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À chaque mois sa plante, novembre 2021 : le kalanchoé tomenteux

Kalanchoé tomenteux dans un pot

Par Larry Hodgson

Le kalanchoé tomenteux, sans être la plante succulente la plus populaire du monde, est néanmoins ce que l’on peut appeler une «succulente classique», puisqu’elle est cultivée depuis fort longtemps et offerte dans presque toutes les jardineries. Certainement, il était déjà largement disponible lorsque j’ai commencé à m’intéresser aux plantes d’intérieur dans les années 1970.

Cette succulente se reconnaît facilement par ses feuilles épaisses couvertes de poils blancs et rehaussées de marques brunes, une combinaison qui lui a mérité un autre nom commun : plante panda. C’est une combinaison de couleurs tellement originale qu’on ne peut la confondre avec quelque autre plante que ce soit. Il pourrait faire un bon choix pour intéresser de jeunes enfants aux plantes : avec un nom comme «plante panda» et des feuilles si caressables, le kalanchoé tomenteux est certain de plaire.

Notre sujet est originaire de l’île de Madagascar, au large des côtes de l’Afrique, où il pousse sous la forme d’un petit arbuste dans des conditions de grande aridité. C’est l’une des quelque 60 espèces de kalanchoés trouvées sur l’île (il y en a encore environ 60 espèces qui poussent en Afrique continentale, plus quelques-unes en Asie). Qu’il appartienne à la famille des Crassulacées ne devrait surprendre personne : il existe une ressemblance familiale évidente entre le kalanchoé tomenteux et la populaire plante de jade (Crassula ovata).

Le kalanchoé tomenteux est également cultivé comme plante ornementale de jardin à Madagascar. Selon la superstition locale, il apporte de la richesse aux familles qui le cultivent.

Description

Kalanchoé tomenteux poussant en plein air dans un jardin tropical.
Le kalanchoé tomenteux pousse comme un arbuste à l’état sauvage, perdant ses feuilles inférieures au fil du temps. Photo : Sofishticated, reddit.com

Le kalanchoé tomenteux atteint jusqu’à 1 m de hauteur dans la nature, mais rarement plus de 45 cm à l’intérieur, où sa croissance est très lente. Il forme d’abord une plante dressée avec des tiges densément velues qui se ramifient abondamment à la base, ce qui lui donne un aspect buissonnant. Les tiges deviennent brunes et ligneuses avec le temps, perdant leur duvet, mais sur les jeunes plants, elles sont souvent entièrement cachées par le feuillage. En vieillissant, cependant, la plante perd ses feuilles inférieures et ses tiges désormais marronnes se révèlent.

Rosette de feuilles duveteuses sur un kalanchoé tomenteux.
Rosette de feuilles duveteuses sur un kalanchoé tomenteux.

Les feuilles sont alternes et disposées en rosette dense. Du moins, c’est le cas au sommet de la tige. Plus bas, elles sont plus espacées. Elles sont sessiles (il n’y a pas de pétiole) et très épaisses. La forme est très variable à l’état sauvage et peut être obovale, ovale, oblongue ou presque cylindrique. La feuille est concave dessus et convexe dessous, comme une cuillère épaisse. Aussi, il y a généralement de larges dents vers la pointe. La feuille mesure environ 5 à 7 cm de long et 2,5 cm de large.

Bien sûr, l’aspect le plus frappant de la feuille n’est pas sa forme, mais sa pilosité. Elle est abondamment recouverte de poils blancs, avec des poils brun foncé formant des taches contrastantes sur les dents, parfois aussi sur la marge entre les dents. Doux au toucher, les poils donnent à la plante son aspect pandaesque.

Le nom botanique de la plante, Kalanchoe, est dérivé du mot cantonais pour la plante. Quant à l’épithète, tomentosa, elle signifie, à juste titre, «couvert de poils fins».

Ces poils sont essentiels à la survie de la plante dans la nature. Ils réduisent l’effet desséchant du vent et entraînent ainsi une diminution des pertes d’eau dues à l’évaporation. Elles offrent également une bonne isolation contre la chaleur intense du soleil tropical et reflètent de plus une partie des rayons solaires, prévenant ainsi les dommages cellulaires.

Fleurs vertes et brunes du kalanchoé tomenteux.
Les fleurs estivales apparaissent le plus souvent sur les plantes poussant en plein air toute l’année dans des climats convenablement chauds et arides. Photo : Kenraiz, Wikimedia Commons

Le kalanchoé tomenteux fleurit rarement à l’intérieur : il a besoin de plein soleil et de nombreuses années de culture pour y arriver. À l’extérieur, dans un climat tropical aride, les plantes matures produisent en été des tiges florales ramifiées d’environ 30 cm de haut. Elles portent des fleurs tubulaires groupées de couleur verte, rouge ou brune qui sont tout aussi duveteuses que le reste de la plante. Le résultat est plus curieux qu’attrayant, donc si votre kalanchoé tomenteux ne fleurit jamais, vous ne manquez pas grand-chose.

Variétés

Il existe plusieurs cultivars de kalanchoé tomenteux sur le marché. Ils diffèrent principalement par la taille, la forme et la couleur des feuilles.

Kalanchoé tomenteux ‘Chocolate Soldier’, avec une marge de feuilles brun chocolat.
‘Chocolate Soldier’ est la variété de kalanchoé tomenteux la plus largement disponible. Photo : Leonora (Ellie) Enking, Flickr

‘Chocolate Soldier’ est plus largement disponible que l’espèce et est probablement la variété vendue dans les jardineries de votre secteur. Elle offre plus de brun sur les bords des feuilles que l’espèce et sa coloration tire davantage vers le roux. Parmi les autres cultivars, il y a ‘Black Tie’, ‘Golden Girl’, ‘Cinnamon’ et ‘Teddy Bear’, les trois derniers avec des poils plus jaunes, leur donnant une apparence dorée.

Kalanchoé tomenteux ‘Dorothy Brown’ avec des feuilles brun chocolat.
Kalanchoé tomenteux ‘Dorothy Brown’ est le cultivar le plus foncé. Photo : kakteen-matk-berlin.de

Le cultivar ‘Dorothy Brown’ diffère des autres en étant presque entièrement brun chocolat, du moins c’est le cas lorsqu’il est cultivé en plein soleil.

À l’exception de ‘Chocolate Soldier’, qui est largement distribué, vous ne trouverez probablement ces cultivars que dans les pépinières qui se spécialisent dans les plantes succulentes.

Plante panda blanc.
Panda blanc (Kalanchoe eriophylla). Photo : Frank Vincentz, Wikimedia Commons

Vous pouvez également voir une espèce similaire, mais plus petite, le kalanchoé laineux (Kalanchoe eriophylla), également de Madagascar, souvent offert sous le nom de «panda blanc». Ses feuilles sont de forme similaire, mais non échancrées, et sont couvertes de poils blancs, leur donnant un aspect gris argenté. Elles ne montrent que peu ou pas de brun, sauf occasionnellement à l’extrémité des feuilles lorsqu’il est cultivé sous une lumière intense. Ses fleurs roses sont portées sur de courtes tiges… mais encore une fois, ne comptez pas sur la floraison, du moins, pas si vous cultivez la plante à l’intérieur.

Culture du kalanchoé tomenteux

Kalanchoé tomenteux aux feuilles duveteuses.
Pour faire plaisir à votre kalanchoé tomenteux, il lui faut de la lumière, beaucoup de lumière ! Photo: manseok_Kim, pixabay, com

Lumière : Cette plante adore le soleil et préférera donc un emplacement près d’une fenêtre exposée au sud. Malgré tout, elle poussera assez bien dans une lumière moyenne à condition de profiter de quelques heures de soleil par jour. On peut toutefois aussi la cultiver sous une lumière artificielle très intense.

Si le soleil manque, elle tend à s’étioler, produisant des tiges allongées aux feuilles plus petites et exagérément espacées. Et les feuilles manquant de lumière peuvent perdre leur coloration brune aussi

Le placer à l’extérieur pour l’été (acclimatez-le progressivement aux conditions de plein air d’abord) aidera à maintenir une meilleure coloration là où l’éclairage intérieur est moins qu’idéal. 

Ce n’est que dans un climat tropical aride (zones de rusticité 11 à 12) que vous pouvez envisager de cultiver cette plante en extérieur toute l’année.

Arrosage : Comme presque toutes les plantes succulentes, le kalanchoé tomenteux préfère un sol qui s’assèche bien… mais cela ne veut pas dire de l’arroser au compte-goutte! Au contraire, quand vous arrosez, faites-le abondamment, inondant généreusement la motte de racines sans toutefois la laisser tremper dans l’eau. Le secret est plutôt, après cet arrosage copieux, de ne plus arroser tant que le sol n’est pas bien sec.

Astuce : Pendant la saison de croissance de la plante, soit du début du printemps au début de l’automne, quand le sol vous paraît sec au toucher, attendez deux jours supplémentaires, puis arrosez bien. En hiver, lorsque sa croissance est à l’arrêt, lorsque le sol est sec au toucher, attendez sept à dix jours, puis arrosez. 

Aussi, essayez de ne pas mouiller les feuilles lorsque vous arrosez, car cela peut tacher ses poils.

Humidité : Cette plante tolère parfaitement l’air sec. Elle n’aime pas l’humidité extrêmement élevée… mais cela n’est presque jamais un problème dans nos intérieurs, où l’air est souvent plus sec qu’il ne devrait l’être. Par contre, ce détail fait que le kalanchoé n’est pas un bon choix pour un terrarium où l’humidité atmosphérique est très élevée.

Engrais : Fertilisez légèrement avec un engrais pour plantes d’intérieur, tout usage ou autre, à environ au quart de la dose recommandée, et ce, uniquement pendant la saison de croissance, soit du printemps à la fin de l’été. 

Température : Le kalanchoé tomenteux est parfaitement adapté aux températures de nos maisons, tolérant même très bien les canicules estivales. Il apprécie un automne et un hiver plus frais (combinés à un arrosage réduit) si vous pouvez les lui offrir, avec des températures aussi basses que 7°C. Il ne tolère pas le gel.

Nettoyage : Enlevez toute saleté sur les feuilles avec une petite brosse ou un chiffon. Retirez les feuilles endommagées, jaunissantes ou mourantes au besoin ainsi que les tiges florales fanées (si la plante fleurit).

Kalanchoé tomenteux aux longues tiges sur un balcon.
Ce spécimen aux longues tiges étiolées et aux feuilles peu colorées a clairement manqué de lumière pendant longtemps et, en plus, on lui a permis de pousser n’importe comment. Il serait beaucoup plus attrayant s’il était rabattu (taillé sévèrement), peut-être à 10 cm du sol, pour qu’il puisse repousser de sa base… ou encore, redémarré par bouturage. Photo : MV2308, reddit.com

Les spécimens plus âgés peuvent nécessiter une taille occasionnelle si leur croissance devient irrégulière ou s’ils ont perdu trop de feuilles inférieures. Vous pourriez couper cette plante presque jusqu’au sol et une nouvelle croissance apparaîtrait bientôt, la rajeunissant totalement.

Rempotage : Les jeunes plants sont souvent vendus dans de minuscules pots de terre cuite de 4 cm. Ainsi, le vendeur économise beaucoup sur les frais de production et de livraison. Voilà qui est tout à fait mignon, mais cela ne laisse vraiment aucun espace aux pauvres plantes pour se développer et les laisse dans un état de stress hydrique continu. Alors, n’hésitez pas à les rempoter dans des pots de 7,5 à 10 cm lorsque vous les ramenez à la maison. 

Certaines personnes aiment continuer de les cultiver dans des pots de terre cuite, car les parois perméables permettent une certaine circulation de l’air vers les racines. Par contre, ce n’est pas nécessaire, car le kalanchoé tomenteux se porte tout aussi bien dans les pots en plastique. Tous les pots doivent, bien sûr, avoir un ou plusieurs trous de drainage.

Au fur et à mesure que les plantes grandissent, déplacez-les progressivement dans des pots de plus en plus grands, et ce, environ tous les deux ans. N’importe quel terreau d’empotage conviendra, que soit pour plantes d’intérieur ou cactus.

Il est préférable de rempoter au printemps, en été ou au début de l’automne.

Un jardin de succulentes 

Jardin de succulentes avec un kalanchoé tomenteux au centre.
Le kalanchoé tomenteux fait une excellente plante pour un jardin de succulentes en pot, ici avec divers sédums et echevérias. Photo: AnniesGardenAndPatio

Le kalanchoé tomenteux est souvent incorporé dans des paysages miniatures en pot avec d’autres succulentes aux besoins similaires, comme les sédums, les echevérias, les crassulas, les haworthias et les petits aloès et s’y porte très bien, bien qu’il devrait probablement être taillé au fil du temps pour l’empêcher de dominer ses voisines. Il ne cadre pas si bien avec des cactus ou des pierres vivantes, bien que les magasins proposent souvent de tels arrangements, car ils ne partagent pas les mêmes exigences de croissance, les cactus notamment exigeant un hiver beaucoup plus froid et sec que ce que le kalanchoé peut tolérer.

Multiplication : Le moyen le plus rapide de produire de nouvelles plantes de panda est de faire des boutures de tiges au printemps ou en été. Coupez une tige d’environ 7 à 10 cm de haut, retirez les feuilles inférieures et insérez l’extrémité coupée dans un pot de terreau à peine humide. Gardez le terreau presque sec au début, mais commencez à arroser normalement quand les boutures produisent de nouvelles feuilles, un signe qu’elles sont enracinées. Si vous mettez trois ou quatre boutures dans un pot, cela vous donnera un beau spécimen en quelques semaines seulement : un excellent petit cadeau!

Bouture de feuille produisant un petit plant de kalanchoé tomenteux.
Bouture de feuille produisant des bébés kalanchoés tomenteux. Photo : FrankieAK, reddit.com

Vous pouvez également faire enraciner les feuilles en les retirant soigneusement de la plante mère et en les insérant dans un pot de terreau. Des racines et une petite plante vont bientôt apparaître.

Toxicité : Toutes les parties de cette plante sont toxiques pour les humains et les animaux domestiques. Les empoisonnements sont généralement mineurs, car sa toxicité est faible, mais il serait quand même sage de placer cette plante hors de la portée des jeunes enfants et des animaux.

Problèmes : La pourriture est sans aucun doute le problème le plus courant avec le kalanchoé tomenteux, notamment quand on le cultive dans un pot sans trou de drainage ou dans un emplacement trop sombre. Pour l’éviter, il est préférable de le faire pousser dans une lumière très vive en s’assurant que le terreau sèche avant d’arroser à nouveau. Lorsque la pourriture est détectée tôt, il est généralement possible de prélever des boutures de feuilles ou de tiges et de les utiliser pour sauver la plante.

Le risque de pourriture est particulièrement élevé pendant l’hiver, surtout par temps frais, dans lequel cas la plante ne doit être arrosée que lorsque le sol est très sec et que les feuilles commencent à se ramollir, indiquant un début de flétrissement.

Les cochenilles farineuses, les cochenilles de racines et les cochenilles à carapace sont les principales ennemies vivantes de cette plante. Mieux vaut les éviter en isolant les plantes nouvellement achetées des autres tant que l’absence de prédateurs n’a pas pu être vérifiée. Des pulvérisations au savon insecticide ou à l’huile de neem aideront à contrôler les parasites s’il y en a.


Le kalanchoé tomenteux : une jolie plante et tellement facile à cultiver… et qui ne voudrait pas d’un panda sur le rebord de sa fenêtre?

Journaliste et blogueur horticole, auteur de plus de 60 livres de jardinage, conférencier très en demande et jardinier passionné, le jardinier paresseux, Larry Hodgson, vit et jardine à Québec. Le blogue le jardinier paresseux offre plus de 2 000 billets aux amateurs de jardinage, toujours dans le but de démystifier le jardinage et le rendre plus facile aux participants. Si vous avez une question sur le jardinage, entrez-la dans Recherche: la réponse s’y trouve probablement déjà.

1 comment on “À chaque mois sa plante, novembre 2021 : le kalanchoé tomenteux

  1. Merci pour ces bons conseils que je vais relire attentivement, car le mien et ses nombreux bébés qui poussent dans les pots voisins se retrouve avec de longues tiges tordues et dénudées, comme sur la photo, en plus petit. C’est pourtant une très jolie plante, j’adore les plantes velues et d’un bleu-vert givré, celle-ci a les deux en plus soulignée de brun, comme pour affirmer un petit côté animal 🧸

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