Compostage de surface: le compostage à son plus simple

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Le compostage de surface: efficace, mais pas nécessairement joli. Photo: http://www.lesjardinsduclosjoli.fr

En cette période où le compostage domestique est surtout une question de bacs en plastique et de couches soigneusement planifiées de matériaux bruns et verts, le compostage de surface apparaît comme quelque chose de radical et d’innovateur. Pourtant, c’est la première forme de compostage, celle que nos ancêtres cultivateurs utilisaient, et elle est si facile à réaliser.

La technique ne pourrait pas être plus simple: jetez simplement vos déchets décomposables dans le jardin, à travers les plantes qui y poussent. Pas besoin de les enterrer (bien que vous puissiez le faire aussi, mais cela relève alors du compostage en tranchées). Laissez-les simplement pourrir (le terme moins poli pour décomposer) là où ils tombent. Et en se décomposant, les déchets nourriront le sol en minéraux et le sol fertilisera à son tour vos plantes. Oui, tout comme le compostage domestique habituel, mais avec moins d’étapes.

Avec le compostage de surface, on laisse les fanes des carottes au sol, tout simplement. Photo: http://www.waldeneffect.org

Le compostage de surface a commencé dans la nuit des temps. Les agriculteurs qui récoltaient les légumes et les fruits prélevaient les parties comestibles pour les rapporter à la famille et jetaient tout simplement les résidus sur le sol. Les résidus se décomposaient par la suite pour fertiliser le sol en vue de la récolte de l’année suivante.

On peut déposer les déchets de cuisine sur le sol et rentrer dans la maison, le travail étant fait. Photo: donotdisturbgardening.com

Dans la version moderne, le compostage de surface est principalement utilisé pour les restes de légumes, les déchets de cuisine et les mauvaises herbes arrachées dans les environs. N’utilisez toutefois pas de racines encore vivantes de mauvaises herbes vivaces qui pourraient prendre racine et envahir le secteur (j’explique comment gérer ces racines ci-dessous) ni de mauvaises herbes portant des graines qui pourraient germer et poser problème. Que des feuilles de mauvaises herbes ou des mauvaises herbes annuelles sans fleurs. 

Étalez ces restes en une fine couche de pas plus de 3 à 5 cm d’épaisseur: si les déchets sont trop denses, il pourrait s’en dégager une odeur de pourriture désagréable.

Le paillis comme compostage de surface?

Un paillis de feuilles mortes déchiquetées est essentiellement du compostage de surface. Photo: mgofmc.org

Vous faites peut-être déjà du compostage de surface sans le savoir. Lorsque vous répandez des feuilles d’automne hachées, une couche de paille ou des résidus de branches d’arbres déchiquetés (BRF ou bois raméal fragmenté) sur le jardin comme paillis, c’est en fait une forme plus sophistiquée et attrayante de compostage de surface. Après tout, ces paillis se décomposent avec le temps et enrichissent le sol tout comme le compost. Et il faut en rajouter occasionnellement, car ils disparaissent peu à peu. Cette sorte de paillage est essentiellement une forme de compostage de surface.

Au diable l’esthétique!

Fanes de poireau laissés sur place. Photo: potagerdurable.com

Le compostage de surface avec des restes de légumes et des segments de mauvaises herbes n’est pas une technique pour les jardiniers proprets qui tiennent à un jardin d’apparence impeccable. Après tout, vous verrez sur le sol des restes de cuisine et de jardin disparates, donc, des pelures de carottes orange vif, des légumes moisis, du marc de café, etc. Heureusement, il est probable que vous fassiez surtout du compostage de surface dans le potager, et qui se soucie vraiment de quoi le sol entre deux légumes a l’air? Ou faites votre compostage de surface dans les coins les plus éloignés de votre plate-bande ornementale où il ne sera pas très visible.

Certains jardiniers plus pointilleux que moi retirent leur paillis, déposent les restes au sol et remettent le paillis en place pour les cacher. Cela résout le problème esthétique, mais c’est aussi un travail supplémentaire.

Je suis trop paresseux pour cela! Je jette simplement les matériaux sur le paillis et laisse mère Nature s’en occuper. Les vers de terre sortent la nuit à travers le paillis et tirent peu à peu les «déchets» hors de vue, sous le paillis. Si vous êtes patient, vous pouvez même les regarder à l’œuvre. C’est fascinant de voir ces petits détritivores faire le ménage à votre place!

Tuez les racines et les rhizomes d’abord

Ne déposez pas les racines et rhizomes vivants de mauvaises herbes vivaces sur un sol nu. Si vous le faites, ils vont rapidement s’y enraciner et commencer une nouvelle invasion. Donc, faites-les sécher d’abord, en les plaçant en plein soleil jusqu’à leur mort. Cela peut prendre quelques jours, même jusqu’à une semaine par temps frais et humide, mais l’exposition à l’air et aux rayons solaires finira par tuer même les racines les plus tenaces.

Mauvaises herbe qui sèche

Personnellement, j’accroche ces mauvaises herbes aux branches des arbres et des arbustes environnants ou sur les feuilles des grands légumes et vivaces. Elles y sèchent parfaitement et, au moment où elles sont si légères suite à leur assèchement que le vent les fait tomber au sol, elles sont déjà mortes et prêtes à se décomposer. Et je les laisse se décomposer là où elles tombent.

Mais la vermine?

L’idée de laisser des déchets en surface fait peur à plusieurs personnes, convaincues que cela attirera la vermine: rats, souris, etc. Pourtant, si cela arrive, ce doit être très rare. Demandez à quelqu’un qui fait du compostage de surface, peut-être un permaculteur. Il vous dira que la vermine n’est pas un problème. En plus de 40 ans de compostage de surface, je n’ai jamais eu plus que quelques oiseaux venus fouiller dans la mince couche de compost à la recherche d’insectes. Il y a bien les vers de terre qui affluent dans le secteur (les lombrics adorent le compostage de surface), mais ils sont assez discrets.

Ce qui est plus choquant est de voir les animaux — lapins, marmottes, etc. — qui ignorent les déchets compostés pour aller bouffer à la place nos légumes de potager. Je suppose que les légumes frais sont tout simplement plus savoureux et attrayants que les légumes pourrissants!

Petits trucs pour réussir son compostage de surface

Compostage de surface au pied d’un jeune pommier. Photo: le-potager-des-oublies.over-blog.com

• Presque tout résidu de légume que vous ne mangerez pas peut rester au potager en tant que compost: fanes de radis et de carottes, feuilles endommagées par les insectes, fruits pourris, racines, tiges et feuilles de légumes arrachées à la fin de la saison, etc. 

• Même les feuilles toxiques pour les humains peuvent servir, comme les feuilles de rhubarbe et de pomme de terre. La décomposition détruit rapidement leurs toxines

• N’utilisez toutefois rien de très coriace ou qui ne se décomposera pas facilement, comme les branches ligneuses ou la rafle de maïs;

• N’y ajoutez pas de produits laitiers, d’œufs, de viande ou d’os, tout comme vous ne les ajouteriez pas à un composteur domestique. (Là, il y aura un véritable risque d’attirer la vermine!);

• Hachez finement les restes de cuisine dans le mélangeur pour une décomposition plus rapide;

• Ne déposez pas les feuilles de légumes malades dans l’endroit où vous cultiverez le même légume ou de proches parents l’année suivante. Par exemple, ne déposez pas des feuilles de tomates atteintes de verticillose ou de fusariose là où vous cultiverez des tomates, des poivrons ou des aubergines. Vous pouvez les composter ailleurs dans le jardin, toutefois;

• Ajoutez-y les rognures de gazon (si vous ne faites pas d’herbicyclage);

• N’ajoutez pas les fleurs ou les capsules de graines des mauvaises herbes au compost de surface: elles pourraient alors se ressemer. Par contre, leurs feuilles et tiges peuvent servir.


Le compostage de surface: je soupçonne que la plupart des jardiniers en font déjà dans une certaine mesure, mais maintenant, vous pouvez donner un nom à cette technique.

Le compostage: pas si sorcier!

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20150428AAvec la saison qui avance, il est temps de penser au compostage. Et ce n’est pas très compliqué: toute matière organique se décomposera si elle est exposée à un peu d’humidité et de chaleur, que ce soit dans un bac, dans un tas ou tout simplement étendue à travers les plantes du jardin (compostage en surface).

Il se trouve toutefois que les matières organiques se décomposent plus rapidement quand il y a environ la même quantité de matières brunes, riches en carbone, et matières vertes, riches en azote (mais qui ne sont pas nécessairement de couleur verte!). Donc il est utile de savoir, quand on ajoute un produit au compost, s’il est «brun» ou «vert» de façon à rajouter son complément.

Matières brunes

  • Leaf compostfeuilles mortes;
  • plantes mortes;
  • terreaux usagés (plantes d’intérieur, jardins en contenant, etc.);
  • tourbe (peat moss);
  • copeaux et sciure de bois (en petites quantités);
  • brindilles;
  • aiguilles de pin;
  • noyaux;
  • écales de noix;
  • cendres de foyer (en quantités limitées);
  • écales de sarrasin;
  • boîtes d’œufs (en carton);
  • filtres à café ;
  • foin et paille;
  • papier;
  • restes de coton/laine/soie.

Matières vertes

  • 20150428Cdéchets de jardin (résidus de taille, fleurs fanées, etc.)
  • déchets de cuisine d’origine végétale (pelures, fruits pourris, etc.);
  • feuilles, tiges et fleurs de mauvaises herbes;
  • racines de mauvaises herbes non-traçantes;
  • rognures de gazon;
  • fleurs coupées fanées;
  • marc de café;
  • sachets de thé et de tisane;
  • algues;
  • eau d’aquarium (eau douce seulement);
  • cheveux, ongles;
  • poils d’animaux;
  • fumier de vache, cheval, poule, etc.;
  • plumes;
  • coquilles d’œufs bien broyées;
  • pâtes alimentaires;
  • pain, riz et autres céréales.

20150428DComme les matières vertes sont de loin plus abondantes pendant les mois d’été, beaucoup de jardiniers se gardent une bonne réserve de sacs de feuilles mortes, ramassées l’automne précédent, afin de les mélanger avec les matières vertes pendant l’été et ainsi maintenir un bon équilibre.

Ne pas composter

Il y a des produits qui peuvent théoriquement être utilisés si on fait du compostage à grande échelle, mais qu’il vaut mieux d’éviter de mettre dans le compost domestique, car il y a risque d’introduire des microbes ou des végétaux indésirables qui ne seront pas nécessairement détruits par un compostage à petite échelle ou encore, parce que leur décomposition est trop lente. C’est le cas des produits suivants:

  • gras animal;
  • viande;
  • excréments d’animal familier;
  • os;
  • mauvaises herbes en graines;
  • racines des mauvaises herbes traçantes (prêle, herbe-aux-goutteux, renouée japonaise, chiendent, etc.);
  • bûches et grosses branches;
  • épis de maïs (à moins de pouvoir les broyer);
  • coquilles d’huître (à moins de pouvoir les broyer très finement).