Ma mauvaise herbe préférée : la molène commune

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Molène commune (Verbascum thapsus). Photo: Wikimedia Commons

On dit que la mauvaise herbe d’une personne est la fleur sauvage d’une autre… et je suis tout à fait d’accord. J’ai même une « mauvaise herbe » préférée : la molène commune (Verbascum thapsus). On la trouve sur la liste des mauvaises herbes nuisibles de tous les agriculteurs — après tout, le bétail ne la mange pas et elle prend de la place — et pourtant c’est une magnifique fleur sauvage qui paraît spontanément dans nos jardins où elle n’est peut-être pas si indésirable.

La molène commune est originaire d’Eurasie et d’Afrique du Nord mais, en raison de sa capacité à se semer elle-même et de sa grande adaptation aux conditions variables, elle est maintenant présente presque partout dans le monde, du moins dans les régions tempérées, y compris en Amérique du Nord, en Australie et même à Hawaï ! Elle a probablement été introduite dans ces nouveaux milieux par des graines accidentellement mélangées avec des céréales.

Notre plante porte une foule de noms communs, y compris molène vulgaire, grande molène, bonhomme, bouillon blanc, cierge de Notre-Dame, herbe de Saint-Fiacre et tabac du diable. En anglais, on l’appelle parfois « cowboy toilet paper » ! Quant au nom molène, il dérive de la texture moelleuse de la feuille. Touchez-y ! C’est comme caresser l’oreille d’un ourson en peluche !

La jolie molène en fleurs. Photo: Larry Allain, U.S. Geological Survey

Même les gens qui la considèrent comme une mauvaise herbe à contrôler doivent bien admettre que la molène est une fort jolie plante. 

Je reçois régulièrement des photos de lecteurs qui la voient apparaître à l’improviste dans leur jardin et qui veulent savoir ce que c’est. Souvent, ils écrivent : « Je ne me souviens pas d’avoir planté cela », signe certain qu’ils ne se sont pas rendus compte qu’il s’agissait d’une « mauvaise herbe », mais la prennent pour une plante ornementale qu’ils ont plantée et oubliée.

Cycle de croissance

Rosette argentée de la molène commune. Photo: commonsensehome.com

La molène commune est une bisannuelle. La première année, elle produit une rosette basse de feuilles épaisses, sessiles, duveteuses, lancéolées à ovales d’environ 50 cm de long. À ce stade, toute la plante a une apparence argentée et elle est déjà très attrayante. 

La deuxième année, une tige droite épaisse se développe à partir du centre de la rosette, généralement sans ramification, atteignant 1 à 2 m de hauteur. Elle porte une masse serrée de fleurs jaunes parfumées à 5 pétales. Elles s’ouvrent plus ou moins de bas en haut, quelques-unes à la fois. Chaque fleur ne dure qu’une journée, mais la floraison se maintient pendant une durée de jusqu’à 3 mois, beaucoup plus longtemps que la plupart des plantes ornementales que nous cultivons exprès. 

Les fleurs se transforment lentement en capsules qui produisent jusqu’à 240 000 graines minuscules par plante.

Chardonneret sur un épi de molène. Photo: themeditativegardener.blogspot.com

À la mi-automne, les feuilles meurent et se décomposent peu à peu, mais la tige florale reste debout tout l’hiver. Dans ma cour, elle fournit des graines aux chardonnerets (Spinus tristis) lors de leur migration vers le sud, puis de nouveau lorsqu’ils reviennent dans mon jardin au printemps. 

Effet hivernal. Photo: Jennifer Keir, ravenwoodwildcraft.ca

Je trouve les épis morts particulièrement attrayants quand ils sont partiellement recouverts de neige. La tige florale, même si elle est bien morte, peut quand même rester debout pendant 2 ou 3 années si vous ne la supprimez pas.

Une mauvaise herbe utile

Personnellement, j’utilise cette plante uniquement comme plante ornementale, mais elle est largement utilisée comme plante médicinale à travers le monde. Par exemple, dans certaines régions, l’huile de molène est utilisée pour traiter les verrues, les furoncles et les hémorroïdes, et dans d’autres, les cataplasmes de racine de molène en poudre traitent les éruptions cutanées, les plaies et les infections de la peau. On peut également en faire une boisson (filtrez-la pour éliminer les poils irritants) qui a également des usages médicinaux.

Ou utilisez la tige séchée trempée dans de la cire comme torche ou ses fibres comme mèches de bougie. On peut aussi l’employer en teinturerie pour donner aux étoffes de jolis coloris jaunes ou verts. Et autrefois, on faisait sécher les feuilles pour servir de papier toilette. On dit même que c’est la molène est à l’origine du papier hygiénique ! Et il y a beaucoup d’autres utilisations encore.

Pas si envahissante

La molène attire toujours les regards. Photo: http://www.etsy.com

Je reconnais que la molène peut être une mauvaise herbe, c’est-à-dire qu’elle peut germer dans des endroits où elle n’est pas désirée. Mais elle est assez facile à arracher quand cela se produit. Bizarrement, ce n’est pas une espèce très compétitive : elle ne germera pas à l’ombre des autres plantes, par exemple, et ne survivra pas non plus aux labours. Au lieu de cela, elle « remplit les trous », s’installant dans des endroits vides du paysage. Ainsi, habituellement on voit paraître des plantes éparpillées plutôt que de grosses colonies.

En conséquence, la molène ne domine jamais le paysage, mais apparaît spontanément ici et là, toujours une surprise pour le jardinier… et une surprise agréable, j’espère ! Personnellement, je ne fais jamais l’effort de la semer moi-même, mais tous les ans, j’ai au moins une molène commune en fleurs sur mon terrain, et parfois 3 ou 4. 

Les graines de molène peuvent survivre dans le sol pendant un siècle et plus (sans farce !). Ainsi, même si vous n’avez pas vu une molène sur votre terrain depuis fort longtemps, elle peut soudainement réapparaître.

Et puis, elle disparaît tout aussi rapidement, réapparaît de nouveau ailleurs, et disparaît encore. La molène : la spontanéité faite fleur ! 

2 réflexions sur “Ma mauvaise herbe préférée : la molène commune

  1. Nat

    Bonjour, J’imite ma grand mère en faisait des tisanes avec les fleurs séchées.
    C’est un bonheur de l’avoir au jardin et en plus elle est très mellifère.

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