Voici la réponse que j’ai donnée à une lectrice au sujet d’une invasion de perce-oreilles en 2001. Et, 20 ans plus tard, les perce-oreilles ne sont toujours pas un problème digne de mention dans mes jardins.
Larry Hodgson
Question: Ma mère est aux prises avec des perce-oreilles. Il y en a des milliers. Ils mangent tous les végétaux annuels ou vivaces. Après un passage d’une nuit, il ne reste plus que les nervures. Même les tagètes y passent! Elle a essayé de la roténone, puis de nombreux pièges: plusieurs s’y prennent, mais ils sont encore nombreux. Toutes les annuelles plantées sont en voie de disparition ainsi que les cucurbitacées. Que doit-on faire? C’est la deuxième année que cela est aussi grave.
Martine Létourneau,
St-Roch-des-Aulnaies
Réponse: Le perce-oreille ou forficule est un insecte relativement nouveau au Québec. Lorsqu’il arrive dans une région jusqu’alors indemne, il prolifère au point de provoquer des dommages épouvantables et tout traitement est inutile, car on a beau les tuer par milliers, les disparus sont vite remplacés par d’autres. D’accord, il y a mille trucs pour les tuer; tous ceux qui en sont victimes en connaissent au moins une dizaine; mais ça ne change strictement rien.
Trucs pour se débarrasser des perces-oreilles?
Vous pouvez les attraper dans une boîte de sardines, les vaporiser de savon insecticide ou les tuer de toute autre façon qu’il vous plaît: plus vous en tuez, plus il y en a qui arrivent de chez vos voisins! C’est tellement décourageant que plusieurs songent à abandonner le jardinage!
Puis les choses se calment. Personne ne sait pourquoi, mais après deux ou trois étés d’horreur, la population baisse et tout rentre dans l’ordre. D’accord, on voit encore des perce-oreilles, des fois en assez grosses quantités, mais ils ne font plus de dégâts. Ils reprennent plutôt leur rôle de prédateur qu’ils jouent dans leur Europe natale et on peut donc dire que s’ils sont actuellement des ennemis, ils pourraient devenir presque des amis, car ils mangent les limaces et autres intrus.
Je suggère à votre mère d’être patiente: durant les étés d’abondance, qu’elle essaie d’éviter les végétaux que les perce-oreilles aiment, comme la plupart des annuelles et certains légumes, les remplaçant par des végétaux plus résistants. Quand l’infestation se calmera, elle pourra reprendre ses cultures habituelles.
Dans ma propre cour où, il y a dix ans, je pensais ne plus jamais pouvoir cultiver de laitue, de glaïeuls, de rudbeckias ou de dahlias, je peux maintenant cultiver ce qui me plaît. D’accord, je vois encore beaucoup de perce-oreilles, surtout si je déplace un objet laissé par terre puisqu’ils adorent l’obscurité. Cependant, force est de constater qu’il n’y a presque plus de dégâts et je les laisse maintenant tranquilles.
Féroces prédateurs
Si nous, Nord-Américains, détestons les perce-oreilles au point de vouloir les éliminer, en Europe, au contraire, on les considère comme des amis. On va même jusqu’à clouer de petites boîtes trouées ou des pots de terre cuite remplis de paille sur les arbres fruitiers pour servir de maisons aux perce-oreilles, car on sait qu’ils sont de féroces prédateurs des pucerons qui dévastent régulièrement les cultures.
Encore d’autres informations: Chasser les perce-oreilles de votre barbecue

