Acclimatation hâtive des semis

Par défaut

Quand les journées du printemps commencent à être relativement chaudes (plus de 12 °C pour la plupart des semis, 18 °C et plus pour les semis frileux, comme les Solanacées [tomates, piments, aubergines, etc.] et les Cucurbitacées [melons, concombres, courges, etc.], ainsi que certaines annuelles, comme les bégonias, les impatiens et les agérates), les jardiniers de climat tempéré peuvent commencer à acclimater aux conditions de plein air les annuelles et les légumes qu’ils ont semés dans la maison. Si tôt dans la saison, il est fort probable que vous ayez encore à les rentrer la nuit ou du moins les placer temporairement à l’abri dans un garage ou cabanon. 

Cette exposition graduelle à la fraîcheur et au soleil donnera des plants plus compacts et, éventuellement, plus productifs.

Commencez par acclimater les semis dans un emplacement ombragé, puis, après 2 ou 3 jours d’ombre, à la mi-ombre. Encore après 2 ou 3 jours, ils sont prêts à goûter au plein soleil. 

On peut aussi utiliser une serre pour acclimater les plants, les fermant la nuit pour garder leur chaleur. Photo: notjustgreenfingers.wordpress.com

Si l’on annonce des journées moins chaudes que 12 °C (18 °C pour les semis tendres), mettez temporairement fin à votre expérience d’acclimatation et remettez-les à leur emplacement intérieur. Vous recommencerez quelques journées plus tard, quand la température se réchauffera encore.

Évidemment, ne plantez pas vos semis en pleine terre que lorsqu’il n’y a plus de risque de gel, ce qui suit généralement les premières belles journées du printemps de plusieurs semaines.

Publicités

Petit glossaire du semeur néophyte

Par défaut

20180420A ENG www.barnesandnoble.com, pngimg.com & journalofantiques.com .jpg

Le langage des catalogues horticoles peut porter à confusion! Source: http://www.barnesandnoble.com, pngimg.com & journalofantiques.com, montage: jardinierparesseux.com

Le printemps est la saison des semis: c’est le temps de semer vos légumes, fleurs et fines herbes dans la maison ou, un peu plus tard, dans le jardin. Les jardineries regorgent d’étalages de sachets de semences de toutes sortes et il y a un plus gros choix encore quand on commande par catalogue, que ce soit par la poste ou sur Internet. Mais… comment comprendre le vocabulaire quelque peu obscur qu’on emploie au verso des sachets et dans les catalogues imprimés et virtuels? Pour bien des néophytes, c’est du chinois! Voici donc quelques termes que vous risquez de rencontrer et leur définition.

Acclimatation: action d’habituer de jeunes plants semés à l’intérieur aux conditions extérieures, une étape vitale de la production de semis. Habituellement, on place les semis deux ou trois jours à l’ombre, puis deux ou trois jours à la mi-ombre et deux ou trois jours au soleil avant de les repiquer à leur emplacement permanent.

20180420G FR Twinkl.jpg

Les annuelles vivent rapidement, puis le cycle recommence. Illustration: Twinkl

Annuelle: une plante qui complète son cycle de vie, de la germination à la production de graines, en un an, et qui meurt par la suite. Ex. : cosmos, œillet d’Inde, gazanie.

Annuelle rustique: une annuelle qui peut tolérer le froid et même un peu de gel et qu’on peut donc semer en pleine terre tôt dans la saison, voire à l’automne dans certains cas. Ex. : coquelicot, épinard, tournesol.

Annuelle semi-rustique: annuelle qui tolère les températures fraîches, mais pas le gel. Dans les régions froides, on les sème habituellement à l’intérieur pour gagner du temps sur la saison. Dans les régions au climat doux, on les sème en pleine terre comme s’il s’agissait d’annuelles rustiques. Ex. : cosmos, persil, pétunia.

Annuelle tendre: annuelle qui ne tolère pas le froid, ni même les sols frais. On les sème toujours à l’intérieur et on les repique seulement quand le sol et l’air sont réchauffés. Ex. : basilic, bégonia, ricin.

Bisannuelle: une plante qui complète son cycle de vie sur deux ans, produisant habituellement une rosette de feuilles la première année et des fleurs et des semences la deuxième. Elle meurt après la production des semences. Ex. : digitale, persil.

Vivace: une plante herbacée (sans bois) qui vit plus de deux ans et qui fleurit plus d’une fois. Elle ne meurt pas après la floraison.

Autofertile: se dit d’une plante dont les fleurs peuvent s’autoféconder, c’est-à-dire dont son propre pollen peut assurer la production de graines. La majorité des plantes sont autofertiles.

Autostérile: se dit d’une plante qui doit être pollinisée par une autre variété pour produire des graines. La majorité des fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, etc.) sont autostériles ou partiellement autostériles. Il faut donc toujours cultiver aux moins deux cultivars de la même espèce pour s’assurer d’avoir des fruits.

Biologique: les semences biologiques ont été prélevées sur des plantes n’ayant pas été traitées avec des pesticides ou des engrais de synthèse (c’est-à-dire chimiques). Le producteur a uniquement utilisé des engrais et des pesticides biologiques, c’est-à-dire dérivés de sources naturelles.

20180420B utahpests.usu.edu.jpg

Feuille souffrant d’une carence en fer. Ce type de carence s’appelle une chlorose. Source: utahpests.usu.edu

Carence: manque d’une substance vitale dans le sol (phosphore, potasse, azote, zinc, bore, fer, etc.) se manifestant par divers symptômes, notamment une décoloration de la feuille ou une croissance ralentie ou anormale. Un traitement avec un engrais complet (contenant tous les oligo-éléments, comme un engrais à base d’algues) permet habituellement de venir à bout d’une carence. La chlorose, soit le jaunissement du feuillage généralement causé par un manque de fer, est un exemple de carence.

20180420C www.canolacouncil.or.jpg

Ce semis porte deux cotylédons. Source: http://www.canolacouncil.or

Cotylédon: la première feuille d’un semis, généralement simple et souvent d’apparence très différente des feuilles matures. La plupart des semis ont deux cotylédons, mais il existe des semis à un cotylédon, à multiples cotylédons et sans cotylédon.

Coureuse: se dit d’une courge aux longues tiges rampantes qui demandent beaucoup d’espace dans le jardin, comme une citrouille. C’est l’état naturel pour une courge.
Non-coureuse: se dit d’une courge qui ne produit qu’une courte tige et qui forme alors une rosette, prenant moins d’espace dans le jardin. La courgette (zucchini) est la courge non coureuse la plus connue.
Cultivar: variété obtenue et multipliée par l’humain, qui n’existe pas dans la nature. Son nom est indiqué par des guillemets simples (‘ ‘). Le nom vient de «variété cultivée». Ex. : dans le cas du Cosmos bipinnatus ‘Sonata White’, ‘Sonata White’ est le nom de cultivar.
Date du dernier gel: date utilisée pour calculer quand faire les semis. Sur le sachet ou dans le catalogue, on suggère de faire les semis X semaines avant la date du dernier gel (6 semaines, 8 semaines, etc.). Il suffit alors de compter à rebours. Dans la région de Québec, par exemple, beaucoup de jardiniers utilisent le 10 juin comme date du dernier gel.
Déterminé: se dit d’un plant de tomate (et parfois d’autres végétaux) dont chaque branche se termine en une grappe de fleurs, ce qui limite sa croissance. Les tomates déterminées sont de taille réduite et n’ont pas toujours besoin de tuteur. Leur défaut est de produire toutes leurs tomates en peu de temps.
Indéterminé: se dit d’un plant de tomate (et parfois d’autres végétaux) dont les fleurs apparaissent à l’aisselle des rameaux et non pas à l’extrémité, ce qui fait que ses tiges croissent en hauteur. Il faut donc un tuteur solide ou une grosse cage à tomates. La production de fruits est beaucoup plus importante et la récolte, bien que souvent un peu retardée, s’échelonne sur toute la saison.

Dioïque: se dit d’une plante dont les fleurs mâles et femelles sont portées sur des plants différents. L’asperge est une plante dioïque.

20180420D www.missouribotanicalgarden.org.jpg

Fleurs monoïques (feuilles de courge): la fleur mâle est à gauche, la femelle, à droite. Source: http://www.missouribotanicalgarden.org

Monoïque: se dit d’une plante qui produit des fleurs mâles et femelles séparées, mais sur la même plante. Souvent, la fleur femelle se reconnaît facilement, car elle porte à sa base un ovaire qui est petit, mais exactement de la forme du fruit à venir. Les courges, les melons et les concombres sont monoïques.

Parfaite (ou hermaphrodite): se dit d’une fleur ayant des organes mâles et femelles, donc un stigmate et des étamines. C’est la situation la plus courante dans la nature.

Enrobé: se dit de graines enveloppées d’un produit (habituellement de l’argile) qui en facilite l’ensemencement.

Multienrobage: un enrobage qui inclut plusieurs graines et qui est utilisé pour les plantes qui paraissent mieux lorsqu’elles poussent en touffe.

20180420E amazon.com.jpg

Godets de tourbe. Source: amazon.com

Godet de tourbe: aussi appelé pot de tourbe. Contenant fait de tourbe, de coir ou d’autres produits organiques pressés, utilisé pour les semis qui ne tolèrent normalement pas le repiquage. On repique le godet en pleine terre, sans l’enlever ou le défaire, donc le semis n’est pas affecté par la transplantation. Les racines du plant peuvent par la suite percer le godet et continuer une croissance normale.

Éclaircir: supprimer une partie des semis ou des fruits dans le but de permettre aux autres de mieux se développer. On le fait habituellement en les coupant à la base.

Exige de la lumière pour germer: se dit d’une semence qui ne germe qu’en présence de lumière, soit du soleil ou d’un éclairage artificiel. Il faut la semer à la surface du sol, sans la recouvrir de terreau, et placer son pot dans un emplacement bien éclairé pour stimuler la germination.

Hybride: plante résultant du croisement de deux races, espèces ou genres. Les hybrides F1 sont les plus courants et sont le résultat d’une première génération de croisement (F1 veut dire «filial 1»). Habituellement, les hybrides F1 sont plus performants que les plantes non hybrides, mais coûtent plus cher, car il faut les polliniser manuellement en serre. Les hybrides F2, moins courants, sont de la deuxième génération (filiale 2) et sont meilleur marché, car produits par pollinisation naturelle, mais ne sont pas aussi fiables et performants que les F1. Les hybrides ne sont pas des OGM.

Ne pas couvrir: se dit d’une semence qu’il ne faut pas couvrir de terreau lors du semis, généralement parce qu’elle est soit très fine ou encore, qu’elle exige de la lumière pour germer ou les deux.

Nom botanique: on utilise aussi les termes nom latin, nom scientifique et nom binomial. Il consiste en deux mots, le premier étant le genre (nom partagé avec des plantes apparentées, un peu comme un nom de famille chez l’humain) et le deuxième, le nom spécifique, qui détermine la plante avec précision. Par exemple, Solanum tuberosum est le nom botanique de la pomme de terre et Solanum melongena, celui de l’aubergine. Toutes deux partagent un même nom de genre, Solanum, étant très apparentées, mais le nom spécifique permet de les distinguer. Le nom botanique s’écrit normalement en italique, quand cela est possible, sinon on le souligne.

OGM: organisme génétiquement modifié. Se dit d’une plante dans laquelle un humain est venu insérer du matériel génétique d’une autre plante, ou même d’un animal, sans passer par la «voie normale», soit la pollinisation. Il y a, par exemple, du maïs contenant des gènes de Bt, une bactérie, et des lignées de colza et de soya auxquelles on a inséré des gènes les rendant résistantes aux herbicides. Actuellement, aucune semence OGM n’est disponible aux jardiniers amateurs.

Pinçage: suppression du bourgeon terminal (bourgeon à l’extrémité d’une tige). Le pinçage stimule la ramification, donnant un plant plus compact et souvent plus attrayant, mais retarde un peu le début de la floraison.

Repiquage: transplantation d’un végétal, et surtout d’un semis, en pleine terre.

Scarification: action de couper, percer ou limer la graine avant le semis ou encore, de la faire tremper pendant plusieurs heures dans de l’eau tiède. Cela aide à activer la germination des graines à enveloppe très dure (ipomées, hibiscus, etc.).

20180420F www.sulphurmills.com.jpg

Semences traitées. On les teint pour éviter toute confusion avec les semences non traitées. Source: http://www.sulphurmills.com

Semence traitée: graines ayant subi un traitement avec un fongicide pour prévenir la pourriture dans les sols froids ou détrempés. Ce traitement n’est pas considéré comme acceptable aux yeux des jardiniers biologiques.

Semence non traitée: graines n’ayant pas été traitées au fongicide et donc acceptables en jardinage biologique.

À semer en pleine terre: terme appliqué aux semences à croissance rapide qu’on n’a pas besoin de semer à l’intérieur. Ex.: haricot, œillet d’Inde, maïs.

Stratification froide: voir Traitement au froid.

Traitement au froid (stratification froide, vernalisation): pratique appliquée chez les graines qui doivent passer par une période de froid avant de germer. Habituellement, on les sème en pot et les place au réfrigérateur pendant plusieurs semaines avant de les exposer à la chaleur. Ou encore, on les sème à l’extérieur à l’automne pour une germination au printemps.

Variété du patrimoine ou patrimoniale: variété ancienne. Certaines autorités considèrent une plante ayant été introduite il y a 50 ans ou plus comme étant une variété du patrimoine, d’autres préfèrent la définition «avant les années 40». Ex.: tomate ‘Brandywine’, maïs ‘Golden Bantam’, etc.

Vernalisation: voir Traitement au froid.20180420A ENG www.barnesandnoble.com, pngimg.com & journalofantiques.com

Comment acclimater vos plantes aux conditions d’extérieur

Par défaut

20170512A Tomwsulcer, WC.JPG

Il ne faut pas sortir les semis trop rapidement: une période d’acclimatation est nécessaire. Photo: Tomwsulcer, Wikimedia Commons

Vous avez fait des semis ou des boutures dans la maison ou vous avez des plantes d’intérieur à sortir pour l’été. Il est important de toujours les acclimater aux conditions d’extérieur avant de les placer dehors pour la saison.

Pourquoi?

Les plantes élevées à l’intérieur ont vécu sous des conditions très stables. La température ne varie pas beaucoup, il n’y a pas de vent ou si peu, pas de pluies fortes et les rayons ultraviolets du soleil sont réduits (ils traversent peu la vitre et ne sont pas dégagés par les lampes fluorescentes ou DEL qu’on utilise pour éclairer nos plantes). C’est donc tout un choc pour la plante de se trouver subitement à l’extérieur où les conditions sont si changeantes et le soleil si intense.

Une plante placée trop rapidement à l’extérieur, surtout si elle est plantée au plein soleil, souffrira de feuilles endommagées ou asséchées (on dit qu’elles ont «brûlées»), ses tiges peuvent plier ou casser et elle peut même mourir.

L’acclimatation

20170512B.jpg

On peut acclimater les plantes sous des meubles de jardin, sous des arbres ou à différents endroits.

Le but de l’acclimatation est d’«endurcir» la plante qui doit sortir. En l’exposant graduellement aux rayons ultraviolets plus intenses, au vent, à la pluie, aux changements de température, etc., elle s’y adaptera, produisant une cuticule plus épaisse sur ces feuilles, solidifiant ses tiges avec plus de lignine, stimulant son système à tolérer des températures changeantes, etc.

L’acclimatation se fait habituellement 7 à 10 jours avant la sortie proposée. Donc souvent avant la date du dernier gel. S’il faut plus froid que la normale à cette période, il peut être sage de retarder l’acclimatation… et aussi la plantation au jardin.

Idéalement, il fera au moins 15°C le jour de la sortie. Placez alors la plante à l’ombre et à l’abri du vent. Si la température doit être inférieure à 10°C la nuit, rentrez la plante le soir. Sinon, elle peut rester à l’extérieur. Répétez pendant 2 ou 3 jours.

Maintenant, trouvez un emplacement à la mi-ombre, donc, qui reçoit du soleil direct, notamment le matin, mais de l’ombre pour le reste de la journée. Et plus de vent. Normalement, la température se sera réchauffée un peu depuis le début de l’acclimatation (ainsi va le printemps, on gagne un peu de chaleur presque tous les jours). Encore, placez-y la plante et, si possible, laissez-la en place la nuit aussi. Et ce, encore pendant 2 ou 3 jours.

La dernière étape est de placer la plante au soleil pendant 2 ou 3 jours, la laissant à l’extérieur jour et nuit si possible. (Évidemment, si la plante doit passer son été à l’ombre ou la mi-ombre, cette dernière étape n’est pas nécessaire).

Quand tout va bien, la plante sera alors prête à affronter la vie en plein air, peu importe où vous la placez ou la plantez.

Acclimatation en serre

20170512C.jpg

Les semis et boutures qu’on «finit» en mini-serre sont déjà partiellement acclimatés.

Si vous placez vos semis ou boutures dans une serre ou une couche froide uniquement chauffée par le soleil, cela aide aussi à acclimater vos plantes aux conditions extérieures, notamment aux nuits fraîches, et plus de rayons ultraviolets y passent aussi. Aussi, quand la température s’y prête, vous pouvez également laisser une porte ou un panneau grand ouvert le jour (et même la nuit) pour que les plants commencent à subir les températures proches de celles de l’extérieur et que plus de rayons ultraviolets les touchent. Il est quand même sage de les acclimater peu à peu à la force des rayons ultraviolets du soleil en les plaçant à l’extérieur dans un endroit protégé du plein soleil pendant 2 ou 3 jours avant de les mettre en terre.

Les contretemps

Évidemment, tout ne va pas toujours comme prévu. Si l’on annonce du gel, ou même des températures proches du gel, annulez temporairement l’expérience et rentrez les plantes à l’intérieur. Même des températures de 5°C, surtout si elles perdurent, peuvent pousser la plante à ralentir tellement sa croissance que cela retardera considérablement sa reprise.

S’il faut que vos plantes passent plus de 48 heures à l’abri, il faudrait considérer que les effets de l’acclimatation jusqu’alors ont été annulés et donc, qu’il faille recommencer.

Généralement, cependant, l’acclimatation va bien et vous aurez très rapidement des plantes solides prêtes à affronter un été en plein air.20170512B