Des avocats sans noyau

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Avocats sans noyau. Source: 2.bp.blogspot.com

Ils sont déjà dans les magasins Marks & Spencer en Angleterre: des avocats sans noyau. Éventuellement, ces avocats arriveront dans une épicerie plus près de chez vous. Mais qu’est-ce que c’est que l’avocat sans noyau et d’où vient-il?

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Avocats normaux et un avocat cornichon sur le même avocatier (Persea americana). Source: nsaum75, Wikimedia Commons

D’abord, les avocats sans noyau ne sont pas si nouveaux. Il y a souvent un pourcentage de fruits sans noyau sur un avocatier, notamment dans les cas des cultivars populaires ‘Fuerte’, ‘Arad’ et ‘Mexicola’, surtout quand les conditions culturales ne sont pas propices à un mûrissement parfait. Les producteurs les appellent cornichons ou avocats cornichons et, jusqu’à récemment, les rejetaient. Mais maintenant, ils les appellent avocats cocktail — plus sophistiqué, n’est-ce pas? — et semblent avoir trouvé un débouché pour ces rejets.

Pas des OGM

En passant, non, ces fruits ne sont pas des OGM. Il n’est pas nécessaire de faire des transferts de gènes pour créer des avocats sans noyau quand cela arrive spontanément! D’ailleurs, l’être humain cultive des raisins, des bananes et des oranges (et autres fruits) sans pépins depuis fort longtemps; bien avant les balbutiements du génie génétique. Les gens terrorisés par les OGM peuvent donc se rassurer.

Dans le cas des avocats sans noyau, le développement du fruit est stimulé quand la fleur est pollinisée normalement, mais la production du noyau avorte très rapidement. Dans ce cas, souvent, le fruit continue de se développer. C’est cela qui donne un fruit sans noyau au centre. On appelle ce phénomène la sténospermocarpie: c’est la même chose qui donne les raisins sans pépins.

Un marché potentiel?

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Avocats cornichons comparés à un avocat normal. Source: Kathy Campbell, Unusual Flora & Fauna

Les avocats cornichons sont disponibles depuis toujours dans les pays producteurs d’avocats. Ce qui est nouveau est qu’on commence aussi à les distribuer dans les pays septentrionaux… et à créer un engouement pour ce type de fruit. Déjà, malgré leur petite taille, ils se vendent environ le même prix que les avocats à noyau. À comparer les deux visuellement, l’avocat à noyau semble nettement plus rentable. Par contre, comme il n’y a pas de gros noyau pesant à enlever chez l’avocat cornichon et que ce dernier est presque entièrement constitué de chair, peut-être que l’écart entre leurs valeurs respectives n’est pas si grand qu’il ne paraît.

En Angleterre, où ils sont sur le marché depuis le début de décembre 2017, les médias ont sauté sur l’histoire. Le résultat est que, dans les 149 magasins Marks & Spencer, le seul magasin qui en vend, les fruits disparaissent aussi rapidement qu’on peut les placer sur les étalages.

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Les médias insistent surtout sur la sécurité accrue de l’avocat cocktail. Source: The Guardian et BBC Mundo

Curieusement, M&S fait surtout la promotion de ces petits avocats comme une option plus sécuritaire à l’avocat classique, car, paraît-il, des milliers de personnes se coupent annuellement en prélevant le noyau d’un avocat en Angleterre. Il faut croire que les Anglais sont particulièrement maladroits, car, personnellement, je n’ai jamais vu l’avocat à noyau comme une menace pour ma santé.

Le fruit est petit, très petit

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Le fruit est de la taille d’un cornichon… moyen! Source: www.rootsimple.com

La chose la plus surprenante avec les avocats sans noyau est leur petite taille. Mesurant à peine 5 à 8 cm de longueur et 1,25 cm de diamètre, ils ressemblent effectivement à des cornichons.

Leur peau est plus mince que celle de l’avocat normal et ainsi, nous dit-on, on peut les manger tout entiers. D’ailleurs, on les met sur le marché sous le nom «cocktail avocados», suggérant qu’on peut les servir entiers comme amuse-gueules. J’y ai goûté au Costa Rica une fois et, très honnêtement, j’ai trouvé la peau suffisamment amère que, personnellement, je pense que je vais continuer à ouvrir le fruit pour manger la chair et mettre l’extérieur au compost.

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On peut aussi éplucher les fruits comme on éplucherait une banane. Source: www.aujardin.org

Une autre possibilité est de les éplucher comme on éplucherait une banane, ce qui se fait facilement.

La fin d’une tradition?

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L’avocatier de salon est-il voué à l’extinction? Source: www.gardenista.com

Si les avocats cornichons viennent à dominer le marché, cela pourrait signaler la fin d’une longue tradition: celle de planter le noyau de son avocat pour en faire une plante d’intérieur. Après tout, l’avocatier est parmi les plantes d’appartement les plus populaires et toutes ces plantes ont été produites à partir de noyaux.

Heureusement, je ne pense pas que l’avocat à noyau disparaîtra de si tôt. Vous aurez sûrement des années encore pour lancer votre production d’avocatiers maison. Par contre, je soupçonne que beaucoup de gens vont opter pour les avocats cornichons quand ces derniers arriveront sur le marché de façon plus généralisée. Ils sont tellement mignons!20171223A Marks & Spencer

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Deux plantes d’intérieur peuvent-elles partagent un même pot?

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Deux plantes d’intérieur peuvent-elles partager le même pot? Source: gallery.yopriceville.com, Clipart Library & beautifulgarden.org.uk

Question: Je cultive deux avocatiers dans d’immenses pots. Je me demandais s’il serait possible de cultiver mes aloès dans les mêmes pots, au pied des avocatiers? Je pourrais ainsi joindre l’utile à l’agréable, récupérer de l’espace et il me semble que l’effet serait joli. Qu’en pensez-vous?

Dominique

Réponse: Il est curieux de constater que la tradition avec les plantes d’intérieur est de les cultiver dans des pots individuels, car quand nous préparons des contenants pour le jardin extérieur (balconnières, jardinières, etc.), nous n’hésitons pas à mélanger différentes plantes, pas plus que dans une plate-bande extérieure ou un terrarium. Il n’y a aucune raison logique de ne pas composer des potées mixtes de plantes d’intérieur aussi.

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Les pots combinés vendus en magasin contiennent souvent des choix plus que douteux. Ici, la sélaginelle (petite plante mousseuse) n’a pas les mêmes besoins que le poinsettia et le pin de Norfolk et finira par mourir assez rapidement. Source: statebystategardening.com

Cependant, il faut que les plantes soient compatibles, que leurs besoins correspondent. Il serait difficile de cultiver, dans le même pot, un cactus désertique, qui préfère le plein soleil et un terreau qui s’assèche en profondeur entre deux arrosages, et une capillaire, fougère qui préfère l’ombre ou la mi-ombre et un sol constamment humide. Aussi faudrait-il éviter de cultiver des plantes très dominantes et envahissantes avec des plantes fragiles, des plantes qui ont une période de dormance au sec avec des végétaux qui poussent à l’année, des plantes qui demandent beaucoup d’engrais avec des plantes qui préfèrent un sol pauvre, des plantes qui diffèrent quant au type de terreau, à la longueur du jour, à la température, etc.

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Le kalanchoé de Daigremont (Kalanchoe daigremontiana) est toxique aux autres végétaux qui partagent son pot. Source: Alina Zienowicz, Wikimedia Commons

Il existe même des plantes d’intérieur allélopathiques (Kalanchoe daigremontiana, par exemple) qui empoisonnent le terreau dans lequel elles poussent et qui cohabitent donc difficilement avec tout autre végétal, même quand leurs besoins correspondent.

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La plupart des succulentes peuvent partager le même pot… mais n’y ajoutez pas de cactus. Source: The Urban Wife

Cela dit, il y a beaucoup de plantes d’intérieur qui partagent les mêmes exigences. Beaucoup de variétés courantes aiment un éclairage moyen, une humidité moyenne et des arrosages moyens : philodendrons, scheffleras, spathiphyllums, etc. Et je ne vois pas de problème à cultiver, par exemple, différentes succulentes (sédums, aéoniums, echeverias, etc.) dans le même pot, car presque toutes aiment le soleil, tolèrent l’air sec et préfèrent un terreau qui s’assèche… mais ajouter un cactus à cette combinaison, même si cela se fait dans le commerce, mène souvent au désastre, du moins à long terme, car, même si les cactus partagent ces mêmes besoins, en général ils ont besoin d’un hiver au froid pour bien pousser alors que les autres succulentes tolèrent mal cette froidure.

Autrement dit, combiner différentes plantes dans un même pot est possible, mais peut être compliqué.

Votre combinaison

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Est-ce qu’un aloès et un avocatier peuvent partager le même pot? Source: gallery.yopriceville.com, Clipart Library & beautifulgarden.org.uk

À première vue, votre combinaison ne semblerait pas fonctionner. L’avocatier (Persea americana) est un arbre venant de la forêt tropicale humide (la jungle) et aimerait un sol toujours un peu humide et une forte humidité atmosphérique en tout temps alors que l’aloès médicinal (Aloe vera) vient d’un milieu aride où l’air est sec et où le sol s’assèche pendant de longs mois.

Cela dit, l’aloès est une plante très plastique dans ses exigences, beaucoup plus que l’avocatier, et s’adaptera à des conditions très variées. Ainsi, il peut tolérer un sol qui ne n’assèche jamais tant qu’il n’est pas non plus détrempé et n’est pas dérangé par une atmosphère humide, même s’il n’en a pas besoin. Et les deux aiment un éclairage intense à moyen: le grand avocatier cherchera sa lumière en hauteur, l’aloès, plus petit, davantage au pied du pot.

Je dirais que oui, vous pouvez planter des aloès dans les gros pots de vos avocatiers, mais que le facteur limitant demeurera l’arrosage. Prenez l’habitude de toujours laisser le terreau s’assécher un tant soit peu avant d’arroser de nouveau et les deux devraient bien s’entendre.20171216A gallery.yopriceville.com

Cultiver un avocatier dans votre salon

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20150217AIl y a beaucoup de fruits tropicaux qu’on peut cultiver à partir d’un pépin – oranger, citronnier, manguier, dattier, caféier, etc. – mais le plus connu est probablement l’avocatier (Persea americana). Il est si fascinant de voir son gros noyau se fendre en deux et émettre une épaisse tige rigidement dressée; c’est mille lieux des petit semis fins de la plupart de nos légumes et annuelles. C’est aussi une excellente expérience à faire avec des enfants pour leur apprendre comment les plantes germent et poussent.

La tradition veut qu’on fasse germer le noyau au-dessus d’un verre d’eau. Si vous voulez procéder ainsi, pas de problème… mais bien sûr, ce n’est pas nécessaire. Pensez-vous que le noyau germe ainsi dans la nature? Bien sûr que non. Il germe au contact avec la terre comme toute plante normale et germera tout aussi facilement si on l’empote tout simplement dans du terreau. Mais la culture au-dessus de l’eau à au moins l’avantage qu’on voit le progrès de sa croissance et peut être notamment une bonne expérience ludique pour les enfants. Voici comment faire dans les deux cas.

Comment faire

20150217BD’abord, choisissez un fruit un peu ramolli, signe qu’il est pleinement mature. Extrayez le noyau, puis nettoyez et asséchez-le. Vous pouvez enlevez enveloppe brune qui l’entoure si vous voulez ou la laisser en intacte: ça ne change rien au résultat.

Au-dessus d’un verre d’eau

Si vous voulez le faire germer au-dessus d’un verre, enfoncez 3 ou 4 de allumettes ou cure-dents dans le noyau. Placez-les tout autour du noyau, environ au milieu, les espaçant également. Suspendez le noyau, pointe vers le haut, partie aplatie vers le bas, au-dessus d’un verre d’eau ou d’un pot Mason. Versez de l’eau dans le verre jusqu’à ce que la base du noyau touche à l’eau. Placez le tout dans un endroit plutôt chaud (20˚C ou plus), rajoutant de l’eau au besoin pour que la base y touche en tout temps.

Après quelques semaines, le noyau se fendra verticalement et une grosse racine descendra dans le verre. Peu après, une tige dressée sortira du sommet: c’est la germination.

N’attendez pas trop avant de repiquer le plant dans du terreau: la plante tolère mieux la transition quand les racines sont peu développées que quand il y a une masse de racines entremêlées dans le port… ce qui arrive quand on la laisse trop longtemps dans un verre. Enterrez le noyau à moitié lors de l’empotage et voilà ! Vous avez un jeune avocatier en pleine croissance !

Dans du terreau

Il est beaucoup plus facile de faire germer le noyau dans du terreau. Il suffit de remplir un pot de terreau humide jusqu’à 2 cm du bord. Il n’est pas nécessaire ni même recommandé de placer une couche de drainage de gravier ou de billes au fond du pot auparavant. Maintenant extrayez et nettoyez le noyau du fruit comme ci-dessus, puis plantez-le dans le pot, couvrant sa base de terreau jusqu’à environ la moitié de son hauteur. Placez le pot dans un emplacement chaud (20˚C et plus) et attendez patiemment. Vous ne verrez pas les racines sortir, mais le noyau fendra en deux après quelques semaines et une tige dressée en sortira.

Parfois une surprise!

21050217EIl arrive parfois que le noyau produise non pas une seule tige, mais 2, 3 ou 4. C’est que certains noyaux contiennent plus d’un embryon. Si oui, laissez poussez toutes les tige: la plante sera d’autant plus belle, car elle paraîtra plus dense.

Soins après la germination

Jusqu’ici, la lumière n’était pas nécessaire, mais dès que la tige sort, des feuilles suivront rapidement, en seulement quelques jours, et auront besoin de lumière, beaucoup de lumière. Le plein soleil n’est pas trop pour cette plante originaire des Tropiques sud-américaines.

On traite à partir de maintenant le jeune avocatier comme une plante d’intérieur. Notamment, arrosez au besoin, quand le sol est sec au toucher. Évitez l’utilisation d’eau froide.

Dans la nature, l’avocatier pousse tout droit vers le haut, sans le moindre ramification, afin de dépasser le plus rapidement possible les autres arbres de la forêt. Une fois qu’il a la tête au soleil, il commence à faire des branches. En pot dans la maison, il se dirigera tout droit vers le plafond, ce qui fait une plante d’apparence peu appétissante. Il faut le forcer à se densifier en le pinçant, c’est-à dire en supprimant sa pointe de croissance. Dès que la tige atteint 15 cm de hauteur, pincez une première fois, puis chaque fois qu’il gagne encore environ 15 cm, pincez encore. Cela ralentira sa course vers le plafond et forcera la plante à faire quelques ramifications (l’avocatier est très chiche à ce niveau), ce qui assure une plus belle apparence.

Après 4 ou 5 mois de croissance, votre plante sera due pour un rempotage dans un pot plus gros. Par la suite, un rempotage aux 2 ans devrait suffir.

Pendant l’été, faites séjourner votre avocatier à l’extérieur, une expérience qu’il adorera… mais il faut toujours l’acclimater peu à peu avant l’exposer au plein soleil.

Quant à la fertilisation, la première année votre avocatier vivra surtout des réserves contenues dans son noyau. Après, fertilisez-le comme toute autre plante d’intérieur, de mars/avril à octobre, avec l’engrais de votre choix à un quart de la dose recommandée.

Le feuillage a tendance à brunir pendant l’hiver, victime de l’air sec dans nos maisons. Essayez d’augmenter l’humidité au moyen d’un humidificateur. Aussi, l’accumulation de sels minéraux dans le sol (qu’on voit par la formation d’un dépôt blanc ou jaune sur la paroi intérieure du pot) lui est néfaste. Prenez l’habitude de lessiver son terreau aux 3 mois, y versant abondamment de l’eau claire et jetant l’eau souillée qui sort des trous de drainage, ce qui réduira l’accumulation.

Le futur

Votre avocat donnera-t-il des fruits un jour? C’est peu probable. Si oui, il faudra attendre des années (7 à 15 ans) et même-là, assurer la pollinisation n’est pas évidente quand vous avez seulement un arbre en fleurs. Je vous suggère de le considérer comme une plante verte, tout simplement.