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Les pivoines du Jardin Roger-Van den Hende: un rendez-vous à ne pas manquer!

Imaginez-vous un matin de la fin juin, l’air encore frais, une légère brise portant un parfum envoûtant à plusieurs mètres à la ronde. Devant vous, des plates-bandes qui s’étendent en rangées harmonieuses, couvertes de fleurs somptueuses en blanc nacré, en rose tendre, en rouge profond, en corail lumineux… Bienvenue au Jardin universitaire Roger-Van den Hende, sur le campus de l’Université Laval à Québec, au cœur de l’une des plus belles collections de pivoines au Canada!

Vue générale des plates-bandes de pivoines en fleurs au Jardin Roger-Van den Hende

Un jardin exceptionnel, unique en Amérique du Nord

Ce jardin public présente près de 4 000 espèces et cultivars regroupés par familles botaniques. C’est un véritable laboratoire vivant, à la fois lieu de recherche et d’enseignement, mais aussi oasis de verdure librement accessible à tous les amateurs de plantes.

Son histoire commence avec un homme passionné, Roger Van den Hende, né en Belgique en 1909. Professeur de botanique à la Faculté d’agriculture de l’Université Laval, il a proposé la création, en 1963, d’un jardin pédagogique. Avec un maigre budget, le professeur Van den Hende a entamé la collection de plantes par le biais de semences, de boutures et d’échanges avec d’autres institutions dès 1965. Le projet s’est concrétisé en 1966 sur une ancienne terre agricole. Ouvert au public depuis 1978, le Jardin s’étend sur six hectares et accueille chaque année plus de 50 000 visiteurs.

La collection de pivoines : une histoire d’amour et de générosité

Au cœur du Jardin, les pivoines occupent une place d’honneur toute particulière et leur histoire est des plus touchantes. Les pivoines du Jardin universitaire Roger-Van den Hende sont regroupées en un ensemble de plates-bandes harmonieuses. Cette collection a été enrichie, entre autres, grâce à un don de Mme Yvette Lapointe, membre de la Société québécoise de la pivoine.

Yvette Lapointe, infirmière à la retraite, avait constitué en près de trente ans une collection d’environ 750 cultivars, dont les floraisons s’étendent de la mi-juin au début du mois d’août. Sa propriété de Matane-sur-Mer, en bordure du Saint-Laurent, était devenue au fil des décennies un véritable sanctuaire de la pivoine. Reconnue par ses pairs, madame Lapointe a même eu l’honneur de voir une nouvelle pivoine baptisée de son nom en 2014 — un cultivar développé par l’hybrideur Serge Fafard.

En 2017, 420 pivoines de Mme Lapointe ont été déménagées à l’Université Laval pour être mises en valeur et préservées au cœur du Jardin botanique Roger-Van den Hende. L’objectif prioritaire de cette opération était la survie de cette impressionnante collection, dont certains cultivars, parmi les plus vieux, ont aujourd’hui disparu du marché. Madame Lapointe nous a quittés en 2021, mais son legs extraordinaire continue de s’épanouir chaque juin sous les yeux émerveillés des visiteurs. Quelle belle façon de perpétuer une passion!

Gros plan de pivoines en fleur

Juin : le grand rendez-vous des pivoines

La deuxième moitié de juin est la principale période de floraison des pivoines dans la région de Québec. C’est donc le moment idéal pour apprécier l’ensemble de la collection, des variétés hâtives aux cultivars plus tardifs. Évidemment, la météo de l’année influence beaucoup ce calendrier ; un printemps chaud peut tout avancer d’une bonne semaine!

Trois grands types de pivoines à découvrir

Pour le visiteur qui n’a pas l’habitude des pivoines, il est utile de savoir qu’il existe trois grandes catégories de ces magnifiques plantes — toutes représentées dans la collection du Jardin :

  • Les pivoines herbacées : ce sont les plus connues. Leurs parties aériennes meurent au sol chaque automne et repoussent au printemps sur de nouvelles tiges. Leurs couleurs vont du blanc au rouge en passant par toutes les nuances de rose. Ce sont les pivoines traditionnelles de nos plates-bandes québécoises.
  • Les pivoines arbustives (souvent appelées « pivoines en arbre ») : elles forment des arbustes aux branches ligneuses qui ne meurent pas en hiver. Leurs fleurs peuvent atteindre 25 cm de diamètre — un spectacle assez extraordinaire ! Elles offrent en plus des coloris jaunes et violets qu’on ne trouve pas chez les herbacées.
  • Les pivoines intersectionnelles (ou pivoines Itoh) : ce sont des hybrides issus du croisement entre les deux premières catégories. Elles combinent les énormes fleurs des pivoines arbustives avec les tiges herbacées qui meurent à l’automne. C’est chez ce groupe que l’on trouve les nouvelles variétés aux fleurs jaune soufre, orange ou violet profond qui font le bonheur des collectionneurs.

Une visite à la fin de juin permet d’observer plusieurs cultivars de chaque catégorie en pleine floraison — un véritable cours de botanique appliquée!

Pour plus de détails sur la biologie des pivoines et leur culture, nous recommandons l’excellent article de Larry publié en 2024 sur le blogue du Jardinier Paresseux.

Quelques conseils pratiques pour bien planifier votre visite

Quand y aller? La deuxième moitié de juin est idéale pour les pivoines.

Heures d’ouverture : Le Jardin universitaire est ouvert tous les jours : du lundi au vendredi de 8 h à 20 h, et le samedi et le dimanche de 9 h à 20 h. Les matins en semaine offrent une tranquillité parfaite pour les photographes en herbe!

L’entrée est gratuite. Un don de 2 $ à 5 $ est suggéré afin d’entretenir les lieux. C’est bien peu pour un tel spectacle, et cela contribue directement à l’entretien de cette collection irremplaçable. L’accès est facile pour les personnes à mobilité réduite et les jeunes familles munies de poussettes.

Stationnement : Tous les stationnements, incluant ceux fonctionnant avec les parcomètres, sont gratuits le samedi et le dimanche ainsi que les jours fériés. Pour les visites en semaine, prévoyez quelques dollars ou consultez la réglementation de l’Université Laval.

L’adresse : Le Jardin est situé au 2480, boulevard Hochelaga, Québec (QC) G1V 0A6, tout près de l’autoroute Robert-Bourassa, derrière Place Sainte-Foy. Il est accessible aux autocars.

Un conseil de photographe : Les pivoines sont au meilleur de leur forme en tout début de matinée, avant que la chaleur du jour n’affaisse les têtes les plus lourdes. La lumière rasante des premières heures sublime aussi les couleurs et les textures des pétales. Si vous prévoyez d’utiliser votre téléphone, assurez-vous qu’il soit bien chargé!

Prévoyez une bonne heure et demie sur place, voire deux heures si vous voulez aussi explorer le jardin d’eau, l’herbacetum et la pergola des rhododendrons (un autre joyau du site!).

Gros plan sur une pivoine en contre-jour, lumière matinale

Une visite qui restera longtemps en mémoire

Visiter le Jardin Roger-Van den Hende à la fin de juin, c’est plus qu’une simple promenade dans un jardin botanique. C’est un véritable hommage rendu à plusieurs générations de passionnés — Roger Van den Hende lui-même, Yvette Lapointe, et tous les jardiniers et étudiants qui entretiennent ce patrimoine vivant avec un soin remarquable.

C’est aussi une magnifique occasion d’admirer, dans un cadre paisible et soigneusement aménagé, des plantes qui ont traversé les siècles et qui continuent d’émerveiller. Quoi de mieux pour célébrer l’arrivée de l’été?

Si vous souhaitez nous faire découvrir un (autre) jardin de votre région, n’hésitez pas à le mentionner dans la section « commentaires » ci-dessous. Nos lecteurs de votre région vous en seront très reconnaissants.


  1. Vivement Québec !

  2. Merci de cette merveilleuse visite lecture!
    Il y a aussi les transports publics pour se rendre au Jardin … Métrobus 800 en direction de Pointe-de-Sainte-Foy, par exemple, à partir de la gare Viarail si on décide de prendre le train.

  3. Bonjour merci de cette belle proposition. J’adore les pivoines et je vous recommande fortement « Les Fleurs Maltais » située au Saguenay. Des champs de pivoines en fleurs, c’est le paradis. Il y a un léger frais d’entrée mais déductible à l’achat d’un plan que vous pourrez réserver directement du champ. Ils vous recontacte à l’automne après qu’ils aient sorti le plan de terre pour que vous puissiez le transplanter chez-vous, en plus avec d’excellents conseils. Je n’ai pas l’adresse exacte mais ils sont facilement trouvables sur le net. Bonne journée.

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