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Réponses à vos questions: terreauter et sursemer sa pelouse au printemps

J’aimerais savoir à partir de quand et jusqu’à quand je peux faire du terreautage sur ma pelouse ce printemps. Puis-je combiner cela avec l’ensemencement? Quel est le meilleur terreau à utiliser?

Réponse

En général, on préfère sursemer sa pelouse et faire le terreautage à la fin de l’été, soit de la mi-août à la mi-septembre. À cette période, les températures élevées du sol favorisent la germination des différentes graminées utilisées dans les mélanges à pelouse. Puis, quelques semaines plus tard, lorsque les semences ont germé, les températures de l’air commencent à redescendre, ce qui favorise la croissance du gazon. Les pelouses préfèrent en effet des températures plus fraîches pour produire un beau feuillage, tandis que le sol demeure suffisamment chaud pour stimuler le développement des racines.

Photo: Pexels

Mais parfois, notre pelouse a besoin d’un peu d’amour au printemps, et il existe une courte fenêtre pour réussir un terreautage et un surensemencement à ce moment de l’année.

Comprendre le contenu d’un sac de semences à gazon

Pour bien comprendre quand et comment terreauter et sursemer au printemps, il est important de savoir quelles plantes composent réellement une pelouse. Les mélanges à gazon contiennent généralement trois grands groupes de graminées: les ray-grass, les fétuques et le pâturin du Kentucky. Chacune possède sa propre vitesse de germination ainsi qu’une température idéale de levée. Et attention: ces températures correspondent à la température du sol, pas seulement à celle de l’air. Une fois les semences germées, la température de l’air influence ensuite davantage la croissance des feuilles.

Photo: Getty Images

Le ray-grass vivace: C’est le sprinter du groupe. Il peut commencer à germer lorsque le sol atteint environ 7 à 10 °C et lève souvent en seulement 3 à 7 jours. Il agit un peu comme une plante-nourrice en stabilisant rapidement le sol et en verdissant vite la surface. Par contre, sa longévité et sa résistance aux sécheresses sont plus limitées que celles d’autres graminées.

Les fétuques (Festuca spp.): Plus modérées, elles germent généralement lorsque le sol atteint environ 10 à 15 °C, en 7 à 12 jours. Elles apportent une meilleure tolérance à l’ombre ainsi qu’une bonne résistance au manque d’eau, surtout les fétuques fines.

Le pâturin du Kentucky (Poa pratensis): C’est souvent le pilier structurel de la pelouse grâce à sa densité et à ses rhizomes traçants qui permettent au gazon de se réparer naturellement. Mais il est aussi plus lent et plus exigeant. Bien qu’il commence à s’activer entre 12 et 15 °C, il préfère un sol maintenu autour de 15 à 20 °C et demande souvent 14 à 21 jours de conditions humides constantes avant de germer correctement.

Quand sursemer une pelouse au printemps?

En théorie, certaines graminées peuvent commencer à germer lorsque la température du sol atteint environ 5 °C. Toutefois, on est encore loin des conditions idéales. Les ray-grass lèveront parfois à cette température, mais le sol demeure alors froid et très humide. Les espèces plus lentes, qui nécessitent davantage de chaleur, risquent de pourrir, d’avorter ou de subir des maladies fongiques pendant cette longue période fraîche et détrempée.

Température préférable

Il est donc préférable d’attendre que la température du sol atteigne environ 10 °C, ce qui correspond souvent au moment où les pissenlits commencent à fleurir. À cette période, le sol est généralement mieux ressuyé: il a eu le temps de sécher et de bien se drainer après la fonte des neiges. Il est donc moins sensible au compactage, un problème fréquent lorsqu’on intervient trop tôt au printemps. Et peu après, les températures deviennent suffisamment chaudes pour permettre aussi la germination du pâturin du Kentucky.

Photo: Getty Images

L’une des principales difficultés du surensemencement printanier est l’arrivée rapide des chaleurs estivales. Les graminées à gazon préfèrent des températures fraîches pour leur croissance et, lorsque le mercure dépasse régulièrement 25 °C, l’évaporation de l’eau du sol augmente fortement. Les jeunes pousses, dont le système racinaire est encore peu développé, deviennent alors très sensibles au manque d’eau et aux périodes de sécheresse.

C’est pourquoi, dans la plupart des régions du Québec, les chances de réussite diminuent rapidement après la mi-juin. Le succès du surensemencement devient alors beaucoup plus dépendant de l’arrosage et des conditions météo.

Dans tous les cas, il faut maintenir le sol humide pendant les 2 à 3 semaines suivant le semis, généralement avec de légers arrosages quotidiens. Heureusement, plusieurs municipalités québécoises permettent normalement l’arrosage lors de l’implantation d’une nouvelle pelouse ou après un surensemencement. Toutefois, certaines restrictions peuvent s’appliquer en période de sécheresse importante. Il est donc toujours préférable de vérifier la réglementation municipale en vigueur dans votre secteur.

Bien choisir son mélange de semences

Choisissez votre mélange de semences selon les conditions du terrain. Généralement, les emballages indiquent si le mélange est conçu pour le plein soleil ou pour les endroits recevant moins de lumière. Les mélanges destinés aux zones piétinées contiennent souvent davantage de pâturin du Kentucky, capable de se régénérer grâce à ses rhizomes, tandis que ceux adaptés à la mi-ombre sont plus riches en fétuques fines. Pour les terrains secs ou les pelouses demandant peu d’entretien, les mélanges à base de fétuque élevée et de trèfle blanc sont particulièrement intéressants. Le trèfle aide notamment à nourrir naturellement le gazon en azote.

Le trèfle aide notamment à nourrir naturellement le gazon en azote. Photo: Ahmet Çiftçi

Lors de l’achat, recherchez idéalement des semences contenant des endophytes, des champignons microscopiques bénéfiques qui améliorent la résistance aux insectes et à la sécheresse. Vérifiez aussi l’étiquette: un bon mélange contient très peu de graines de mauvaises herbes et peu de matières inertes. Enfin, méfiez-vous du ray-grass annuel, qui pousse vite, mais meurt souvent après un seul hiver.

Le meilleur terreau?

Bien qu’un terreau ordinaire puisse convenir pour ce type de projet, plusieurs produits vendus en jardinerie contiennent une forte proportion de mousse de tourbe ou, pire encore, de «?terre noire?» (tourbe noire). Or, ces matières servent souvent surtout de remplissage: elles offrent peu de valeur nutritive et ont tendance à se compacter avec le temps.

Idéalement, choisissez plutôt un produit contenant une composante minérale – comme du sable ou de la terre végétale – combinée à une bonne proportion de compost. N’hésitez pas à vérifier la composition sur le sac, à consulter le site du fabricant ou à poser des questions en jardinerie. Le terreau demeure toutefois un plan B.

Selon moi, le meilleur matériau pour le terreautage n’est pas un terreau du tout: c’est le compost. Le compost retient efficacement l’humidité, améliore progressivement la structure du sol et aide les sols argileux à devenir plus drainants et aérés avec le temps. Sa richesse en micro-organismes bénéfiques stimule aussi la vie du sol et accélère la décomposition naturelle du feutre accumulé dans la pelouse.

Ce n’est plus un secret, mon compost préféré est le le Bionik® Compost marin et forestier.

Je préfère évidemment un compost sans tourbe de sphaigne. Et si vous utilisez votre propre compost maison, assurez-vous qu’il soit bien mûr. S’il contient encore beaucoup de fragments de bois grossiers, les micro-organismes risquent de consommer l’azote disponible dans le sol pour poursuivre leur décomposition. Ce phénomène, appelé «?faim d’azote?», peut provoquer un jaunissement temporaire du gazon.

Dans tous les cas, évitez la terre noire issue du drainage de tourbières. Elle est souvent très acide, pauvre en activité biologique, se compacte facilement dans les sols argileux et peut devenir hydrophobe – c’est-à-dire repousser l’eau – lorsqu’elle sèche.

Comment faire?

  1. La tonte basse: Commencez par tondre votre pelouse à environ 4 ou 5 cm de hauteur et, cette fois-ci, ramassez les résidus de tonte. Normalement, il est préférable de les laisser sur place afin de nourrir le sol gratuitement en matière organique, mais lors d’un surensemencement, on veut maximiser la lumière qui atteint les nouvelles semences. Ne gaspillez toutefois pas ces résidus: ajoutez-les au compost ou utilisez-les comme paillis au jardin.
  2. L’ensemencement: Épandez le mélange de semences selon les recommandations du fabricant. Vous pouvez le faire à la volée ou avec un épandeur à semences. Certains centres de jardin prêtent même des épandeurs ou offrent la location, ce qui évite d’avoir à en acheter un pour une seule utilisation.
  3. Le terreautage: Étendez ensuite une mince couche de compost. S’il s’agit d’un compost pur, une épaisseur d’environ 3 mm (1/8 po) suffit généralement. Pour un mélange contenant davantage de tourbe ou de terreau, on peut aller jusqu’à environ 5 mm. Une couche trop épaisse risque d’étouffer le gazon existant et de nuire à la circulation de l’air et de la lumière.
  4. L’incorporation: À l’aide du dos d’un râteau à feuilles (les dents vers le haut), brossez ensuite légèrement la surface afin de faire descendre le compost jusqu’au sol. Les feuilles du gazon déjà en place doivent impérativement demeurer visibles à travers la couche de compost. Les nouvelles semences se retrouveront ainsi prises en sandwich, en contact à la fois avec le sol et avec le compost humide.
  5. L’arrosage: Puis… arrosez! Le secret réside ensuite dans la régularité: les semences doivent rester constamment humides pendant toute la période de germination. Une fine brumisation quotidienne est idéale pour éviter le ruissellement.

Mieux vaut tard que trop chaud

Comme je l’ai mentionné dès le départ, la fin de l’été demeure une période beaucoup plus favorable pour le terreautage et le surensemencement. Si vous manquez de temps pour réaliser les travaux avant l’arrivée des grandes chaleurs, il vaut mieux repousser le projet à la fin de l’été. Dans ce cas-ci, mieux vaut tard que trop chaud!

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  1. Marysol Moran

    Merci pour tous ces conseils! J’ignorais que le meilleur moment pour réensemencer était la fin de l’été. 🙂 Et ça tombe bien car le printemps est très occupé au potager! 🙂

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