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10 faits fascinants au sujet des pollinisateurs

Du 22 au 28 juin se tient la Semaine des pollinisateurs, une célébration internationale dédiée à ces travailleurs souvent méconnus qui assurent la reproduction de milliers de plantes, y compris plusieurs de celles qui se retrouvent dans nos assiettes. Abeilles, bourdons, papillons, colibris, syrphes et même certaines guêpes jouent un rôle essentiel dans nos jardins et nos écosystèmes. Pour l’occasion, nous avons fouillé les archives du Jardinier paresseux afin de vous présenter 10 faits fascinants sur les pollinisateurs, ainsi que quelques lectures pour aller plus loin.

1. Les abeilles ne sont pas les seuls insectes pollinisateurs

Grand bombyle. Photo: DustyDingo

On pense souvent aux abeilles à miel lorsqu’on parle de pollinisation, mais elles sont loin d’être les seules à visiter les fleurs. On estime qu’il existe environ 860 espèces d’abeilles indigènes au Canada. Plusieurs sont solitaires, la majorité ne produit pas de miel et certaines arborent des couleurs bien différentes du jaune et du noir. Mais les abeilles ne représentent qu’une partie des pollinisateurs. Les bourdons, les syrphes, les bombyles, les guêpes, les papillons, les coléoptères et même certaines fourmis contribuent eux aussi au transport du pollen.

Pour en savoir plus: Encourageons les pollinisateurs et pas seulement les abeilles domestiques d’Edith Smeesters.

2. Certaines abeilles sont plus efficaces que l’abeille domestique

Les bourdons sont plus efficaces sur le plan individuel que l’abeille domestique. Photo: Sami Aksu

On pense souvent que l’abeille domestique est la championne incontestée de la pollinisation. Pourtant, plusieurs abeilles sauvages et bourdons sont plus efficaces sur le plan individuel. En produisant des vibrations lors du butinage, un phénomène appelé «pollinisation vibratile», ils arrivent à libérer davantage de pollen de certaines fleurs. Des cultures comme la tomate et le bleuet dépendent particulièrement de cette technique, que l’abeille domestique maîtrise peu ou pas du tout.

Pour en savoir plus: Abeilles sauvages à la rescousse de Cassandre Sévigny-Lapointe.

3. Les bourdons peuvent polliniser même lorsqu’il fait froid

Photo: ben gunn

Contrairement à plusieurs autres insectes, les bourdons peuvent être actifs par temps frais, nuageux et venteux. Grâce à leur corps trapu recouvert de poils et à leur capacité à produire de la chaleur en faisant vibrer leurs muscles, ils sont souvent parmi les premiers pollinisateurs à visiter les fleurs au printemps. Ils pratiquent également la pollinisation vibratile, une technique particulièrement efficace pour certaines plantes comme les tomates, les bleuets et les canneberges.

Pour en savoir plus: Qui est ce gros poilu dans mes fleurs? d’Audrey Martel.

4. Les papillons de nuit travaillent pendant que nous dormons

Grand paon de nuit. Photo: Entomolo

Lorsque les abeilles, les syrphes et les papillons de jour cessent leurs activités pour la nuit, les papillons nocturnes prennent le relais. Longtemps négligés par les scientifiques, ils sont aujourd’hui reconnus comme d’importants pollinisateurs. Une étude britannique a même montré qu’ils transportent souvent plus de pollen que les papillons de jour et sur de plus grandes distances. Plus de 35 % des individus étudiés portaient du pollen, provenant parfois de plantes que l’on ne soupçonnait même pas d’être visitées par les papillons de nuit.

Pour en savoir plus: Papillons de nuit: les pollinisateurs oubliés de Larry Hodgson.

5. Sauver les monarques demande plus qu’une seule plante

Photo: Karen F

On entend souvent dire qu’il faut planter des asclépiades pour aider les monarques. C’est vrai, puisque leurs chenilles ne peuvent se nourrir que de cette plante. Mais les papillons adultes ont aussi besoin d’une grande diversité de fleurs nectarifères. Lors de leur migration automnale, certains monarques parcourent jusqu’à 4 800 km entre le Québec et les montagnes du Mexique. Pour réussir un tel voyage, ils dépendent d’un véritable corridor de fleurs riches en nectar tout au long de leur route.

Pour en savoir plus: Il faut plus que des asclépiades pour sauver les monarques de Larry Hodgson.

6. Les colibris ne préfèrent pas vraiment les fleurs rouges

Photo: Chris F

On entend souvent dire que les colibris sont attirés par les fleurs rouges. En réalité, ils recherchent surtout les fleurs riches en nectar dont la corolle est suffisamment profonde pour décourager plusieurs autres pollinisateurs. La couleur rouge est simplement un avantage: les abeilles la perçoivent mal, ce qui laisse davantage de nectar disponible pour les colibris. Grâce à leur long bec et à leur langue spécialisée, ces petits oiseaux transportent du pollen d’une fleur à l’autre tout en se nourrissant.

Pour en savoir plus: Un oiseau-mouche au jardin de Robert Morin.

7. Sans guêpes, il n’y aurait peut-être pas de vin

Photo: Cesar Vargas

Les guêpes ont mauvaise réputation, mais elles rendent de précieux services au jardin. En plus de capturer de grandes quantités de pucerons, chenilles et autres insectes nuisibles, elles participent aussi à la pollinisation de nombreuses plantes. Plus surprenant encore, des chercheurs ont découvert que les guêpes sociales transportent sur leur corps les levures nécessaires à la fermentation du raisin. Sans elles, certains vins n’auraient peut-être jamais vu le jour!

Pour en savoir plus: Les guêpes sociales: agressives mais utiles de Larry Hodgson.

8. Un jardin composé d’au moins 70 % de plantes indigènes pourrait aider davantage la faune

Quatre-temps (Cornus canadensis), un magnifique couvre-sol indigène. Photo: D. Gordon E. Robertson

Les plantes indigènes sont souvent les meilleures alliées des pollinisateurs, puisqu’elles ont évolué avec les insectes de nos régions. Une étude menée par Desirée Narango et Douglas Tallamy a même montré qu’un paysage composé d’au moins 70 % de plantes indigènes soutenait davantage d’insectes et permettait à certaines populations d’oiseaux insectivores de mieux se reproduire. Plus d’insectes signifie aussi davantage de nourriture pour les oiseaux… et davantage de pollinisateurs au jardin.

Pour en savoir plus: Visez 70 % de plantes indigènes de Mathieu Hodgson.

9. Certaines mauvaises herbes aident les pollinisateurs

On passe souvent beaucoup de temps à éliminer les mauvaises herbes du jardin. Pourtant, certaines plantes spontanées comme le trèfle ou le pissenlit fournissent du pollen et du nectar à de nombreux pollinisateurs. Elles servent aussi de refuge à des insectes utiles comme les coccinelles, les chrysopes et les syrphes, qui contribuent à contrôler naturellement plusieurs ravageurs. Un jardin parfaitement propre n’est donc pas toujours le plus accueillant pour la biodiversité.

Pour en savoir plus: Paresser au potager, pour plus de biodiversité de Mathieu Hodgson.

10. Les pollinisateurs peuvent trouver des fleurs même au centre-ville

Photo: Sergio

On pourrait croire que les pollinisateurs évitent les centres-villes, mais plusieurs études démontrent le contraire. À New York, des chercheurs ont observé une étonnante diversité d’abeilles et d’autres pollinisateurs dans un jardin aménagé sur le toit d’un immeuble résidentiel situé au 35e étage. Même un simple balcon, quelques pots de fleurs ou un petit jardin urbain peuvent donc contribuer à nourrir les pollinisateurs et à soutenir la biodiversité.

Pour en savoir plus: Attirez les pollinisateurs en ville de Larry Hodgson.


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