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6 histoires de décès végétaux pour le Dìa de los muertos

Samain, Toussaint ou Dìa de los muertos, peu importe ce que représente le premier novembre pour vous, je vous souhaite une belle journée commémorative. Comme c’est pour énormément de cultures une journée pour commémorer les défunts, j’ai choisi de vous faire un article d’histoires en mémoire de mes propres regrettés.

Photo: Jhovani Morales

Vêtue de noir et parlant (écrivant) à mi-voix, laissez-moi vous raconter des histoires sur la vie et la mort de mes plantes… (Et prenez des notes pour ne pas reproduire les circonstances tragiques de ces décès!)

Petite crassule de la bonne volonté

Cette plante fut ma toute première. L’ennui, c’est qu’elle est morte si vite que… je ne la considère pas vraiment comme telle! Et pourtant, je l’ai aimée pour le bref moment que ça a duré!

Je l’ai acheté à l’université pour une campagne de financement. Une jolie petite crassule qui aurait tout mon amour! Voulant bien faire, je ne l’ai pas mise dans mon sac d’école parce que… vous voyez, c’était une plante, toute petite et fragile! Je l’ai donc gardée dans mes mains le temps de me rendre au métro, puis à ma voiture.

Pas de chance, j’étais stationnée loin, j’avais un bon 10 minutes de marche et il ventait beaucoup. Ma petite crassule, dont la terre était très sèche, s’est alors envolée de son pot pour tomber au sol…

Mais…

…J’ai oublié de vous dire… on était en janvier et il y avait une tempête de verglas… Oups!

Mon bébé plante est donc tombé dans une cuvette d’eau glacée, dans un creux de slush brune (de la gadoue), mais pas grave… elle avait soif de toute façon, je suppose!

Hey les Québécois! Je veux pas vous écœurer mais… ça s’en viiiiieeennnt!

Bref, je ramasse ma pauvre petite plante et je retourne chez moi. Là, je décide de lui faire un MAGNIFIQUE terrarium. Je la mets dans un bocal à poisson sans trou de drainage, avec un mini pouce de terre, et je la place dans ma chambre sans fenêtres au sous-sol. TADA!

Je sais, je sais, c’est surprenant, mais… elle n’en est pas morte! Il faut savoir que les plantes grasses n’ont pas besoin d’un terrarium, c’est trop humide et pas assez aéré. Elles ont aussi besoin d’un bon drainage et de soleil… Mais cette plante avait envie de vivre et, tout comme moi, elle était pleine de bonne volonté!

Puis, je suis partie en voyage une semaine. Ma mère, pleine de bonnes intentions, trouvait que ma petite crassule était laide et avait probablement besoin d’eau puisque je ne l’arrosais que très peu. À mon retour, la petite crassule baignait depuis une semaine dans un bocal dans lequel il y avait plus d’eau que de terre.

Ce fut le coup de grâce de cette pauvre petite crassule de la bonne volonté!

Aloès, jamais plus…

Numéro 1.

Ma vraie première plante (que j’ai réussi à garder plus que deux semaines) fut un aloès. Il était joli, vert, plein de vie, et ses jolies feuilles pointaient vers le ciel. Je l’ai arrosé soigneusement, abondamment, régulièrement, jusqu’au jour où il a commencé à avoir les feuilles plates, comme si elles s’étaient vidées de leur substance.

J’ai fait des recherches et Internet m’a mise sur la piste d’un manque d’eau. J’ai donc arrosé mon aloès de plus belle! Mais plus le temps passait, plus il semblait mal en point.

Mon ami Internet m’a alors dit qu’il s’agissait probablement d’un surplus d’eau ayant fait pourrir les racines. La plante manquait donc effectivement d’eau; elle n’avait plus assez de racines saines pour s’abreuver. Elle a tenté et tenté de poursuivre sa vie, mais tristement, les épreuves ayant été trop dures, elle s’éteignit paisiblement et très, TRÈS lentement…

Je n’ai malheureusement pas gardé de preuve de mes meurtres, alors à défaut d’une image d’aloès mort, en voici un vivant (qui ne m’appartient pas!) avec un ‘ti zoizeau pour égayer cet article.

Photo: Jean van der Meulen

Numéro 2.

Mon second aloès, qui fut également ma seconde plante, vécut un peu plus longtemps. En fait, il a même réussi à grandir! Il s’épanouissait si bien, que voyant sa bonne santé et sa jolie couleur verte, j’ai jugé nécessaire de lui offrir un pot plus gros.

Ignorant qu’il était bien à son aise dans un pot à peine serré, et armée des meilleures intentions, j’ai choisi de le planter dans un pot gigantesque. Il pourrait ainsi croître à son aise, aussi longtemps qu’il le voudrait, sans être dérangé de nouveau dans quelques années pour un nouveau rempotage!

Tout petit dans son énorme pot, il a survécu, mais il a cessé de grandir. Dans un si grand pot, les racines poussent et prennent toute l’énergie de la plante, la laissant petite en surface.

Déçue de ne plus le voir progresser, j’ai pris le conseil d’une collègue: le mettre dehors, en plein soleil, tout l’été. Forte de cette recommandation, je l’ai sorti au printemps et je l’ai mis en plein soleil sans l’acclimater. Le soir, il avait pris une jolie couleur dorée, le lendemain, elle était plutôt couleur caramel, et le surlendemain, chocolat au lait.

Brûlé en quelques jours dans les flammes de l’enfer, c’est ainsi que mourut dans mes bras un deuxième aloès.

Numéro 3.

Bien que devenue meurtrière en série d’aloès, j’ai tenté ma chance avec trois bébés qui me furent donnés. Ils sont tous morts. Sans doute ai-je pris un peu trop au pied de la lettre le conseil de «ne pas m’en occuper» et les ai un peu négligés…

Numéro 4.

Bien plus tard, chroniqueuse accomplie pour le Jardinier paresseux, j’ai choisi de tenter de nouveau ma chance et d’acheter un aloès. Sur la base d’une relation faite de méfiance, nous nous observions de loin. Je ne l’arrosais qu’aux mois, et il s’en portait bien. Il a fait des bébés. J’étais aux anges. Comme le célèbre docteur Frankenstein, j’ai pu m’écrier: IL VIT! MHOUHAHAHA!!

Mais le destin ne l’entendait pas ainsi. Conséquence divine d’avoir pris pour acquis mon aloès, une infestation de thrips a frappé! Et comme ces insectes entraînent rapidement des infestations dignes d’une plaie d’Égypte, j’ai écouté le message que l’univers m’envoyait et j’ai sacrifié l’aloès aux dieux des plantes d’intérieur en le mettant sur mon balcon en plein hiver.

«Ô êtres cosmiques, je vous offre en sacrifice un énième aloès! Je vous promets de ne plus jamais céder à la tentation de posséder cette plante interdite, mais par pitié, soyez cléments envers votre dévouée jardinière et épargnez mes autres végétaux!»

Et la réponse divine fut la suivante…

Le kalanchoé de l’amour véritable

une infestation massive de thrips. Si l’histoire de mon kalanchoé m’a appris quelque chose, c’est que de vivre dans le déni face à des indésirables, ça ne résout pas du tout le problème.

Abandonné de tous, sans fleurs et coincé dans ses feuilles fanées, mon kalanchoé attendait la mort dans un présentoir extérieur d’épicerie, en plein mois d’octobre. Même le gros collant rose fluo annonçant un 50% de rabais ne le rendait pas attrayant aux yeux des clients.

Mais voilà qu’un jeune homme amoureux pensa à sa conjointe en voyant cette plante décrépie. Lui qui ne lui avait jamais acheté de cadeau en trois ans, il décida que c’était l’élément parfait à lui offrir.

Premier cadeau de mon amoureux! J’étais aux anges de recevoir cette plante torturée et j’entrepris de l’aimer. Quelque deux ou trois semaines plus tard, elle était fleurie et magnifique! Bien qu’il ne s’agisse pas d’une plante rare, elle valait très cher à mes yeux et sa présence sur mon bureau me rappelait chaque jour l’homme de ma vie. (Hoonn! C’est-ti cute!)

Après deux ans de croissance, de fleurs et de bonheur, elle se révéla cependant être également la favorite des thrips, lesquelles la dévorèrent. Elle n’avait mis que deux semaines avant de revenir à la vie, elle n’en mit pas plus de deux à s’éteindre, dévorée de toutes parts par de minuscules insectes, ses fleurs encore colorées pendant mollement aux bouts de son cadavre…

Observation au microscope d’un thrips. Taille réelle : 1,5 mm. Photo: I, Toony, Wikimedia Commons.

La vie, c’est un apprentissage!

En ce jour des Morts, j’espère vous avoir fait sourire un peu avec mes histoires de maltraitance végétale. Je vous rassure: j’ai une centaine de plantes bien en vie en ce moment! À vous maintenant de me raconter l’histoire de vos disparues en commentaire.

Novembre, c’est le mois de la grisaille, faisons-nous sourire!

P.S. C’est aussi le moment où je planifie mon horaire de conférences. Au cas où vous voudriez m’engager pour vos événements du temps des fêtes, écrivez-moi pour réserver votre place!

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