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Résoudre les problèmes de tomates en contenant sans paniquer

C’est souvent au mois de juillet que la réputation de diva de la tomate se confirme. Jusque-là, tout allait bien. Vous avez planté vos tomates comme indiqué dans Planter des tomates en contenant sans se planter et vous les entretenez selon les conseils présentés dans Entretenir ses tomates en contenant sans devenir leur esclave. Alors pourquoi les problèmes commencent-ils à apparaître? «J’ai pourtant tout fait comme il faut!»

Un matin, vous sortez prendre votre café et vous remarquez des fleurs qui jonchent le sol, des feuilles qui s’enroulent ou des fruits à la forme étrange. Maladies? Insectes? Au secours!

Vous comprenez maintenant pourquoi on surnomme la tomate la reine du potager?

Photo: Silvia Trigo

Pas de panique! Tous les problèmes ne demandent pas une intervention. Certains se règlent facilement, d’autres sont sans conséquence réelle. Le véritable défi consiste à savoir quand agir et quand laisser faire la nature.

Regardons ensemble quelques-uns des ennuis les plus fréquents que vous pourriez rencontrer avec vos tomates en contenant… et ailleurs au jardin aussi!

Pourquoi mes fleurs tombent-elles?

Il arrive parfois que certaines fleurs jaunissent à la base de leur tige, sèchent et tombent sans jamais former de tomates. C’est parfaitement normal. Un plant ne peut pas nourrir toutes les fleurs qu’il produit; il effectue naturellement une sélection en fonction de ses ressources du moment.

Toutefois, en plein été, lorsque des grappes entières avortent, il s’agit généralement d’un signe de stress. En contenant, la tomate est particulièrement exposée aux caprices de son environnement.

Photo: Edvin Gál

La chaleur excessive est la principale cause de chute des fleurs en juillet. Lorsque les températures dépassent environ 30 °C, le pollen devient moins viable, parfois même stérile. Sans fécondation, la fleur finit par tomber.

À l’inverse, des nuits fraîches sous les 12 à 15 °C peuvent aussi nuire à la pollinisation. Le pollen devient alors plus collant et se libère moins facilement.

Les variations brusques d’humidité constituent une autre cause fréquente. Un terreau qui passe de très sec à détrempé à la suite d’un arrosage abondant peut provoquer l’avortement des fleurs déjà ouvertes.

Une humidité atmosphérique élevée peut également compliquer la pollinisation. Sur un balcon peu ventilé ou lorsque les pots sont très rapprochés, le pollen a tendance à s’agglomérer plutôt qu’à se disperser.

Enfin, un excès d’azote favorise la production de tiges et de feuillage au détriment des fruits. Le plant devient alors magnifique à regarder, mais beaucoup moins intéressé à produire des tomates.

Pourquoi mes tomates ne se forment-elles pas?

Parfois, la fleur ne tombe pas. Elle reste accrochée au plant, bien jaune, puis finit par brunir et sécher sur place sans qu’aucun petit fruit vert n’apparaisse à sa base. La fleur était là, mais la magie n’a pas opéré. Le coupable? Une pollinisation insuffisante.

Sur un balcon en hauteur, dans une cour urbaine très enclavée ou à l’intérieur d’une petite serre de terrasse, les pollinisateurs peuvent se faire rares. Si le vent circule mal lui aussi, le pollen reste prisonnier de la fleur.

Contrairement aux courgettes ou aux pommiers, la fleur de tomate est hermaphrodite: elle possède à la fois les organes mâles et femelles et peut s’autoféconder. Toutefois, son pollen est relativement lourd et enfermé dans de petites structures tubulaires. Pour atteindre le pistil, il doit être libéré par une vibration.

Les bourdons sont d’excellents pollinisateurs pour les tomates. Photo: Getty Images.

Dans la nature, ce sont principalement les bourdons qui accomplissent ce travail. En visitant les fleurs, ils font vibrer les muscles de leurs ailes à une fréquence particulière. Cette vibration secoue le pollen et le fait tomber sur le pistil. Sans vibration suffisante, la fécondation peut échouer.

Si les bourdons boudent votre balcon, c’est à vous de jouer les entremetteurs. Deux ou trois fois par semaine, idéalement en fin de matinée lorsque l’air est sec et le pollen bien meuble, tapotez ou secouez délicatement les tuteurs, les cages à tomates ou les grappes de fleurs. Cette simple manipulation suffit souvent à améliorer la nouaison.

Vous pouvez aussi utiliser une vieille brosse à dents électrique. Mettez-la en marche et appliquez doucement le dos de la tête vibrante contre la tige portant les fleurs pendant quelques secondes. Il n’est pas rare d’apercevoir alors un petit nuage jaunâtre de pollen se libérer.

Pourquoi mes tomates sont-elles déformées?

La face de chat est une déformation spectaculaire, mais totalement inoffensive, qui donne parfois aux tomates un aspect digne d’un film d’Halloween. Le dessous du fruit présente alors de grosses cicatrices brunes, des cavités ou des boursouflures plus ou moins impressionnantes.

Ce phénomène survient généralement lorsque la météo fait des siennes au moment de la floraison. Des nuits fraîches, souvent sous les 12 à 15 °C, perturbent le développement normal des fleurs et la fécondation. Le pollen devient alors moins viable et la formation du fruit se déroule de façon irrégulière.

À mesure que la tomate grossit, certaines parties se développent plus rapidement que d’autres, ce qui entraîne l’apparition des fameuses cicatrices et déformations.

Tomates Beefsteak. Photo: Getty Images

Ce trouble touche surtout les grosses variétés anciennes de type Beefsteak, tandis que les tomates de plus petit calibre y sont généralement moins sensibles.

Heureusement, malgré leur apparence étrange, ces tomates demeurent parfaitement comestibles et souvent tout aussi savoureuses que les autres. Il suffit de retirer les parties les plus dures au couteau avant de les déguster.

Pourquoi mes tomates fendillent-elles?

Il n’y a rien de plus frustrant que de repérer une magnifique tomate qui commence enfin à changer de couleur pour découvrir, le lendemain, qu’elle est fendue de haut en bas ou entourée de fissures cicatrisées près du pédoncule.

Ce craquellement de la peau n’est causé ni par un insecte ni par une maladie. Il résulte plutôt d’une gestion irrégulière de l’eau. C’est la conséquence classique des montagnes russes hydriques.

Voici le scénario typique. À la suite d’une journée de canicule ou d’un oubli d’arrosage, le terreau du pot s’assèche fortement. Le plant souffre de la soif et la peau des fruits en croissance perd une partie de son élasticité.

Photo: Getty Images

Puis, pris de remords, vous arrosez abondamment le pot… ou un violent orage d’été éclate. Les racines absorbent alors une grande quantité d’eau en peu de temps et l’acheminent vers les fruits. La chair de la tomate gonfle rapidement, mais la peau n’arrive pas à suivre. La pression augmente jusqu’à ce qu’elle se fissure.

Les tomates cultivées en contenant sont particulièrement sensibles à ce problème, car le faible volume de terreau s’assèche beaucoup plus vite qu’un sol de jardin. L’objectif est de maintenir une humidité aussi stable que possible. Idéalement, le terreau devrait toujours avoir la consistance d’une éponge essorée.

Une bonne couche de paillis – paille, feuilles déchiquetées ou fibres de coco – aide à ralentir l’évaporation et à maintenir le terreau frais plus longtemps.

Enfin, si un gros orage est annoncé et que vos tomates sont presque mûres ou déjà partiellement colorées, n’hésitez pas à les récolter. Elles termineront leur maturation sans problème sur le comptoir de la cuisine.

Pourquoi mes tomates ont-elles le cul noir?

Le cul noir, ou pourriture apicale se manifeste par une tache brunâtre ou noire à l’extrémité du fruit. Malgré sa réputation, il ne s’agit généralement ni d’une maladie ni d’un manque de calcium dans le terreau.

Comme nous l’avons vu dans Entretenir ses tomates en contenant sans devenir leur esclave, le problème est le plus souvent causé par des variations d’humidité qui nuisent au transport du calcium vers les fruits en développement. Un terreau qui passe régulièrement du très sec au détrempé, ou des périodes de forte chaleur qui augmentent les besoins en eau de la plante favorisent son apparition.

Photo: Getty Images

C’est pourquoi l’ajout de coquilles d’œuf ou d’autres sources de calcium règle rarement le problème: le calcium est généralement déjà présent, mais il n’arrive pas jusqu’au fruit au bon moment.

Les tomates cultivées en contenant y sont particulièrement sensibles, puisque le volume limité de terreau s’assèche rapidement. La meilleure solution consiste donc à maintenir une humidité aussi stable que possible grâce à des arrosages réguliers et à une bonne couche de paillis.

La bonne nouvelle? Les fruits atteints ne guériront pas, mais les suivants seront souvent parfaitement sains une fois les conditions de culture stabilisées.

Pourquoi mes feuilles roulent-elles?

Vous sortez sur le balcon et remarquez que les feuilles du bas ou du milieu de votre plant de tomate s’enroulent vers le haut le long de leur nervure principale. Parfois, elles deviennent si serrées qu’elles ressemblent à de petits cigares verts.

Le premier réflexe est souvent de soupçonner une maladie ou un insecte ravageur. Pourtant, dans la grande majorité des cas, ce phénomène est parfaitement inoffensif.

Ce roulement n’est pas une maladie, mais une réaction de protection. En s’enroulant sur elles-mêmes, les feuilles réduisent leur surface exposée au soleil et au vent tout en emprisonnant une mince couche d’air humide autour de leurs pores (les stomates). Le plant limite ainsi ses pertes d’eau lorsque les conditions deviennent difficiles.

Feuilles qui roulent. Photo: Getty Images

La chaleur intense, le vent, les variations d’humidité du terreau ou une taille trop sévère sont les causes les plus fréquentes. Sur un balcon exposé, les feuilles peuvent perdre de l’eau plus rapidement que les racines ne parviennent à en absorber. Un terreau qui alterne entre sécheresse et excès d’eau peut également déclencher cette réaction.

Les jardiniers sont parfois eux-mêmes responsables du problème. En retirant trop de gourmands ou de feuilles d’un seul coup, on réduit brusquement la surface foliaire du plant, ce qui peut provoquer un déséquilibre temporaire et entraîner l’enroulement des feuilles restantes.

Si les feuilles demeurent vertes, que le plant continue de croître et que les fruits se développent normalement, il n’y a généralement aucune raison de s’inquiéter. Maintenez simplement un arrosage régulier et, si possible, protégez le plant des vents les plus desséchants.

Les feuilles déjà enroulées retrouveront rarement leur forme initiale, mais les nouvelles pousseront habituellement normalement une fois les conditions de culture stabilisées.

La bonne nouvelle? Ce problème est souvent davantage inquiétant pour le jardinier que pour la tomate. Dans ce cas-ci, le meilleur traitement consiste généralement à ne rien faire du tout.

Pourquoi mes feuilles jaunissent-elles?

Le jaunissement des feuilles est sans doute le symptôme qui inquiète le plus les jardiniers. Pourtant, une feuille jaune ne signifie pas nécessairement que votre plant est en danger. Tout dépend de l’endroit où le problème apparaît et de la façon dont il évolue.

Si seules les feuilles du bas jaunissent, il n’y a généralement pas lieu de s’inquiéter. À mesure que le plant grandit, le feuillage supérieur fait de l’ombre aux feuilles les plus âgées. La plante récupère alors les nutriments qu’elles contiennent pour les réinvestir dans les nouvelles pousses et les fruits. Les feuilles jaunissent, sèchent et finissent par tomber. Il suffit de les retirer au besoin.

Si le jaunissement débute à la base du plant puis progresse graduellement vers le haut, accompagné d’un ralentissement de la croissance, une carence en azote est possible. En contenant, les arrosages fréquents lessivent peu à peu les nutriments du terreau. Un apport d’engrais adapté aux légumes permet généralement de corriger la situation.

Plant de tomates en train de jaunir. Photo: Getty Images

Lorsque le tissu de la feuille jaunit alors que les nervures demeurent vertes, on parle de chlorose. Ce symptôme est souvent associé à une difficulté d’absorption de certains éléments nutritifs, notamment le fer ou le magnésium. Un excès d’eau, un terreau constamment détrempé ou un drainage insuffisant peuvent en être la cause. Assurez-vous que l’eau s’évacue bien du contenant et évitez de maintenir le terreau continuellement saturé.

Comme pour plusieurs problèmes de tomates en contenant, les feuilles jaunes sont souvent le symptôme d’un stress plutôt qu’une maladie. Avant de sortir les grands remèdes, vérifiez d’abord l’arrosage, le drainage et la fertilisation.

Pourquoi mes plants sont-ils immenses, mais peu productifs?

À la mi-juillet, votre plant de tomate en contenant est devenu une véritable jungle. Il dépasse votre tête, ses tiges sont épaisses et son feuillage est d’un vert luxuriant. Pourtant, peu de fleurs et encore moins de fruits.

La cause la plus fréquente est un excès d’azote. L’azote est l’élément responsable de la croissance des tiges et des feuilles. Lorsqu’une tomate reçoit trop d’engrais riche en azote, elle comprend qu’il est temps de produire davantage de végétation plutôt que des fruits. Elle investit alors son énergie à fabriquer de nouvelles pousses et un feuillage abondant. En contenant, ce problème survient parfois lorsqu’on fertilise trop souvent avec des engrais riches en azote.

Plant de tomates très feuillu. Photo: Getty Images

La lumière peut aussi être en cause. Une tomate qui ne reçoit pas suffisamment de soleil cherchera à s’étirer vers la source lumineuse. Elle devient alors plus grande et plus élancée, mais produit moins de fleurs.

Enfin, les fortes chaleurs peuvent également réduire la production. Lorsque les températures demeurent très élevées, surtout la nuit, les fleurs sont moins bien fécondées et peuvent avorter avant de former des fruits.

Si votre plant ressemble davantage à une forêt qu’à un potager, évitez d’ajouter davantage d’engrais. Contentez-vous de maintenir un arrosage régulier, assurez-vous qu’il reçoit le plus de soleil possible et laissez-lui le temps de rééquilibrer sa croissance. Avec un peu de patience, la production finit souvent par rattraper le feuillage.

Pourquoi mes tomates ne rougissent-elles pas?

Vous regardez vos tomates grossir depuis des semaines. Elles ont atteint leur taille finale, semblent parfaitement saines, mais refusent obstinément de rougir. Avant de remettre en question vos talents de jardinier, sachez qu’il s’agit souvent d’un simple effet de la température.

La couleur rouge de la tomate provient d’un pigment appelé le lycopène. Or, la production de ce pigment est optimale lorsque les températures se situent entre environ 20 et 25 °C. Lorsque le mercure grimpe au-dessus de 30 à 35 °C, la synthèse du lycopène ralentit fortement, voire s’arrête presque complètement. Les fruits continuent alors à mûrir, mais demeurent jaunâtres, orangés ou verdâtres beaucoup plus longtemps que prévu.

Tomate encore verte. Photo: Getty Images

Les tomates cultivées en contenant sont particulièrement exposées à ce phénomène. Les pots chauffent rapidement au soleil, surtout lorsqu’ils sont foncés ou placés sur une terrasse de béton ou un balcon exposé plein sud.

Heureusement, ce retard est généralement temporaire. Dès que les températures redeviennent plus clémentes, la production de lycopène reprend et les fruits commencent à prendre leur couleur normale.

Voilà pourquoi il est préférable d’éviter les emplacements excessivement chauds. Lors des périodes de canicule, certains jardiniers installent même un léger voile d’ombrage durant les heures les plus chaudes de la journée afin de limiter le stress thermique des plants.

Pourquoi mes plants flétrissent-ils malgré un terreau humide?

Vous approchez de votre pot et les feuilles pendent lamentablement, comme si le plant mourait de soif. Pourtant, en touchant le terreau, surprise! Il est encore humide, voire détrempé.

Votre premier réflexe sera peut-être d’ajouter davantage d’eau. Résistez à la tentation. Lorsqu’une tomate flétrit malgré un terreau humide, le problème vient souvent des racines, qui ne parviennent plus à absorber l’eau disponible.

La cause la plus fréquente est un manque d’oxygène. Si le contenant se draine mal, si les trous sont bouchés ou si de l’eau stagne constamment dans la soucoupe, les racines finissent par s’asphyxier. Même entourées d’eau, elles cessent alors de fonctionner correctement.

Photo: Robert So

La chaleur peut également être en cause. Sur un balcon exposé au soleil, un pot de plastique foncé peut devenir extrêmement chaud. Les racines les plus fines, responsables de l’absorption de l’eau, sont particulièrement sensibles à ces températures élevées.

Plus rarement, une accumulation excessive d’engrais peut nuire à l’absorption de l’eau. C’est parfois le cas lorsque l’on fertilise abondamment sans permettre à l’eau d’arrosage de s’écouler librement du contenant.

Assurez-vous que votre pot possède de bons trous de drainage, évitez de laisser de l’eau stagner longtemps dans les soucoupes et protégez les contenants du soleil brûlant lorsque cela est possible. Si vous soupçonnez un excès d’engrais, un arrosage abondant permettant à l’eau de s’écouler par le fond du pot aidera à éliminer l’excédent de sels minéraux.

C’est quoi ces maladies-là?

À mesure que l’été avance, les plants de tomates deviennent plus volumineux, l’air circule moins bien dans le feuillage et les orages créent des conditions favorables aux maladies foliaires. Heureusement, la plupart des problèmes peuvent être limités par quelques gestes simples.

Les maladies les plus fréquentes

L’alternariose débute généralement sur les feuilles du bas du plant. Des taches brunes circulaires apparaissent, souvent marquées de cercles concentriques. Les feuilles jaunissent progressivement, puis sèchent.

La septoriose provoque quant à elle une multitude de petites taches grisâtres ou beiges entourées d’une bordure plus foncée. Elle attaque principalement le feuillage et peut rapidement dégarnir le bas du plant.

Le mildiou, plus rare, mais beaucoup plus redoutable, apparaît surtout lors de périodes fraîches et humides. Il provoque de larges taches brunâtres d’apparence humide sur les feuilles, les tiges et parfois les fruits. Son évolution peut être très rapide.

Alternariose. Photo: Clemson University
Mildiou. Photo: Getty Images
Septoriose. Photo: Dr Parthasarathy Seethapathy, Tamil Nadu Agricultural University

La méthode de gestion paresseuse

La mauvaise nouvelle est qu’une feuille malade ne guérira pas. La bonne nouvelle est qu’il est souvent possible de ralentir la progression des maladies en améliorant les conditions de culture.

Commencez par retirer les feuilles les plus basses, particulièrement celles qui touchent le terreau ou se trouvent dans les 20 à 30 premiers centimètres du plant. Cela réduit les risques de contamination par les spores présentes dans le sol. Votre plant doit avoir les mollets à l’air.

Retirez également les feuilles fortement atteintes dès leur apparition et jetez-les aux ordures plutôt qu’au compost.

Assurez-vous ensuite que l’air circule librement autour des plants. Si les contenants sont très rapprochés, espacez-les autant que possible. Au besoin, un léger éclaircissage du feuillage peut favoriser un séchage plus rapide après la pluie.

Enfin, arrosez toujours à la base du plant plutôt que sur le feuillage. Un feuillage qui reste humide pendant de longues périodes constitue l’un des principaux facteurs favorisant les maladies.

Comme souvent avec les tomates, la prévention est beaucoup plus efficace que les traitements.

C’est quoi ces bibittes-là?

En juillet, les balcons et les terrasses deviennent de véritables petits écosystèmes. La chaleur attire une foule de petits insectes qui profitent de la sève tendre des tomates. Heureusement, la plupart peuvent être contrôlés sans sortir l’artillerie lourde.

Les principaux suspects

Les pucerons sont les plus faciles à repérer. Verts, noirs ou rosés, ils se regroupent sur les jeunes pousses et sous les feuilles. Leur alimentation déforme souvent les nouvelles tiges et laisse un dépôt collant appelé miellat.

Les tétranyques (ou araignées rouges) adorent les conditions chaudes et sèches. Bien qu’ils soient presque invisibles à l’œil nu, leurs dégâts sont faciles à reconnaître: les feuilles prennent un aspect moucheté et finissent par jaunir. En cas d’infestation importante, de fines toiles apparaissent entre les feuilles.

Les aleurodes, ou mouches blanches s’envolent en petits nuages lorsqu’on secoue le plant. Elles se cachent principalement sous les feuilles où elles se nourrissent de la sève.

Aleurodes sur des feuilles de tomates. Photo: Wikipedia

Les thrips sont de minuscules insectes allongés qui laissent sur le feuillage un aspect argenté ou décoloré accompagné de petits points noirs.

Les noctuelles et autres chenilles sont généralement responsables des feuilles grignotées ou des trous directement percés dans les fruits.

Les altises sont de petits coléoptères noirs qui sautent comme des puces lorsqu’on les dérange. Ils perforent les feuilles de minuscules trous ronds qui donnent l’impression qu’elles ont été criblées de plombs. Sur les tomates bien établies, les dégâts sont généralement surtout esthétiques, mais ils peuvent ralentir la croissance des jeunes plants.

La méthode de contrôle paresseuse

La première ligne de défense est souvent la plus simple: un bon jet d’eau. Les pucerons et les tétranyques sont facilement délogés en douchant le dessous des feuilles avec un jet suffisamment puissant pour les décrocher sans endommager le plant.

Les chenilles peuvent quant à elles être retirées à la main dès qu’elles sont repérées.

Si une infestation persiste, un savon insecticide homologué constitue généralement une solution efficace contre les pucerons, les aleurodes et plusieurs autres insectes à corps mou. Vaporisez-le directement sur les insectes, en insistant sous les feuilles, et suivez les instructions du fabricant.

Enfin, quelques fleurs mellifères à proximité des tomates peuvent attirer des alliés précieux comme les syrphes, les chrysopes et les coccinelles. Ces prédateurs naturels se chargent souvent d’une bonne partie du travail à votre place.

Comme souvent au jardin, le meilleur traitement consiste surtout à intervenir tôt. Une poignée de pucerons est facile à gérer; une colonie installée depuis trois semaines est une tout autre histoire.

La reine aime son calme

Après avoir énuméré tous ces problèmes, je réalise que je vous ai peut-être donné l’impression que la culture des tomates est un véritable parcours du combattant. Rassurez-vous: dans la majorité des cas, c’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît.

La plupart des problèmes observés chez les tomates en contenant ne sont pas causés par des maladies graves ou des insectes ravageurs, mais plutôt par différentes formes de stress. Les tomates sont des plantes très réactives à leur environnement. Un excès ou un manque d’eau, une vague de chaleur, un coup de vent ou un déséquilibre de fertilisation peuvent rapidement se traduire par des symptômes parfois spectaculaires.

Photo: Ralph

La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces problèmes se corrigent d’eux-mêmes lorsque les conditions redeviennent favorables. En culture de tomates, la stabilité est souvent plus importante que les traitements.

Avant de chercher le produit miracle, commencez donc par vérifier l’arrosage, le drainage, l’ensoleillement et la fertilisation. Bien souvent, la solution se trouve là.

Au fond, malgré sa réputation de diva, la tomate ne demande pas tant d’attention. Sa majesté préfère simplement des conditions stables, un peu de soleil, de l’eau au bon moment et surtout, qu’on évite de la déranger inutilement.


  1. Magnifique, tout est clair et precis, merci

  2. Magnifique, tout est clair et precis, merci

  3. Quel article vraiment complet et bien vulgarisé!!! Ce sera une référence pour les années à venir pour la culture de mes tomates. Merci beaucoup! D’une jardinière paresseuse qui aime se simplifier la vie et déguster ses légumes ?

  4. J’adore moi aussi!! Je vais arrêter de me stresser à chaque petit comportement un peu bizarre de ma diva et plutôt essayer de la comprendre et de l’aider, si je peux et si je juge que c’est assez problématique pour justifier une intervention. Je garde cet article précieusement moi aussi pour référence future. Un gros merci Mathieu! 😉

  5. pourtant dans la littérature on nous dit que les fleurs de pommiers sont hermaphrodites…