Comment «réchapper» une azalée d’intérieur?

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Question: Au cours des dernières années, j’ai acheté 3 azalées d’intérieur différentes et elles sont toutes mortes moins d’un mois après leur achat. Le feuillage s’est rapidement fané et les tiges ont séché. Pourtant, je les ai arrosées chaque semaine. J’adore cette plante et je veux réessayer. Que puis-je faire pour la garder en vie? 

Éva T.

Réponse: L’azalée des fleuristes (Rhododendron simsii), aussi appelée azalée d’intérieur ou azalées des Indes, n’est certainement pas la plante d’intérieur la plus facile à cultiver. Comme vous, beaucoup de gens perdent la leur assez rapidement. Pourtant, si elle est bien entretenue, elle peut vivre des années dans une maison moyenne et même fleurir année après année.

Le principal problème avec l’azalée des fleuristes est qu’elle est presque toujours vendue dans un pot beaucoup trop petit pour ses besoins. Que ce soit pour des raisons d’esthétisme ou pour économiser de l’espace dans la serre de production, je ne le sais pas, mais le pot est tellement rempli de racines que le terreau ne peut contenir assez d’eau pour contenter la plante très longtemps. Ainsi, même après un arrosage abondant, vous découvrirez que son terreau est déjà complètement sec au bout de seulement quelques jours et que les feuilles commencent à se faner. Pour cette raison, un seul arrosage hebdomadaire, même abondant, ne suffit généralement pas.

Pour arroser une azalée terriblement serrée dans son pot, essayez la méthode du trempage plutôt qu’un arrosage classique au moyen d’un arrosoir. Plongez le pot dans de l’eau tiède et laissez-le tremper pendant 10 à 30 minutes. Puis, faites-le drainer pour éliminer le surplus. Répétez cela une fois tous les 3 à 4 jours. Seulement sous des conditions de grande fraîcheur (7 à 16 °C) peut-on vraiment penser n’arroser qu’une seule fois par semaine. 

Un tel trempage deux fois par semaine devrait permettre de garder l’azalée non seulement en vie, mais en bonne santé pendant toute sa floraison initiale, soit pendant 6 semaines et plus.

Soins de plus longue durée

Faire refleurir une azalée des fleuristes nécessite un certain effort. Photo: DenesFeri, Wikimedi Commons

Les pépinières de production considèrent l’azalée des fleuristes comme une plante éphémère: vous êtes censé la jeter après la floraison. Cependant, elle peut vivre pendant des décennies à l’intérieur et refleurir encore et encore si vous savez quoi faire. D’accord, ce n’est pas une plante pour les débutants, mais si vous aimez les défis, voici ce qu’il faut faire:

Dès que vous en aurez l’occasion, pourquoi ne pas régler le problème de base: le fait que la plante pousse dans un pot beaucoup trop petit pour ses besoins? Replantez-la dans un pot d’une taille plus appropriée, probablement 10 cm plus grand que l’original. (Oui! Autant que ça!) Étant donné que le terreau est en soi un excellent réservoir d’eau, en augmentant ainsi la masse de terre autour de ses racines, vous vous assurerez que votre plante pourra résister plus longtemps entre deux arrosages, probablement une semaine.

Tant qu’à la rempoter, notez que l’azalée préfère un sol acide, soit avec un pH d’environ 4,5 à 5,5. Un terreau commercial pour plantes d’intérieur aura quant à lui probablement un pH de 5,5 à 6,5, ce qui est un peu trop alcalin à son goût. Donc, pour réduire son alcalinité, mélangez un tiers de tourbe horticole («peat moss»), un substrat acide, au terreau commercial avant l’empotage: cela devrait ramener le pH à un niveau acceptable.

Bien que l’azalée des fleuristes achetée déjà en fleurs puisse rester en bon état sous une lumière faible, elle aura besoin de plus de lumière que cela pour assurer une reprise de croissance en bonne santé et, surtout, pour assurer une nouvelle floraison. Idéalement, donc, offrez-lui une lumière vive une bonne partie de la journée et même quelques heures de soleil direct, en particulier le soleil du matin. En hiver, le plein soleil n’est pas excessif, surtout aux latitudes plus élevées.

L’arrosage est à surveiller, car l’azalée sèche très rapidement. Photo: http://www.saga.co.uk & http://www.kisspng.com

Même si votre azalée est désormais plantée dans un pot de taille plus appropriée, il faut quand même l’arroser régulièrement, car la plante perd beaucoup d’eau à l’évaporation. Idéalement, vous garderez le terreau légèrement humide en tout temps. Une azalée ne supporte tout simplement pas de se dessécher et chaque fois que vous la laissez se faner, elle récupére de moins en moins bien. Vérifiez alors régulièrement l’état du terreau et arrosez abondamment au besoin.

Idéalement, vous arroseriez avec de l’eau douce (sans calcaire) et voilà une autre complication, car l’eau du robinet est généralement dure. Il est donc préférable d’utiliser de l’eau de pluie, de l’eau distillée, de l’eau de déshumidificateur ou une eau filtrée par osmose pour l’arrosage. Par contre, mon expérience est que vous pouvez quand même utiliser de l’eau du robinet de l’automne au printemps, à condition de faire une chose: mettre votre azalée à l’extérieur pour l’été où la pluie pourra lessiver le terreau de toute alcalinité excessive.

De toute façon, un été en plein air dans un endroit partiellement ombragé est pratiquement une condition sine qua non pour réussir une azalée des fleuristes. Cette plante originaire des hautes montagnes asiatiques n’est pas habituée à la chaleur constante de nos maisons et préfère les températures modérées avec une bonne baisse la nuit, une condition qu’on ne trouve facilement qu’en plein air (ou peut-être sur une véranda bien aérée). 

Fertilisez la plante en douceur, à un quart de la dose recommandée, pendant la saison de croissance (du printemps au début de l’automne). Encore une fois, si vous pouvez trouver un engrais conçu pour les plantes acidophiles, tant mieux.

Laissez votre azalée en plein air jusqu’assez tard à l’automne, ne la rentrant à l’intérieur que lorsque le gel menace. Cela lui donnera les conditions de fraîcheur automnale nécessaires pour stimuler la floraison, normalement entre 4 et 13 °C. Si vous avez bien fait votre travail, les boutons floraux de la floraison à venir seront déjà visibles avant que vous ne rentriez l’azalée à son emplacement hivernal.

L’utilisation d’un plateau humidifiant pour augmenter l’humidité ambiante peut s’avérer utile. Photo: http://www.amazon.com

À l’intérieur, un autre problème survient. L’air de nos maisons est souvent extrêmement sec l’hiver et alors les boutons floraux risquent de se dessécher. Il faudrait alors prévoir une méthode quelconque pour maintenir une humidité relative d’au moins 50%. D’ailleurs, une humidité relative de 60% serait encore meilleure. Pour cela, vous pourriez utiliser un humidificateur ou placer la plante sur un plateau humidifiant

Comme votre plante aura déjà reçu son «traitement au froid» en plein air à l’automne et sera alors pleine de boutons floraux à la rentrée, elle ne sera pas aussi avide de fraîcheur hivernale qu’habituellement. D’ailleurs, souvent elle se met à fleurir dès qu’on la rentre alors que sa saison de floraison naturelle est à la fin de l’hiver ou au printemps. Cela dit, elle apprécierait une certaine fraîcheur, surtout la nuit (7 à 16 °C), d’octobre à mars, si vous êtes capable de la lui donner. 

En général, les azalées cultivées dans la maison fleurissent moins densément que celles produites en serre, mais le font sur une période plus longue, car les boutons floraux s’ouvrent 4 ou 5 à la fois plutôt que tous en même temps. Très souvent, elle fleurit une bonne partie de l’hiver.

Ayez quand même l’œil sur les parasites. Les acariens (tétranyques ou araignées rouges) sont une menace quand l’air est chaud et sec tandis que les cochenilles farineuses et à carapace sont à craindre en tout temps.

Quant à la multiplication de votre plante, là encore, l’azalée se montre récalcitrante. Oui, on peut la multiplier par boutures de tige, mais le taux de succès est faible. Essayez de les prendre au printemps, appliquant une hormone d’enracinement sur l’extrémité inférieure de la tige. Glissez la bouture dans un pot de terreau humide et cultivez-la à l’étouffée (dans une mini-serre). L’enracinement peut prendre jusqu’à 3 mois. Vous saurez que la nouvelle plante a repris quand vous verrez de nouvelles feuilles se former.


Et voilà. Oui, il est possible de vraiment faire prospérer une azalée des fleuristes à l’intérieur et même de la faire refleurir. Mais il faut y mettre plus d’attention qu’avec la plupart des plantes d’intérieur.

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Trucs pour soigner les plantes de Pâques

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20150405ALa tradition veut qu’on remplisse sa demeure de fleurs à Pâques, mais alors qu’on achète des fleurs coupées à la Saint-Valentin, à Pâques, le choix va plutôt vers les plantes vivantes, ce qu’on appelle des potées fleuries. Voici les plus populaires et les soins à leur prodiguer.

Lis de Pâques (Lilium longiflorum)

20150405BIl préfère la fraîcheur, surtout la nuit. Placez-le dans un endroit bien éclairé le jour, mais devant une fenêtre fraîche le soir; même dans un garage non chauffé ou un sous-sol froid. Arrosez bien quand le terreau s’assèche. En mai, on peut tenter de le transplanter en pleine terre, mais il n’y a pas de garantie qu’il y réussira, car sa rusticité est faible (zone 6 ou 7). Attention: les lis sont toxiques aux chats!

Autres lis (Lilium spp.)

20150405CLes lis aux fleurs jaunes, orange, roses, etc. qui sont vendus à Pâques sont rustiques (zone 3 ou 4). Leur culture est identique à celle du lis de Pâques tant qu’ils demeurent dans la maison, mais on peut par la suite les transplanter en pleine terre dans un emplacement ensoleillé et s’attendre à ce qu’ils y réussissent bien. Encore: placez-les loin de vos chats!

Hydrangée à grandes feuilles (Hydrangea macrophylla)

20150405DAvec ses grosses «boules» de fleurs bleues, roses, violettes, rouges, pourpres ou blanches, l’hydrangée à grandes feuilles, appelée aussi quatre-saisons ou hortensia, est très populaire à Pâques. La clé de son succès consiste à surveiller étroitement son arrosage, car elle s’assèche à une vitesse phénoménale: il peut être nécessaire, selon les conditions, de l’arroser aux deux ou trois jours! Un éclairage moyen suffira ainsi que des températures d’intérieur normales, bien qu’elle apprécie les nuits fraîches. On peut la transplanter au jardin à la fin de mai, dans un emplacement protégé mi-ombragé ou ombragé, mais il n’y a pas de garantie de succès, du moins au Québec, car elle est de zone 6. Nos amis européens, par contre, auront plus de chance!

Chrysanthème (Chrysanthemum x morifolium)

20150405EDurant son séjour dans la maison, offrez-lui des températures normales et un éclairage modéré, arrosant au besoin pour ne pas qu’il s’assèche. Après, rasez le plant à 5 cm du sol. À la fin de mai, transplantez au jardin dans un endroit ensoleillé. Normalement, il refleurira à l’automne, mais il n’y a pas de garantie qu’il passera l’hiver, car la rusticité des chrysanthèmes est très variable: de 4 à 9, selon le cultivar… et les variétés offertes à Pâques sont rarement parmi les plus rustiques.

Bulbes

20150405FTulipes, narcisses, crocus, jacinthes, muscaris, etc. sont souvent offerts à Pâques. La fraîcheur est de rigueur, avec des nuits les plus froides possible: 10°C ou moins. Offrez un bon éclairage et arrosez dès que le terreau s’assèche. Coupez les fleurs après la floraison. Au mois de mai, transplantez en pleine terre. Tous ces bulbes sont rustiques (généralement de zone 3) et devraient refleurir au jardin… mais peuvent prendre quelques années avant de récupérer suffisamment du traumatisme de leur séjour dans la maison pour fleurir de nouveau!

 Azalée (Rhododendron simsii)

 20150405GC’est la seule véritable plante d’intérieur du groupe. Donnez-lui un éclairage modéré et surveillez étroitement ses arrosages : en fleurs, elle perd beaucoup d’eau par évaporation. Pourtant, elle ne tolère pas l’assèchement et il faut donc arroser dès que le terreau est le moindrement sec. Elle aime la fraîcheur, ainsi est-il utile de la placer à l’extérieur l’été, dans un endroit frais et ombragé. Ne la rentrez qu’en octobre, car les nuits froides d’automne stimulent la floraison. Elle devrait refleurir dans la maison au cours de l’hiver.

Primevère (Primula spp.)

20150405A

Primula x polyantha: cette primevère est de zone 4, suffisamment rustique pour la culture au jardin.

Plusieurs primevères sont vendues à Pâques. Elles aiment toutes la fraîcheur et demandent un arrosage suivi pour ne pas s’assécher, mais diffèrent dans leur rusticité. On peut en repiquer certaines en pleine terre à la mi-ombre dans un sol humide pour les voir s’y établir, alors que d’autres dépérissent après la floraison et ne peuvent pas être récupérées.

Joyeuses Pâques!