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Partager ses semences!

Album à semences. Photo: Mathieu Hodgson.

Récemment je feuilletais mon album à semences, pour voir quelles graines j’avais déjà en ma possession pour la préparation de mon potager de cet été. Je me suis rendu compte assez vite que j’en avais beaucoup trop et que je n’arriverais jamais à les utiliser toutes.  De plus, les semences ayant des dates de péremption, elles ne sont pas éternelles. Alors, à défaut de les mettre en terre bientôt, je devrai les jeter. Ça me fâche énormément, car je connais le potentiel de bonheur que contiennent ces petites graines. Un des problèmes de l’achat de semences, c’est la quantité qu’un petit sachet peut contenir : des dizaines sinon des centaines par enveloppe! C’est beaucoup trop pour mon petit jardin urbain en contenants.

Mettre une annonce sur les réseaux sociaux pour offrir mes graines supplémentaires me semblait être une option, mais je suis trop paresseux pour coordonner tous les messages qu’on me ferait parvenir et les nombreux rendez-vous qui en découleraient. Si seulement il y avait un endroit pour conserver les semences collectivement pour que l’on puisse tous se les partager sans en gaspiller! Eh bien, comme beaucoup de nos bonnes idées, on n’a qu’à faire une recherche sur le web pour découvrir que quelqu’un y a déjà pensé! Découvrez le merveilleux monde des grainothèques.

Une étagère contenant des semences utilisées dans une bibliothèque publique de Montréal.. Photo: Gabriel ebsi.

Qu’est-ce qu’une grainothèque?

Si vous pensez que c’est le nom d’un bar de danseurs, vous avez l’esprit mal placé (comme moi!). Le mot « grainothèque » vient du terme anglais « seed library », littéralement bibliothèque de semences. C’est une institution qui « prête » ou partage des semences, et on en retrouve justement souvent dans des bibliothèques. On la distingue de la banque de graines, qui est un endroit qui conserve les semences à long terme pour préserver la diversité génétique. Les grainothèques ont plutôt comme mission de partager les semences avec le public qui pourra, ainsi, les propager et les conserver.

Les grainothèques fonctionnent selon plusieurs modèles. Certaines achètent des semences pour les partager avec leur communauté. D’autres prêtent des graines à leurs membres, des jardiniers ou fermiers, qui cultiveront ces végétaux pour produire d’autres semences qui seront à leur tour partagées avec d’autres. Parfois, le public est invité à partager ses semences avec une grainothèque pour créer une collection de semences.

Certaines grainothèques offrent aussi des activités d’initiation au jardinage pour qu’on sache quoi faire de toutes ces semences.

Histoire des grainothèques

La Bay Area Seed Interchange Library au Centre écologique de Berkeley en Californie, créé en 1999, serait le premier centre du genre. En 2004, on retrouve la première grainothèque faisant partie d’une bibliothèque existante à Gardiner dans l’état américain de New York. Au Québec, la bibliothèque municipale d’Atwater, à Westmount, aurait été la première en 2015, mais il en existe maintenant à travers la province et le Canada, et on en découvre des nouvelles chaque année. Ne vous en faites pas, il y en a aussi en Europe et dans le monde entier. Il suffit d’effectuer une recherche web pour en découvrir dans votre région, sinon peut-être que votre bibliothèque locale aimerait en ouvrir une.

De mon côté, puisque chaque grainothèque a des procédures différentes pour les dons de semences, j’ai contacté celle qui se trouve la plus proche de chez nous, la bibliothèque Le Prévost, à Montréal, et on m’a invité à déposer mes semences à l’accueil de la bibliothèque. On me dit que l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension à Montréal se dotera de deux autres grainothèques cette année.

Photo: david silver.

Avec l’ouverture de nouvelles grainothèques chaque année à travers le monde, on n’a plus d’excuses pour gaspiller des semences! Ça nous permet aussi de sauver quelques sous, surtout lorsqu’on n’a qu’un petit jardin comme le mien et qu’on veut essayer le plus de variétés possible. Bon, je m’en vais donner mes semences de ce pas. Vous me manquerez, mes petites, mais je sais que vous serez plus heureuses et utiles chez quelqu’un d’autre. Et en même temps, je jetterai un œil sur les graines que possède la bibliothèque. Qui sait, j’y ferai peut-être des découvertes!

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Étiquettes + grainothèque


commentaire sur "Partager ses semences!"

  1. Josée dit :

    Quelle bonne idée! Je partage mes semences avec mes amis et mes voisins, mais parfois, on en a juste trop. Je vais faire une petite recherche pour voir s’il en existe une dans ma région.

  2. Daniel dit :

    Vous n’avez qu’à congeler vos graines pour les conserver plusieurs années. Beaucoup plus economique ainsi.

  3. Lalou dit :

    j’ai découvert la grainothèque du patro le prévost cet hiver. quelle idée géniale. moi aussi, j’ai des tas d’enveloppe de semences! J’irai en porter.

  4. Adèle dit :

    Besoin d’aide svp: J’essaie, sans succès, de retrouver l’article de Larry sur la lampe horticole d’intérieur, création québécoise.

  5. Jacinthe dit :

    Quelle bonne idée!!! Merci!!!

  6. Viviane Haeberlé dit :

    Nous avons une grainothèque a la bibliothèque Lisette-Morin de Rimouski. Elle est placée bien en vue à l’entrée et semble être assez populaire. Partager plutôt que jeter, quelle bonne idée!

  7. Sylvie Larose dit :

    Merci Mathieu pour cet article fort intéressant. Je ne savais pas qu’il y avait des endroits où on peut donner nos graines. Merci aussi pour votre humour qui me fait souvent rire aux éclats, comme ce matin. ?

  8. alexandra charron dit :

    Quel bonne idée on a aussi la possibilité de les publier sur deux page face book jardin gratuit et echange de semance quebec qui son des groupe de partage et de dont de semance et de plante quon a en trop des tres beau groupe de partage

  9. Daniel Fantino dit :

    Bonne idée. Dans un sac de pois secs mélangés pour la soupe avec 10 variétés acheté en épicerie, essayez d´en faire germer. Prix ridicule comparé aux semences achetées, et les non utilisées, finissent dans la soupe.

  10. Louise Paquette dit :

    Il y a des échanges de semences possibles à la Bibliothèque de Pointe-aux-Trembles sur la rue Notre-Dame.Si je me souviens bien,on doit donner et prendre des graines pas seulement prendre.Je trouce cette formule équitable.

  11. Wilson dit :

    Comment les banques de graine font-elles pour la conservation à long terme ?

  12. Anonyme dit :

    Super bonne idée, je vais faire une recherche pour localiser un endroit à St-Apollinaire ou dans Lotbinière, Québec

  13. Chantal dit :

    on m’a dit que les graines congelées ne germaient pas !?

  14. Daniel dit :

    C’est faux, Je congele mes semences depuis plusieurs années. Je sors la quantité dont j’ai besoin et remet le reste immediatement au congelateur. Voir réserve mondiale de semence de Svalbard ou les semences sont conservées à – 18 celsius.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9serve_mondiale_de_semences_du_Svalbard

  15. Catherine dit :

    Bonjour Mathieu! Question bête: où as-tu trouvé les feuilles de plastique pour ton album de graines? J’en cherche depuis des années, sans succès! À défaut, j’utilise un simple album photo, mais le format des “pochettes” ne me permet pas de placer mes sachets à la verticale. Merci! 🙂

  16. Chantal dit :

    Ça se congèle??!!
    Toutes les semences se congèlent??

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