Nouveau produit dans la lutte contre les vers blancs

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Les vers blancs pullulent sous certains gazons! Photo: http://www.the-scientist.com

Si vous avez déjà eu un problème de vers blancs dans la pelouse — et que vous avez perdu la bataille! —, il existe un nouveau produit de lutte biologique que vous voudrez peut-être essayer: le Btg (Bacillus thuringiensis galleriae). D’accord, il était théoriquement en vente à un degré limité depuis deux ans maintenant, et d’ailleurs un lecteur de ce blogue, Denis Bertrand, auteur du livre Les Hydrangées, nous l’avait chaudement recommandé (regardez la suite de l’article Enfin, un prédateur des scarabées japonais!). La différence est que, cette année, le produit semble largement disponible en jardinerie et en quincaillerie partout au Canada et aux États-Unis*. 

*Je suis désolé pour mes lecteurs internationaux, mais je ne suis pas au courant de sa disponibilité sur d’autres continents que l’Amérique du Nord.

Comment savoir si vous avez des vers blancs?

Habituellement, c’est assez évident!

Ils sont surtout des ravageurs de pelouse. Ils peuvent être présents dans d’autres types de jardins, mais causent rarement des dommages visibles et passent donc inaperçus. Mais ils font sécher et même mourir les pelouses et sont très courants dans certaines régions, notamment dans le sud-ouest du Québec et aussi là où le sol est sablonneux.

Trous faits dans une pelouse par une moufette à la recherche de vers blancs. Photo: http://www.whygoodnature.com

Le premier symptôme de leur présence est lorsque vous remarquez de petits trous creusés dans la pelouse au cours de la nuit. C’est l’œuvre des mouffettes, des ratons laveurs et d’autres mammifères cherchant les délicieuses larves croquantes. Les taupes les adorent aussi. Ou encore, vous voyez des hordes d’oiseaux noirs (étourneaux, corneilles, etc.) qui picorent sans cesse votre gazon à leur recherche. 

La pelouse s’enlève sans effort, révélant souvent les coupables. Photo: lawnsavers.com

Ensuite, la pelouse commence à jaunir, puis à brunir. Si vous marchez sur les secteurs de gazon atteints, le sol semble spongieux. Si vous saisissez une section de gazon et essayez de la soulever, elle se décollera facilement, ses racines ayant été sectionnées par les vers.

Vous pouvez souvent voir un ou plusieurs vers dans le sol dénudé. Sinon, creusez un peu plus profondément sous la pelouse et vous les trouverez sans difficulté, car ils ne font aucun effort pour se sauver.

Que sont les vers blancs?

Différents stades du cycle biologique d’un des vers blancs, le scarabée japonais. Photo: ohioline.osu.edu

Les vers blancs sont le stade larvaire de divers hannetons et scarabées, comme le hanneton commun (barbeau), le hanneton européen et le scarabée japonais. Ce sont des larves blanchâtres en forme de C avec une tête marron ou beige et 3 paires de pattes courtes. Elles peuvent être minuscules au moment de l’éclosion, mais se développent au fil des saisons, certaines atteignant jusqu’à 2,5 cm de longueur. Ces larves vivent sous le sol pendant presque un an (3 ans dans le cas de l’hanneton commun) avant de muer en pupes et, peu de temps après, en scarabées adultes.

Les adultes creusent alors un tunnel et quittent le sol, volant jusqu’à des plantes de diverses espèces pour se nourrir de feuillage et de fleurs. Ils peuvent se déplacer sur plusieurs kilomètres, aidés par le vent. Selon l’espèce, les adultes peuvent souvent causer des dégâts considérables, notamment les scarabées japonais, réputés pour la défoliation massive qu’ils créent. Le hanneton européen adulte, par contre, fait peu de dégâts.

Ensuite, après environ un mois, les femelles retournent aux pelouses, en particulier celles tondues ras, et pondent quelques œufs dans un trou creusé dans le sol. Elles retourneront aux pelouses de multiples fois au cours des semaines qui suivront, pondant au total de 40 à 75 œufs, selon l’espèce. Les œufs éclosent en 10 à 30 jours et les jeunes larves se mettent aussitôt à manger les racines de gazon. Voilà que le cycle recommence!

Qu’est-ce que le Btg?

Btg (Bacillus thuringiensis galleriae). Photo: http://www.sciencesource.com

Le Btg (Bacillus thuringiensis galleriae) est une bactérie naturelle présente dans les sols du monde entier. Elle est spécifique aux coléoptères de certaines familles, soit les scarabéidés, les buprestidés, les ténébrionidés et les curculionidés, tous des coléoptères phytophages. Dans ce groupe, en plus des ravageurs des gazons (hannetons et scarabées), on trouve aussi les charançons, les agriles (dont le désormais célèbre agrile du frêne) et beaucoup d’autres insectes ennemis de nos cultures.

Lorsque la larve consomme cette bactérie, cette dernière produit des protéines cristallines qui l’empoisonnent, provoquant l’arrêt de l’alimentation. La larve devient de plus en plus paralysée, puis meurt en seulement quelques jours. Les résultats sur le gazon sont souvent perceptibles en une semaine environ quand les conditions sont bonnes, car ce dernier peut récupérer rapidement lorsque ses racines ne sont plus consommées.

Certains ravageurs de pelouse contrôlés par le BTG

Aphodius
Charançon du pâturin annuel
Hanneton commun ou barbeau
Hanneton européen
Hanneton masqué
Scarabée asiatique des jardins
Scarabée cuivré
Scarabée japonais
Scarabée noir du gazon
Scarabée oriental

Le Btg n’a aucun effet sur les autres insectes, tels que les pollinisateurs (abeilles, papillons, syrphes, etc.) et les insectes prédateurs (guêpes, chrysopes, punaises soldats, etc.), ni même sur les autres coléoptères, comme les coccinelles (bénéfiques) et les chrysomèles (indésirables). Il n’est pas non plus dangereux pour les humains, les animaux domestiques, les mammifères, les oiseaux, les amphibiens, les poissons ou les insectes aquatiques. Et de toute évidence, le Btg n’est pas nocif pour les graminées de gazon ni pour aucune autre plante.

La variété utilisée est une lignée appelée Btg SDS-502, plus facile à produire commercialement et plus efficace contre les parasites de la pelouse que les autres souches.

Marques de commerce

La marque la plus courante dans les magasins du Québec. Photo: Scotts

La seule marque que je vois dans les magasins du Québec (Home Depot notamment) est Scotts Grub B Gon Max. Par commande postale, il est peut-être possible d’obtenir d’autres marques comme grubGONE!, beetleGONE!, BeetleJUS! ou grubHALT!.

Utilisation du Btg sur les pelouses

On applique généralement le produit sur les pelouses au moyen d’un épandeur (le même type utilisé pour appliquer l’engrais et la semence de gazon), puis on arrose, ce qui entraine les bactéries vers le bas, jusque dans la couche de sol où vivent les larves. (Certaines marques sont offertes sous forme d’une poudre soluble qui peut être diluée et pulvérisée sur le feuillage des plantes sensibles pour lutter contre les scarabées adultes, mais elles ne semblent pas largement disponibles pour le moment.)

Période d’application recommandée pour le scarabée japonais. Ill.: grubGONE!

Le Btg peut être appliqué sur les pelouses à tout moment du printemps à la fin de l’automne. Habituellement, cependant, les meilleurs résultats sont obtenus par une application en juillet ou en août calculée pour atteindre les jeunes larves lors de leur éclosion des œufs pondus par les femelles adultes. Cependant, plusieurs jardiniers l’appliquent au printemps afin de réduire les dommages causés par les animaux à la recherche de larves, dans lequel cas un deuxième traitement sera probablement nécessaire en été pour atteindre les larves de la génération montante, car cette application printanière n’empêchera pas les femelles venues de pelouses non traitées de venir pondre.

À ne pas confondre avec…

Les nématodes aussi peuvent réprimer les vers blancs. Photo: CSIRO

Il existe une confusion possible entre le Btg, une bactérie, et les nématodes bénéfiques comme Heterorhabditis bacteriophora et Steinernema carpocapsae, de petits vers microscopiques qui aussi tuent les vers blancs et qui sont déjà sur le marché depuis plusieurs années. Le Btg agit cependant plus rapidement et sur tous les stades de développement des larves alors que les nématodes sont surtout efficaces contre les très jeunes larves (au premier stade larvaire). Les deux peuvent s’employer sur le même gazon, car ils ne se nuisent pas et même se complètent, chacun attaquant les larves de différentes manières. 

Il ne faut pas non plus confondre le Btg avec la maladie laiteuse (Paenibacillus popilliae), «milky spore disease» en anglais, une autre bactérie utilisée spécifiquement pour lutter contre les larves de scarabées japonais aux États-Unis, mais qui n’a jamais été homologuée au Canada.

Le Btg est-il efficace?

À vous de vérifier! J’entends généralement des commentaires très positifs à son sujet, mais il est assez nouveau sur le marché. Seul le temps dira si cette approche est aussi efficace que ces promoteurs le prétendent ou si elle réussit mieux dans certaines conditions que dans d’autres. Et je ne pourrai pas la tester moi-même, car je n’ai jamais eu de problème de vers blancs sur mon terrain, probablement parce que mon gazon n’est pas composé uniquement de graminées, la proie préférée des vers, mais d’une foule de plantes vivant en communauté, la plupart de faible intérêt pour les vers blancs. 

Il vaudrait certainement la peine d’essayer ce produit si des vers blancs endommagent sérieusement votre pelouse, surtout si vous avez l’habitude d’utiliser pour les contrôler des produits chimiques toxiques ou si vous embauchez une compagnie d’entretien des pelouses pour faire le sale boulot à votre place. 

D’ailleurs, si ce produit devient populaire et que suffisamment de voisins l’utilisent, cela pourrait également réduire les dommages causés par les coléoptères adultes, notamment les très dommageables scarabées japonais.

Pour contrôler le scarabée japonais

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Scarabée japonais

Il n’est pas facile de contrôler le scarabée japonais (Popillia japonica), un coléoptère  introduit accidentellement du Japon au New Jersey aux États-Unis en 1916 (oui, c’est son 100e anniveraire!) et en progression constante depuis ce temps. Il est maintenant largement distribué dans tous les états américains à l’ouest du Mississipi et en Nouvelle-Écosse et, depuis environ une décennie, gagne massivement le Québec, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. Il n’en reste que, au Québec, sa présence demeure très localisée: vous pouvez très bien avoir un problème majeur avec cet insecte alors que personne dans la paroisse voisine ne l’a jamais vu.

On le trouve surtout dans le centre et sud-ouest de la province: Sorel-Tracey, rive sud de Montréal, Drummondville et par endroits en Estrie et en Lanaudière. Il ne semble pas présent, ou du moins il ne persiste pas jusqu’à ici, dans l’est et le nord du Québec

Le scarabée japonais est bien établi aussi en Italie depuis quelques années et on craint qu’il gagnera tout l’Europe avec le temps.

Ses dégâts

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Le scarabée japonais peur réduire le feuillage en charpie.

Il s’attaque à un grand nombre de plantes (plus de 400), dont des vivaces, des annuelles, des grimpantes, des arbres et des arbustes (mais rarement les conifères), mangeant le feuillage, les fleurs et les fruits. Ils squelettisent les feuilles, ne laissant souvent que des nervures, et ce qui reste fini par brunir et tomber: souvent de loin un arbre sévèrement atteint semble brûlé. Après le passage des scarabées, les plantes atteintes refont toutefois de nouvelles feuilles et ne souffrent pas autant de l’infestation que leurs propriétaires humains, mais plusieurs années de défoliation peuvent les affaiblir ou même les tuer.

Plantes hôtes

Allez ici pour trouver une Liste des plantes hôtes préférées du scarabée japonais.

Une description

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Scarabée japonais adulte

L’adulte est un coléoptère dodu d’environ 13 mm de longueur à la tête et corps vert métallique et aux élytres (couvertures des ailes) brun cuivré. Six touffes de poils blancs longent chaque côté des élythres. Il est assez joli, je trouve!

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Larves de scarabées japonais à 3 stades différents.

La larve vit sous le sol et fait partie des «vers blancs» (larves de hannetons) couramment vus dans les pelouses. Elle est en forme de C et a la tête brune et le corps couleur crème… comme les autres vers blancs. Il n’est pas la peine d’essayer de distinguer entre les différentes espèces de ver blanc: les différences d’apparence sont minueures et de plus, elles font les mêmes dégâts et nécessitent environ le même traitement.

Les adultes émergent à la fin de juin ou en juillet et se nourrissent d’abord de plantes basses avant de migrer vers les arbres. Ils aiment être au soleil et ainsi s’attaquent d’abord aux feuilles supérieures, dévorant les feuilles inférieures seulement après celles de dessus sont réduites en squelette de façon à ce que le soleil perce.

Après quelques semaines de consommation intense, les femelles commencent à pondre dans les gazons, quelques œufs à la fois à quelques centimères sous le sol, puis elle recommence le lendemain ou aux deux jours. Elles pondent en fin de journée.

Les larves éclosent assez rapidement. Elles mangent surtout les racines de graminées. À l’automne, elles descendent jusqu’à 35 cm de profondeur dans le sol pour éviter le gel, puis remontent au printemps. Souvent le gazon atteint commence à mourir par plaques juste avant que les adultes émergent… mais il est très difficile de distinguer les dégâts des larves de scarabée japonais de ceux des autres vers blancs.

Deux détails importants à retenir

D’abord, il faut comprendre que les invasions de scarabées japonais sont fortement reliées à la surabondance des pelouses de graminées des environs. Là où il y a moins de gazon, les scarabées sont plus rares (en ville, par exemple) et causent peu de dégâts. Dans son pays d’origine, le Japon, où les pelouses sont rarissimes, le scarabée japonais n’est pas considéré un problème majeur. Mais en Amérique du Nord, où de vastes pelouses de graminées dominent le paysage de toutes les banlieues et en l’absence d’un prédateur vraiment efficace, l’énorme nombre d’insectes provoque un véritable catastrophe pour beaucoup de jardiniers. Les scarabées préfèrent des pelouses cultivées au plein soleil dans un sol sablonneux. Déjà laisser la pelouse plus haute (10 à 15 cm) que la normale plutôt que de la scalper à 5 cm peut aider à décourager les femelles de pondre.

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Les scarabées japonais sont grégaires: on les trouve toujours en groupe.

Tout aussi important, il faut noter que les scarabées du Japon sont grégaires. Ils se tiennent toujours «en gang». On en voit souvent 3 ou 4 l’un par-dessus l’autre en traine de copuler. L’odeur de scarabées en attirera d’autres. Ainsi, si vous êtes assidu dans votre contrôle au tout début de la saison et gardez le nombre très bas, ils feront peu de dégâts, mais iront plutôt rejoindre leurs amis ailleurs, là où l’odeur est plus concentré.

Comment les contrôler

1. Enlever peu à peu, sur plusieurs années, les plantes les plus touchées pour les remplacer par les plantes qu’ils aiment moins peut faire beaucoup pour régler le problème. Et le résultat sera durable. C’est de loin la méthode la plus efficace.

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L’éclairage nocturne peut attirer les scarabées.

2. Évitez d’éclairer les gazons et les platebandes la nuit. La lumière les attire.

3. Ramassez les insectes et faites les tomber dans un seau d’eau savonneuse. Ou encore, utilisez un aspirateur portatif pour les récolter. Mieux vaut faire ce travail tôt le matin, quand ils sont moins actifs.

4. Vaporisez tôt le matin, cela afin ne pas toucher les pollinisateurs et autres insectes bénéfiques, avec une solution de savon insecticide, de neem ou de pyrèthre. Évitez le savon à vaisselle, toxique à plusieurs plantes. Il existe aussi des pesticides systémiques de synthèse qui rendent toute la plante toxique, mais ces produits ne sont pas offerts au grand public à cause de leur grande dangerosité.

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Piège aux phéromones pour scarabées japonais.

5. Utilisez des pièges aux phéromones conçus pour les scarabées japonais et nettoyez-les quotidiennement au plus fort de l’invasion. Ils contiennent deux phéromones: une phéromone sexuelle qui imite l’odeur du scarabée japonais femelle et qui attire alors les scarabées mâles et une autre qui dégage une odeur florale qui attire les deux sexes. Il est cependant très important de placer ses pièges à au moins 15 m (50 pies) de leurs plantes préférées, sinon vous allez empirer la situation, car seulement une partie des scarabées rentent dans le piège: les autres vont bouffer les plantes attrayantes des environs. Pour plus de renseignements sur les pièges aux phéromones, lisez Au piège de l’amour.

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Nématodes bénéfiques.

6. On peut traiter le gazon aux nématodes bénéfiques de la mi-août au début de septembre, au moment où les larves commencent à éclore. Les nématodes sont vivants: il faut les acheter au moment propice et les conserver au réfrigérateur. Aussi, arrosez la veille et après l’application, puis gardez le sol humide pendant 4 à 7 jours. De préférence, vous traiteriez par une journée grise, sinon tôt le matin, car le soleil intense peut tuer les nématodes fraîchement appliqués.

7. Il y a une maladie bactérienne, la maladie laiteuse (Paenibacillus popilliae, anciennement Bacillus popilliae (appelée milky spore disease en anglais), qui peut tuer les larves de vers blancs et qui s’applique un peu à la manière des nématodes. Elle a une plus grande persistance que les nématodes (jusqu’à 20 ans!), mais il faut 2 à 3 ans avant que la quantité de spores présentes dans le sol soit assez abondante pour arriver à contrôler les larves, donc il faut être très patient. De plus, ce produit n’a jamais été homologué pour le Canada et ainsi ne peut pas être vendu dans ce pays.

8. Il y a aussi une forme spéciale de BT, soit le BTG (Bacillus thuringiensis galleriae), une bactérie qui est spécifique aux scarabées et aux coléoptères similaires (hannetons), mais il n’est pas encore offert commercialement. Il est efficace contre tous les stades de maturation des scarabées japonais.

9. Semez du trèfle dans votre gazon ou même, remplacez votre gazon de graminées par une pelouse de trèfles. Les scarabées ne peuvent se nourrir de trèfles, ni les adultes ni les larves.

10. N’arrosez pas la pelouse au mois d’août. Si le sol est sec au moment de l’éclosion des larves et que, par conséquence, les graminées sont en dormance estivale, la plupart des larves mourront de faim.

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Les musaraignes sont parmi les prédateurs des scarabées japonais.

11. Encouragez la présence de prédateurs naturels (crapauds, oiseaux, musaraignes, taupes, etc.) ou libérer des canards ou des poules dans le secteur. Les mouffettes aussi mangent les larves… mais font beaucoup de dégâts dans la pelouse en les recherchant. Deux prédateurs naturels asiatiques des scarabées du Japon ont été libérés aux États-Unis, la mouche Istocheta aldrichi et la guêpe Tiphia vernalis, et commencent à s’étendre, réduisant la population dans ce pays. En autant que je sache, toutefois, ils ne sont pas offerts commercialement.

12. On peut couvrir les légumes et les petits fruits de couvertures flottantes afin de les protéger. Il faut placer la protection en début de saison, avant que les scarabées ne soient présents.

13. Certains végétaux sont toxiques aux scarabées japonais. C’est le cas notamment des fleurs de pélargonium des jardins (Pelargonium x hortorum) et de marronnier à petites fleurs (Aesculus parviflora) et des feuilles de ricin (Ricinus communis) et de quatre heures (Mirabilis jalapa), mais notez qu’il faut que les scarabées les mangent pour que ce traitement soit efficace, donc il faut être prêt à sacrifier ces plantes pour sauver les autres. Il ne faut pas présumer que ces plantes pièges fassent pus que légèrement baisser la population.

14. D’autres végétaux ont la réputation de repousser les scarabées, notamment les alliums (oignon, poireau, ail, ciboulette, etc.), la rue (Ruta graveolens) et la tanaisie (Tanacetum vulgare), mais l’effet est limité, même nul quand la population est très forte… et la tanaisie, surtout, est très envahissante.

Peu de solutions parfaites

Vous comprendrez en lisant ce qui procède que presque aucun traitement contre les scarabées n’est parfait, sauf le premier (remplacer les plantes susceptibles par les plantes que les scarabées ne mangent pas), mais à force de les combiner sagement, il est possible de réduire la population au point où les scarabées deviennent plutôt un petit désagrément qu’un fléau. À vous de les apprivoiser!20160721C