Récolter les légumes au bon moment et de la bonne façon (partie 2)
En ce milieu d’été, pendant que je passe encore trop de temps devant mon ordinateur, je vous imagine en vacances au bord de l’eau, sur une terrasse en train de prendre une bière avec des amis ou encore à l’ombre du parasol à lire un bon livre. Mon tour viendra…
Mais le milieu de l’été, c’est aussi la période où les récoltes battent leur plein. Alors, ne manquez pas de jeter un œil du côté du potager ou encore de donner des consignes au gardien de la maison si vous êtes à l’extérieur. Ça serait dommage de gaspiller tout le temps et l’argent que vous avez investi. Encore faut-il savoir récolter les légumes au bon moment et de la bonne façon.
Dans ce deuxième article d’une série de trois – découvrez la partie 1 ici, je vous présente les particularités de récolte de: l’aubergine, la betterave, le brocoli, le chou-fleur, le concombre, la courge d’été, le piment et le poivron. Et bien sûr, la reine du potager… la tomate.
L’aubergine
L’aubergine est une plante de chaleur. Elle performe davantage lors d’étés chauds et ensoleillés. Si, d’une année à l’autre, vous arrivez difficilement à produire des aubergines, c’est sans doute parce que vous demeurez dans une région trop froide. Pour contourner le problème, cultivez l’aubergine en pots ou en bacs. Dans ces conditions, les plants seront davantage exposés à la chaleur.
La récolte de l’aubergine débute à partir du moment où les fruits ont atteint leur couleur attendue selon le cultivar, soit le plus souvent pourpre. Ils sont luisants et bien dodus et leur peau est fine. Si vous faites une légère pression de la chair avec le doigt, votre empreinte devrait demeurer imprimée avant de reprendre lentement sa forme. Ne tardez pas, autrement, la peau de l’aubergine deviendra terne, sa saveur sera plus amère et elle comportera de nombreuses graines.
On effectue la récolte de l’aubergine en coupant son pédoncule à l’aide d’un sécateur ou d’un couteau.
La betterave
La betterave est un de mes légumes préférés. J’aime consommer la betterave, non seulement à l’état frais, mais également tout au long de l’année. De fait, il existe plusieurs stratégies pour conserver la betterave à long terme… mais ça, c’est une autre histoire.
J’apprécie la saveur à la fois terreuse et sucrée de ce légume racine le plus souvent pourpre et de forme sphérique. Mais il existe plusieurs autres variétés. Elles peuvent être rondes, allongées ou mini et se présentent de différentes couleurs, telles que jaunes, blanches ou bicolores. Ces dernières ont l’avantage de moins tacher les doigts lors de la préparation.
La récolte de la betterave débute plus ou moins deux mois après le semis, soit lorsqu’elle atteint le diamètre attendu selon la variété (entre 3 et 10 cm). Il ne faut pas tarder, autrement, les betteraves risquent de devenir fibreuses.
Suite à la récolte, les feuilles doivent être coupées à 5 cm du collet si les betteraves sont destinées à être cuisinées à court terme, ceci pour éviter le «saignement» à la cuisson. Mais pour la conservation à long terme, au réfrigérateur ou en chambre froide, on coupe les feuilles à 2 cm du collet.
Les feuilles de betteraves sont également comestibles. On peut les cuisiner tout comme on le ferait pour les bettes à carde ou les épinards.
Le brocoli
On cultive le brocoli dans le but de récolter son inflorescence, le regroupement de bourgeons floraux, qui a l’allure d’un petit arbre. On peut récolter le brocoli 50 à 80 jours après la transplantation, en coupant l’inflorescence alors que les bourgeons sont encore denses et compacts.
Il faut être vigilant pour ne pas dépasser le stade idéal de récolte, surtout par temps chaud et sec. Autrement, les bourgeons peuvent ouvrir rapidement et se transformer en petites fleurs jaunes.
À la suite de la récolte de l’inflorescence principale, des petits bourgeons secondaires peuvent se former à l’aisselle des feuilles.
Le chou-fleur
Le chou-fleur est cultivé pour son inflorescence blanche (la plupart du temps) ou colorée, dont la saveur est délicate.
Vous rappelez-vous l’épisode du chou-fleur vendu à 8$ en épicerie il y a quelques années? Une bonne motivation pour cultiver vos propres choux-fleurs… à condition d’avoir quelques années d’expérience en jardinage, car ce n’est pas la culture la plus facile à réussir. D’une part, le chou-fleur est vulnérable à plusieurs ravageurs, tout comme ses cousins de la famille des Brassicacées. D’autre part, il ne doit pas manquer d’eau au moment de la formation de l’inflorescence.
On doit récolter le chou-fleur à l’aide d’un couteau lorsque les inflorescences sont bien charnues et compactes.
Le concombre
Êtes-vous du genre «concombre commun», «concombre anglais» ou «concombre miniature»? Mon préféré est le concombre libanais que j’aime croquer tout en jardinant.
Lorsque les conditions idéales de culture sont réunies, les récoltes de concombres peuvent être abondantes… voire exubérantes. Si vous n’arrivez pas à les manger ou à les conserver au fur et à mesure, pensez à faire des heureux en les déposant dans un frigo partage, par exemple. En passant, c’est une bonne habitude à prendre pour toutes les récoltes abondantes.
Les concombres sont à maturité plus ou moins deux mois après le semis ou la transplantation. La récolte se fait en tournant le fruit de façon à casser le pédoncule ou en coupant ce dernier avec un couteau ou un sécateur.
Pour favoriser une production continue des concombres, mieux vaut ne pas tarder à les récolter lorsqu’ils sont à maturité. Lorsque la couleur des concombres commence à tirer vers le jaune, c’est qu’il est déjà tard.
La courge d’été
Les courges d’été dont font partie la courgette (ou zucchini), le pâtisson et la courge à cou tors sont des courges que l’on doit récolter alors qu’elles sont encore immatures. Proche cousin des concombres et des courges d’hiver, les courges d’été, ces Cucurbitacées ont des exigences élevées en matière organique et en eau.
Les courgettes sont prêtes à récolter 45 à 60 jours après le semis ou la transplantation. Elles sont à leur meilleur lorsqu’elles atteignent 15 à 20 cm de long. On effectue la récolte en coupant le pédoncule à l’aide d’un bon couteau.

Il faut effectuer les récoltes régulièrement, ceci pour éviter que les courgettes se transforment en véritables bâtons de baseball. D’une part, elles seront coriaces et beaucoup moins savoureuses. D’autre part, cela entrave la production des prochaines courgettes.

Le piment et le poivron
Si vous aimez «pimenter» votre vie, c’est vers les piments que vous devez vous tourner. Mais si vous aimez une vie plus douce, les poivrons (ou piments doux) seront davantage vos amis.
Les piments sont classés selon leur teneur en capsaïcine. C’est ce qu’on appelle l’échelle de Scoville. Le piment Goria (issu du piment d’Espelette), le piment Jalapeño, le piment Chili, et le piment Habanero sont quelques exemples.
Les piments et les poivrons sont des plantes de chaleur. Dans les deux cas, les récoltes sont au rendez-vous lors d’étés chauds et ensoleillés. Dans les régions plus froides, le fait de les cultiver en pots ou en bac est favorable aux piments et aux poivrons.
Les piments et les poivrons sont à maturité 40 à 70 jours après la transplantation. L’idéal est de les récolter à maturité, soit lorsqu’ils ont pris leur couleur attendue. Mais lorsque les températures froides de l’automne s’installent, mieux vaut les récolter même s’ils sont encore verts.
On peut récolter 4 à 6 poivrons par plant, plus s’il s’agit de mini-poivrons, mais jusqu’à 10 à 20 piments par plant.
Lorsqu’ils sont récoltés alors qu’ils sont encore verts, les poivrons ne poursuivront pas leur maturation à l’intérieur, car il ne s’agit pas de fruits climactériques comme on le verra pour la tomate. Toutefois, lorsque les poivrons présentent des parties rouges au moment de la récolte, la maturation pourra se poursuivre dans la maison. Pour ce faire, vous pourrez les conserver à la température ambiante durant deux ou trois jours, pas plus, sinon ils vont flétrir.

La tomate
Ah la tomate! Je pourrais vous entretenir durant des heures de la reine du potager tellement je voue une passion à ce légume-fruit, tout comme je l’ai prouvé dans un livre de 300 pages, mais je serai brève.
On me demande souvent quelle est ma tomate préférée. À cela, j’ai l’habitude de répondre: «C’est la première tomate que vous récolterez dans votre jardin!». Gorgé de soleil et de chaleur, ce trésor est inestimable. Bien sûr, rien n’égale la saveur d’une tomate cueillie à point sur le plant. Mais, dans un climat comme le nôtre, les conditions climatiques ne favorisent pas toujours les légumes de chaleur, il faut parfois donner un coup de pouce à la nature.
Lorsque l’automne est à nos portes et que les températures nocturnes commencent à descendre sous la barre de 10 °C, voici ce que vous pouvez faire pour stimuler la maturation des tomates au jardin:
- Espacer les arrosages lorsque les fruits ont atteint leur taille attendue.
- Enlever toutes les fleurs.
- Tailler les feuilles malades ou carencées.
- Récolter les fruits qui ont commencé à changer de couleur (qui ont passé du vert au blanc, jaune ou rose).
À partir du moment où les températures nocturnes semblent vouloir descendre sous la barre de 5 °C, on peut prolonger la saison pour deux ou trois nuits en couvrant les plants. Mais si ces températures froides s’installent vraiment, il vaut mieux récolter toutes les tomates. Heureusement, toutes celles qui ont atteint la dimension attendue (pas celles qui sont très petites et poilues) pourront mûrir à l’intérieur, car les tomates sont des fruits climactériques. Les fruits climactériques, sont des fruits dont la maturation peut se poursuivre après la récolte grâce à l’éthylène que les fruits mûrs dégagent naturellement.
Pour stimuler le phénomène, regroupez les tomates récoltées dans un espace clos, soit un sac de papier brun, une boîte en carton, ou plusieurs. Assurez-vous d’y inclure un fruit mûr. Cela peut-être une tomate, mais une pomme ou une banane peuvent aussi faire l’affaire, car ce sont également des fruits climactériques. Placez le tout dans un secteur chaud de la maison, environ 20 à 25 °C. Surveillez le tout quotidiennement et… sortez vos recettes de salades et de sauces tomate.
Pour en savoir plus sur la culture des légumes ou plus spécifiquement sur la tomate, je vous suggère deux bonnes lectures. 😉
À bientôt pour le troisième et dernier article sur la récolte des légumes.
D’ici-là, bonnes récoltes!
Lili




















