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Peut-on multiplier une plante brevetée? 

Étiquette avec indication Propagation strictly prohibited.

Par Larry Hodgson

Question: J’étais en train de prendre des boutures de mon coléus comme je le fais chaque printemps quand j’ai vu sur l’étiquette d’origine une mention «Propagation strictement interdite». Je n’avais jamais remarqué cela auparavant. Cela signifie-t-il que je ne peux pas faire de boutures de cette plante? Parce que si j’avais su ça, je ne l’aurais jamais achetée. La moitié du plaisir de cultiver des plantes est de les multiplier!

Darlène Leblanc

Réponse: De nos jours, de plus en plus de plantes sont protégées par un brevet. Souvent, ce sont des plantes fort attrayantes et quel jardinier ne serait pas intéressé à essayer de les multiplier pour en avoir d’autres?! Mais l’étiquette indique «multiplication non autorisée interdite», «propagation interdite» ou une phrase similaire. Est-ce que cela s’applique aux jardiniers amateurs?

Bien qu’on lise parfois le contraire sur Internet, un avis légal émis par l’avocat de la Garden Writers Association (maintenant Garden Communicators International) prétend que la multiplication asexuelle d’une plante brevetée est effectivement illégale sans la permission du brevetaire, habituellement une pépinière. Et cela s’applique même si c’est tout simplement pour des fins personnelles. Donc, il est considéré comme illégal de procéder à toute forme de multiplication asexuelle d’une telle plante: bouturage, marcottage, division, culture in vitro, etc.

Vous pourriez théoriquement récolter les semences de votre plante et les semer, car le brevet de la plante ne couvre que la reproduction asexuée, mais ces plantes sont des hybrides et les semis ne seront pas conformes au type, ce qui va plutôt à l’encontre de l’objectif, soit de produire des copies conformes de la plante d’origine.

Par contre, vous ne serez jamais trainé en cour pour un tel délit… du moins, tant que vous ne vendez pas la plante produite. Autrement dit, ce qui inquiète le brevetaire est qu’une compagnie non autorisée commence à vendre sa plante protégée. Qu’un jardinier en fasse 10 boutures pour embellir sa platebande ne le dérange pas outre mesure.

Non, vous n’irez pas en prison pour le bouturage illégal d’un coleus. Ill.: CIipArtBest.com

D’ailleurs, il y a quelques années, j’ai posé la question à un responsable de la compagnie Proven Winners, qui possède de nombreux brevets de plantes, et il m’a dit que sa compagnie sait pertinemment que les jardiniers amateurs reproduisent leurs plantes sans permission et que la politique de la compagnie est de le tolérer. Il n’est pas question de poursuite criminelle. Par contre, Proven Winners poursuivra en justice tout revendeur de végétaux pris à le faire.

Donc, multiplier asexuellement, pour ses fins personnelles, une plante protégée par un brevet est en fait théoriquement illégal… mais il n’y a aucune répercussion à craindre. À vous de juger si c’est acceptable.

Billet adapté d’un article paru dans ce blogue le 7 février 2016.

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