Par Julie Boudreau S’il est un arbre majestueux de la forêt, c’est bien le chêne. On le voit fort, étirant ses branches dans toute sa splendeur, alors que tous les autres luttent, tassés les uns sur les autres pour goûter à une parcelle de lumière. Quand on survole la forêt du regard, on le reconnaît tout de suite. Le chêne est à la fois un fier membre de nos forêts naturelles, mais c’est aussi un arbre très cultivé dans les parcs et dans le domaine résidentiel. Nos chênes indigènes du Québec Au Québec, on compte quatre chênes indigènes, les plus populaires étant le chêne rouge (Q. rubra) et le chêne à gros fruits (Q. macrocarpa). Le chêne rouge colonise de nombreuses forêts qui ont atteint leur pleine maturité et on le retrouve aussi loin au Nord que Mont-Laurier, le Lac-Saint-Jean et la pointe extrême de la Gaspésie. Un peu moins abondant que le chêne rouge, le chêne à gros fruits... Lire la suite >
Chaque automne, quand arrive le gel et que mon marché fermier annonce sa fermeture pour l’hiver, je tombe en dépression légumière. Fini les bons légumes frais et locaux. C’est le retour dans mon assiette du légume pâle et ratatiné de l’épicerie en grande surface. Ma mission: survivre jusqu’au printemps! Bien sûr, je me ravitaille en verdure en faisant pousser des micropousses et des germinations. Je fais même des petits mescluns. Mais il n’y a rien comme une belle plante comestible cultivée sous les vrais rayons du soleil! Ainsi, dès que la neige fond et que réapparaît l’espoir d’un renouveau de verdure, je me précipite au jardin pour voir et attendre… Attendre qu’apparaissent enfin les premières pousses qui formeront mes premières salades fraîches de l’année! J’attends quoi? Parmi les premières verdures comestibles à faire leur apparition se trouve l’oseille (Rumex acetosa). Cette plante vivace commence sa croissance dès que le sol commence à peine à se réchauffer. Chaque matin je sors... Lire la suite >
Par Julie Boudreau Il y a quelques mois de cela, je faisais l’éloge des lilas russes. Et si, selon moi, les plus beaux lilas sont russes, les plus belles clématites, quant à elles, seraient polonaises! Ces clématites fabuleuses sont les créations d’un jésuite de Varsovie, le Frère Stefan Franczak. Hybridées et cultivées dans un climat très proche de celui du Québec, les clématites du Frère Stefan sont intéressantes aussi bien pour la qualité des fleurs, leur abondance, la bonne rusticité des plants et leur très bonne résistance aux maladies. De plus, certaines d’entre elles portent une floraison soutenue de juin à septembre. Quelques mots sur le créateur des plus belles clématites Né en 1917 dans le Centre-Sud de la Pologne, le Frère Stefan, comme on l’appelle couramment, est le 12e d’une famille de 14 enfants. Ayant été élevé sur une ferme, il fait des études en agriculture et devient éventuellement enseignant. En 1948, la vocation religieuse l’appelle. Il prend résidence... Lire la suite >
Par Julie Boudreau Avec ses incroyables grappes de fleurs au parfum de jus de raisin, les glycines (Wisteria spp.) nous hypnotisent par leur beauté. Tout le monde en veut! Même les jardiniers québécois vivant en zone 3 ou 4! C’est que la glycine n’est pas la plante la plus facile à cultiver au nord du 45e parallèle! En effet, les espèces les plus convoitées sont originaires d’Asie (W. floribunda et W. sinensis). Quant aux espèces américaines, plus rustiques, la floraison est moins spectaculaire, ce qui les rend moins désirables (W. frutescens et W. macrostachya). Notez que la plante commercialisée sous le nom de W. macrostachya porte maintenant le nom W. frutescens subsp. macrostachya. Ainsi, la première étape pour obtenir des fleurs est de bien choisir son cultivar au départ. Quand je pense à toutes les conditions gagnantes nécessaires pour profiter de la belle floraison des glycines, je pense à un amalgame des besoins du cosmos, de la vigne à raisin... Lire la suite >
Par Julie Boudreau Je ne connais pas un jardin qui ne soit aux prises avec au moins une plante un peu plus expressive que les autres! Un jour ou l’autre, tout le monde fait l’erreur d’introduire dans son jardin une plante qui s’avère très envahissante et difficile à contrôler. Nous ne parlons pas des plantes qui s’élargissent d’année en année et qu’il est facile de contenir avec un petit coup de pelle ou de truelle. Nous parlons ici de ces plantes qui deviennent hors de contrôle! On les arrache… et elles repoussent. On les empêche d’aller à gauche et les voilà qui apparaissent dans la pelouse. Chez moi, les grandes coupables sont la campanule à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia), la scabieuse luisante (Scabiosa lucida) et une vernonie à fleurs blanches (Vernonia arkansana ‘Alba’), trois variétés qui se ressèment abondamment dans mon jardin. Et malheureusement, les semis issus de la variété blanche de la vernonie donnent des plants à fleurs... Lire la suite >
Par Julie Boudreau C’est formidable de cultiver plein de petites plantes d’intérieur, que l’on dépose sur les tables à café, sur les rebords de fenêtres. Mais ces espaces sont vite remplis! C’est alors que l’on s’intéresse davantage aux plantes plus imposantes, que l’on peut déposer directement sur le plancher. De nouveaux espaces à conquérir! Puis, on découvre les arbres d’appartement. Encore mieux! Du plancher au plafond! Des arbres capables de croître dans les maisons, il n’y en a pas des tonnes. Toutefois, le genre Ficus est très intéressant, car il propose des espèces qui sont assez différentes les unes des autres. On a donc l’embarras du choix. Toutefois, il faut avouer que ce sont à la fois les anges et les démons de nos aspirations horticoles. Soit on excelle dans leur culture, soit ils nous donnent du fil à retordre. Tout de même, on accourt sans cesse à leur pied, envoûtés par ce rêve de cultiver de beaux arbres fournis,... Lire la suite >
Par Julie Boudreau Ah, la biodiversité! C’est le premier mot qu’on lance quand on veut souligner l’urgence d’agir en faveur de l’environnement. Contre les changements climatiques: la biodiversité! Pour contrer les îlots de chaleur: la biodiversité! Pour protéger les insectes pollinisateurs: la biodiversité! Pour assurer la sécurité alimentaire, pour développer de bons projets de gestion différenciée, pour la survie des papillons monarques, pour poser des actions de développement durable: la biodiversité! La biodiversité, dans toute sa complexe simplicité C’est qu’elle a le dos large, cette pauvre biodiversité. Mais en fait, elle a vraiment le dos large! Car la biodiversité est l’union entre la biologie et la diversité. Autrement dit, c’est la définition de tout ce qui est vivant. Sous toutes ses formes. En général, on parle de biodiversité des écosystèmes, de biodiversité des espèces et de biodiversité des gênes. Puis, la biodiversité concerne toutes les interactions entre ces différents niveaux! Même si le mot biodiversité a fait son entrée dans... Lire la suite >
Par Julie Boudreau Soyez rassurés. Je ne me suis pas subitement convertie au monde des finances, du marketing… et de la gestion! La gestion différenciée est on ne peut plus horticole! C’est un terme que l’on entend de plus en plus. De nombreuses municipalités emboîtent le pas et adoptent cette approche. Étant donné que le plus grand défi de la gestion différenciée est la fameuse acceptabilité sociale, je me disais qu’un petit plaidoyer en sa faveur ne pourrait pas nuire. Ce qu’est la gestion différenciée D’abord la gestion différenciée concerne principalement la gestion des espaces verts dans les municipalités. On l’a idéalisée et mise en pratique dans les parcs et les grands espaces publics. Elle cible les terre-pleins, les îlots de végétation et, s’il y en a, les abords des cours d’eau. C’est un concept qui serait nébuleusement apparu dans les années 1990 (je n’ai pas retracé la source), mais que l’on met de plus en plus de l’avant au... Lire la suite >
Avec l’introduction grandissante des plantes provenant de l’extérieur du pays, la question des plantes envahissantes en est devenue une d’actualité. La mondialisation a de ses impacts insoupçonnés! C’est pourquoi ce livre arrivait à point! Publié en 2019 par le biologiste Claude Lavoie, l’ouvrage 50 plantes envahissantes: protéger la nature et l’agriculture est une véritable encyclopédie de la plante coquine et peu docile. C’est un ouvrage que je consulte fréquemment quand je dois aborder le sujet des plantes envahissantes. Il a l’avantage d’être une ressource crédible et complète sur ce sujet. Ce livre est aussi rédigé dans un vocabulaire accessible au grand public! Il devient ainsi une précieuse référence pour tout comité de citoyens impliqués en environnement aux prises avec une plante indésirable. 50 plantes? Tant que cela? Si l’on vous mettait au défi? Combien de plantes envahissantes pourriez-vous nommer? Dans mon cas, je ne pourrais pas en nommer 50! J’ai trouvé ce chiffre astronomique. Pourtant, à chaque page que je... Lire la suite >
Par Julie Boudreau L’univers de la nomenclature latine ne cesse de m’émerveiller… et de me déboussoler! Chaque année, des plantes sont renommées, changent de famille botanique, reviennent à leur nom d’origine! De quoi en perdre son latin, c’est le moins que l’on puisse dire. Même si la découverte scandaleuse que je m’apprête à vous révéler date de 2017, ce n’est que tout récemment que la chose est venue à mes yeux, sous la forme d’un superbe texte en espagnol! Comment je me suis retrouvée devant ce texte demeure également un fascinant mystère! Premier scandale: un changement de nom! C’est que cette plante fabuleuse, la sauge russe a changé de nom latin. Elle, qui se nommait Perovskia atriplicifolia, porte dorénavant le nom de Salvia yangii. C’est quand même bien dommage, car on commençait à peine à être capable de prononcer «Perovskia» sans cafouiller! Tout cela est un bien triste constat, surtout pour George Bentham, le botaniste britannique qui l’avait décrite pour... Lire la suite >