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Les conifères: des végétaux 4 saisons

Dans tout aménagement, il faut une certaine structure: on dit que c’est l’ossature du jardin. On peut la créer avec une clôture, une tonnelle ou une pergola, mais aussi avec les végétaux. Et les conifères sont les maîtres du domaine, car, grâce à leurs feuilles qui persistent à l’année, ils sont toujours attrayants, été comme hiver.

Qu’est-ce un conifère?

Par définition, un conifère est un végétal qui produit des cônes: des pommes de pin, comme on les appelle couramment. Ces cônes contiennent les graines de la future génération. Certains ont de gros cônes (certains pins produisent des cônes pouvant aller jusqu’à 60 cm de longueur!) bien visibles (pins, épinettes, sapins), d’autres de petits cônes moins remarquables (thuyas, pruches) et d’autres encore ont des cônes qui ressemblent davantage à des fruits, car leurs écailles sont soudées ensemble et prennent de jolies couleurs (genévriers, ifs).

Des pommes de pin. Photo: Mehmet

Tous sont des plantes ligneuses (plantes à bois) et forment des arbres ou arbustes. La vaste majorité a des feuilles persistantes, mais certains perdent leurs feuilles l’hiver (les mélèzes, notamment). D’ailleurs, tous les conifères perdent leurs aiguilles, car aucune feuille n’est permanente, mais la majorité perd les vieilles aiguilles (après 1, 2 ou 3 ans, selon l’espèce) peu à peu au cours de l’été et alors le processus est en bonne partie caché par les jeunes feuilles vertes.

Aiguilles

Les feuilles des conifères sont presque toujours très étroites, en forme d’aiguilles, et d’ailleurs on les appelle habituellement par ce nom. Les aiguilles peuvent être longues (pins), intermédiaires (épinettes, sapins) ou courtes (genévriers, pruches). Parfois elles ressemblent davantage à des écailles (thuyas, certains genévriers).

Aiguilles. Photo: Katana

Il existe des conifères d’origine tropicale et subtropicale, mais ils sont plus typiques des forêts nordiques, notamment la forêt boréale, où ils forment la végétation dominante. La majorité est très résistante au froid et il y a donc beaucoup de choix pour le jardinier. On trouve souvent des mutations chez les conifères: des plantes de petite taille ou aux aiguilles de diverses teintes de vert, voire même de bleu ou de jaune lime. Certaines ont des aiguilles panachées (bicolores): vertes et blanches ou jaunes et blanches.

La culture des conifères

Les conifères poussent sous presque toutes les conditions, sauf dans l’extrême nord et dans le sommet des montagnes (au-delà de la limite des arbres) et dans l’eau (il existe bien quelques conifères semi-aquatiques, qui poussent avec les racines immergées, mais aucun ne pousse sous l’eau), mais on peut dire qu’en général ils aiment le plein soleil ou la mi-ombre ainsi qu’un sol bien drainé. Il existe quelques conifères qui tolèrent l’ombre, comme les ifs et les pruches.

La plupart tolèrent parfaitement les sols acides, mais n’exigent pas un sol acide pour réussir. Il existe aussi des conifères tolérant les sols alcalins (certains genévriers, ifs), mais encore, ils n’exigent pas un tel sol. Peu de conifères tolèrent le sel (l’épinette blanche étant l’une des rares exceptions) et il n’est donc pas sage de planter des conifères trop près d’une rue traitée avec des sels de déglaçage. Ne placez pas non plus les conifères où tombe la neige soufflée ou poussée par une déneigeuse.

La taille

La taille des conifères est un peu embêtante, car, contrairement à la plupart des arbres et arbustes à feuilles larges, ils ne repoussent pas du vieux bois. Ainsi, si vous taillez jusqu’à dans la partie brune de la plante (là où les aiguilles sont déjà tombées), la plante ne repoussera plus de cet endroit. Une taille trop poussée peut alors mener à des trous très disgracieux. D’où le conseil de choisir pour votre terrain des conifères adaptés à l’espace disponible, ce qui élimine la nécessité de les tailler.

Les ifs et les pruches, par contre, ont des bourgeons dormants cachés sur le vieux bois et peuvent donc récupérer très joliment même d’une taille sévère. Ces deux espèces sont donc les seules qui font de bonnes haies. Le thuya (cèdre) est encore plus couramment utilisé comme haie, mais son incapacité de régénérer du vieux bois en fait un très pauvre sujet pour une haie et la plupart des gens regrettent assez rapidement de l’avoir planté.

La première année de la plantation d’un conifère, il est sage de bien surveiller les arrosages pour éviter que la motte de racines s’assèche. Un bon paillis peut alors être utile. Il peut aussi être utile de le protéger du vent froid le premier hiver en plaçant un écran temporaire (un morceau de géotextile ou de jute tendu entre deux piquets, par exemple) du côté du vent dominant à la fin de l’automne. Évitez d’emballer les conifères comme des momies: cela tend à faire brûler les aiguilles. Si l’automne est sec, n’oubliez pas de continuer d’arroser les conifères jusqu’à ce que le sol gèle, sinon leurs aiguilles peuvent s’assécher et «brûler» au cours de l’hiver.

Bien les choisir

Le vrai secret de succès à long terme avec les conifères est de bien les choisir. Trop de jardiniers choisissent de grands conifères pour apprendre, avec le temps, qu’ils n’ont pas assez d’espace au sol pour les recevoir. Après tout, une épinette bleue (Epicea pungens ‘Glauca’) peut atteindre 20 m de hauteur par 8 m de diamètre, assez pour bouffer presque toute la cour de beaucoup de maisons! Sur les terrains modernes, mieux vaut donc se limiter aux conifères nains. Attention: les conifères nains surtout ne sont pas si nains que cela!

La plupart peuvent facilement dépasser 6 m de hauteur (variétés poussant en hauteur) ou 4 m de diamètre (variétés basses) avec le temps. Ainsi on calcule une vie utile d’environ 20 ans pour ces plantes, après quoi on les remplace. Si un de vos conifères commence à déborder sur votre entrée ou à bloquer la vue de la fenêtre, il est temps de penser le remplacer. On se rappelle que, sauf pour les ifs et les pruches, il est inutile d’essayer de rabattre un conifère devenu trop gros.

Photo: Serg Karpow

Les conifères sont les plus appréciés l’hiver, quand leur verdure persistante ravigote le paysage. Plantez-les justement là où une belle apparence hivernale est importante. Et voilà pourquoi la coutume québécoise d’emballer un conifère de jute ou de géotextile l’hiver est totalement incompréhensible: à quoi sert de planter un végétal surtout intéressant pour son apparence hivernale, puis de le cacher de vue l’hiver?

Même en pot

Les conifères nains font aussi d’excellents sujets pour la culture en pot sur la terrasse, le balcon ou le toit. Justement, leur effet hivernal est imbattable! Mais assurez-vous de choisir un cultivar extrarustique (de zone 3 ou moins), car les plantes cultivées en pot souffrent davantage du froid que les mêmes plantes cultivées en pleine terre.

Allez-y! Ajoutez quelques conifères à votre aménagement et vous verrez comme son apparence s’améliorera… en toute saison!


  1. Il avait vraiment une belle façon de regarder un jardin. Wow!