Mon histoire d’amour avec les catalogues horticoles

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Source: echarlestucker.com

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours consulté les catalogues de plantes et de semences… je présume donc que j’ai dû commencer vers l’âge de 9 ou 10 ans. Mon père en recevait et je les empruntais. Je me souviens que je m’allongeais sur mon lit avec un catalogue dans les mains, lisant attentivement chaque description, et ce, jusqu’à tard en soirée, alors que j’étais censé dormir. Pour moi, c’était aussi prenant qu’un roman d’aventures!

Les catalogues de l’époque étaient bien sûr imprimés (je parle des années 1960; Internet n’existait pas encore!) et, depuis peu, la plupart des semenciers avaient commencé à publier non seulement une couverture en couleurs, mais aussi des pages en couleur à l’intérieur de la brochure. Donc, il y avait des photos à consulter, non seulement des descriptions écrites. J’étais fasciné par la beauté et l’originalité des végétaux que j’y trouvais. Je me souviens surtout que j’aimais les plantes surdimensionnées: les tournesols de 3 m, les citrouilles géantes, les ricins aux feuilles gigantesques, etc.

À cet âge, bien sûr, je n’avais pas d’argent pour acheter des semences. Le peu d’argent de poche que j’avais, je le dépensais plutôt en bonbons! Cependant, mon père me permettait de choisir annuellement quelques sachets à ajouter à sa commande et il m’apprenait comment les semer et les entretenir. Il faisait très attention à ce que je ne commande que des semences de plantes avec lesquelles il pensait que je pourrais avoir du succès. Il n’était pas question, par exemple, que je commande des semences de pavot bleu (Meconopsis), qu’il jugeait trop exigeant, même si c’était la plante que je lorgnais le plus.

Au début, donc, il me laissait seulement commander des semences de légumes et de fleurs à semer en pleine terre, mais plus tard, à mesure que mes connaissances horticoles se développaient, il m’a laissé commander aussi certaines semences qui devaient être démarrées à l’intérieur.

L’âge de l’indépendance

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Les pavots bleus paraissent superbes en photo, mais sont difficiles à produire par semences. Il m’a fallu plusieurs tentatives et de longues années d’expérience avant de réussir! Photo: rove.me

À l’âge de 13 ans, j’ai commencé à m’affranchir davantage du contrôle de mon père. J’avais alors un petit budget puisque j’avais eu un petit emploi l’été précédent et avais mis presque tout le pactole en banque. Par contre, cet argent avait été durement gagné et je devais épargner pour mes futures études universitaires. J’ai donc appris à me limiter à l’achat de quelques variétés particulièrement séduisantes. Bien sûr, j’ai commandé les semences de pavot bleu… et pas un seul plant n’a levé, comme Papa l’avait prédit. Mais j’ai quand même osé semer des plantes un peu plus capricieuses, avec de plus en plus de succès à chaque année.

Quelques autres emplois d’été ont suivi, auxquels se sont éventuellement ajoutés des emplois à temps partiel, et j’ai donc éventuellement eu un peu plus d’argent à dépenser. Je me suis alors lancé dans de grosses dépenses : l’achat de bulbes! Après tout, comment résister à toutes ces photos de belles tulipes pleinement épanouies!

Mais auparavant, il fallait que je négocie pour obtenir davantage d’espace au jardin. Chez nous, chaque enfant avait droit à un lot dans le potager, mais le mien débordait déjà de mes découvertes. Il y avait, bien sûr, de vastes plates-bandes tout autour de la maison, mais elles appartenaient à mon père. Finalement, nous nous sommes entendus sur certains agrandissements, assez finalement pour tripler mon espace de jardinage.

J’avais toujours des projets farfelus qui ne cadraient nullement avec l’aménagement plus soigné de mon père, comme faire grimper des ipomées de façon à ce qu’elles recouvrent la porte d’entrée, mais il n’était pas du tout choqué de ces incongruités. C’était plutôt le contraire : il était toujours très fier de mes efforts, aussi quelconques qu’ils fussent. Il ne pouvait pas se douter qu’il avait lancé la passion de ma vie et aussi ma future carrière. D’ailleurs, cela, il ne l’a jamais su : il est décédé avant que je commence ma profession de journaliste horticole.

Aujourd’hui

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Je reçois encore des catalogues imprimés, mais moins qu’autrefois. Photo: jardinierparesseux.com

Je demeure toujours un passionné des catalogues horticoles 50 ans plus tard. De nos jours, il y a moins de catalogues imprimés, car les catalogues virtuels sur écran d’ordinateur ou de tablette les remplacent peu à peu, mais il en reste encore. Tant mieux, car j’aime toujours m’étendre sur le canapé avec un catalogue papier dans une main et un stylo de surlignage dans l’autre.

Le mois de janvier est mon mois pour commander des semences. Il faut commander les semences tôt dans la saison, car il y a certaines plantes qui doivent être semées dès février ou même janvier.

La saison de commande des plantes (vivaces, arbustes, fruitiers, arbres, etc.) survient plus tard, en mars ou en avril. D’ailleurs, souvent le site Web du fournisseur n’est pas encore à jour si on essaie de commander en janvier.

Les catalogues de bulbes sont réservés à une lecture estivale. Je commande en juillet afin d’avoir les bulbes à temps pour la plantation en septembre. D’ailleurs, je résiste toujours très difficilement aux photos des belles fleurs de tulipe!

Les catalogues de plantes d’intérieur sont les seuls qui n’ont pas de saison de lecture particulière: il n’y a pas de moment spécifique dans l’année pour les consulter ou pour commander des plantes exotiques. Alors, je les regarde toute l’année. Je me demande souvent pourquoi, puisque ma maison est déjà remplie à craquer de plantes, mais je finis toujours par en acheter d’autres… et par leur trouver une place.

Catalogues à découvrir

Je vous invite à partager ma passion pour les catalogues horticoles en consultant ma liste de catalogues. Notez qu’elle est surtout conçue pour les jardiniers canadiens… ce qui est logique, puisque je réside au Canada. Mais plusieurs sont internationaux, surtout les catalogues de semences, car il n’y a pas de restriction sur l’importation des semences. Un Français peut facilement en commander du Canada, par exemple, tout comme un Canadien peut en commander de la France, de la Belgique, voire d’Afrique.

Bonnes commandes horticoles pour 2019!

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C’est la saison des catalogues horticoles!

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Source: jardinierparesseux.com

Les catalogues horticoles commencent à arriver en grand nombre au début de l’année: d’abord les catalogues de semences, un peu plus tard les catalogues de bulbes d’été, puis enfin les catalogues de vivaces, de fruitiers et d’outils de jardinage, ces derniers souvent seulement vers le mois d’avril. En fait, ils sortent plus ou moins dans l’ordre de livraison du produit final. Les semences sont expédiées aussitôt que la commande est passée, car il vous faut semer plusieurs variétés à l’intérieur en plein hiver. On vous envoie les bulbes d’été au printemps, mais après que le risque de gel soit passé, car là encore, il y a des variétés à démarrer dans la maison. Quant aux vivaces et fruitiers, ce sont les derniers à arriver (et souvent les derniers catalogues à paraître), car vous n’en avez pas besoin avant qu’il soit temps de planter en pleine terre, généralement pas avant mai.

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Les catalogues imprimés sont de plus en plus rares. Source: 20180113B http://www.rustica.fr

Autrefois, les catalogues par correspondance étaient imprimés et étaient disponibles seulement par la poste, mais de nos jours, presque tous les catalogues ont une version Web et d’ailleurs, plusieurs catalogues sont maintenant disponibles seulement en ligne. À cause des coûts d’impression et d’expédition, chaque année voit paraître de moins en moins de catalogues imprimés.

Une longue histoire

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Catalogue de toutes sortes de graines du Sieur d’Andrieux, datant de 1766. Source: http://www.jardinsdefrance.org

Les commandes de plantes et de semences par catalogue ont une longue histoire, datant du 18e siècle. D’ailleurs, jusqu’à l’arrivée des jardineries (centres-jardin) dans les années 1950-60, c’était souvent la seule source de végétaux pour les jardiniers amateurs. Je me souviens des livraisons de pommiers à la ferme de mon père: les petits arbres arrivaient à racines nues et sans feuilles, de simples fouets avec une étiquette d’adresse attachée à leur tronc. Croyez-le ou non, ils reprenaient toujours! De nos jours, cependant, les plantes sont beaucoup mieux emballées et arrivent généralement en parfait état. (Sinon, on avise le fournisseur qui les remplace alors.)

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Commande de semences. Source: projetresource.wordpress.com

Quant aux semences, le système n’a pas changé depuis des générations. Contrairement aux plantes vivantes, qu’il faut commander de son propre pays (à moins d’obtenir un permis d’importation de son gouvernement et un certificat phytosanitaire de la pépinière fournisseuse, ce qui augmente de beaucoup les coûts), on peut généralement commander des semences de n’importe où dans le monde sans permis spécial. Les semences arrivent dans une enveloppe (un paquet s’il y en a beaucoup). L’enveloppe contient les sachets de semences, semblables aux sachets de semences qu’on voit en jardinerie, mais généralement sans illustration.

Commander au 21e siècle

Le paiement est beaucoup plus facile aujourd’hui que par le passé. Autrefois, vous deviez envoyer un chèque ou vos informations de carte de crédit par la poste, avec la complication que, si une plante ou une semence était en rupture de stock, le fournisseur devait soit faire des ajustements et vous rembourser la partie de votre commande non livrée, soit vous offrir un crédit sur les commandes futures, soit vous envoyer des «substituts» en guise de compensation: pas toujours des végétaux que vous vouliez.

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Avec la plupart des catalogues en ligne, quand vous cliquez sur «Aller au panier», vous avez tout de suite le total de votre commande. Il n’y a donc rien à calculer. Source: http://www.whperron.com

De nos jours, le plus simple est de commander en ligne (même si vous utilisez un catalogue imprimé pour faire vos recherches, il y a toujours un formulaire de commande en ligne que vous pouvez remplir). Pas besoin de calculs compliqués avec les commandes en ligne: en général, vous entrez le nom du produit et la quantité requise et cliquez sur «Aller au panier» pour obtenir automatiquement le total de la commande. Autrefois, il fallait remplir un formulaire papier et faire des additions, en plus de calculer soi-même les coûts de livraison et les taxes: les erreurs étaient si faciles à faire!

De plus, vous pouvez désormais payer instantanément par carte de crédit ou PayPal. En général, vous recevrez une confirmation par courrier électronique dans les minutes qui suivent: quelle efficacité!

Ce que j’aime le plus par rapport aux commandes par papier, c’est que vous savez tout de suite si un produit est en rupture de stock (cette information s’affichera automatiquement), ce qui vous permet de décider si vous souhaitez le commander ailleurs ou si vous préférez choisir plutôt une autre variété.

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Plusieurs catalogues vous permettent de créer une liste de vos variétés préférées. Source: semencesduportage.com

J’aime aussi l’option «Ajouter à mes favoris» ou «Ajouter à ma liste» offerte par certains catalogues en ligne. Je passe alors allègrement à travers le catalogue, y ajoutant toutes les plantes qui m’intéressent, puis je fais la même chose avec les autres catalogues. Ensuite, j’ouvre toutes mes listes de favoris des différents catalogues (un grand écran est très utile!) et je fais mon choix final. J’avais l’habitude de le faire sur papier, mais cela représentait plus d’efforts.

Vous pouvez également créer une liste de vos variétés préférées en ajoutant des plantes au «panier», puis en soustrayant plus tard les variétés que, finalement, vous ne commanderez pas, mais une «liste» (liste de favoris) est différente. C’est une liste permanente et à votre nom que vous pourrez retourner visiter dans le futur. Peut-être que vous ne voulez pas commander la plante X cette année, mais plutôt l’an prochain. La liste des favoris sera là quand vous retournerez sur le site. C’est un système qui me convient parfaitement!

Souvent à bon prix

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Les comandes postales sont souvent économiques. Source: fr.fotolia.com

Plusieurs jardiniers néophytes seront surpris d’apprendre que les semences, végétaux et outils vendus par la poste coûtent souvent moins cher que les produits équivalents offerts en jardinerie, même quand on y ajoute les frais de livraison. C’est que les fournisseurs postaux n’ont pas à maintenir un coûteux magasin dans un espace commercial fortement taxé avec bon nombre d’employés: souvent, il s’agit d’entreprises familiales et ils font leur travail à partir de leur bureau à domicile!

100 catalogues à découvrir

20180113K .pngAllez à Catalogues sur la page Jardinier paresseux pour voir une liste de plus de 100 catalogues de semences, de plantes, d’outils, etc. Il s’agit d’une liste qui saura surtout être d’intérêt aux jardiniers canadiens*, car je n’y ai inclus que des compagnies canadiennes ou qui expédient au Canada sans nécessiter un permis quelconque. Le nombre de fournisseurs postaux ne cesse d’augmenter avec les années et je vous remercie de me signaler tout fournisseur que j’aurais oublié.

Notez que les fournisseurs inclus dans cette liste doivent nécessairement vendre par la poste: c’est vrai qu’il existe d’incroyables pépinières locales qui offrent des végétaux extraordinaires, mais je vise ici des sources où mes lecteurs n’auront pas à se déplacer pour faire leurs achats.

*Toutes mes excuses aux amis et amies d’autres pays de me limiter à une liste canadienne, mais imaginez l’effort que j’aurais eu à mettre pour créer une liste individuelle pour chaque pays au monde! Je me suis donc limité à ce que je connais, soit les catalogues horticoles qui livrent dans mon pays. Voici toutefois un site français qui offre un choix de fournisseurs de semences européens.

Bonne chasse aux semences et aux végétaux!20180113A FR.

Des semences du monde entier

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20160116A.jpgPour faire venir des plantes de l’extérieur du pays, il faut un permis d’importation et un certificat phytosanitaire (un papier attestant que les plantes qu’on vous expédie sont libres d’insectes et de maladies), ce qui rend l’achat des plantes d’autres pays plus laborieux et plus coûteux (il faut payer vos permis et certificats). Par contre, il n’y a pas de problème pour faire venir des semences d’autres pays. Il suffit de faire une commande en ligne et payer par carte de crédit ou Paypal ou d’envoyer la commande et le paiement par la poste et elle vous sera livrée, que vous placez la commande de votre pays ou d’un pays à l’autre bout du monde.

Il y a bien quelques exceptions (il est défendu d’importer les graines de certaines plantes considérées localement des mauvaises herbes dans certains pays ou états, par exemple), mais normalement le catalogue vous avise de ce détail. Pour le Québec, notamment, je ne pense pas qu’il y ait des restrictions à ce niveau.

Voici une liste de catalogues qui livrent des semences et des plantes aux jardiniers canadiens: https://jardinierparesseux.com/catalogues/.