Blanc sur les feuilles de lilas

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Lilas atteint du blanc. Source: glimpsesofglory-karen.blogspot.com

Question : J’ai des lilas et chaque année à la fin de l’été les feuilles ont du blanc dessus. Que puis-je faire pour contrer ça?

Gisèle Lamontagne

Réponse : D’abord, sachez que cette maladie, appelée tout simplement blanc, ou plus rarement mildiou poudreux, est essentiellement inoffensive pour les lilas, surtout quand elle survient en fin de saison, ce qui est habituellement le cas. Elle ne nuit pas à la santé de l’arbuste et ne réduit pas la floraison de l’année suivante.

On appelle la maladie «blanc», car le feuillage semble couvert de poudre blanche, mais en fait, il n’y a pas poudre : ce qu’on voit, ce sont les corps fructifères d’un champignon microscopique qui s’est installé en catimini sur la surface supérieure de la feuille. Ces corps produisent des spores qui seront portées par le vent jusqu’à un autre lilas.

Il y a plus de 1000 espèces de champignon qui peuvent causer le blanc, mais les deux plus couramment vues sur le lilas sont Erysiphe syringae (anciennement Microsphaera syringae) et Phyllactinia syringae. 

20180906B bladmineerders.nl.jpg

Blanc (Erysiphe syringae) produisant des spores, tel que vu sous un microscope. Source: bladmineerders.nl

Elles sont spécifiques aux lilas et ne toucheront aucune autre plante (sinon quelques proches parents, comme le troène), donc vous n’avez pas à craindre que le blanc du lilas nuise à vos autres plantations.

Sur le lilas, comme sur beaucoup de plantes, le blanc est surtout une maladie de sénescence (de vieillissement). Il s’attaque essentiellement aux feuilles qui sont à la fin de leur période d’utilité (soit à la fin août et en septembre). C’est pour cela qu’il ne nuit pas vraiment à l’arbuste : ce dernier a déjà emmagasiné ses réserves d’énergie pour l’année suivante lorsque la maladie survient.

Contrôle

Logiquement parlant, il n’est pas nécessaire de traiter le blanc sur le lilas, car il ne nuit pas. Tout au plus peut-on essayer de le prévenir avec les actions suivantes :

1. Choisir une variété moins sensible. C’est surtout le lilas commun, aussi appelé lilas français (Syringa vulgaris), qui est sujet au blanc. Les autres lilas (S. meyeri, S. patula, S. x prestoniae, etc.) sont rarement touchés. Il existe toutefois des lilas communs résistants à la maladie, dont :

20180906C Syringa vulgaris Katherine Havemeyer www.denmulderboomteelt.com.jpg

Syringa vulgaris ‘Katherine Havemeyer’. Source: http://www.denmulderboomteelt.com

  • Syringa vulgaris ‘Arch McKean’
  • Syringa vulgaris ‘Avalanche’
  • Syringa vulgaris ‘Charles Joly’
  • Syringa vulgaris ‘Charm’
  • Syringa vulgaris ‘Edith Cavell’
  • Syringa vulgaris ‘Firmament’
  • Syringa vulgaris ‘Henri Robert’
  • Syringa vulgaris ‘Katherine Havemeyer’
  • Syringa vulgaris ‘Ludwig Spaeth’
  • Syringa vulgaris ‘Macrostachys’
  • Syringa vulgaris ‘Madame Lemoine’
  • Syringa vulgaris ‘Marie Finon’
  • Syringa vulgaris ‘Marie Legraye’
  • Syringa vulgaris ‘Mrs. Harry Bickle’
  • Syringa vulgaris ‘Paul Thirion’
  • Syringa vulgaris ‘President Lincoln’
  • Syringa vulgaris ‘Primrose’
  • Syringa vulgaris ‘Sensation’.
  • Syringa vulgaris ‘Silver King’
  • Syringa vulgaris ‘Vestale’

2. Planter l’arbuste sous les meilleures conditions possibles, soit au plein soleil dans un emplacement bien aéré et dans sol bien drainé, si possible légèrement alcalin.

3. Tailler l’arbuste de façon à améliorer la circulation d’air.

4. Arroser le sol au pied du lilas en période de sécheresse, car le blanc s’installe surtout quand la plante est stressée par un manque d’eau.

5. Arroser hebdomadairement le feuillage à l’eau claire quand le temps est chaud et humide (période où la maladie s’installe habituellement), car cela tend à délaver le feuillage des spores de champignon. Faites cela le matin pour que le feuillage ait le temps de sécher avant la nuit, sinon cela peut laisser l’arbuste sensible à d’autres maladies.

6. Éviter de fertiliser les lilas, surtout avec des engrais à gazon, car ces derniers tendent à stimuler une croissance exagérée, sensible aux maladies. De toute façon, les lilas s’accommodent très bien des sols de fertilité tout à fait ordinaire.

7. Ramasser les feuilles tombées à l’automne et, si vous les utilisez comme paillis ou dans le compost, ne pas utiliser le produit final au pied des lilas, mais seulement dans d’autres plantations.

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Huile horticole. Source: hydrodionne.com

8. Vaporiser mensuellement le feuillage avec une huile horticole (offerte en jardinerie) jusqu’à l’automne. Il faut commencer après la floraison, avant que les symptômes n’apparaissent. Je considère cette méthode comme une méthode de dernier recours, à n’appliquer vraiment que sur les lilas qui se sont montrés sensibles à la maladie dans le passé.

Ou ne faites rien du tout

Personnellement, les seules actions que je prendrais seraient les deux premières: planter une variété naturellement résistante, et cela sous des conditions convenables afin de mettre toutes les chances de mon côté. Après tout, pourquoi se battre contre une maladie qui ne nuit pas à la santé de son hôte et qui n’est même pas très dérangeante visuellement? (En effet, généralement le feuillage grisonne de façon assez égale, donnant tout simplement un effet d’arbuste à feuillage gris quand on le voit de loin.) Autrement dit, mettez en pratique la règle des 15 pas.

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