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Un jardin de 7 ans, à quoi ça ressemble?

J’ai fait quelques vidéos sur Facebook au début de l’été pendant qu’on rénovait le jardin (le mot est un peu pompeux: on a changé des boîtes). Quelques semaines plus tard, une personne qui me suit et qui lit mes articles sur le blogue m’a demandé de vous présenter mon jardin, travaux compris. Alors voilà l’article! On ne peut pas dire que je ne vous écoute pas!

Quand on présente un jardin sur les réseaux sociaux, c’est souvent dans toute sa splendeur de première année. Tout est neuf, tout est beau, pas un pissenlit à l’horizon, les jolies roches décoratives et le paillis fraîchement étalé sont encore impeccables. Mais dans les faits, un jardin, c’est vivant. Il est posé dans un environnement qui bouge, qui change, et ça finit inévitablement par se voir. J’avais envie de vous montrer, pour une fois, un jardin moins «Instagram», qui a du vécu, et un bon laisser aller naturel aussi!

Un jardin, ce n’est pas juste des rangs de tomates et de carottes qui poussent (ou pas). C’est aussi une infrastructure qui vieillit, qui se transforme, et qui vous donne des leçons parfois coûteuses. Alors cette semaine, pas de biologie pointue, pas de pucerons, pas de noms latins. Juste moi, mon jardin et sept ans d’essais, d’erreurs, et de bois qui pourrit!

Le début: de la terre, du bois, et de la roche

Il y a sept ans, mon jardin, c’était une seule boîte en bois. On me demande souvent pourquoi une boîte? Pourquoi pas au sol directement? Eh bien, mon terrain est littéralement en roche. C’est comme si j’habitais en haut d’une montagne. Pas des petits cailloux qu’on tasse de côté avec une pelle, non, de vrais rochers, du genre qui ne s’enlève qu’avec une pépine. Impossible donc de cultiver directement en pleine terre: deux tentatives sur trois de planter une pelle se solde par un bon gros cling et rien de plus. La solution, ça a été de construire par-dessus plutôt que de se battre avec la roche.

Mais pourquoi sans fond, alors, si le sol en dessous est si peu coopératif? Parce que ce sol-là, aussi rocailleux soit-il, est vivant, et je ne voulais surtout pas m’en couper. Sans fond, ma boîte reste en communication directe avec tout ce qui grouille dans la terre: les micro-organismes, les champignons, les vers de terre, les insectes et même les prédateurs naturels comme les musaraignes qui s’invitent par en dessous et viennent faire le ménage des nuisibles. Toute cette vie-là circule librement entre le sol et ma terre de jardin, plutôt que de rester coincée dans un bac isolé.

Il y a aussi une question de profondeur. Sans fond, les racines qui en ont besoin peuvent s’enfoncer bien au-delà du pied de terre meuble que j’ai ajouté, pendant que d’autres, comme les carottes, restent bien confortables dans cette couche de surface adaptée à leurs besoins. Et le drainage ne s’en porte que mieux: l’eau s’écoule naturellement vers le sol.

Et le bois?

Il s’est imposé comme le choix logique de l’époque, popularisé par ce qu’on voyait partout sur les réseaux sociaux. Non traité, censé durer, résister à l’hiver. Ça a bien fait la job. Pendant, disons, 5 ans.

Photo d’archive: mon jardin en 2019. Eh oui, ça a tout pris pour planter les poteaux de la clôture!

Sept ans de transformations

Mon sol est vivant, riche en champignons et en insectes décomposeurs, et c’est exactement ce qu’on souhaite pour des plates-bandes en santé. Sauf que cette vie-là ne fait pas de distinction entre la matière organique morte qui traîne au sol et les planches de ma boîte: le bois a fini par se faire décomposer comme n’importe quel autre débris organique.

Depuis deux ans environ, ma boîte avait clairement envie de s’effondrer. On a tenté des réparations de fortune, un clou ici, un bout de bois là, résultat: un look Frankenstein pas très convaincant (vous le voyez bien dans la vidéo du début!).

Il fallait faire quelque chose, mais je n’avais pas envie de remettre du bois et de me retrouver à refaire le même exercice dans cinq ans. Changer le tour d’un jardin déjà établi, c’est plus de travail que d’en monter un nouveau à partir de rien: il faut composer avec la terre et les plants déjà en place, et s’excuser chaque fois qu’on dérange un crapaud ou une couleuvre.

Le conseil que je vous donnerais si vous êtes rendus au même point que moi: faites le changement au printemps ou à l’automne, avant vos plantations. Moi, je n’ai pas eu ce luxe. On a dû tout refaire en mai et juin, en pleine saison, avec des plants déjà en terre. Et comme les boîtes en bois avaient élargi en s’effondrant lentement, j’ai dû redresser le tout. Résultat: j’ai perdu plusieurs betteraves dans l’opération. Mon conjoint m’entendait gémir «mon panais» en sanglotant presque à chaque sacrifice. Ça fait mal, mais ça en valait la peine.

Le virage vers l’acier galvanisé

On voulait d’abord tout fabriquer nous-mêmes: acheter les pièces et les assembler. Puis j’ai découvert qu’il existait des kits tout faits, du genre à monter comme un meuble IKEA. Finalement, plus économique que prévu: pour mes boîtes de 4 pieds sur 8 pieds, on parle d’environ 100$ chacune, un prix comparable, voire inférieur, à ce que ça m’aurait coûté en bois neuf ou en pièces achetées séparément.

Cette année, deux nouvelles boîtes de 4×8 en acier galvanisé ont pris place, et jusqu’ici, je suis vraiment satisfaite. Oui, c’est un peu mou, mais c’est vraiment suffisamment solide pour un jardin si vous n’êtes pas du genre à garrocher vos poches de terre directement sur la boîte. Trois petites broches métalliques traversent le centre pour empêcher l’affaissement à différentes hauteurs.

On a aussi opté pour une hauteur d’un pied et demi, plus haute qu’avant, dans l’espoir de décourager un peu les visiteurs à quatre pattes. Je n’ai jamais eu de problème de marmotte ou de lapin, mais j’ai eu la mauvaise surprise, une fois ou deux, d’un chat qui a décidé de retourner ma terre et mes jeunes pousses de courge. Mettons que j’étais pas trop contente, TSÉ! Tu as beau être un prédateur, mon bac de courges, c’est pas ton terrain de jeu!

Est-ce que je pense que je vais réussir à convaincre les dindes et les chats du voisinage avec un pied et demi de hauteur? Je me dis que c’est moins invitant, mais bon… Moi si je vois un gros champignon comestible, je vais faire des prouesses acrobatiques pour m’y rendre alors… on verra!

Précision

Je précise ici que le métal galvanisé, c’est mon choix à moi, pas LA solution universelle. Quelqu’un m’a déjà montré son jardin en pierre, avec de grosses briques, et honnêtement, c’était magnifique et le look était plus naturel. Si j’ai mis cette option de côté, c’est parce que je ne voulais pas perdre de largeur utile avec des briques épaisses, et j’avais peur que ma terre s’échappe par les fissures entre les blocs avec l’arrosage. Ça reste une excellente option pour d’autres jardiniers, simplement pas celle qui répondait à mes contraintes.

Le reste du chantier: à venir!

Comme la boîte originale faisait 20 pieds de long, il me manque encore une petite boîte de 4×4 à mettre, mais deux boîtes en une saison, c’était déjà un contrat pas mal costaud. On est deux adultes qui travaillent à temps plein toute la semaine: les week-ends, il ne faut se surcharger non plus si on veut garder le goût de jardiner! Cette section-là (avec le plus magnifique des tuteurs home-made) attendra l’an prochain.

La partie amusante de l’histoire, c’est qu’avec les années, mon jardin a évidemment grossi. J’ai triplé la superficie de la boîte originale. Les deux autres sont moins vieilles (et faites avec du bois de clôture qui n’avait rien coûté: on apprend!) et donc moins finies, mais elles sont quand même en bois! Elles y passeront aussi éventuellement. À deux boîtes par année, c’est un changement lent, mais satisfaisant et pas trop brûlant non plus.

Un jardin, c’est un travail de longue haleine, mais c’est aussi un loisir.

Une boîte en clôture: attention, t’es la prochaine!

La clôture: un petit mot rapide

Vous avez peut-être remarqué le changement de clôture sur les photos. Un tout petit mot là-dessus: au début, c’était de la broche à poule à mailles fines, tenue avec du fil de fer sur des poteaux. Ça fonctionnait, jusqu’à ce que le fil rouille, et casse aux endroits des attaches (en une saison!), un vrai enfer à réparer. Après deux ou trois ans, on est passés à des troncs d’arbres coupés dans ma forêt à côté, avec la même broche découpée, brochée en plus petits segments pour moins prendre au vent. Même topo: la rouille a fini par s’installer et lâcher aux endroits des broches, alors cette année, on a ajouté des planches de bois en arrière pour bien fixer le tout.

Le but premier de cette clôture, c’est de tenir les cerfs et autres gros animaux à distance, même si je sais qu’un cerf motivé peut sauter 2 mètres de haut sans problème. Ça n’a jamais été un vrai enjeu jusqu’ici, sans doute parce qu’il y a une forêt et des champs juste à côté pour les nourrir. En vérité, cette clôture n’est que déposée au sol et n’arrête pas les musaraignes, les crapauds ou les couleuvres, tous des visiteurs bienvenus au jardin de toute façon. J’imagine que c’est une barrière qui joue surtout un rôle psychologique, autant pour les animaux que pour ma propre tranquillité d’esprit. N’empêche, aucune marmotte, aucun lapin ne s’est donné la peine de creuser par dessous pour passer, aucune dinde, aussi effrontée soit-elle, ne s’est risquée non plus. Peut-être parce qu’on leur dit très clairement que «si j’te pogne, j’te mange» quand on les voit rôder!

Sept ans plus tard

Voilà, c’est mon jardin dans toute son authenticité: pas de plan parfait respecté religieusement, plutôt une suite d’ajustements, de réparations de fortune et de solutions peu coûteuses qui tiennent la route… jusqu’à ce que la nature en décide autrement! Et je pense que c’est ça, la vraie vie de jardinier: on apprend en faisant, on répare ce qui casse, et on avance une saison à la fois.

Et vous, votre jardin a-t-il beaucoup changé au fil des années? Je suis curieuse de savoir quelles solutions vous avez trouvées pour vos propres défis de terrain. Dites-le-moi en commentaires!


  1. Claudine Arsenault

    Bonjour, j’ai adoré l’article car je me suis vue avec les 4 immenses planches de 4 x 32 faites avec beaucoup de sueur par mon conjoint… défraîchies, pourries et déboîtées en si peu de temps… je vais assurément regarder l’option acier galvanisé pour le remplacement!!! Mais ici aussi, ce sera un changement graduel?
    Bonne saison!

  2. Merci Audrey, ma boîte est rendue à un tournant de sa vie où il faudra faire les changements nécessaire !! Bon jardinage!

  3. Ah je me suis vue dans votre jardin mais je suis seulement en ville, alors c’est différent. Au début, jardin tout le long de ma clôture en bois, encadré par de vieilles planches, ensuite vieilles tablettes de bibliothèques, planchers flottant en surplus et finalement je garde le bois d’une vieille galerie que je fais tenir avec des équerres. Et cela depuis 25 ans! Pas très esthétique mais cela me convient. Toujours hâte de vous lire.

  4. J’avais le même problème de pourriture et après des années à réparer et vu le coût du bois ja fini par acheter les mêmes bacs que vous cette année je vais faire cela sur 2 ans et suis très satisfait du résultat même si j’ai du les ajuster contrainte d’espace et tret et très facile à installer

  5. Comment vous faites pour nettoyer dans votre jardin il n y a pas d espace entre les plans disons une rangée libre au centre .Toujours apprécié vos bons conseils .Merci