir lâchement le rang ou le carré du légume susceptible d’être attaqué par un insecte nuisible volant de la toile flottante et de retenir cette dernière sur les bords avec des piquets, des briques, de la terre ou des pierres, afin qu’elle ne parte pas au vent. La marge doit être pressée contre le sol ou même enterrée pour empêcher les prédateurs de pénétrer le secteur à partir du sol.

Quand les plants lèvent, l’insecte trouve vite sa proie préférée grâce à l’odeur qu’elle dégage et se pose sur la couverture, prêt à la bouffer. Mais horreur! Il ne peut pas pénétrer la barrière. Il fait les cent pas, tourne en rond, mais il n’y a rien à faire. Affamé, il finit par s’en aller ou encore, il meurt tout simplement, faute de pouvoir se nourrir.

La couverture flottante est très utile contre une vaste gamme d’insectes: 

  • altises
  • chenilles
  • cicadelles
  • coléoptères
  • doryphores de la pomme de terre
  • mineuses
  • mouches de la carotte, du chou et de l’oignon
  • pucerons
  • sauterelles
  • scarabées
  • teignes du poireau
  • thrips
  • vers gris (espèces migratoires)
  • et beaucoup d’autres

Essentiellement, si l’insecte vole ou saute pendant que la toile est en place, elle peut l’empêcher d’atteindre la plante. Elle peut même exclure les limaces et les escargots… du moins, s’il n’y en avait pas qui hivernaient dans le sol du secteur recouvert.

Pas besoin de support

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Les jardiniers forcenés aiment bien installer des tuteurs ou des cerceaux pour soulever la toile, mais cela va à l’encontre de la nature même du produit. Si on appelle ce produit « toile flottante», c’est qu’elle lève avec les plantes et n’a pas donc besoin d’autre support. Source: www.gardening-guy.com

La toile est tellement légère qu’elle lève avec les plantes à mesure de leur croissance (c’est pour cela qu’on la dit «flottante»), donc, elle n’a pas besoin d’une structure pour la surélever. Autrement dit, ce n’est ni un tunnel ni une mini-serre.

Par contre, beaucoup de jardiniers plus zélés que moi aiment bien installer des piquets ou des cerceaux et l’utilisent comme si c’était une tente. Après tout, ils semblent se dire, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?

Un bémol

La couverture flottante n’est pas sans défauts, toutefois.

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Il faut enlever la toile quand les légumes-fruits commencent à fleurir afin de donner accès aux abeilles et aux autres pollinisateurs. Source: rurification.blogspot.ca

D’abord, elle exclut tous les insectes, même les insectes pollinisateurs. Pour les légumes nécessitant une pollinisation, comme les courges, les concombres, les poivrons et les autres légumes-fruits, il faut ouvrir ou enlever la toile dès que les premières fleurs s’épanouissent.

Aussi, elle peut tenir les plantes trop au chaud pendant les périodes de canicule. Quand la température sous la toile dépasse 30 °C, il peut être sage de l’enlever.

Évidemment, une fois la couverture enlevée, vos plants seront alors de nouveau exposés aux insectes nuisibles, mais normalement, ce sera après le premier cycle de leur ennemi. Et habituellement, la population de l’ennemi, privé de sa source principale de nourriture au début de la saison, est désormais tellement réduite qu’il ne cause plus de dégâts dignes de mention. De plus, vos plants seront alors mieux développés et donc plus en mesure de résister si une deuxième génération de l’insecte devait se présenter.

Rotation obligatoire

Pour que cette technique soit efficace, il faut toujours faire une rotation des cultures, sinon, quand l’insecte sortira du sol au printemps, car il se terrait là où se trouvait sa plante-hôte l’année précédente, il se trouvera à l’intérieur de votre barrière anti-insectes et pourra alors s’en donner à cœur joie. Pas trop efficace, n’est-ce pas?

Durée de vie

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Normalement, une toile flottante devrait durer au moins 4 ans. Source: www.westcoastseeds.com

Sous des conditions d’utilisation normales, on peut estimer qu’une toile flottante aurait une vie utile d’environ 4 ans.

Pas d’insecticides

Évidemment, l’utilisation d’une toile flottante permet de produire d’excellentes récoltes sans devoir utiliser des insecticides potentiellement nuisibles pour l’environnement.


Meilleurs résultats, moins d’efforts? La couverture flottante est parfaite pour le jardinier paresseux!20180518A rhinowindows.info

Confondre les insectes en évitant les monocultures

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20160509A.jpgIl est préférable de mélanger les légumes dans le potager plutôt que de les regrouper, et ce, pour réduire les infestations d’insectes.

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La doryphore de la pomme de terre est un exemple d’un insecte qui est surtout attirer à sa plante hôte quand on la plante en monoculture.

En effet, une rangée de pommes de terre est presque une invitation ouverte au doryphore de la pomme de terre à venir faire des ravages, car concentrer un légume quelconque augmente l’odeur qui attire ses ennemis. Mais si vous plantez vos pommes de terre çà et là à travers d’autres plantes, les doryphores auront de la difficulté à les trouver. C’est la même chose pour la mouche de la carotte, le sphinx de la tomate, et même le charançon de la vigne.

Évitez donc les «monocultures» (culture d’un même légume sur une grande surface) et vous aurez beaucoup moins de problèmes d’insectes parmi vos légumes.

Voici d’autres trucs pour contrôler les doryphores de la pomme de terre.

La bibitte à patates arrive dans nos jardins

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Doryphores adultes.

Le doryphore de la pomme de terre (Leptinotarsa decemlineata), communément appelée « bibitte à patates », est essentiellement spécifique à la pomme de terre (ou patate si vous préférez). On dit qu’il mangera, s’il faut, le feuillage des tomates, des poivrons, des daturas, des pétunias et d’autres plantes de la même famille, les solanacées, mais personnellement, en plus de 40 ans de jardinage, je n’ai jamais eu de problèmes de doryphore sur aucune autre plante.

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Larve.

C’est un insecte très facile à reconnaître: un coléoptère bombé ressemblant à une grosse coccinelle, de couleur jaune striée noire. Les larves sont orange marquées de points noires.

Il est très difficile à contrôler cet insecte sauf si… on élimine la pomme de terre de notre potager! C’est d’ailleurs ce que font certains jardins communautaires, aux prises avec des jardiniers qui traitent leurs pommes de terre avec tous les insecticides de la terre dans le but de s’en débarrasser, ce qui provoquent la courroux des voisins moins portés sur l’intoxication aux pesticides. Et c’est le conseil principal du jardinier paresseux: pas de patates, pas de doryphores. Cas réglé! Vous irez acheter vos pommes de terre au supermarché comme tout le monde.

Mais si vous tenez à tout prix à cultiver des pommes de terre malgré la nécessité de contrôler le doryphore, voici quelques trucs pour vous aider.

Mieux vaut prévenir que guérir

20150602CD’abord, si les doryphores ne sont pas encore arrivés dans vos plants, allez vite les couvrir d’une couverture flottante et fixez-la bien au sol. L’eau, l’air et le soleil peuvent pénétrer cette barrière, mais pas les doryphores.

Pour que cette technique fonctionne, il faut absolument que vous ayez fait une rotation de cultures, donc que vos pommes de terre poussent dans une section du potager où il n’y en avait pas l’an dernier, sinon, quand les doryphores sortent de terre (ils passent l’hiver dans le sol au pied de leur hôte de l’année précédente), ils se trouveront à l’intérieur de la barrière où ils pourront se délecter de vos plants de pomme de terre à l’abri de vos traitements!

Trop tard ?

Si les doryphores sont déjà arrivés, essayez l’un des traitements suivants :

  • Ramassez à la main les adultes et les larves et écrasez-les ou déposez-les dans de l’eau savonneuse. Juste les faire tomber au sol suffit dans le cas des larves qui n’arrivent pas à remonter sur la plante;
  • Passez un aspirateur à main dans le feuillage pour ramasser les adultes et les larves;
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    Œufs.

    Cherchez et écrasez les œufs orange trouvés sous les feuilles;

  • Libérez des larves de coccinelles prédatrices et espérez qu’elles ne s’envolent toutes;
  • Vaporisez régulièrement avec des insecticides appropriés (pyréthrine, neem, etc.);
  • Traitez au BTT (Bacillus thuringiensis tenebrionis)… si vous pouvez en trouver. C’est une variété de BT spécifique aux doryphores et donc pas le même BT qu’on trouve habituellement en magasin, soit le BTK (Bacillus thuringiensis kurstaki), qui est efficace contre les chenilles, mais pas les coléoptères. Il y a aussi le BTI (Bacillus thuringiensis israelensis) que l’on vend pour traiter les moustiques. Mais le BTT, le «BT des doryphores» n’est pas disponible au Canada, du moins, pas aux jardiniers amateurs. Il faudrait le faire venir des Etats-Unis.
  • Enfin, le truc le deuxième plus «paresseux» (le premier étant de ne pas planter de pommes de terre): plantez vos pommes de terre non pas en rang, ce qui concentre l’odeur qui attire le doryphore, mais çà et là à travers les autres plantations. Souvent alors les doryphores n’arrivent même pas les trouver!