Arbres et arbustes aux semences trop entreprenantes 

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Semis beaucoup trop nombreux d’érable de Norvège (Acer platanoides) envahissant une forêt. Source: www.massaudubon.org

Les arbres et arbustes suivants peuvent être envahissants par leurs semences qui tombent partout — souvent apportées par le vent, les oiseaux ou les écureuils — et qui germent presque toujours où l’on ne veut pas les voir.

Heureusement que l’utilisation d’un bon paillis empêchera la plupart de germer. Par contre, certains arbres figurent parmi les rares végétaux dont les graines peuvent germer à travers un paillis. Ceux qui sont envahissants même dans un paillis de 5 cm d’épaisseur ou plus sont indiqués par un astérisque (*).

Il peut quand même y avoir des variétés stériles parmi les espèces mentionnées (souvent le cas des variétés à fleurs doubles, notamment) et qui ne seront donc pas envahissantes. Aussi, souvent des espèces plantées à la limite de leur rusticité n’arrivent pas à produire des semences viables sous cette condition et alors ne sont pas envahissantes.

Je ne dis pas de ne pas planter les végétaux indiqués ici, mais… un jardinier averti en vaut deux!

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Le nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) est parmi les arbres les plus envahissants. Source: nyc.books.plantsofsuburbia.com

  1. Ailante glanduleux (Ailanthus altissima) zone 6b
  2. Arbre aux papillons (Buddleia davidii) zone 6b
  3. Argousier faux-nerprun (Hippophae rhamnoides) zone 2b
  4. Bouleau d’Europe (Betula pendula) zone 3
  5. Buddléia (Buddleia davidii) zone 6b
  6. Caragana de Sibérie (Caragana arborescens) zone 2
  7. Cerisier à grappes (Prunus virginiana) zone 2b
  8. Cerisier à grappes européen (Prunus padus) zone 2
  9. Cerisier de Pennsylvanie (Prunus pensylvanica) zone 2
  10. Chalef d’automne (Elaeagnus umbellata) zone 4
  11. Chèvrefeuille de Chine (Lonicera maackii) zone 2b
  12. Chèvrefeuille de Morrow (Lonicera morrowii) zone 4

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    Le chèvrefeuille de Tatarie (Lonicera tatarica) est souvent très envahissant. Source: www.florafinder.com

  13. Chèvrefeuille de Tatarie (Lonicera tatarica) zone 4
  14. Églantier (Rosa canina) zone 3
  15. Épine-vinette de Thunberg (Berberis thunbergii) zone 4
  16. Épinette de Norvège (Picea abies) zone 2b
  17. Érable à Giguère* (Acer negundo) zone 2
  18. Érable à sucre* (Acer saccharum) zone 4
  19. Érable argenté* (Acer saccharinum) zone 2
  20. Érable de Norvège* (Acer platanoides) zone 4b
  21. Framboisier (Rubus idaeus) zone 3
  22. Frêne (Fraxinus spp.) zone 2 à 7, selon l’espèce

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    Le fusain ailé (Euonymus alatus) est envahissant dans certaines régions, mais ses semences ne mûrissent pas dans d’autres et alors il ne peut pas se ressemer. Source: www.plantes-shopping.fr.

  23. Fusain ailé (Euonymus alatus) zone 5
  24. Hibiscus arbustif, ketmie des marais (Hibiscus syriacus) zone 6b
  25. Marronnier d’Inde* (Aesculus hippocastanum) zone 4b
  26. Nerprun bourdaine (Frangula alnus, syn. Rhamnus frangula) zone 3
  27. Nerprun cathartique (Rhamnus cathartica) zone 2
  28. Noyer* (Juglans spp.) zone 4b à 8, selon l’espèce
  29. Olivier de Bohême (Elaeagnus angustifolia) zone 2b
  30. Orme d’Amérique (Ulmus americana) zone 3
  31. Orme de Sibérie, «orme chinois» (Ulmus pumila) zone 2
  32. Pin écossais, pin sylvestre (Pinus sylvestris) zone 2b
  33. Platane (Platanus spp.) zone 5 à 9, selon l’espèce
  34. Robinier faux-acacia (Robinia pseudoacacia) zone 4b

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    La ronce d’Arménie (Rubus armeniacus, syn. R. discolor) est très envahissante dans les régions aux climats doux (zones 7 à 10).

  35. Ronce (Rubus spp.) zone 2 à 8, selon l’espèce
  36. Rosier aux feuilles rouges (Rosa glauca, anciennement R. rubrifolia) zone 2
  37. Rosier des chiens (Rosa canina) zone 3
  38. Rosier multiflore (Rosa multiflora) zone 5b
  39. Rosier rugueux (Rosa rugosa) zone 3
  40. Sorbier (Sorbus spp.) zone 3
  41. Tamarisque (Tamarix spp.) zone 5 à 9, selon l’espèce
  42. Tilleul à petites feuilles* (Tilia cordata) zone 3
  43. Troène commun (Ligustrum vulgare) zone 4
  44. Viorne commune (Viburnum lantana) zone 2b
  45. Viorne obier (Viburnum opulus) zone 3

L’érable de Norvège: un envahisseur à bannir

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20150608AL’érable de Norvège (Acer platanoides), un arbre à bannir dans l’Est du Canada? L’idée paraît un peu farfelue. Après tout, c’est l’arbre ornemental le plus vendu dans le secteur! Pourtant, plusieurs écologistes préconisent son bannissement en Amérique du Nord et même l’élimination de tout arbre existant. D’ailleurs, bon nombre municipalités américaines ne permettent plus sa plantation. Et il est défendu d’en planter dans les états de Massachusetts et de New Hampshire aussi! Quand vous lirez la suite, vous comprendrez pourquoi. Qu’attendons-nous pour agir?

L’érable de Norvège est originaire de l’Europe centrale et orientale. Dans son continent d’origine, il compose un élément parmi d’autres des forêts matures et ne cause pas de problème environnemental. En Amérique du Nord, où il a été très largement planté comme arbre de rue à partir des années 1950 en remplacement de l’orme de l’Amérique (Ulmus americanus), foudroyé par une maladie, il est cependant devenu un fléau. Le problème est que l’érable de Norvège produit énormément de semences qui atterrissent et – surtout! – germent partout.

Si ce n’était que pour ce dernier point, cet érable ne serait pas plus envahissant que la plupart des autres plantes introduites d’autres pays. Mais là où il diffère est que, au lieu de se limiter aux zones perturbées, comme le font la majorité des plantes introduites qui sont envahissantes, il s’installe aussi dans les forêts vierges, grâce à sa capacité de germer à l’ombre profonde qui y règne. Là il pousse tranquillement au début, mais finit éventuellement par dominer la forêt, créant une ombre tellement dense que rien ne peut pousser à son pied. Il fait alors concurrence aux arbres indigènes et notamment à l’érable à sucre (A. saccharum), jusqu’alors l’arbre dominant dans les forêts du Sud-est du Canada et du Nord-est des États-Unis. Et c’est l’érable de Norvège qui gagne la bataille, haut la main, d’autant plus qu’il tolère mieux les effets du réchauffement de la planète et de la pollution de l’air et des sols que l’érable à sucre.

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Certains érables de Norvège (ici Acer platanoides ‘Schwedleri’) ont un feuillage pourpre foncé.

On n’a qu’à se promener dans les forêts urbaines et périurbaines pour découvrir que, dans bien des cas, la majorité les jeunes érables qui y poussent sont des érables de Norvège: quand des érables à sucre réussissent à germer, les petits plants sont vite étouffés par les jeunes érables de Norvège, plus nombreux, plus densément feuillus et de croissance plus rapide. Dans un inventaire fait au Parc de Mont-Royal (Montréal) en 2003, par exemple, on a retrouvé trois fois plus de jeunes érables de Norvège que d’érables à sucre. À cette vitesse, il serait déjà l’arbre dominant dans ce parc d’ici 30 ans… mais heureusement, les responsables du Parc ont lancé un programme pour essayer de limiter les dégâts, voire éventuellement éliminer l’érable de Norvège du parc.

La consigne

Donc, pour protéger nos forêts, la consigne des écologistes nord-américains est d’éviter de planter l’érable de Norvège. Et celui qui en aurait déjà sur son terrain devrait sérieusement songer à le remplacer par un arbre moins agressif.

Il serait bien si les pépinières de nos régions lançaient la balle en arrêtant la production et la vente d’érables de Norvège, mais, pour l’instant, elles ne se sont montrées nullement intéressées à collaborer: vendre des érables à Norvège est trop payant, il faut croire. Il faudrait sans doute une loi qui bannisse la vente de l’érable de Norvège, comme aux États-Unis, pour les forcer à arrêter, mais… disons que l’écologie est rarement une priorité pour les différents niveaux de gouvernement au Canada depuis quelques années!

Est-ce qu’une maladie peut sauver nos forêts !

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Tache goudronneuse sur un érable de Norvège. L’érable à sucre est rarement touché par cette maladie.

Heureusement (!), il y a maintenant un incitatif qui pourrait éventuellement pousser les consommateurs à éviter la plantation de l’érable de Norvège, même sans loi l’interdisant. Depuis 2000, cet arbre est infesté par un champignon, la tache goudronneuse de l’érable (Rhytisma acerinum), une maladie qui laisse de grosses taches noires sur son feuillage et diminue ainsi son effet ornemental. Aucun traitement efficace pour cette maladie n’est connu autre qu’enlever l’arbre atteint (voir Rien à faire pour la tache goudronneuse). À date, cette infestation n’a pas encore semblé affecter les habitudes des consommateurs, qui plantent toujours autant d’érables de Norvège, mais éventuellement on peut espérer qu’ils comprennent que l’érable de Norvège a perdu son principal attrait ornemental et cessent de le planter.

Comment distinguer entre l’érable à sucre et l’érable de Norvège