Site icon Jardinier paresseux

Le voleur de plantes frappe encore!

Voleur de plantes dérobant une fougère corne d’élan.

Par Larry Hodgson

J’ai encore une fois été victime d’un vol de plantes. 

De tels vols se sont produits plusieurs fois au fil des ans. La plupart des plantes volées étaient des plantes d’intérieur que j’avais placées à l’extérieur dans des pots pendant l’été, donc faciles à dérober. Ce fut aussi le cas cet été. Les victimes cette fois étaient des plantes suspendues que j’avais fixées au pommetier dans mon jardin.

La seule photo que j’ai des trois plantes volées les montre à l’intérieur en hiver, en train de recevoir leur trempage hebdomadaire, ma façon d’arroser ces plantes qui n’ont pas de pot. Elles avaient l’air beaucoup plus jolies en suspension que dans le fond d’un évier! Photo: www.jardinierparesseux.com

Vers la fin août, trois plantes ont disparu: un tillandsia fixé sur un pendentif, un morceau de bois flotté suspendu auquel j’avais attaché plusieurs tillandsias différents, dont une touffe très vigoureuse de mousse espagnole (Tillandsia usneoides) et une fougère corne d’élan (Platycerium bifurcatum) qui poussait sur une plaque de bois fixée au tronc de l’arbre.

Ce qui m’avait d’abord frappé était l’absence de l’arrangement de tillandsias sur le bois flotté, car la mousse espagnole, avec ses longues tiges si argentées, se démarquait vraiment du reste de la végétation dans le secteur. On pouvait difficilement l’ignorer! Ma première pensée a été qu’elle était tombée de l’arbre, le genre de chose qui arrive quand on suspend une plante à une branche. Mais j’ai regardé en dessous sans la voir. En cherchant, j’ai levé les yeux un peu et j’ai vu que la fougère corne d’élan manquait également. Aucune trace d’elle dans le parterre de fleurs à la base de l’arbre. Il m’a fallu quelques secondes pour comprendre que la seule explication était le vol. J’avais encore été cambriolé!

Pourtant, cette fois, je pensais avoir tout fait pour protéger mes plantes. Les vols antérieurs avaient eu lieu à des endroits visibles de la rue. N’importe qui aurait pu voir ces plantes, ressentir un besoin soudain de les posséder et s’enfuir avec elles sous le bras.

Cette fois, cependant, les victimes n’étaient pas visibles du public. Elles étaient dans mon arrière-cour, complètement hors de vue de qui que ce soit à l’exception de mes deux voisins (en qui j’ai entièrement confiance… et qui ne sont en aucun cas des amateurs de plantes). Le voleur a dû monter plusieurs séries de marches (ma maison est sur une colline escarpée), faire le tour de la maison et entrer dans la cour. Il n’y a pas de clôture pour la protéger du monde extérieur, mais un bon voleur aurait certainement pu escalader un tel obstacle, donc je ne considère pas l’absence de clôture comme une violation majeure de l’étiquette de la protection contre le vol.

Une fois dans la cour, le voleur aurait alors eu le choix d’une centaine de plantes en pot placées à l’extérieur pour l’été. La plupart étaient sur la terrasse, cependant, donc près de la maison, et auraient pu alors constituer un plus grand risque de détection. Les plantes suspendues au pommetier représentaient les plantes les plus éloignées de l’habitation, mais aussi les plus éloignées de la rue.

Accident de parcours ou vol planifié?

Il est difficile d’imaginer quelqu’un se promenant «accidentellement» d’arrière-cour en arrière-cour dans un quartier de banlieue qui, voyant soudain des plantes attrayantes et, incapable de lutter contre l’envie de posséder de tels spécimens, les saisirait et s’enfuirait avec eux. Aucun livreur ou agent de service n’a non plus été dans ma cour cet été: ils sonnent tous à la porte d’entrée, pas à l’arrière.

Je dois donc me demander si ce n’était pas une casse planifiée. Je ne suis pas exactement une personne inconnue dans le petit monde de l’horticulture. Je fais de la radio, de la télévision, donne des conférences et écris des articles de journal, de magazine et de blogue ainsi que des livres, etc. Je mentionne souvent devant un grand nombre de personnes que je place la plupart de mes plantes d’intérieur dehors pour l’été et suis très fier d’avoir une grande collection de ces plantes: des centaines de spécimens! Et je ne cache pas non plus où j’habite. C’est un quartier résidentiel dans la ville très classe moyenne de Québec, après tout, pas Beverly Hills.

Peut-être que quelqu’un en a pris note et est venu jeter un coup d’œil?

J’ai le soupçon, cependant, que plusieurs sinon toutes les plantes qui ont disparu au fil des ans (plusieurs incidents sur plus de 3 décennies) ont été prises par le même voleur. Aucune n’était une plante d’intérieur ordinaire (personne n’a pris la peine de voler ma plante araignée, par exemple, bien qu’il s’agisse d’un spécimen parfaitement charmant). Elles étaient toutes des «objets de collection» à un certain degré.

Je constate que les plantes volées cet été n’étaient pas aussi pesantes que certaines prises par le passé: mon voleur vieillissant n’a peut-être plus la force de s’enfuir avec des pots lourds, comme l’énorme clivia en fleurs dans un pot en argile de 40 cm qui a disparu il y a une vingtaine d’années.

Que faire?

Ill.: vectorstock.com, montage: jardinierparesseux.com

Malgré la pancarte d’avertissement ci-dessus, je n’ai pas l’intention de faire quoi que ce soit à ce sujet et personne ne sera composté.

Et inutile de signaler le vol à la police: la valeur marchande des plantes volées n’est pas très grande. D’ailleurs, porter plainte pour un vol de végétaux semble relativement insignifiant; laissons les policiers courir après les braqueurs de banque! Aussi, j’aime ma façon de jardiner et je ne vais pas enfermer toutes mes plantes à l’intérieur tout l’été tout simplement parce que, toutes les quelques années, quelques-unes disparaissent. C’est plus la joie de voir pousser les plantes disparues qui me manque: j’avais du plaisir à les imaginer continuer de se développer et grossir.

Donc, si vous êtes le voleur et que vous lisez ceci, ne recommencez plus, s’il vous plaît. C’est très bouleversant pour la victime… moi! Si vous voulez une de mes plantes, demandez-la-moi. Je donne fréquemment des plantes à des gens quand je sens qu’ils sont intéressés. Mais vous ne devriez pas prendre des plantes aux autres sans demander la permission. Comme ma mère aurait dit, ce n’est pas gentil!

Quitter la version mobile