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L’ennemi public numéro un: la berce du Caucase

Depuis plusieurs années, la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) revient régulièrement dans l’actualité dès que l’été commence. Chaque saison ou presque, des municipalités publient des avis de vigilance, des citoyens signalent des colonies en bordure de route et les médias rappellent les risques liés à cette plante spectaculaire… et problématique.

En fait, elle a été introduite au Québec dans les années 1980 comme plante ornementale et a depuis pris la clé des champs dans plusieurs régions. Mais même si sa présence n’est pas aussi répandue que certains reportages ont pu le laisser croire ces dernières années, il n’en reste pas moins qu’il ne faut pas tolérer cette plante envahissante. Plus vite on l’éliminera de la carte, mieux ce sera.

La plante est monocarpique: elle ne fleurit qu’une seule fois, puis meurt. Sous de très bonnes conditions, elle peut fleurir dès la troisième année; sous des conditions plus difficiles (sol pauvre ou sec, ombre profonde, etc.), elle peut prendre jusqu’à 8 ans avant de fleurir. Elle pousse sous presque toutes les conditions, des rives humides aux forêts sombres, mais on la trouve plus abondamment dans les fossés et des champs abandonnés près des jardins ornementaux.

D’abord, le reconnaître

La berce du Caucase est une herbe géante, mesurant facilement 2 à 4, même parfois 5 m de hauteur quand elle fleurit. Les années qui précèdent la floraison, elle forme une rosette basse composée de feuilles très découpées, comme des feuilles de rhubarbe profondément encochées. Les feuilles varient en grosseur d’après l’âge de la plante: les premières années, elles peuvent être relativement petites, mais elles grossissent à mesure que la plante mûrit et peuvent atteindre plus d’un mètre de diamètre.

Feuilles. Photo: Annabell Hormann

L’année de la floraison, la plante produit une épaisse tige dressée marbrée de pourpre portant des feuilles latérales qui diminuent en grandeur à mesure que la plante gagne en hauteur. Au sommet de la plante se forment, dès juillet, d’énormes ombelles de petites fleurs blanches. Les ombelles peuvent facilement atteindre 80 cm de diamètre et produire jusqu’à 80 000 graines. Les graines tombent au sol à la fin de l’été et l’automne et hivernent au sol.

Ombrelles. Photo: Katrin Schneider

Il ne faut pas confondre la berce du Caucase (envahissante) avec la berce laineuse (H. maximum, anciennement H. lanatum), une plante indigène non envahissante. Cette dernière est plus petite (rarement plus de 2,5 m de hauteur) et a des tiges et des feuilles duveteuses, non pas lisses comme celles de la berce du Caucase.

La berce laineuse est beaucoup plus petite que la berce du Caucase. Photo: Dlanglois

Plante toxique

La sève de berce du Caucase est phytotoxique: si elle atteint la peau, elle peut provoquer des brûlures et des cloques, mais seulement si la peau est exposée au soleil. En cas de contact accidentel, lavez la partie exposée au savon et évitez le soleil pendant au moins 48 heures. Si la sève atteint l’œil, rincez bien et portez des lunettes de soleil. Si l’exposition semble importante, voyez un médecin.

Photo: Getty Images

Contrôle

Couvrez-vous complètement le corps avec des vêtements aux fibres synthétiques imperméables et portez des gants imperméables à manchon long, des chaussures fermées et une visière de protection. Coupez la plante à environ 20 cm sous le sol avec une bêche tranchante, sectionnant la racine. Placez la plante dans un sac de poubelle. Si la plante repousse, ce qui est possible, recommencez.

Enlevez les vêtements avec soin et lavez-les. Lavez à grande eau tout outil utilisé.

Pour prévenir la germination des graines déjà au sol, recouvrez le sol d’un épais paillis (7 à 15 cm). Il faut maintenir le paillis pendant au moins 5 ans, car il est possible que certaines graines persistent jusqu’à 5 ans.

Si l’infestation est généralisée ou présente sur un terrain public, signalez la présence de la plante à la municipalité concernée ou au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs au 1 800 561-1616.

Si vous croyez avoir été en contact avec la berce du Caucase ou souhaitez obtenir plus d’information sur les mesures à prendre, appelez Info-Santé en composant le 811.


  1. Merci pour cet article
    La règle demeure : ne RIEN rapporter de voyage que ce soit une plante, semences, terre ou sable!!
    Tout doit être en quarantaine et jamais de terre ou sable.

  2. Si la,plante est présente en abondance sous les lignes d’Hydro Québec, la société d’état est-elle tenue de l’enlever?
    Merci

  3. Pour identifier clairement la plante ou les autres
    « Plantnet » une application intéressante gratuite

  4. Les sages conseils donnés dans cet article, valables dans « le nouveau monde » le sont également dans « l’ancien ».

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