Par Larry Hodgson
Quand un arbre souffre d’une blessure quelconque, habituellement la plaie se recouvre d’écorce fraîche et on le croit alors guéri. Après tout, quand un être humain se blesse, de nouvelles cellules se forment qui remplacent les cellules mortes et la récupération est totale.
Mais ce n’est pas le cas chez les arbres. La blessure se referme, c’est vrai, mais sous cette nouvelle couche d’écorce, les cellules endommagées meurent et ne sont pas remplacées. À la place, quand tout va bien, les cellules autour de la blessure émettent des produits chimiques, produits conçus pour prévenir la pourriture, et de nouvelles cellules recouvrent la blessure.
La plaie n’est pas guérie, toutefois: elle est tout simplement isolée. On appelle cela le «compartimentage»: l’arbre «isole» les cellules mortes sujettes aux infestations. Mais cette blessure demeurera un point faible pour le reste de la vie de l’arbre et il y aura toujours un risque d’infestation (notamment par la pourriture), même des décennies plus tard. Les arbres creux sont tout simplement des arbres où le compartimentage n’a pas pleinement réussi.
Qu’est-ce que cela change dans la vie d’un propriétaire d’arbre? Tout simplement qu’il vaut mieux tailler les arbres le moins possible. Et que s’il faut supprimer une branche (et cela arrive), mieux vaut le faire quand la branche est jeune, car la blessure sera plus petite et le compartimentage se fera alors plus rapidement et plus efficacement.
Aussi, s’il vous faut couper une branche, faites-le juste au-delà du bourrelet (collet) à sa base: c’est là que se trouve la plus grande concentration de cellules isolantes et si l’on coupe à cet endroit, la blessure se recouvrira plus rapidement.
Ne laissez pas de chicot, toutefois: l’arbre aura beaucoup de difficulté à le recouvrir de cellules fraîches et alors, le passage sera grand ouvert aux insectes et aux maladies.
Ill.: extension.purdue.edu
Et ne peignez pas non plus la plaie avec de la peinture ou de la pâte d’émondage. On pensait autrefois que ce type de produit suranné aidait à protéger le bois de la pourriture, mais nous savons maintenant qu’il fait exactement le contraire et encourage le développement de la pourriture. Si une branche s’arrache, coupez de façon à égaliser la plaie et à laisser une surface aussi petite et aussi lisse que possible, mais ne mettez rien sur la lésion. Faites plutôt confiance à dame Nature: elle sait quoi faire !
Évitez surtout les soi-disant émondeurs qui offrent de raccourcir toutes les branches de votre arbre. Ils laissent des chicots sur toutes les branches et donc votre arbre dépérira peu à peu après leur passage. Ce sont des charlatans qui ne connaissent pas les arbres. Préférez un arboriculteur certifié pour ce genre de travail: il perdra son permis s’il est pris à faire un gâchis semblable. S’il vous faut absolument engager un élagueur moins formé, demandez-lui au moins ce qu’il connaît du compartimentage!

