Les plantes envahissantes peuvent vite devenir un véritable casse-tête dans votre jardin. Souvent des plantes à rhizomes traçants qui se multiplient et envahissent tout sur leur passage. Dans cet article, Larry Hodgson vous aide à comprendre pourquoi ces plantes prennent le dessus et vous offre des solutions simples pour les maîtriser. Publié pour la première fois le 12 septembre 2015, ce guide figure parmi les articles les plus consultés, se classant au 18e rang.
Cette année, nous célébrons le 10e anniversaire du blogue du Jardinier paresseux, et pour l’occasion, nous avons compilé un palmarès des 30 articles les plus populaires de tous les temps. Certains incontournables se retrouvent naturellement sur la liste, tandis que d’autres vous surprendront peut-être. Ces choix révèlent ce qui a piqué notre curiosité et attisé nos passions au fil des années.
N.D.L.R.
Les plantes envahissantes
Parfois, on est aux prises avec une plante à rhizomes traçants, soit des tiges souterraines qui produisent d’innombrables drageons (petits plants). Évidemment, chaque drageon produit à son tour d’autres drageons et bientôt vous avez perdu le contrôle.
Souvent, il s’agit d’une plante exotique envahissante officiellement surveillée et contrôlée (renouée du Japon, phragmite, etc.), mais parfois c’est une plante dite ornementale qui s’est avérée une envahisseuse redoutable, comme l’herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria) ou le muguet (Convallaria majalis). Celles-ci sont en effet considérées comme plantes exotiques envahissantes dans de nombreuses régions, bien qu’elles soient souvent présentées comme ornementales et vendues en pépinière. Malheureusement, ce n’est pas le genre de détail qu’on vous mentionne en jardinerie lors de l’achat du plant. Donc, caveat emptor (que l’acheteur soit vigilant)! On peut aussi faire face à de mauvaises herbes indigènes qui se répandent un peu trop à notre goût, comme la prêle des champs (Equisetum arvense) et qu’on n’arrive jamais à complètement éliminer.
L’arrachage ne résout rien!
L’une des pires méthodes pour essayer de contrôler une plante envahissante par rhizome, c’est d’essayer de l’arracher. Malheureusement, cette méthode a davantage tendance à l’étendre, car le moindre morceau de rhizome qui reste dans le sol donnera une nouvelle plante. Ainsi, quand vous arrachez une plante, habituellement vous laissez en terre 3 à 5 sections de rhizomes. Imaginez la prolifération! Sarclez ou passez le motoculteur, c’est pire encore: plus vous sarclez et travaillez le sol, plus vous tranchez les rhizomes et plus vous aurez de drageons!
Arracher et sasser
L’arracher peut toutefois fonctionner si vous prenez la peine de déterrer tout le secteur et de sasser la terre avant de la remettre en place. Ainsi vous arriverez à trouver et à enlever même les très petites sections de rhizome. Mais attention: cela demande beaucoup d’efforts!
Une barrière contre le soleil
Voici une autre façon de voir la situation.
Rappelez-vous que toute plante verte a besoin de lumière pour vivre. Après tout, c’est l’énergie solaire, convertie en sucres et en amidons par la chlorophylle (pigment vert trouvé dans les feuilles) qui donne aux plantes leur énergie. Donc, si vous coupez le soleil…
La méthode la plus facile pour «couper le soleil» est le bâchage: couvrir tout le secteur d’une toile noire épaisse. Pas un géotextile, car il laisse passer un peu de lumière, mais une bâche en plastique, facile à trouver en quincaillerie. La toile doit couvrir plus large que la zone où la plante se trouve, sinon elle aura vite fait expédier ses rhizomes au-delà de la zone d’exclusion. Faites tenir la toile en place pendant toute une saison, du printemps à la fin de l’automne, avec des briques ou des pierres. À la noirceur sous la toile, privée de lumière, la plante va essayer de pousser, mais n’arrivera qu’à produire des tiges pâlottes, blanches, vert pâle ou roses. Même, elle s’épuisera à produire des tiges et des feuilles qui ne font pas de photosynthèse et finira par mourir.
La renouée du Japon, un cas à part
Pour certaines plantes, et notamment la terrible renouée du Japon (Reynoutria japonica syn. Fallopia japonica), appelée la pire mauvaise herbe connue de l’humain par certains spécialistes, une saison de noirceur ne suffit pas: il faut laisser la toile en place pendant deux ans pour vraiment l’épuiser.
Évidemment, la méthode précitée convient bien aux coins où rien d’autre ne pousse, mais si vous l’appliquez à une platebande, vous allez tuer aussi tous les autres végétaux dans le secteur: vivaces, bulbes, arbustes, etc. Est-ce alors possible de sauver les plantes désirables avant de poser la toile?
Oui, si vous les déterrez avec soin pour les replanter ailleurs (ou les empotez en attendant de les replanter dans le jardin une fois qu’il est libre de mauvaises herbes). Mais il faut vous assurez en les déterrant qu’aucun rhizome de la plante envahissante ne se trouve mêlé aux racines de la plante que vous voulez conserver, sinon vous allez étendre le problème.
Coupez la plante pour couper la lumière
Si vous n’êtes pas prêt à sacrifier une platebande à une toile noire pendant un an, vous pouvez toujours, si vous êtes assez assidu, éliminer la mauvaise herbe par une taille sélective. Dès le début de la saison, coupez toute tige de la plante indésirable près du sol. Ainsi, vous éliminez son feuillage et donc sa source d’énergie. Elle va répliquer en produisant de nouvelles pousses. Coupez-les aussi. Et les suivantes. Et les suivantes. Pour certaines plantes, la bataille va durer plusieurs ans!
Il est important de couper les repousses dès que vous les voyez, avant qu’elles aient le temps de faire beaucoup de photosynthèse. Ainsi vous verrez de moins en moins de repousses avec le temps, car l’impossibilité pour la plante de faire une photosynthèse normale commencera à saper son énergie. C’est du travail, mais ça fonctionne.
La méthode de la barrière enfoncée dans le sol
Si vous voulez juste arrêter le progrès de la plante qui se répend agressivement, la contenant dans son secteur et l’empêchant d’aller plus loin, vous pouvez installer une barrière physique dans le sol, barrière que ses rhizomes ne peuvent pas franchir.
Le plus facile est d’installer cette barrière dès la plantation. Exemple: vous adorez la monarde (Monarda didyma), indigène à plusieurs endroits en Amérique du Nord, mais vous savez d’avance qu’elle se répand agressivement. Avant de la planter, installez un gros pot ou seau de plastique dont le fond a été enlevé (nécessaire pour permettre un drainage adéquat) dans le sol et plantez la future envahisseuse à l’intérieur. Pour la plupart des plantes, une barrière d’aussi peu que 30 cm de hauteur suffira, même 15 cm pour certaines plantes plus basses (règle générale, les plantes basses ont des rhizomes à fleur du sol et même une barrière peu profonde va les arrêter).
Attention!
Attention toutefois aux plantes qui produisent des rhizomes en profondeur, comme la Renouée du Japon, il est illusoire de penser contrôler cette plante, dont les rhizomes peuvent plonger à 3 m de profondeur, par une barrière quelconque.
En aucun cas vous ne devriez installer des plantes considérées comme exotiques envahissantes dans votre région ou dans une région limitrophe, car elles risquent de nuire à la biodiversité locale, d’envahir les habitats naturels et de perturber l’équilibre écologique en concurrence avec les espèces indigènes.
Il existe un produit appelé barrière anti-rhizomes ou barrière à bambous, genre de film plastique semi-rigide d’environ 60 cm de hauteur qu’on peut insérer dans le sol tout autour de la plantation.
Lorsque vous envisagez d’utiliser des herbicides pour lutter contre les plantes envahissantes dans votre jardin, il est important de peser les avantages et les risques potentiels. Les herbicides ne doivent être utilisés qu’en dernier recours, seulement si d’autres méthodes n’ont pas donné de résultats. Il est conseillé de faire appel à un professionnel certifié, qui pourra évaluer la situation, choisir l’herbicide approprié et l’appliquer de manière sûre et efficace tout en respectant toutes les réglementations locales et les bonnes pratiques. Vous obtiendrez ainsi le meilleur résultat possible tout en minimisant les dommages causés aux plantes et à la faune de votre jardin.
La méthode la plus paresseuse
Mais il y a encore une technique plus efficace et beaucoup plus paresseuse pour composer avec les mauvaises herbes indigènes: apprenez à les apprécier. La prêle (Equisetum arvense) n’est pas sans charme, avec son beau feuillage mousseux.
Quand vous voyez la plante non pas comme un problème, mais comme une solution, vous aurez réglé le problème sans lever le petit doigt!
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