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Les erreurs à éviter au potager 

Jardin potager typique

An organic vegetable garden in a rural setting

Photo: Malino, depositphotos

Par Laurie Fourniaudou

Quand on commence le jardinage, il peut être très excitant de plonger les mains dans la terre. On se dit que l’on va semer, planter, arroser puis récolter abondamment. Cultiver des légumes semble très simple à première vue. Pourtant, nombre de débutants dans le domaine commettent quelques petites fautes. Qui n’en a jamais faites? Mais pour contourner ces pièges, je tiens à vous partager 8 erreurs à éviter au potager.

1- Commencer un potager sans planification

Le jardinage est une activité ludique, mais qui nécessite une certaine organisation. Vous lancer à l’aventure dans la plantation peut ne pas vous réussir. Et ce serait dommage de devoir attendre la saison d’après pour tout recommencer. 

Pour plus d’informations à ce sujet, n’hésitez pas à découvrir mon guide sur la création d’un potager en 6 étapes.  

Vous devez donc savoir quoi planter et à quel moment. Tous les légumes ne se cultivent pas en même temps. Généralement, les premiers semis débutent en mars/avril et peuvent aller jusqu’à la fin de l’été. D’où l’intérêt de s’intéresser à chaque plante et de connaître la saison (ou les mois) propice à sa culture.

Et pour ce faire, rien de mieux que de créer un calendrier des cultures. Prenez un papier, un stylo et notez quels légumes vous planterez en avril, en mai, en juin, etc. Mais aussi à quelle fréquence! Semer et planter une même plante à intervalles réguliers vous permet d’échelonner les récoltes. 

Vous l’aurez compris: il est essentiel de s’organiser avant de jardiner!

2- Jardiner seulement en fonction du compagnonnage 

Plusieurs aspects du compagnonnage s’avèrent infondés. Photo: Thoughtsofjoyce, depositphotos

Si l’on s’intéresse de près au compagnonnage, on pourrait croire qu’il s’agit d’une méthode indispensable au potager. Elle consiste à associer les plantes entre elles selon leurs compatibilités. Cette technique culturale est d’ailleurs utilisée par de très nombreux jardiniers (qu’ils soient débutants ou fins connaisseurs).

Il existe trois types d’associations:

Toutefois, le compagnonnage repose majoritairement sur des croyances infondées. Il s’agit d’un mythe sans véritables fondements, qui a pourtant la peau dure. 

Exemple d’un tableau de compagnonnage végétal: dès qu’on essaie de combiner plus de 2 légumes, on y perd son latin.

Alors, ne vous focalisez pas exclusivement sur les associations de plantes pour cultiver. Prenez aussi vos distances avec les tableaux de compatibilités. Les bienfaits supposés de ces alliances ne sont souvent pas confirmés scientifiquement.

Pratiquer le jardinage sans compagnonnage n’est donc pas problématique. Si vous n’y connaissez rien, pas de panique: vous pouvez quand même vous lancer dans un potager! Vos légumes n’en seront pas moins succulents tant que vous en prendrez soin.

3- Pratiquer la monoculture

Les monocultures — de vastes surfaces dédiées à une seule culture sur plusieurs années — ne sont pas recommandées. Photo weha,: depositphotos

La monoculture consiste à travailler une seule et même plante sur une parcelle donnée pendant plusieurs années. C’est une méthode que l’on retrouve dans l’agriculture intensive. Alors pourquoi devez-vous l’écarter? 

Ce type de plantation est néfaste pour la terre. Au fil du temps, elle perd de sa qualité initiale. En effet, le légume cultivé demande toujours les mêmes nutriments pour se développer. Le problème, c’est qu’au fil des années, le sol s’appauvrit et ne peut plus fournir ces micro-organismes nécessaires au bon développement de la plante.

En pratiquant la monoculture, vous perdez aussi de l’espace, ce qui est bien dommage.

La solution? Diversifier vos cultures, les planter les unes à côté des autres (en vous référant aux associations potagères), optimiser l’espace, prendre la nature comme modèle, etc. 

4- Ne pas tenir compte des besoins des plantes 

Chaque plante a des besoins et des propriétés. Propriétés qu’il est essentiel de prendre en compte!

Si vous arrosez abondamment une plante qui n’en a pas énormément besoin (comme l’oignon, l’échalote ou l’ail), elle pourrit et meurt, et ceci par manque d’oxygène dans la terre (à cause de l’excès d’eau). Au contraire, si vous n’arrosez pas assez, la plante fane, se dessèche et meurt.

Concernant l’envergure, c’est exactement la même chose. Si certains végétaux prennent beaucoup de place au potager (comme les courges), ne les plantez pas trop près des autres légumes. Au contraire: laissez-leur suffisamment d’espace dans le sol (pour le développement des racines) et au-dessus (en hauteur et en largeur). Cela leur permettra de croître correctement. 

5- Semer et planter trop tôt

Si vous tenez à semer tôt, il serait sage de prévoir une protection contre le gel tardif. Photo: Ozii 45, depositphotos

Avant de pouvoir cultiver des légumes, la terre doit avoir eu le temps de se réchauffer. Et ce n’est pas tout à fait le cas à la fin de l’hiver: le sol est collant et humide. D’ailleurs, vous pouvez tester sa chaleur en enfonçant un doigt dedans. Vous saurez instinctivement si votre terre est prête à être travaillée ou non.

Semer et planter trop tôt signifie que les graines vont mettre beaucoup de temps à germer. Trop de temps. Les conséquences sont multiples: pourrissement, contamination par une maladie, etc.

Alors un conseil: ne vous précipitez pas sur votre potager aux premiers beaux jours de l’année. Soyez patient et laissez passer le temps. En attendant que votre terre soit prête, vous pouvez vérifier à quelle période planter tel ou tel légume. Selon la rusticité des plantes, cela peut commencer en mars. 

Attention! Je vous conseille aussi de rester méfiant à l’égard des gelées printanières tardives. Selon les régions et climats, le froid peut perdurer longtemps. Ou revenir brusquement sur quelques jours, menaçant de détruire vos cultures. C’est pourquoi certains végétaux non rustiques et gourmands en chaleur doivent être cultivés à la fin-mai.

Toutefois, si vous sentez que vous avez l’âme d’un grand jardinier, que vous avez hâte de démarrer, que vous ne pouvez plus attendre… Alors, réalisez des semis à l’abri. Si vous n’avez pas de serre, vous pouvez semer les graines en godets puis les disposer dans une pièce de votre maison. L’opération repiquage en pleine terre aura lieu au printemps!

6- Jardiner sans tenir compte de sa région et de son climat

Ne pas tenir compte des conditions climatiques de sa région est une autre erreur. Il faut choisir des variétés adaptées à son environnement.

Par exemple, vivre en altitude nécessite de cultiver des plantes plus rustiques (choux, carotte, radis noir, poireaux, navet, mâche, etc.). Les tomates, aubergines et concombres se développent beaucoup mieux sous des températures chaudes.

7- Sous-estimer le temps de jardinage

Selon vos objectifs, le jardinage est une activité qui vous prendra plus ou moins de temps. Quoiqu’il en soit, ne le sous-estimez pas!

Cultiver des légumes dans un potager est un travail sur le long terme: semis, plantations, arrosage, entretien, récoltes. Les plantes sont des êtres vivants, il est donc essentiel de s’en occuper régulièrement. Surtout si vous souhaitez obtenir un bon rendement.

8- Ne pas se renseigner sur la nature du sol

Le type de sol influence beaucoup les résultats du potager. Photo: simply, depositphotos

Selon l’endroit où l’on vit, le type de terre (ainsi que sa qualité) diffère. Se renseigner sur la nature du sol est un bon moyen pour savoir comment le travailler. 

Chaque sol a ses spécificités. Il faut profiter des avantages qu’ils nous offrent et pallier leurs inconvénients en leur apportant ce dont ils ont besoin. Prendre soin de sa terre permet aux graines et aux plants de se développer correctement.


Maintenant que vous connaissez ces 8 erreurs à éviter au potager, vous êtes fin prêt à jardiner! Un petit mot à ajouter? N’hésitez pas à le mentionner en commentaire. Et si vous souhaitez en savoir plus sur mon univers, c’est sur mon blogue Le Potager d’Aillou que je vous attends.?

Au sujet de l’auteure

Partie vivre dans les Pyrénées en France, Laurie Fourniaudou accompagne son petit ami dans le développement de son exploitation maraîchère. C’est pour ce projet qu’elle a créé le blogue Le Potager d’Aillou qui traite d’autosuffisance, de culture de fruits et légumes, mais aussi de leur vie aussi simple que naturelle à la montagne.

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