Le chénopode blanc: comestible, mais éloignez-le vos légumes!

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Le chénopode blanc (Chenopodium album), aussi appelé chou gras, poule grasse ou poulette grasse, est une mauvaise herbe commune à travers le monde. Il a l’avantage d’être comestible et en fait, très nutritif. Il contient très peu de graisses saturées et de cholestérol et constitue une bonne source de niacine, d’acide folique, de fer, de magnésium et de phosphore, ainsi qu’une très bonne source de fibres alimentaires, de protéines, de vitamine A, de vitamine C, de thiamine, de riboflavine, de vitamine B6, de calcium, de potassium, de cuivre et de manganèse. Et il est délicieux, avec un goût rappelant l’épinard.

Mais avant de décider d’embrasser le chénopode blanc comme le légume du siècle pour votre potager, réfléchissez-y deux fois plutôt qu’une, car cette plante a un côté sombre… et même, plusieurs côtés sombres.

Les bémols

Chénopode blanc en fleurs. Photo: Rasbak, Wikimedia Commons

Tout d’abord, le chénopode blanc est incroyablement envahissant: en raison de son émergence précoce et de son taux de croissance rapide, il peut réduire la production de bon nombre de légumes. Par exemple, il a été démontré que, dans les grandes cultures, les pertes de récolte atteignaient 13% chez le maïs, 25% chez le soja et 48% chez la betterave à sucre.

Pire encore, il héberge un grand nombre de maladies que des insectes suceurs pourraient facilement se transmettre à vos légumes, dont les suivantes:

  • Virus de l’enroulement apical de la betterave;
  • Virus de la gravure du tabac;
  • Virus de la mosaïque de l’orge;
  • Virus de la mosaïque de l’aubergine;
  • Virus de la mosaïque de la betterave;
  • Virus de la mosaïque de la courge;
  • Virus de la mosaïque de la glycine.
  • Virus de la mosaïque de la laitue;
  • Virus de la mosaïque de la luzerne;
  • Virus de la mosaïque de la pastèque.
  • Virus de la mosaïque de la primevère;
  • Virus de la mosaïque de soja;
  • Virus de la mosaïque du concombre;
  • Virus de la mosaïque du houblon;
  • Virus de la mosaïque du navet;
  • Virus de la mosaïque jaune du haricot;
  • Virus de la tache annulaire de la tomate;
  • Virus de la tache annulaire du poivron;
  • Virus de la tache annulaire nécrotique du prunier;
  • Virus des anneaux noirs de la pomme de terre;
  • Virus des nervures jaunes du trèfle;
  • Virusdes taches en anneauxdu mûrier
  • Virus du rabougrissement jaune des cucurbitacées;
  • Virus X, M et S de la pomme de terre;

Une étude d’Elizabeth T. Maynard, du département des sciences biologiques de l’Université de Purdue, a montré qu’une seule plante de chénopode blanc dans une parcelle de 1 mètre carré réduisait le rendement de courges de 10 à 15 % en moyen.

Oh, et ai-je mentionné que son pollen léger est également une cause du rhume des foins?

Donc, récoltez le chénopode blanc dans la nature si vous voulez ou cultivez-le dans sa propre parcelle, loin de toute autre culture, mais vous ne voudrez probablement pas l’incorporer à votre potager familial! 

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Comment cultiver le quinoa

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Graines de quinoa. Source: www.mkmedicalsuk.com

Vous avez entendu parler de cette céréale venue des Andes et vous y avez sans doute goûté dans un comptoir à salades. Peut-être même l’avez-vous cuisinée vous-même! Mais pouvez-vous cultiver votre propre quinoa (KIN-ois)? Oui, et assez facilement.

Son histoire

Le quinoa (Chenopodium quinoa) appartient à la famille des Amarantacées et est un très proche parent du chénopode blanc ou chou gras (C. album), une mauvaise herbe pernicieuse (mais aussi comestible) de nos champs et jardins. D’ailleurs, les deux sont tellement apparentés qu’ils peuvent s’entrecroiser si on les cultive à proximité l’un de l’autre.

Ses feuilles au gout acidulé se mangent quand elles sont jeunes et on peut aussi en consommer les fleurs, mais ce sont essentiellement les graines qui intéresseront le jardinier moyen ainsi que le cuisinier. Riche en hydrates de carbone, en protéines, en vitamines et en plusieurs minéraux, mais sans gluten et pauvre en lipides, le quinoa est un aliment santé. On peut faire cuire les graines entières comme du riz (elles ressemblent à du couscous) ou les réduire en farine.

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Le quinoa fut cultivé d’abord dans les Andes. Source: Canal 9

Cultivé depuis 3 000 à 5 000 ans dans les Andes, le quinoa était à l’origine adapté à la culture en altitude, aux conditions arides et aux sols alcalins et salins, mais des Amérindiens ont développé, et depuis longtemps, des cultivars capables de pousser à basse altitude et dans des sols variables, mais toujours bien drainés, d’un pH de 4,8 à 9,5, donc de moyennement acide à très alcalin.  Il tolère le froid et même une touche de gel, (jusqu’à -4˚C), mais il résiste mal aux températures chaudes (même de courtes périodes à plus de 35 °C peuvent lui être néfastes). Normalement, il lui faut une longue saison de culture, mais il existe maintenant plusieurs variétés adaptées aux climats à saison courte (90-100 jours). Il pousse mieux dans les climats où le début de la saison est relativement humide, où la fin de la saison est plutôt sèche et, surtout, pas pluvieuse. Un automne pluvieux peut anéantir la récolte!

Comment le cultiver

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Quinoa au potager. Source: http://www.gettystewart.com

Semez le quinoa tôt dans la saison, quand l’air est relativement chaud le jour, mais que le sol est encore frais, car il germe mieux à la fraîcheur. Donc, selon les régions, on peut le semer d’avril (France) à la fin de mai (Canada). Pour une avance sur la saison, on peut aussi le semer à l’intérieur 3 ou 4 semaines avant le repiquage.

Il lui faut le plein soleil et un sol bien drainé. Dans les sols glaiseux, le quinoa se cultive mieux en poquets ou sur une planche surélevée pour assurer un drainage adéquat. Le sol n’a pas besoin d’être très riche. Bien au contraire, on le cultive avec le plus de succès dans les sols marginaux.

Semez à 10 cm d’espacement, puis éclaircissez à 20 à 30 cm dans tous les sens (culture intensive) ou en sillons séparés de 50 cm (culture en rangs). Vous pouvez manger les plants éclaircis. Les graines peuvent germer en aussi peu que 3 ou 4 jours. Dès que les plants sont assez hauts pour le permettre, désherbez et appliquez un paillis.

Habituellement, aucun entretien spécial n’est nécessaire au cours de l’été, sauf le désherbage si vous n’avez pas paillé le sol, mais en période de sècheresse, n’hésitez pas à arroser, du moins, jusqu’au moment de la floraison. Après, mieux vaut laisser le sol s’assécher.

La récolte

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Le quinoa tel que cultivé au Pérou, son probable pays d’origine. Source: www.peruagency.com

Le quinoa est une grande plante (certains cultivars atteignent jusqu’à 2,5 m de hauteur!) produisant au sommet de la plante une panicule de graines très dense de différentes couleurs selon le cultivar : beige, jaune, ocre, rouge, etc. On le récolte quand les panicules passent du vert à leur couleur finale et que les graines se détachent facilement. Traditionnellement, on les laisse complètement mûrir sur pied, mais dans les régions où il y a un risque de pluie ou de gel sévère, coupez les tiges et suspendez les panicules à l’abri, tête en bas, pour finir.

Il faut battre les panicules avec des bâtons pour libérer les graines. Après, enlevez manuellement les déchets les plus gros. Passez ensuite les graines dans un sas (une passoire de cuisine peut servir) pour enlever encore plus de déchets. Pour enlever le reste de la balle (particules de végétaux restantes), il faut vanner les graines. Par une journée sèche, mais venteuse, faites tomber les graines d’un seau tenu à environ 1 m du sol dans un récipient au sol. Les graines, plus lourdes, tomberont dans le récipient alors que le vent emportera la balle. Répétez plusieurs fois si nécessaire, jusqu’à ce que les graines soient propres.

Ennemis

Le quinoa a relativement peu d’ennemis. Même les oiseaux ne mangent pas les graines à cause des saponines amères qui les recouvrent. Par contre, surveillez les limaces en début de saison et continuez de désherber l’été si vous n’utilisez pas de paillis.

Conservation

Il faut conserver les graines au sec. On peut les préserver trois ou quatre ans et quand même obtenir une bonne germination.

Utilisation

La cuisine n’est pas ma spécialité et je vous renvoie à d’autres sources d’information pour obtenir des recettes. Cependant, avant de cuisiner le quinoa, il est important de le rincer, de préférence dans au moins deux eaux, pour enlever les saponines amères que recouvrent les graines.

Les bonnes variétés

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Quinoa ‘Brightest Brilliant Rainbow’. Source: http://www.newhope.com

Il y a des variétés de quinoa adaptées à presque toutes les conditions, mais alors faut-il trouver les semences. Les variétés cultivées dans le Sud, par exemple, ne mûrissent pas convenablement dans le Nord et certaines variétés conviennent mieux à de hautes altitudes, d’autres à de basses altitudes, etc. Ainsi, le quinoa que vous avez acheté dans la boutique d’aliments naturels n’est pas nécessairement une bonne variété pour votre climat.

Je suggère de vous fier plutôt aux recommandations d’un semencier de votre région en faisant votre choix.

Voici toutefois quelques variétés recommandées pour les régions aux étés courts : ‘Brightest Brilliant Rainbow’ (vendu aussi sous les noms ‘Arc-en-Ciel’ et ‘Rainbow Mix’), ‘Mint Vanilla’, ‘Oro De Valle’ et ‘Red Head’.

Où en trouver?

Dans ma région (ville de Québec), on ne trouve pas de semences de quinoa en jardinerie: il faut les commander par la poste. Voici quelques sources au Canada: Ferme coopérative Tournesol, Semences Solana, Richters Herbs (sous le nom huizontle) et West Coast Seeds.

En Europe, essayez Association Kokopelli et Comptoir de graines.


Bonne culture de quinoa et bonne cuisine!