Travaux saisonniers

Quelques petits trucs de toute fin de saison

Larry Hodgson a publié des milliers d’articles et 65 livres au fil de sa carrière, autant en français qu’en anglais. Son fils, Mathieu, a pour mission de rendre ses écrits disponibles au public. Ce texte a été originalement publié dans Le soleil le 19 novembre 1988.

Voilà qu’il a déjà neigé une ou deux fois et que la terre du jardin, tôt le matin, est gelée. Il ne reste donc plus aucun doute, la saison de jardinage est bel et bien terminée. Vraiment? Pas nécessairement, car il n’est pas encore trop tard pour réaliser quelques travaux de dernière minute.

Bulbes

Par exemple, on peut encore planter des bulbes rustiques. Il faut admettre que le choix est très limité aussi tard en saison, mais au moins les marchands les vendent à rabais. Le narcisse et la jacinthe n’aiment pas beaucoup une plantation aussi tardive, mais il n’y a aucune crainte concernant les tulipes. On a même vu des gens en planter au cours d’un dégel au mois de janvier… et elles ont fleuri parfaitement bien au printemps, quoique leur floraison ait été retardée de quelques jours.

Si on fait la plantation tardivement, il est doublement important de planter les bulbes assez profondément: 25 cm, ce n’est pas trop dans les circonstances. Après la plantation, il faut bien recouvrir la terre d’un bon paillis. Ce dernier point est important, car on veut empêcher le sol nouvellement retourné de «travailler» au cours des gels et dégels et ainsi causer des dommages aux bulbes.

Légumes

Saviez-vous que l’on peut prolonger la récolte des panais, carottes, betteraves, topinambours et poireaux jusqu’au mois de décembre et même durant tout l’hiver? En fait, tous ces légumes résistent bien au froid et, en plus, le froid améliore leur goût. Celui ou celle qui n’a jamais goûté à un panais ayant passé tout l’hiver dans le sol, ne connaît vraiment pas ce légume à son meilleur! Cependant, pour ce faire, il faut bien les protéger maintenant si on veut les récolter plus tard.

Les carottes poussant dans un paillis de paille pourraient pousser jusqu’en décembre et même tout l’hiver. Photo: Nadzeya Pakhomava, Shutterstock

Couvrez ces légumes d’un épais paillis (30 cm de branches de sapin, de paille ou de feuilles mortes) pour empêcher le sol de geler en profondeur. Plus tard, quand vous en aurez besoin, tassez le paillis, déterrez les légumes et recouvrez le sol aussitôt pour protéger les autres légumes du froid. Lorsque la neige tombe, il s’agit de la tasser pour avoir accès au paillis qui, lui, ne gèle pas et demeure facile à déplacer. Le poireau étant plus fragile au froid, il faut le butter, c’est-à-dire, l’enchausser de 30 cm de terre avant de le recouvrir d’un paillis.

Une mention importante cependant: tous les légumes (sauf le topinambour) sont bisannuels. Il faudra donc à tout prix terminer la récolte dès que la neige se mettra à fondre au printemps, sinon les légumes monteront rapidement en graines et perdront leur goût. Et même si le topinambour est une plante vivace, il devient lui aussi peu intéressant si on ne le récolte pas tôt au printemps: ses tubercules, d’habitude si sucrés et juteux, disparaissent. Tout ce qui en reste, du moins jusqu’à l’automne suivant, c’est son feuillage peu appétissant!

Arbres

L’écorce des arbres fruitiers est très sucrée et attire durant l’hiver des mulots et d’autres rongeurs affamés, même en ville. Ceux-ci ont accès au tronc grâce aux tunnels qu’ils creusent sous la neige et ce n’est donc pas avant le printemps, alors que la neige fondante laisse apparaître une écorce abîmée, que l’on constate les dégâts. L’arbre peut même être tellement endommagé qu’il ne passe pas l’été.

Grillage autour du tronc d’un arbre fruitier pour le protéger des petits rongeurs. Photo: mapleleavesforever.ca

Heureusement, il est facile de protéger l’écorce contre les rongeurs. Il s’agit d’enrouler un morceau de grillage à petits trous (de la « broche à poules ») autour du tronc, tout en gardant au moins 1 cm entre le grillage et l’écorce. La hauteur du grillage dépendra nécessairement des accumulations de neige habituelles dans votre région. Trois pieds de broche peut suffire dans certains cas, alors que 5 pieds ne sont pas trop ailleurs.

Protecteur d’arbre. Photo: upr.org.

On peut aussi employer à cette fin des « protecteurs d’arbres » commerciaux. Il s’agit de rouleaux qui s’ouvrent en spirale et que l’on place autour du tronc. En plus de protéger l’arbre contre les rongeurs, ils aident à prévenir les «coups de soleil» (dommages à l’écorce causés par un refroidissement trop rapide après une journée fortement ensoleillée) et contre les méfaits des souffleuses et pelles à neige.

Journaliste et blogueur horticole, auteur de 65 livres de jardinage, conférencier et vulgarisateur hors pair, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, nous a quitté en octobre 2022. Reconnu pour sa grande générosité, sa rigueur et son sens de l'humour, il a touché plusieurs générations de jardiniers amateurs et professionnels pendant 40 ans de carrière. Grâce à son fils, Mathieu Hodgson, et une équipe de collaborateurs, le blogue jardinierparesseux.com continuera sa mission de démystifier le jardinage et le rendre plus accessible à tous. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2800 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

7 comments on “Quelques petits trucs de toute fin de saison

  1. En ce beau matin glacial, merci encore une fois pour ces rappels. J’ignorais d’ailleurs que les protecteurs d’arbres peuvent les protéger contre les « coups de soleil »…

  2. Je n’avais jamais calculé la culture durant L’HIVER dans ma planification !
    On vient de rallonger la période de légumes frais, directement de notre potager.
    Merci +++

  3. C’est cela ! Un peu de vous, un peu de lui, un maintien sain pour laisser à votre coeur le droit de s’apaiser, et le temps de s’adapter à ce nouvel état. L’absence, la paix, et l’hiver, chaleureux en vérité, qui vous encourage. Un pas après l’autre, jamais d’ombre, mais un immense héritage dans l’accompagnement apaisant d’un esprit bienveillant qui ne vous abandonnera jamais, en tentant de ne pas trop vous déranger, comme je vais le tenter moi-même dès à présent pour ne me prendre pour personne (lol), je suis simplement encore sous le choc. Merci pour votre courage et tri, l’exemple est majestueux. J’espère que vous tenez le coup ! Je vous souhaite tout le meilleur, mes sincères respects.

  4. Ps : je suis en Europe. Vous les canadiens, courageux humains du grand Nord, êtes les plus grands maîtres en entretien des végétaux et jardins en période de gel. Merci pour vos précieux conseils, depuis le commencement, et tous les autres, même au niveau des habitations, heureusement que vous êtes là ! Tout le monde ne parle que du printemps le plus souvent, on a évité tellement de catas ! Merci infiniment pour tout ce partage.

  5. Merci, j’étais en train d’oublier mes topinambours. Je les récolte des aujourd’hui!

  6. Elaine Potvin

    Grâce à vos conseils, je viens de mettre en terre des bulbes! Bien hâte de voir le résultat au printemps, je croyais avoir raté mon coup!

  7. Mireille V.

    Merci de partager votre héritage de jardinier avec nous. La lecture de votre infolettre m’apaise et m’inspire. Cette semaine, je planterai des bulbes de tulipes!

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