Un mois plus tard dans mon jardin…
Par Julie Boudreau
Cette année, j’ai décidé de partir sur la route pendant un mois. Trente jours. J’ai abandonné mon jardin… et mon jardin ne s’est pas rendu compte de mon retour! Il est demeuré magnifique et luxuriant! Mon secret: faire confiance!
Partir en vacances pendant une longue période peut être catastrophique pour un jardin. Les grandes chaleurs et les grandes sécheresses peuvent avoir raison de certaines plantes plus fragiles. La pelouse peut prendre des allures de jungle tropicale. Puis, les arbustes peuvent se mettre à pousser de manière démesurée. Toutefois, dans un jardin fouillis, comme le mien, toutes les angoisses tombent. Car en fait, le jardin fouillis s’autogère.

Oui, c’est difficile à croire, mais c’est bien vrai. À mon retour de ce mois de totale absence, mon jardin a sensiblement l’allure qu’il aurait si j’avais été présente. J’aime dire que c’est parce que mon jardin a atteint son climax, c’est-à-dire son état de pleine maturité.


En mode autogestion des mauvaises herbes
Les plates-bandes sont tellement denses et remplies qu’il n’y a AUCUNE place pour une mauvaise herbe. Si j’avais été présente, j’aurais pris 15 minutes dans tout ce mois pour désherber mon allée de pivoines. Sans moi, c’est à peine si les mauvaises herbes ont poussé!

Il en est de même pour le potager et les autres plates-bandes du jardin. Presque rien! Sachant que je partais longtemps, j’ai rempli tous les espaces vides entre les plants de tomates avec des annuelles et du basilic. Il est vrai que mes plants de basilic ne sont pas aussi joufflus que lorsque je les arrose régulièrement, mais ils sont quand même bien fournis.

Ainsi, cette semaine, j’ai effectué des petites corvées de désherbage assez similaires à ce que je fais habituellement. Pas d’invasion, pas de perte de contrôle.
En absence de soutien…
Là où le jardin a choisi de prendre son propre chemin, c’est dans le domaine de la vivace haute. Toutes petites à mon départ, mes grandes véroniques (Veronicastrum virginicum) ont atteint leurs deux mètres de hauteur… à l’horizontale! J’ai l’habitude de les attacher pour produire de beaux épis dressés qui finissent immanquablement dans mes bouquets.

En mon absence, elles ont grandi vers les côtés et les fleurs se sont ensuite dressées vers le haut. Ça a quand même son charme et si je voulais les redresser, j’aurais un amas hirsute d’épis qui partent dans toutes les directions. Je vais donc les laisser s’exprimer.
Le manque de soutien s’est aussi manifesté chez les plants de tomates! Je les ai quittés alors qu’ils n’avaient que 6 ou 8 feuilles. Des petits plants chétifs! Maintenant ce sont des monstres. Chaque branche que je relève délicatement (très délicatement) pour l’attacher à un tuteur et garnie de fruits prometteurs. Bien sûr, tous les gourmands que les plants pouvaient produire ont pris d’assaut l’espace libre. Mais de toute manière, je ne fais pas partie de l’équipe «Taillez les gourmands».

Et la pelouse…
Il faut noter que je tonds la pelouse un peu plus souvent à l’avant que dans la cour arrière. Ainsi, juste avant de partir, j’ai donné mon premier coup de tondeuse de l’année en façade. Simplement pour m’assurer du bon voisinage. À mon retour, ma pelouse avait à peine poussé et elle ressemble sensiblement à celles d’autres voisins du quartier qui ont «négligé» cette tâche quelque temps! Donc ce n’est pas si mal et je n’aurai pas besoin de sortir la faucheuse ou de faire deux tontes.
C’est ce qui arrive quand on ne fertilise pas sa pelouse et qu’on lui permet d’être une pelouse diversifiée. Ma pelouse ne pousse presque pas!
Dans ma cour arrière, c’est une autre histoire! J’ai manqué de temps et la pelouse était déjà longue quand je suis partie. Les marguerites commençaient à fleurir! Ainsi, j’ai eu droit à un très beau spectacle. Ma cour a maintenant des allures de pré fleuri! Tout un paquet de rudbeckies et de millepertuis s’en est donné à cœur joie! C’est assez joli! En fait, j’ai décidé d’attendre un peu avant de sortir la tondeuse pour savourer encore un peu ce joli décor. Et ça bourdonne! Il y a quelques pollinisateurs qui sont tombés sur un petit paradis en pleine banlieue proprette!
En résumé, je suis assez heureuse de voir que mon jardin s’est autogéré pendant mon absence et qu’il est assez bien conçu pour se débrouiller parfaitement sans moi. C’est ça, la beauté d’un jardin de «paresseuse»: il n’y a tellement rien à faire que même si on est absent un mois… ça ne paraît presque pas! À mon arrivée, une petite tournée rapide m’a permis de dénicher quelques cerises de terre et mes plants de cassis me supplient de procéder à la récolte, car les oiseaux veillent! Il était temps que je reprenne les rênes de ce jardin qui a «tellement» besoin de moi!


Wow, c’est génial. Merci pour les photos de voyage. J’ai remarqué ta molène, elle est en fleur cette année, la mienne aussi. C’est magnifique bon retour, et profite de tes vacances xxx
Merci Julie pour cette expérience. Cette année mon potager »fouillis » m’a aussi enseigné que la paresse circonstancielle est parfois bénéfique pour maintenir un équilibre. Je vais retenir!
Des platebandes qui ont « vécu d’amour et d’eau de pluie »? Comme c’est joli! Et des véroniques que vous « laissez s’exprimer »… Décidément, vous parlez comme parlent les Fées, Julie…. <3 Profitez bien de votre superbe jardin!
La cour arrière est magnifique
Vraiment de toute beauté!! Jardin et texte! Merci du partage, Julie!
Merci Julie pour ce bel article qui confirme qu’un jardin fouillis (comme le mien) se gère par lui-même naturellement et donne des résultats surprenants et de toute beauté!