Achat de plantes chez IKEA: toute une aventure!

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Ill.: clip.cookdiary.net & weather.com, montage: http://www.jardinierparesseux.com

Je n’étais pas allé chez IKEA depuis presque 30 ans. Ça fait longtemps que j’ai passé le stade «jeune marié» où l’on cherche à se meubler à peu de frais, l’idée de base des magasins IKEA, je pense bien. D’ailleurs, j’utilise toujours des étagères, des lampes et de petits meubles achetés chez IKEA à l’époque. De plus, le seul IKEA dans ma région a fermé boutique il y a longtemps. Un nouveau vient d’ouvrir et ma femme n’a pas pu se retenir d’y aller dès l’ouverture. Elle en est revenue avec des bibelots et articles de cuisine, mais je ne suis pas très bibelot… à moins que soient des bibelots qui font de la photosynthèse!

Une découverte!

Cependant, j’ai récemment découvert qu’IKEA vend maintenant des plantes d’intérieur. Peut-être qu’il le faisait dans le temps, mais je ne m’en souviens pas. Toujours est-il que je suis tombé sur leur site Web et qu’il montrait des plantes qui pouvaient m’intéresser. Donc, l’autre jour, je m’y suis arrêté, juste pour voir.

Des flèches indiquent le chemin à suivre, mais ne mènent pas directement aux plantes. Photo: clip.cookdiary.net & weather.com

Je me souvenais vaguement qu’il y a 30 ans, vous deviez suivre les flèches et faire le grand tour de l’immense magasin et j’ai vu que cela n’avait pas changé. Où étaient les plantes? Il n’y avait personne à l’entrée pour me l’expliquer. Il y avait toutefois un grand panneau directionnel énumérant les différents rayons, mais le mot «plantes» n’y figurait pas. «Végétaux» non plus. Déception! Je me suis résigné à suivre les flèches de A à Z et j’ai commencé à faire le tour.

Normalement, je suis très patient… mais pas dans un magasin de meubles. Je me suis vite rendu à l’évidence que cette visite allait être longue, très longue, et alors j’ai commencé à rebrousser chemin. Mais, l’entrée n’est pas au même endroit que la sortie. Où aller?

Me voilà encore devant le même panneau directionnel. Cette fois-ci, en le parcourant, j’ai vu le titre «Pots et supports à plantes». Bingo! Il me paraissait presque certain que les plantes d’intérieur seraient au même endroit que les pots. Le rayon des pots était le numéro 21… sur 25 rayons. Donc, plus près de la fin du parcours que du début! Puis, j’ai remarqué qu’on indiquait aussi des raccourcis. Alors, j’ai pris un premier raccourci, puis un deuxième, puis, je pense, un troisième, pour aboutir dans le rayon 19. À partir de là, je pouvais voir des pots de plantes au loin. Eureka!

Plantes en pleine débandade

Au début du rayon 21, il n’y avait que des pots et des plantes en plastique, mais plus loin, j’ai découvert le pays des vrais végétaux. Même, beaucoup d’étalages de plantes. Je commençais à saliver!

Mais, quelle déception! En me rapprochant, j’ai vite remarqué que les plantes étaient, pour la plupart, en très mauvais état. Si j’avais été le gérant du magasin, j’aurais été gêné de montrer des plantes dans un état aussi déplorable. Des plantes mortes et à moitié mortes étaient mélangées à des plantes encore vivantes, mais en difficulté.

Il n’y avait pas de fenêtre dans les environs: seulement des plafonniers éclairaient les plantes. Donc, l’éclairage était faible. Certaines plantes étaient placées dans des étalages à multiples niveaux, signifiant que la plupart ne recevaient aucun éclairage du tout. C’est terrible quand on sait que les plantes tirent toute leur énergie de la lumière.

C’est le genre de négligence que j’ai l’habitude de voir dans les étalages de plantes d’intérieur de mon supermarché local, où les plantes sont placées en vue d’une vente rapide, mais n’obtiennent aucun entretien. Ainsi, si vous n’achetez pas la plante dans la semaine qui suit son arrivée, elle est déjà en train de dépérir. Caveat emptor!

Les succulentes étaient en très mauvais état. Photo: http://www.sublimesucculents.com

C’était les succulentes qui étaient dans le pire état: il y avait autant de plantes mortes ou mourantes dans les étalages que de plantes vivantes et pourtant, les gens fouillaient à travers ce gâchis, ramassant celles qui paraissent être récupérables, sans penser qu’elles étaient probablement déjà mourantes aussi, mais moins visiblement que leurs congénères. La situation n’était pas meilleure chez les orchidées: la plupart avaient des fleurs flétries ou tombées et des feuilles jaunies, signe qu’elles étaient probablement restées sans arrosage depuis des semaines, sinon des mois. Certaines des plantes vertes semblaient être en meilleur état; probablement issues de livraisons plus récentes, mais je n’y ai rien trouvé qui m’intéressait.

Voici le type de figuier ginseng greffé que j’ai acheté. Photo: ikea.com

Puis j’ai repéré un pseudo-bonsaï: un soi-disant «figuier ginseng». Il s’agit d’un Ficus microcarpa greffé sur les racines exposées d’un autre ficus. Je n’avais jamais essayé une plante ainsi greffée et j’étais curieux. Elle était légèrement étiolée (les feuilles supérieures étaient petites et minces), mais j’évaluais que je pourrais tailler la plante un peu pour enlever cette croissance faible une fois rentré à la maison. J’ai sorti la plante de son pot (oui, je considère que j’ai le droit de vérifier les racines d’une plante avant de l’acheter!) et le système racinaire me semblait sain et sans insectes, même si le terreau était terriblement sec. Encore, une situation que je pouvais corriger rapidement à la maison.

Le pot en céramique noire dans lequel la plante était placée n’était d’aucun intérêt et semblait d’ailleurs avoir été conçu par quelqu’un n’ayant aucune compréhension de comment on arrose les plantes. La soucoupe était collée au pot, donc indétachable, ce qui signifiait qu’il serait difficile de vérifier si l’arrosage avait été efficace. Mais encore, je pouvais rempoter la plante chez moi. Peut-être que le pot pourrait servir pour présenter des bonbons ou des noix?

Aussi, le prix était raisonnable. Alors…

L’attente à la caisse était longue. Photo: Trader Doe

J’ai apporté la plante, assez lourde quand même, jusqu’à la caisse, passant encore par un autre raccourci. Pas de chance: il y avait des files d’attente sans fin à chaque poste. Alors, j’ai patiemment attendu mon tour. J’étais, inutile de vous le souligner, dans la file la plus lente.

C’était une caisse enregistreuse automatique, bien sûr. (Quoi d’autre de nos jours?) Alors, comme je suis une personne du troisième âge dont le développement cérébral n’a pas évolué depuis les années 1970, j’ai eu quelques secondes de confusion devant l’écran de paiement, mais je suis fier de moi: j’ai quand même réussi à faire le paiement sans devoir appeler la surveillante. 

Prochaine étape: emballer ma plante pour pouvoir la rentrer à la maison en bon état. Après tout, il faisait -7 °C à l’extérieur ce jour-là: pas une température à laquelle on peut exposer une plante tropicale! J’avais apporté un sac d’épicerie réutilisable, mais il était nettement trop petit: même ouvert au maximum, le pot n’y entrait pas. Donc, j’ai cherché un sac ou un manchon d’emballage avec lequel protéger la plante. Il n’y en avait pas.

Là, j’ai dû faire venir la surveillante, lui demandant un sac ou deux pour pouvoir abriter la plante lors du transport. Elle désigna une pile de feuilles de papier carrées sous la caisse, comme on utilise pour emballer les objets en céramique pour ne pas les briser, et me tendit une agrafeuse. Je devais m’en servir pour envelopper ma plante. J’étais pour le moins étonné: je n’avais jamais vu un système d’emballage similaire pour emballer une plante.

Je me suis donc mis à la tâche. Ma plante était assez grosse: environ 70 cm de hauteur et 45 de largeur. Comment utiliser des feuilles de 45 cm x 45 cm pour emballer une plante si grosse? J’ai pensé en faire une seule grosse feuille, agrafant neuf feuilles ensemble pour faire un carré. Je me suis vite rendu compte toutefois que je n’avais pas mis suffisamment d’agrafes la première fois: avec seulement une agrafe aux coins, la «feuille» s’ouvrait grand quand je la levais, laissant entrer de l’air. Alors, j’ai recommencé, rajoutant beaucoup d’agrafes. 

Mais, ce faisant, j’ai déchiré quelques feuilles et j’ai dû les remplacer. Puis, l’agrafeuse s’est coincée. J’ai montré l’agrafeuse à la surveillante en la pointant du doigt. Elle haussa les épaules avec sympathie, mais sans m’offrir d’aide. De toute évidence, débloquer des agrafeuses ne faisait pas partie de sa description de tâches.

Alors, j’ai sorti mon canif. Oui, je suis l’un de ces hommes qui gardent un petit couteau sur eux en tout temps (sauf dans les aéroports). J’imaginais que l’officier de sécurité du magasin allait rapidement venir m’arrêter pour utilisation d’une arme dissimulée, mais non: personne ne s’est présenté. Ainsi, j’ai débloqué l’agrafeuse… pour découvrir qu’il ne restait que deux agrafes dedans, moi qui étais loin d’avoir terminé!

Je fis de nouveau signe à la surveillante en agitant l’agrafeuse maintenant vide et elle revint rapidement avec une nouvelle. Peut-être qu’elle pourrait me trouver du ruban adhésif, ai-je suggéré? Ce serait plus facile que l’agrafage. Elle a parlé à une collègue, qui est partie à la recherche du ruban manquant… et n’est jamais revenue. C’était probablement son heure de pause!

Mais, bien emballer ma plante n’était plus ma seule préoccupation. Voyez-vous, le temps passait. J’ai délibérément évité de regarder les gens qui attendaient dans la file derrière moi, craignant leurs regards meurtriers alors que je tentais maladroitement d’envelopper une plante avec des produits qui n’étaient pas conçus à cet effet.

J’ai encore appelé la surveillante. N’y avait-il pas un endroit où je pourrais déplacer mes efforts d’emballage afin de libérer la caisse? Elle m’amena à une rangée de caisses fermées où il y avait une tablette et une bonne pile de feuilles d’emballage. (Elle aurait dû faire cela dès le début, à mon avis!) 

Alors, j’ai continué à envelopper, déchirer, ajouter plus de feuilles pour couvrir les trous, puis agrafer à nouveau. Cela m’a probablement pris 15 minutes.

Oui, il y a une plante dans cet emballage de fortune! Photo: http://www.jardinierparesseux.com

J’avais certainement la plante la plus outrageusement emballée que l’on ait jamais vue: 17 feuilles de papier déchiré et mutilé protégeaient ma plante du froid, mais au moins j’étais convaincu qu’elle survivrait à la courte promenade entre le magasin et mon auto garée, puis de ma voiture à la maison un peu plus tard. Et, en effet, le transfert s’est très bien fait. 

J’ai observé deux autres personnes emportant des plantes à leur auto — un palmier et un dracéna — entièrement exposées à l’air frigorifié, sans la moindre protection. J’espère qu’elles ont pu obtenir un remboursement suite à la mort de leurs plantes!

La douceur du foyer

Mon figuier ginseng dans le coin de la quarantaine. Photo: http://www.jardinierparesseux.com

Mon ficus ginseng se trouve maintenant devant ma «fenêtre de la quarantaine»: une fenêtre dans le sous-sol où je place les nouvelles plantes loin de mes autres spécimens. Au cours des quarante prochains jours, je l’inspecterai régulièrement et, si je ne trouve aucun signe d’infestation, il pourra rejoindre mes autres plantes. Je l’ai arrosé aussi, bien sûr: il en avait tellement besoin! Je vais certainement le rempoter aussi, mais plutôt au printemps. Ensuite, je verrai si je serai capable de transformer mon pseudo-bonsaï en quelque chose qui ressemble davantage à un vrai.

Épilogue

Je doute que je retourne acheter d’autres plantes chez IKEA très bientôt. Certainement pas pendant les mois d’hiver, à tout le moins. Si jamais je le fais, je vais apporter un grand sac de poubelle, au cas où!

Je me demande d’ailleurs si IKEA n’expédie pas des avis lorsqu’il reçoit une nouvelle livraison de plantes afin de permettre aux clients sérieusement intéressés par les végétaux de passer rapidement chercher des spécimens encore pétants de santé avant que le déclin dû à la négligence s’installe. Il faudrait que je m’informe.

Je n’accorderais pas à mon IKEA local plus qu’un C- pour le choix de plantes (la plupart des plantes étaient assez classiques) et manifestement un F pour l’entretien des végétaux.

Par contre, il n’y a pas de note assez basse pour leur offre d’emballage pour les plantes. Des carrés de papier? Posés par le client? Avec une agrafeuse? C’est ridicule! 

IKEA n’est-il pas une société suédoise? N’ont-ils pas un hiver en Suède? Ils ne s’attendent certainement pas à ce que leurs clients quittent un magasin scandinave par temps glacial avec un palmier ou un spathiphyllum non protégé! C’est un manque flagrant de respect envers leurs clients!

Une suggestion pour les dirigeants d’IKEA! Si vous voulez vendre des plantes tropicales, vous devez au moins vous assurer que vos clients puissent les ramener à la maison en bon état! Donc, SVP, fournissez un emballage approprié par temps froid. 

11 réflexions sur “Achat de plantes chez IKEA: toute une aventure!

  1. Nassima SG

    Ils sont fort, ils nous font faire le travail du caissier et nous demande d’embaler nous même nos article, tout en gardant les prix elevés.
    Un jour dans un magasin de sport, il y a eu erreur sur le prix. Je suis etourne voir la caissière. Sans excuse elle me demande d’aller voir le vendeur pour qu’il marque le code promo. Je lui ai dis qu’elle pouvait y aller et que je t’attendrai. Elle était pas contente, ça a interrompu sa conversassion avec sa collègue lol.

  2. Diane Paul

    Certains autres commerces à grandes surfaces comme Canadian Tire et WalMart traitent les plantes de la même manière, lorsqu’ils en offrent : toutes coincées ensemble sur une étagère pas très loin des caisses, sans lumière, placées sans ménagement de sorte que beaucoup de tiges sont brisées, et pas arrosées bien entendu…de fait, elles sont moins bien traitées que les autres produits qu’ils vendent…c’est tout simplement lamentable…

  3. Patrick

    Pas mal d’accord avec vous sur le soin apporté aux plantes chez IKEA! Part contre, j’ai été plus chanceux que vous. J’ai déniché l’automne dernier (par une journée douce!) un très joli phalenopsis mauve et violet, comportant 3 tiges florales. Il était en parfaite santé (nouvel arrivage, je suppose), et croît très bien et a refleuri plusieurs fois depuis son adoption dans ma demeure.

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