Quand je dis que j’ai fait germer des rhododendrons du Canada, des primevères et des plantes alpines rares à la maison, les gens ont souvent l’impression que je travaille avec du matériel ultrasophistiqué ou que j’ai une serre hi Tech! Et pourtant, c’est tout le contraire. Mon «kit» de semis est majoritairement constitué de matériaux recyclés.
Les contenants à semis
Pour faire des semis, ça prend des pots. Et tout est là, dans le bac de recyclage. Petits contenants de yogourt et pots de plastiques en tout genre. Personnellement, j’ai un grand coup de cœur: le casseau à champignons. C’est le format idéal pour faire un semis à échelle familiale! En effet, le casseau à champignons contient juste ce qu’il faut de graines de tomates, d’annuelles ou de persil pour combler les besoins de ma petite maisonnée, incluant les cadeaux aux voisins et amis. Avec une paire de ciseaux, je fais quelques petites entailles dans le fond du contenant pour assurer le drainage. Car, il est essentiel que les contenants pour semis soient munis de trous de drainage. Depuis quelque temps, je me procure des tomates cerises produites dans ma région et qui sont vendues dans des barquettes en carton. Du même format que mon adorable casseau à champignons, celle-ci a l’avantage d’être compostable, ce qui la rend plus écologique. Elles seront mises à l’essai prochainement!
Pour certains semis, comme les courges et les concombres, on peut confectionner des godets avec des bandes de papier journal. Ces godets peuvent être plantés directement en pleine terre au printemps.
Les semences
Toute personne qui fait des semis a des surplus… une boîte pleine de surplus. La première étape consiste donc à profiter d’une visite innocente chez des amis pour glisser dans la conversation le projet de commencer des semis. Il n’en faut pas plus pour que la boîte magique se retrouve sur la table et que les sachets défilent et s’empilent. L’autre option est d’assister à une Fête des semences. C’est là, dans les Fêtes des semences que je sélectionne les variétés qui seront mises à l’essai dans mon jardin. Ces activités gratuites sont de formidables moments pour entrer en contact avec des producteurs de semences biologiques de grand talent. Je me laisse influencer par mes amis semenciers et ça donne toujours de bons résultats. Cette année, je retente ma chance avec les sojas, les edamames et les pois chiches. La tomatille ‘Malinalco’, la tomate ‘Puztakolosv’ et le radis ‘Prune Mauve’ sont aussi du programme potager.
Le dôme transparent
Nos graines fraîchement semées doivent bénéficier d’un haut taux d’humidité. Généralement, on utilise un dôme de plastique transparent. J’en ai quelques-uns. Mais avouons-le, les grandes barquettes de croissants sont tout aussi efficaces. On peut aussi remplacer le dôme par un simple sac de plastique transparent, retenu par quelques bâtonnets. Bref, tout ce qui est transparent peut servir à maintenir un haut taux d’humidité autour des semences.
Les plateaux à semis et mon étagère : le duo parfait!
Comme plateau pour recevoir mes contenants à semis, j’utilise des plateaux noirs sans trous comme on en voit sur le marché. Toutefois, je tente de me procurer ceux pour professionnels, qui sont plus épais et donc plus solides et durables. Je réutilise ces plateaux jusqu’à leur épuisement le plus total. Lorsqu’ils percent, je les empile avec d’autres plateaux troués, histoire de prolonger leur utilité au maximum. Ce grand plateau sert à recueillir le surplus d’eau. On pourrait facilement le remplacer par une soucoupe, une assiette ou un couvert de plastique. Pour ma part, ils ont le format parfait pour mon étagère à semis, celle que j’ai construite moi-même avec du bois recyclé. Facilement démontable, je la range au sous-sol pour l’été et je la réinstalle avec les premiers flocons, histoire de me partir des micropousses et des mescluns pour survivre à l’hiver!
Le terreau, oui je flanche!
Le seul item que je conseille d’acheter neuf, c’est le terreau, surtout quand on est à ses premières expériences. Les vieux terreaux sont parfois contaminés avec des spores de champignons qui peuvent occasionner la fonte des semis. Ils sont aussi moins absorbants. On met toutes les chances de son côté en travaillant avec un terreau neuf. D’ailleurs, les surplus de terreau pour semis peuvent très bien remplir les contenants décoratifs et les boîtes à fleurs. Rien ne se perd…
Les étiquettes
Un semis sans étiquette, c’est l’annonce d’une catastrophe imminente! Cela semble superflu, mais ce ne l’est pas, surtout quand on sème 6 variétés de tomates par année! Pas facile de les reconnaître par les feuilles… Ici, j’use de toutes les stratégies possibles! D’abord, un ménage de « l’armoire à pots » : celle qui rassemble un méli-mélo de pots de plastiques recyclés et de couverts de pots de yogourt. Tout ce qui ne trouve pas son âme sœur devient instantanément du matériel à étiquettes! Je coupe le tout en petites languettes juste assez larges et longues pour y inscrire la date et le nom de la plante. J’ai longtemps utilisé de vieilles lattes de stores horizontaux et parfois des bâtons à popsicle.
Tout ceci pour vous démontrer qu’on peut, en se cassant un peu la tête, trouver facilement du matériel à semis parmi ces matériaux qui méritent d’avoir une deuxième vie (et pourquoi pas une troisième et quatrième vie). Et, dans la même logique, il n’est pas nécessaire de se payer un équipement coûteux pour réussir ses semis aussi bien que les professionnels. Le blogue du jardinier paresseux regorge d’articles sur les techniques de semis à l’intérieur. Mais sérieusement, le casseau à champignons… quelle merveille!
