Ne laissez pas votre lilas devenir si gros que vous ne pourrez
plus en profiter! Retirez annuellement la branche
la plus ancienne pour maintenir la floraison à portée de main.
Par Larry Hodgson
La saison de floraison des lilas est l’une de mes préférées. Le parfum capiteux de leurs fleurs me rappelle nos visites chez ma grand-tante Sarah quand j’étais petit. Elle avait deux lilas en façade de sa maison. Et ils ont une si longue espérance de vie que, si la maison tient toujours debout, je parie que ses lilas y sont toujours.
Mon père a toujours taillé les lilas de sa tante après la fin de la floraison, donc à la fin du printemps.
Non pas qu’il supprimait les fleurs fanées. Ça prend beaucoup de temps et ne donne vraiment rien au lilas commun (Syringa vulgaris), autre que de retirer ses capsules de graines. Les mêmes capsules de graines qui nourrissent les oiseaux sauvages l’hiver.
De plus, c’est dangereux! Monter sur un escabeau pour supprimer les fleurs mortes vous expose inutilement aux blessures. Car on dira que les lilas font toujours exprès pour placer quelques panicules de fleurs fanées juste hors de portée. Alors on s’étire pour les atteindre … et c’est à votre conjoint d’appeler l’ambulance.
Mettez de côté cette vieille croyance. Car ce n’est pas à la tête qu’il faut tailler un lilas, mais au pied.
Pour en savoir plus sur les raisons pour lesquelles supprimer les fleurs fanées des lilas est en grande partie une perte de temps, lisez Mythe horticole: supprimer les fleurs fanées des lilas améliore la floraison.
Lilas remontants
Cet article porte sur le lilas commun. La taille des nouveaux lilas hybrides remontants, comme Josée ou les différents Bloomerangs, est très différente. Pour ces lilas, oui, il faut supprimer les fleurs fanées pour stimuler la floraison suivante.
La taille de mon père
Mon père n’a jamais perdu de temps à supprimer des fleurs mortes. Au lieu de cela, il pratiquait toujours une taille d’entretien. Chaque année, il coupait une branche… ou deux, si l’arbuste était très vigoureux. Toujours la plus haute . . . et la plus ancienne. C’était pour laisser la place aux plus jeunes. Et tant qu’à faire, il supprimait toute branche morte ou endommagée qu’il rencontrait.
L’idée derrière la taille d’entretien annuelle est de maintenir l’arbuste à une hauteur raisonnable tout en encourageant les jeunes repousses saines qui seront un jour les branches les plus florifères.
La plupart des lilas communs atteindront 6 à 7 m de hauteur s’ils ne sont jamais taillés. C’est l’équivalent d’une maison de 2 étages! Et cela fait en sorte que leurs fleurs si délicieusement parfumées sont bien au-dessus de votre tête. Vous pouvez à peine les voir, encore moins les sentir.
Le concept est donc de rabattre annuellement l’une des branches les plus anciennes et les plus hautes. Une branche qui est, de toute façon, hors de portée pour le cueilleur ou l’admirateur de fleurs. À ce stade de sa vie, habituellement elle fleurit peu… ou encore, prend régulièrement congé de la floraison. Et elle jette de l’ombre aux branches inférieures, diminuant leur floraison aussi. Ainsi, la supprimer donnera une nouvelle vie à l’ensemble de l’arbuste. De plus, quand la branche atteint plus de 2,5 cm de diamètre, elle devient sujette à la sésie du lilas (Podosesia syringae), spécifique au lilas commun. Cet insecte vide la branche et réduit encore davantage la floraison.
Le lilas répond à cette taille sévère en produisant une ou plusieurs nouvelles branches vigoureuses à partir de la base. Mais la nouvelle branche ne fleurira pas l’année suivante, ni même la deuxième année. Habituellement, une branche de lilas commun* ne commence à fleurir qu’à la quatrième année. Parfois à 3 ans, et parfois plus tard, à 5 ans. Mais 4 ans, c’est la situation habituelle.
*Cette taille de maintien s’applique spécifiquement au lilas commun (Syringa vulgaris). La plupart des autres lilas, comme le lilas de Preston (S. x prestoniae), ont peu besoin de taille.
Faites-la chaque année sur un lilas commun jusqu’alors un peu négligé**. En 5 ans, vous aurez réduit sa taille de moitié, voire plus, son port sera plus dense et il sera plus florifère. Et cette taille annuelle le maintiendra à une taille raisonnable. Environ 1,8 à 3 m, selon le cultivar… certains lilas étant plus vigoureux que d’autres.
**Si un lilas a été complètement négligé depuis fort longtemps, enlevez 2 ou 3 branches par an pendant les 3 ou 4 premières années. Juste pour bien démarrer la réduction et la reprise!
Taille sérieuse
Jusqu’où devez-vous couper ces grosses branches vieillissantes? Le plus près du sol possible. Peut-être à 15 à 30 cm. Vous aurez besoin d’une scie d’élagage. Peut-être même d’une petite tronçonneuse, car le bois de lilas est dur. Et pendant que vous y êtes, vous pouvez également supprimer quelques drageons. Les lilas communs en produisent beaucoup trop! Notez que la suppression des drageons peut se faire en toute saison.
Rappelez-vous que les branches qui repousseront n’atteindront probablement pas la taille nécessaire pour fleurir avant 4 ans. Ainsi, il peut prendre 4 ou 5 ans pour mettre un lilas un peu négligé au pas.
Quand faire une taille d’entretien?
Théoriquement, le moment idéal pour rabattre une vieille branche dans le but de stimuler la repousse serait au début du printemps, avant la floraison de la plante. Mais . . . qui veut tailler un lilas en boutons sur le point de fleurir? Ainsi, la plupart des jardiniers adaptent cela et taillent à la place juste après la floraison. Soit dans les 2 à 3 semaines. Cela donnera quand même à la branche de remplacement le temps de grandir et de s’aoûter afin qu’elle soit prête à poursuivre sa croissance au cours de la deuxième année.
Une taille d’entretien paresseux du lilas commun en un mot:
- Une fois par an;
- Dans les 3 semaines suivant la fin de la floraison précédente;
- Coupez la branche la plus haute (la plus ancienne) presque jusqu’au sol;
- S’il y a des branches mortes ou abîmées, supprimez-les aussi;
- Retournez dans votre hamac et prenez une sieste bien méritée.
Le temps de passer le sécateur
J’ai toujours taillé mes lilas selon la méthode de papa. Depuis près de 50 ans maintenant. Mais cette année, j’ai fait un changement majeur.
Car ce n’est plus moi qui fais le travail; c’est ma belle-fille, Mélissa Turcotte. Oui, ma santé ne me le permet plus. Ainsi, c’est à elle que reviendra la tâche de s’occuper des lilas de sa maman. C’est une femme bien capable, habituée à un travail physique et qui n’a pas peur d’une tronçonneuse… et surtout pas de ma petite version électrique! Elle viendra désormais chaque année après que les lilas auront cessé de fleurir et rabattra, comme il se doit, la branche la plus haute de chacun.
Et sa maman, Marie, adore ses lilas. J’ai planté les lilas pour elle. Elle en récolte chaque printemps d’énormes bouquets, les plaçant partout dans la maison. Surtout le magnifique lilas double ‘Krasavitsa Moskvy’, avec des boutons roses s’ouvrant sur des fleurs en forme de rose de couleur rose pâle à blanc. C’est le plus parfumé des lilas communs et Marie l’adore!
Pour en savoir davantage sur les lilas, lisez 2022: l’année du lilas.
Illustration au début de l’article: Creazilla.com, kissclipart.com,
clipart-library.com, montage: jardinierparesseux.com

