Entretenir ses tomates en contenant sans devenir leur esclave
La tomate a parfois la réputation d’être une véritable diva. La reine du potager exigerait, paraît-il, une surveillance constante, des fertilisations constantes, des tailles interminables et un jardinier prêt à devenir son esclave tout l’été.
Pourtant, dans la réalité, la culture des tomates en contenant peut devenir étonnamment simple lorsqu’on comprend bien les besoins de la plante.
Le véritable secret réside surtout dans une bonne préparation: le choix du contenant, la technique de plantation, la température au moment de planter, un terreau vivant enrichi de compost, des engrais biologiques riches en matière organique à dégagement lent et un paillis pour protéger le terreau et les racines des plants.
Honnêtement, lorsque ces bases sont bien mises en place – comme nous l’avons vu dans Planter des tomates en contenant sans se planter – le plus gros du travail est déjà fait. Mais bien entendu, il restera quelques interventions à faire au courant de la saison. Sa Majesté ne s’arrosera pas seule et ne cueillera pas elle-même ses fruits pour les déposer directement dans notre bouche tels des oisillons affamés.
Il existe toutefois certaines particularités propres aux tomates cultivées en contenant dont il faut tenir compte: croissance rapide, conditions parfois extrêmes, lessivage accéléré des nutriments et forte dépendance à l’arrosage, des réalités bien différentes de celles de la pleine terre.
Vos tomates ont donc besoin que vous gardiez un œil sur elles, même si elles sont relativement autonomes… un peu comme des adolescents: capables de fonctionner seuls, mais pas toujours de prendre les meilleures décisions sans supervision!
1. L’arrosage
Les tomates sont exigeantes en eau. Telles Boucle d’or, elles ont besoin d’un arrosage juste comme il faut: ni trop ni trop peu.
Des besoins en eau beaucoup plus élevés en contenant
C’est probablement l’aspect qu’il faut surveiller le plus en culture de tomates en contenant, car sur une terrasse ou un balcon, les conditions peuvent rapidement devenir extrêmes. Dans ces milieux souvent très minéraux et bâtis, les structures emmagasinent les rayons du soleil et créent des microclimats beaucoup plus chauds qu’au jardin. Le béton, les murs, les garde-corps et les surfaces foncées réverbèrent la chaleur, ce qui augmente énormément l’évaporation du terreau.
Plus il fait chaud, plus la plante perd de l’eau par évapotranspiration. Tout comme nous transpirons pour refroidir notre corps, la tomate transpire elle aussi afin de réguler sa température. Toute cette eau doit être absorbée par les racines, traverser les tiges et monter jusqu’aux feuilles.

En hauteur, sur un balcon, le vent est aussi souvent beaucoup plus présent. Ce vent accélère encore davantage les pertes d’eau. Il assèche non seulement le terreau, mais il augmente aussi la transpiration de la plante elle-même en emportant l’humidité qui entoure les feuilles.
Plus un plant de tomate grandit, développe un vaste système racinaire et produit des fruits, plus sa consommation d’eau augmente. En fin d’été, particulièrement chez les grosses variétés indéterminées, un seul plant peut consommer plusieurs litres d’eau par jour lors des périodes chaudes.
Pourquoi les contenants sèchent-ils si vite?
Un contenant possède par définition un volume limité de terreau. Contrairement à la pleine terre, où les racines peuvent aller chercher l’humidité profondément dans le sol, le plant dépend entièrement de la petite réserve d’eau présente dans son pot.
Et certains contenants aggravent encore davantage la situation. Les sacs de culture, par exemple, perdent de l’eau non seulement par la surface, mais aussi par toutes leurs parois.
L’exposition directe des pots au soleil réchauffe également énormément le terreau. Ce réchauffement peut être bénéfique au printemps en accélérant le développement des racines, mais il devient parfois problématique en plein été.
Quand les racines surchauffent
Lorsque le terreau surchauffe, le métabolisme des racines se dérègle. Les racines absorbent alors beaucoup moins efficacement l’eau, les minéraux et les nutriments. Au-dessus d’environ 28 °C dans le terreau, la tomate commence déjà à entrer en mode stress.
Lors des périodes de canicule où les températures dépassent les 30 °C, le terreau des contenants exposés au soleil peut facilement devenir beaucoup plus chaud encore, particulièrement dans les petits pots ou les contenants foncés.
À ce stade, une grande partie du métabolisme de la plante ralentit fortement, voire s’arrête presque complètement. Les racines fonctionnent de moins en moins bien, finissent par manquer d’oxygène et peuvent même commencer à mourir.
Le plant peut alors flétrir malgré un terreau humide, arrêter sa croissance, laisser tomber ses fleurs ou bloquer la maturation de ses fruits.
D’où l’importance d’utiliser un contenant suffisamment gros, de protéger le terreau avec un paillis et, idéalement, d’opter pour des pots de couleur claire ou des contenants moins sensibles à la surchauffe. Plus le contenant est gros, plus il peut stocker d’eau, plus les températures y sont stables et moins les racines subissent de stress.
Une humidité constante: le véritable secret
Avec tous les dangers qui guettent les tomates en contenant, le pire reste sans doute les montagnes russes d’arrosage. Que ce soit à cause d’un oubli, d’un contenant inadéquat, du vent, de la chaleur ou simplement d’une mauvaise technique d’arrosage, c’est surtout l’irrégularité de l’humidité qui devient problématique pour la tomate.
Ces variations constantes entre sécheresse et excès d’eau peuvent entraîner un ralentissement de croissance, l’avortement des fleurs, le fendillement des fruits, une baisse de saveur, des feuilles recroquevillées, une maturation irrégulière ou encore la fameuse pourriture apicale, mieux connue sous le nom de «cul noir».
Pour savoir quand arroser, le meilleur outil reste encore… votre doigt. Enfoncez-le dans le terreau sous le paillis, jusqu’à environ la profondeur d’un doigt. Si le terreau est encore humide, on attend. S’il est sec, il est temps d’arroser.
Bien arroser: lentement et profondément
Il faut faire attention à ne pas seulement arroser la surface. Un arrosage trop rapide humidifie parfois uniquement les premiers centimètres du terreau sans réellement atteindre le fond du contenant ni imbiber toute la motte.
Cela encourage souvent les racines à demeurer en surface, là où se trouve l’eau. Pourtant, le véritable réservoir d’eau du contenant, c’est l’ensemble du terreau. Plus toute la masse du terreau demeure uniformément humide, plus le pot conservera son humidité longtemps et moins les écarts d’humidité seront importants.

De plus, lorsqu’un terreau devient très sec, il peut devenir hydrophobe, c’est-à-dire qu’il repousse l’eau. L’eau d’arrosage traverse alors rapidement le contenant en longeant parfois les parois ou certains canaux sans réellement réhumidifier le terreau.
La meilleure technique pour arroser manuellement consiste à arroser lentement, en plusieurs passages. On donne un premier arrosage léger, on laisse le temps à l’eau de s’infiltrer, puis on revient quelques minutes plus tard pour recommencer. L’objectif est d’éviter d’envoyer une grande quantité d’eau trop rapidement qui ne ferait que ressortir immédiatement par les trous de drainage.
Idéalement, on poursuit jusqu’à ce qu’un peu d’eau commence à sortir doucement sous le pot. Cela indique généralement que toute la masse de terreau a été réhumidifiée et que les racines profondes auront elles aussi accès à l’eau. Avec le temps, les racines se développeront davantage en profondeur et le plant deviendra beaucoup plus résilient face aux périodes chaudes.
Le cul noir: un problème d’eau avant tout
Le cul noir, ou pourriture apicale est causé par un manque de calcium dans les tissus du fruit. On pense souvent, à tort, qu’il suffit d’ajouter du calcium au terreau pour régler le problème, mais cela vient surtout d’une mauvaise compréhension du fonctionnement des plantes.
Le calcium est généralement déjà présent en quantité suffisante dans un bon terreau. Le véritable problème est son transport.
Les minéraux comme le calcium se déplacent dans la plante grâce à l’eau absorbée par les racines. Cette eau remonte ensuite dans les tissus, des racines jusqu’aux feuilles et aux fruits. Lorsque le terreau manque d’humidité – ou au contraire lorsqu’il reste constamment détrempé et que les racines manquent d’air – le transport du calcium vers les fruits ralentit ou cesse.
Les cellules situées à l’extrémité du fruit meurent alors progressivement, causant cette tache noire caractéristique à la base de la tomate.
Les coquilles d’œuf: un mythe tenace
Les œufs – plus particulièrement leurs coquilles – contiennent effectivement du calcium. Il semble donc logique, à première vue, de vouloir les utiliser pour prévenir le cul noir chez les tomates. On entend souvent qu’il suffit d’enterrer un œuf sous le plant au moment de la plantation ou de répandre des coquilles d’œuf à la surface du terreau pour régler le problème.
D’abord, comme nous l’avons vu plus haut, la pourriture apicale n’est généralement pas causée par un manque de calcium dans le terreau, mais plutôt par un problème de transport du calcium à l’intérieur de la plante.

Ensuite, les coquilles d’œuf se décomposent extrêmement lentement. Même réduites en poudre au mélangeur, elles prennent souvent plusieurs années avant que leur calcium devienne réellement disponible pour les plantes. Dans le contexte d’une culture annuelle de tomates, elles n’agissent donc pratiquement pas comme source rapide de calcium.
Enterrer un œuf complet peut même devenir contre-productif. En se décomposant, il peut attirer certains animaux opportunistes comme les rats, les ratons laveurs ou les mouffettes, qui n’hésiteront pas à fouiller vos pots pour tenter de le récupérer.
Finalement, considérant le prix des œufs aujourd’hui, il reviendra souvent moins cher – et beaucoup plus efficace – d’acheter un amendement ou un engrais contenant du calcium si un véritable manque est soupçonné.
Quel est le meilleur moment pour arroser?
Le meilleur moment pour arroser est généralement tôt le matin. À ce moment, le terreau est plus frais et la plante peut refaire ses réserves d’eau avant les grandes chaleurs de la journée.
Arroser en plein soleil lors d’une journée chaude entraîne beaucoup plus de pertes par évaporation. Le soir reste acceptable, particulièrement lors des périodes de canicule, mais un feuillage humide pendant toute la nuit favorise davantage certaines maladies.
Il vaut donc mieux éviter d’arroser le feuillage. On arrose directement le sol, puisque ce sont les racines qui absorbent l’eau.
Le paillis: encore plus important en contenant
Même si vous avez normalement ajouté du paillis lors de la plantation, il n’est jamais trop tard pour en ajouter. En contenant, le paillis devient presque indispensable.
Qu’il s’agisse de feuilles déchiquetées, de paille ou d’un autre paillis organique, il agit un peu comme un couvercle protecteur. Il réduit fortement l’évaporation, protège le terreau des rayons brûlants du soleil, diminue la température du terreau et stabilise l’humidité.
Cette stabilité protège autant les racines que la vie microbienne du terreau contre les variations extrêmes de température et d’humidité.
Le goutte-à-goutte: la méthode ultime du jardinier paresseux
J’ai installé il y a quelques années un système d’arrosage goutte à goutte sur ma terrasse et je ne reviendrais pas en arrière.
Outre le fait qu’on peut y ajouter une minuterie pour arroser automatiquement très tôt le matin – vers 4 h ou 5 h – et assurer un bon arrosage lorsqu’on est absent, c’est probablement la meilleure façon d’arroser des tomates en contenant.
Puisque le débit est très lent, littéralement goutte à goutte, l’eau s’infiltre graduellement dans le terreau. Grâce à la capillarité, l’humidité se répartit beaucoup plus uniformément dans l’ensemble du contenant, ce qui donne un arrosage beaucoup plus profond et stable.
Il faut toutefois surveiller le système de temps à autre afin de s’assurer qu’il n’arrose ni trop ni trop peu. Un terreau constamment détrempé devient pauvre en oxygène et peut entraîner l’asphyxie ou la pourriture des racines.
À l’inverse, un système insuffisant créera les mêmes problèmes qu’un mauvais arrosage manuel.
Le système doit donc être ajusté au fil de la saison. Plus les plants grandissent, développent du feuillage et produisent des fruits, plus leurs besoins en eau augmentent. Il faut parfois augmenter la durée d’arrosage ou le débit plus tard en été.
Et surtout, avant de quitter quelques jours ou quelques semaines, il vaut toujours mieux vérifier soigneusement que tout fonctionne correctement!
2. Température et microclimat
Les tomates cultivées en contenant vivent dans des conditions extrêmes contrairement à celles plantées en pleine terre. Les racines sont confinées dans un volume limité de terreau qui se réchauffe et se refroidit très rapidement. À cela s’ajoute souvent le microclimat particulier des terrasses et balcons urbains, entourés de béton, d’asphalte, de briques ou de structures qui absorbent et accumulent énormément de chaleur durant la journée.
Le vent joue aussi un rôle important. En hauteur, sur un balcon, il peut augmenter fortement l’évaporation du terreau, mais aussi accélérer la transpiration de la plante elle-même en emportant l’humidité qui entoure les feuilles.
On croit souvent que les tomates sont des plantes tropicales adorant les chaleurs extrêmes, mais ce n’est pas tout à fait vrai. À l’état sauvage, leurs ancêtres poussaient souvent dans des régions montagneuses d’Amérique du Sud où les températures demeuraient relativement modérées. Les tomates aiment la chaleur… mais pas les canicules excessives.
Lorsque les températures dépassent environ 30 °C, plusieurs fonctions de la plante commencent à être perturbées. La pollinisation devient moins efficace, les fleurs peuvent avorter et tomber, la croissance ralentit et certains mécanismes métaboliques deviennent beaucoup moins performants.
3. La nutrition
Si vous avez ajouté du compost au terreau lors de la plantation ainsi qu’une dose d’engrais biologique à dégagement lent, il ne sera généralement pas nécessaire de fertiliser constamment durant l’été. Mais je suggère fortement de faire cette préparation dès le départ.
Bien sûr, il est toujours possible d’utiliser un engrais soluble dans l’eau. Cela implique toutefois soit d’arroser régulièrement avec un arrosoir fertilisant, soit d’installer un pulvérisateur d’engrais ou un injecteur sur le boyau d’arrosage afin d’ajouter des fertilisants à intervalles réguliers. Honnêtement, cela représente beaucoup trop de travail pour le jardinier paresseux… et augmente aussi énormément les risques d’oubli.
Je préfère une approche qui ressemble davantage aux processus naturels du sol.
Le compost est rempli de vie microbienne et fongique, en plus de contenir une certaine quantité de nutriments. L’engrais biologique à dégagement lent, lui, sera progressivement transformé par cette biologie du sol en éléments nutritifs assimilables par les racines des plantes.
Autrement dit, ce ne sont pas directement les granules qui nourrissent les tomates, mais bien toute la vie du terreau qui les transforme graduellement au fil des semaines. C’est simple, naturel et cela évite énormément de travail ainsi que plusieurs problèmes liés aux fertilisations excessives.
Une deuxième fertilisation en milieu de saison?
Il est possible qu’une deuxième dose d’engrais soit bénéfique vers le mois d’août, particulièrement dans les climats plus chauds ou avec les variétés indéterminées qui continuent leur croissance jusqu’aux gels.
Le compost et les engrais biologiques à dégagement lent fournissent généralement une nutrition pour environ 10 à 12 semaines. Si vous prévoyez poursuivre la culture encore longtemps en fin d’été, une seconde application légère peut donc devenir utile.
En pleine terre, je ne le ferais généralement pas. Mais la culture en contenant est beaucoup plus sujette au lessivage. Chaque arrosage entraîne une partie des nutriments vers l’extérieur du pot, un phénomène beaucoup moins important au jardin.
Une fertilisation supplémentaire modérée devient alors souvent pertinente pour maintenir la vigueur des plants jusqu’à l’automne.
Attention aux excès d’engrais
Si vous utilisez des engrais solubles dans l’eau, faites attention de ne pas en abuser. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, trop fertiliser ne donne pas nécessairement plus de tomates.
Un excès d’engrais, particulièrement d’azote, peut provoquer une croissance excessive du feuillage au détriment des fruits. Les plants deviennent alors immenses, très verts et vigoureux… mais peu productifs.
Une fertilisation excessive peut aussi fragiliser les tissus, favoriser certaines maladies, provoquer des brûlures racinaires ou entraîner une accumulation de sels minéraux dans le terreau.
Ces sels peuvent même finir par nuire à l’absorption de l’eau par les racines, aggravant alors les problèmes de stress hydrique plutôt que de les régler.
4. Supports, taille et «gourmands»
La tomate n’est pas tout à fait une plante grimpante. C’est plutôt une plante sarmenteuse, c’est-à-dire une plante naturellement rampante qui utilise les structures autour d’elle pour s’appuyer et aller chercher davantage de lumière. Contrairement à une vraie plante grimpante comme le haricot ou la vigne, elle ne possède ni vrilles ni mécanismes lui permettant de s’agripper seule.
En culture, il faut donc généralement attacher les plants de tomates à un support afin d’éviter que les tiges ne s’étalent au sol sous le poids du feuillage et des fruits.
Les fameux «gourmands»
Le terme «gourmand» est d’ailleurs un peu trompeur lorsqu’on parle de tomates. Chez les arbres fruitiers et les arbustes, un gourmand est une pousse très vigoureuse qui apparaît sur le tronc ou les branches et qui produit peu ou pas de fleurs ni de fruits. Il s’agit essentiellement d’une branche énergivore et peu productive.
Chez la tomate, ce qu’on appelle couramment les «gourmands» est en réalité de simples tiges secondaires qui poussent à l’aisselle des feuilles, entre la tige principale et une feuille. Et contrairement aux vrais gourmands des arbres fruitiers, ces tiges sont parfaitement fertiles.
Elles produisent non seulement du feuillage capable de faire de la photosynthèse et donc de générer de l’énergie pour la plante, mais elles produisent également leurs propres fleurs et leurs propres fruits.
Dans les faits, on peut traiter ces tiges exactement comme n’importe quelle autre branche du plant. Une tige secondaire reste une tige productive.
Les tomates déterminées
Les tomates déterminées cessent naturellement leur croissance après avoir atteint une certaine hauteur. Elles prennent généralement une forme plus compacte et buissonnante.
Pour ces variétés, une simple cage à tomates à trois anneaux est souvent suffisante, quoique je trouve personnellement ces modèles un peu fragiles et instables, surtout lorsque les plants deviennent très chargés de fruits.
À mon avis, la taille est rarement nécessaire avec les tomates déterminées. Puisque leur croissance cesse naturellement, la plante a surtout besoin de conserver son feuillage afin de produire l’énergie nécessaire à la maturation des fruits.
Chaque feuille retirée représente une perte de surface photosynthétique et donc une perte potentielle d’énergie.
Les tomates indéterminées
Les tomates indéterminées, elles, continuent leur croissance jusqu’aux gels. Elles peuvent devenir immenses et produire des tiges de plusieurs mètres de longueur au cours d’un seul été. Dans ce contexte, un bon support devient essentiel.
Les petites cages à tomates à trois anneaux qu’on trouve dans la plupart des jardineries sont généralement complètement inadéquates pour ce type de croissance. Elles finissent souvent écrasées ou couchées sous le poids des plants.
Il existe plusieurs façons de soutenir les tomates indéterminées. Certains jardiniers utilisent un simple tuteur auquel ils attachent progressivement les tiges. D’autres utilisent des cordes suspendues verticalement, autour desquelles on enroule le plant au fur et à mesure de sa croissance.
Personnellement, mon système préféré demeure les grandes cages fabriquées à partir de grillage métallique avec des ouvertures d’environ 15 cm x 15 cm. On peut utiliser soit du grillage à clôture robuste, soit des panneaux de treillis d’acier galvanisé servant normalement à renforcer les dalles de béton.
L’idéal est d’obtenir une structure d’au moins 1,8 m de hauteur.
On peut enrouler le grillage pour former un cylindre maintenu par des tiges de métal ou des piquets de bois solidement fixés dans le contenant. On peut aussi fixer un panneau de grillage entre deux poteaux ou contre une autre structure solide.
L’un des grands avantages de ces grosses cages est qu’elles éliminent presque complètement le besoin de tailler les plants.
Lorsque les tiges débordent inévitablement de la structure, il suffit généralement de les repousser doucement à l’intérieur du grillage. Rien de plus. Le plant finit par former une immense colonne végétale remplie de feuillage et de fruits.
Tailler ou ne pas tailler?
Une des principales raisons pour lesquelles on a pris l’habitude de tailler les tomates est que cette pratique devient presque obligatoire lorsqu’on cultive les plants sur une simple ficelle ou un tuteur unique. Comme il n’y a qu’un seul support vertical, on élimine les tiges secondaires qui deviennent difficiles à attacher et à gérer.
Mais cela ne signifie pas nécessairement que cette taille améliore toujours la production globale.
En réalité, un plant fortement taillé produit souvent moins de fruits, mais des fruits un peu plus gros. À l’inverse, un plant moins taillé produit généralement davantage de tomates grâce à la photosynthèse réalisée par son feuillage abondant, même si les fruits sont parfois légèrement plus petits.
Dans un contexte de culture en contenant pour un jardinier amateur, la différence est souvent beaucoup moins importante qu’on pourrait le croire.
Qu’on choisisse de tailler ou non les «gourmands», certaines interventions demeurent tout de même utiles.
Il vaut mieux retirer les tiges cassées, le feuillage malade ou les feuilles qui touchent au sol afin de réduire les risques de maladies. Et lorsqu’on taille, il est important de nettoyer régulièrement son sécateur avec de l’alcool à friction afin d’éviter de propager des pathogènes d’un plant à l’autre.
5. Pollinisation
Les fleurs de tomates sont à la fois autofertiles et hermaphrodites. Hermaphrodites parce que chaque fleur contient à la fois les organes mâles et femelles, et autofertiles parce qu’une fleur peut se féconder elle-même sans avoir besoin d’une autre variété de tomate à proximité.
Cependant, même si la fleur possède tout ce qu’il faut pour se reproduire seule, la pollinisation nécessite tout de même un certain mouvement. Le pollen doit être libéré à l’intérieur de la fleur grâce à des vibrations causées soit par le vent, soit par certains insectes pollinisateurs.
Les bourdons: les grands champions de la tomate
Les bourdons sont particulièrement efficaces pour polliniser les tomates grâce à un phénomène appelé la pollinisation vibratoire.
Lorsqu’un bourdon s’agrippe à une fleur de tomate, il fait vibrer extrêmement rapidement les puissants muscles de ses ailes sans même décoller. Cette vibration agit un peu comme lorsqu’on secoue une salière: elle libère brutalement le pollen emprisonné à l’intérieur du cône d’anthères (ce tube rigide formé par les organes mâles de la fleur), permettant une fécondation très efficace. C’est cette technique qui explique pourquoi les fleurs bien pollinisées produisent généralement des tomates plus régulières, plus rondes et mieux formées.
Comment polliniser ses tomates sur un balcon
Dans certains milieux urbains, particulièrement sur des balcons élevés ou très abrités du vent, les pollinisateurs peuvent être peu nombreux et les fleurs reçoivent moins de vibrations naturelles.
Heureusement, il existe une solution extrêmement simple: secouer les plants.
Lorsque les tomates sont en fleurs, il suffit de secouer légèrement le plant lui-même, les grappes florales ou même simplement la cage ou le tuteur. Cette petite vibration suffit souvent à libérer le pollen et à assurer une bonne fécondation.
Certains jardiniers utilisent même des objets vibrants pour reproduire le travail du bourdon. Et pour les esprits mal tournés, je parle bien ici… d’une brosse à dents électrique!
Le prochain défi: diagnostiquer les problèmes
Avec une bonne préparation, un arrosage stable, un terreau vivant et quelques interventions bien ciblées, la culture des tomates en contenant devient beaucoup plus simple qu’on pourrait le croire. La majorité des problèmes apparaissent surtout lorsque les plants subissent des stress importants: sécheresse, chaleur excessive et météo extrême.
L’objectif du jardinier paresseux n’est pas de multiplier les interventions, mais plutôt de créer un environnement stable où la plante peut fonctionner naturellement presque toute seule.
Mais, malgré tous nos bons soins, il arrive quand même que certains problèmes apparaissent au courant de l’été. Feuilles qui jaunissent, fleurs qui tombent, tomates fendillées, maladies ou ravageurs: le mois prochain, nous verrons comment reconnaître les problèmes les plus fréquents des tomates en contenant, comprendre leurs causes et surtout éviter bien des inquiétudes inutiles.













Concernant la fertilisation des contenants, le fait de ne pas pouvoir profiter de la remontée capillaire qui existe en pleine terre et qui remonte avec elle des éléments nutritifs, régularisant ainsi l’apport en nutriment pour les plantes, c’est pourquoi l’appauvrissement du terreau est inévitable lorsqu’on cultive en contenant.
Formation complète!
Je riais de la longueur du texte mais tout y est!! Lire d’un bout à l’autre j’ai révisé et appris de nouvelles notions
Un gros merci,
La jardinière
Wow article tellement complet .merci
En suivant ces conseils, je crois que j,aurai de très belles tomates et en quantité cette saison.
Merci et bon été
J’apprends la culture des tomates sur le balcon…..et de vous lire me fait progresser, merci
Merci pour vos bons conseils. J’ai appris beaucoup sur la culture de tomates en contenants.
Est-ce qu’on peut se servir d’épines de pin, comme paillis? Pour les tomates ou au jardin?
Merci!