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Comment faire un trou dans une poubelle en 9 étapes faciles

Quand je suis arrivé chez moi samedi dernier, après quelques semaines d’absence, ma terrasse était couverte de feuilles mortes. Loin d’être dérangé par le travail en perspective, j’avais hâte de mettre en œuvre le plan que j’avais concocté. Après tout, ces feuilles sont l’or brun du jardin. En se décomposant, elles deviennent une source de nutriments tout à fait gratuite pour nos végétaux.

Ma terrasse après quelques semaines d’absence à l’automne.

L’année dernière, les feuilles se sont retrouvées dans les sacs pour résidus de jardin, faits d’un épais papier brun. J’ai leur ai tristement envoyé la main lorsque la municipalité les a emporté à leur destination finale. Quelle frustration de ne pas pouvoir les réutiliser dans mes pots et bacs de plantation! En plus, j’ai dû acheter du compost pour remplacer les nutriments qui auraient pu provenir de ces feuilles. SCANDALE!

Enlever les feuilles d’automne… de votre terrasse

Après avoir lu l’article Enlever les feuilles d’automne de votre pelouse, il y a quelque temps, je pensais déjà à l’achat d’une déchiqueteuse. Ou d’un aspirateur-déchiqueteur (ah le rêve!). Je me voyais déjà étendu dans un tas de feuilles fraîchement déchiquetées, respirant le doux arôme boisé des feuilles en décomposition.

Dans ce billet, je vous propose des façons de récupérer les feuilles qui jonchent nos terrains l’automne pour les utiliser comme paillis… à l’aide de tondeuses, de déchiqueteuses, de taille-bordures et même de souffleuses à neige! Je n’ai aucun de ces outils. Il faut comprendre que je n’habite pas en banlieue, mais au deuxième étage d’un immeuble sur le Plateau-Mont-Royal, à Montréal. Bien que ma terrasse de 4 m x 6 m soit énorme pour le quartier, l’achat d’un outil consacré au déchiquetage des feuilles était impensable (ce n’est pas vrai, j’y ai pensé, disons plutôt ‘démesuré’). Même si j’avais assez de feuilles pour que ça en vaille la peine, où est-ce que j’aurais rangé ma déchiqueteuse? Il aurait fallu me débarrasser de mon kit de pêche sur glace pour avoir assez de place dans mon espace de rangement extérieur (cette fois-ci, c’est réellement impensable).

Heureusement, j’avais quelques idées en tête que je vais expérimenter pour votre plus grand bonheur. Mais avant, place au ramassage de feuilles! Je pourrais le faire à l’aide d’un balai ou d’un balai à feuilles. Toutefois, comme je suis paresseux, j’ai préféré utiliser mon aspirateur d’atelier. En plus, il va chercher les feuilles dans tous les petits recoins. Et il ne s’est presque pas bouché!

Pourquoi déchiqueter?

  1. Les feuilles déchiquetées ont des espaces d’air plus petits et occupent donc moins d’espace que les feuilles entières.
  2. Les feuilles hachées font un meilleur paillis, car elles ne s’aplatissent pas pour créer une couche imperméable qui ne «respire» pas bien et ne laisse pas passer l’eau.
  3. Les feuilles déchiquetées ont plus de marges, et les marges offrent aux microbes bénéfiques plus d’espace pour travailler.
  4. Les feuilles hachées ne s’envolent pas aussi facilement. Après un premier arrosage, elles ont tendance à rester là où vous les avez placées.
  5. Les feuilles déchiquetées se compostent plus rapidement et peu de minéraux sont perdus.
  6. Il y a une plus grande circulation d’air et donc moins de risque d’installation d’organismes anaérobies lents. Les organismes aérobies sont préférables pour le compostage domestique.
Peut-on vraiment déchiqueter des feuilles dans un mélangeur? Bien sûr que oui!

Méthode 1: le mélangeur culinaire

D’accord, ça a l’air cinglé! Mais j’avais fait des recherches sur le web (où on ne trouve que de bonnes idées!) et ça semblait fonctionner. J’ai sorti le mélangeur et je lui ai chuchoté à l’oreille ce qui aurait pu être mes derniers mots. Je l’ai rempli de quelques poignées de feuilles mortes et c’est parti!

Première impression : ça fonctionne assez bien. Il faut parfois tasser les feuilles un peu pour que celles du dessus se fassent bien déchiqueter. Et le résultat est presque parfait! Les feuilles se retrouvent en petits morceaux. Seules les queues des feuilles (pétioles) sont moins bien découpées. Deuxième impression: maudit que c’est looooong!

La méthode du mélangeur donne un paillis de feuilles haché très finement.

Méthode 2: le mélangeur à mortier

Lors de mes recherches, j’ai trouvé quelques personnes qui se fabriquent des tiges à bout tranchant qui peuvent être fixées à une perceuse. Un peu trop de travail pour moi, mais j’ai trouvé un mélangeur à mortier qui pouvait faire le même travail sans que j’aie à appendre la soudure. Je l’ai fixé à ma perceuse et inséré dans une chaudière pleine de feuilles.

On peut facilement se trouver un mélangeur à mortier dans une quincaillerie.

La chaudière est presque tout de suite tombée par terre. J’ai essayé de la retenir entre mes jambes. C’était à peine mieux. Et j’ai réussi à m’égratigner la cheville avec le mélangeur : #*$?%$#!

Difficile de retenir une chaudière entre les pieds en utilisant le mélangeur à mortier.

Alors, j’ai mis les feuilles dans un bac à vidanges. Peut-être que son poids le maintiendrait au sol? C’était pire! Le pire dans tout ça, c’est que les feuilles étaient à peine déchiquetées! ÉCHEC TOTAL!

Ce n’est pas plus facile de déchiqueter des feuilles dans une poubelle.

Victoire incontestée du mélangeur culinaire!

Alors j’ai pris mon bac à vidanges plein de feuilles et je me suis mis à déchiqueter. Un… petit… contenant… à… la… fois… Au bout de 10 minutes, j’ai abandonné. Je comprends que le résultat est excellent, mais je me dois d’être un modèle de paresse, non? La dernière chose que je veux faire dans mon jardin, c’est de travailler fort. J’ai une réputation familiale à soutenir, après tout!

Déchiqueter des feuilles dans un mélangeur culinaire produit de bons résultats, mais c’est long!

Finalement, j’ai mis les feuilles directement dans mes bacs de plantation et mes pots, telles quelles, et on n’en parle plus. Il y a plein de micro-organismes, de bactéries, de champignons qui vont faire le travail pour moi de toute façon. Oui, ce sera un peu plus long et moins efficace, mais pendant ce temps je pourrai me prélasser sur ma terrasse avec ma blonde et profiter d’une des dernières belles journées de l’automne.

Déchiquetées ou pas, j’ai rempli mes bacs de plantation de feuilles mortes. Laissez donc la nature faire son œuvre!

Et alors, la poubelle trouée?

J’avais presque oublié la poubelle trouée. En rangeant mes outils dans mon espace de rangement extérieur, j’ai aperçu la tarière à glace que j’utilise pour faire de la pêche en hiver. Avec ses deux lames qui peuvent traverser une épaisse couche de glace, peut-être qu’elle pourrait déchiqueter de toutes petites feuilles délicates? Ça me semblait logique.

ERREUR MONUMENTALE! Ça n’a pas été long qu’il y eût un trou dedans le fond de ma poubelle que ni Élise ni Eugène, malgré leurs interminables efforts, n’auraient réussi à boucher.

La responsable du trou dans mon bac à vidange.

La morale de cette histoire? Tarière qui roule n’amasse pas de feuilles déchiquetées? Ne pas chercher midi dans un mélangeur? À vouloir tout déchiqueter, on finit par tout perdre?

Je dirais plutôt: La perfection n’est pas de ce monde. Cassez-vous pas la tête et faites ça simple!

(Je n’ai pas dit mon dernier mot. Je cherche toujours un moyen de déchiqueter les feuilles sur ma terrasse.)

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