La mauvaise méthode pour tailler un arbre

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Qui n’a pas déjà vu un arbre coupé de façon radicale, avec toutes les branches à la même longueur? On appelle cela officiellement écimage ou étêtage… mais «topper un arbre» dans le langage québécois courant. Et l’arbre qui résulte d’une taille aussi sévère s’appelle un têtard (sans farce!). Il y a même des «émondeurs» (bien qu’ils ne méritent pas un tel nom) qui se spécialisent dans ce genre de taille. 

Il est incroyable de penser que, au 21esiècle, il existe encore des gens qui pensent que cela est bénéfique à l’arbre et qui sont prêts à payer pour un tel massacre. Pourtant, force est de constater que cette technique est encore très populaire.

Cette taille laisse une foule de chicots, des portes d’entrée pour les maladies et les insectes. Photo: http://www.gardening-guy.com

Dites-vous bien qu’une bonne partie des arbres ainsi taillés vont en mourir! En taillant toutes les branches à la même longueur sans égard à leur structure plutôt que de couper attentivement aux endroits où la blessure peut le mieux se recouvrir rapidement d’écorce saine (on dit qu’elle se compartimente), on crée une vaste quantité de chicots, chacun étant une source de pourriture et une porte d’entrée pour les insectes indésirables.

De plus, après une telle taille, l’arbre réagit en produisant des touffes de gourmands à l’extrémité des branches plutôt que de véritables branches de remplacement. L’élagueur vous a probablement promis que, grâce à sa taille, il y aura moins d’ombre sur votre terrain, mais, très rapidement, grâce à la densité des gourmands, l’ombre sous l’arbre sera plus profonde que jamais.

Une véritable forêt de gourmands provoquée par une taille malsaine. Photo: http://www.statesmanjournal.com

Ces gourmands sont faiblement fixés à l’arbre, puisqu’une pourriture interne s’est installée à l’emplacement de la taille, et tendent alors à chuter sous un fort vent ou sous le poids de la neige. D’ailleurs, une fois qu’on a commencé à étêter un arbre, il faut répéter l’opération tous les 3 ou 4 ans, sinon les nouvelles branches tombent les unes après les autres. La pourriture s’installe peu à peu et, dans beaucoup de cas, la mort s’ensuit de 10 à 15 ans plus tard.

On n’écime pas les arbres, point à la ligne. Ill.: http://www.arborday.org

La solution est facile: laissez vos arbres pousser à leur guise, n’intervenant que s’il y a un vrai problème. 

Si jamais vous jugez qu’il y a une taille à faire, il faut l’entreprendre sélectivement, éliminant les branches mortes, faibles ou endommagées. S’il faut raccourcir une branche saine, faites-le avec beaucoup d’attention, pas à l’aveuglette. Et utilisez toujours les services d’un arboriculteur qui s’y connaît. S’il vous offre de tailler votre arbre en boule, c’est un profiteur, pas un élagueur!

N.D.L.R. Billet originalement publié le 18 mars 2015

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4 réflexions sur “La mauvaise méthode pour tailler un arbre

  1. Carine

    Bonjour, j’ai en façade deux érables rouges que les anciens proprios ont ainsi « gardé propre ». Depuis notre arrivée, il y a 3 ans, je laisse pousser les arbres et refuse la coupe sauvage pratiquée sur toute la rue. Je ne suis pas une pro mais j’ai bien remarqué les bouts tronçonnés qui pourrissent et certaines nouvelles branches fines qui sont cassées au vent. Certains oiseaux sont venu complètement « nettoyer » des bouts pourris mais pas tous…
    L’an passé j’ai coupé plusieurs nouvelles branches, enlevant les plus faibles pour garder un maximum de branches d’un calibre normal d’érable. Je reste inquiète de plusieurs sites de pourriture, est-ce que je peux faire quelque chose pour éviter l’éventuel abattage?

    • Vous faites ce que vous pouvez. Il serait sage de les faire voir par un arboriculteur certifié. Peut-être qu’il recommanderait une certaine taille pour enlever toute partie qui commence à pourrir et pour égaliser la repousse.

  2. Mathieu Rousseau

    Bien fait (en trogne), c’est tout de même une technique qui as son intérêt. Par exemple pour quelqu’un cherche a produire du bois de chauffage ou de la matière organique à composter y trouver une solution efficace. Par contre, hormis cet aspect utilitaire..

  3. Henry Boucher

    Autrefois on pratiquait cette coupe pour obtenir des grandes quantités de petites branches de taille uniforme pour faire des balais .

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