
Que vérifie-t-on lors d’une analyse?
En général, une analyse de sol comprend les éléments suivants:
Type de sol (granulométrie): est-il argileux, sablonneux ou limoneux? Ce détail influence à la fois la culture et les traitements recommandés.- Acidité/alcalinité: on mesure le pH du sol pour déterminer son acidité ou alcalinité. L’échelle de pH varie de 4 (très acide) à 8 (très alcalin), le chiffre 7 marquant la neutralité. En général, les cultures demandent un pH légèrement acide à neutre, soit de 6,0 à 6,5, mais les plantes acidophiles (rhododendrons, bleuetiers, etc.) préfèrent un sol nettement acide (4,5 à 6,0). La valeur du pH tampon renseigne sur la quantité de chaux à ajouter pour corriger l’acidité du sol et atteindre le pH voulu.
- Teneur en phosphore (P): l’analyse permet de mesurer la quantité d’acide phosphorique présent dans le sol. Le phosphore est nécessaire pour favoriser le développement des racines et la croissance générale de la plante. Il joue aussi un rôle important sur la production et le mûrissement des fruits.
- Teneur en potassium (K): l’analyse fournit la quantité de potassium disponible dans le sol. Le potassium rend les plantes plus résistantes aux insectes, aux maladies et aux stress tels que la sécheresse. Il joue un rôle important dans la floraison, améliore la saveur des fruits et intensifie leurs couleurs.
- Teneur en oligoéléments: elle comprend des éléments dont les plantes ont besoin pour bien croître, mais en quantités plus limitées que le NPK, tels que le calcium, le magnésium et le fer. Par contre, même s’il n’en faut pas beaucoup pour obtenir une belle croissance, la présence de ces minéraux est essentielle pour la santé de la plante.
Il peut paraître curieux que l’analyse en laboratoire ne vérifie pas la teneur en azote (N) dans le sol. Pourtant, c’est l’élément le plus important ?dans la croissance des végétaux! Mais l’azote est l’élément le plus volatil et son teneur monte et descend selon une foule de facteurs, même la température. Faire une analyse de l’azote ne vaut presque que pour le moment et sous les conditions où l’analyse a été faite. Les résultats de toute analyse présumeront que le sol aura besoin d’un ajout d’azote: tous les sols en manquent de toute façon!
Où faire l’analyse?
Le service d’analyse du sol est disponible dans les jardineries les plus importantes ainsi que dans plusieurs grandes surfaces… mais pas de façon très visible. Il n’y a pas un petit laboratoire au cœur du magasin au vu et au su de tous. Il faut demander la trousse. En général, on vous remettra un sac ou un pot dans lequel mettre votre échantillon et une formule à remplir, formule qui indiquera notamment au laboratoire ce que vous voulez faire dans le jardin où la terre sera analysée.
Il suffit alors de ramener la trousse à la maison, de prélever des échantillons de terre et de les ramener au magasin.
Quand prendre un échantillon?
Il n’y a pas de saison attitrée aux analyses de sol. On peut faire des prélèvements à tout moment quand le sol n’est pas gelé. Le moment idéal est l’automne, car si vous devez appliquer de la chaux pour corriger une acidité excessive (le problème le plus souvent rencontré), elle n’agit que très lentement. En l’appliquant à l’automne, la chaux aura tout l’hiver pour modifier la qualité de votre sol. Cela dit, la plupart des jardiniers préfèrent faire l’analyse au printemps, avant de débuter la saison de jardinage. Donc, dès que le sol est dégelé… et attendez quand même qu’il se dessèche un peu!
Si vous avez chaulé votre terrain récemment ou fait des applications d’engrais ou de compost dans les dernières semaines, vaut mieux attendre que le sol retrouve son équilibre avant de faire l’analyse.
Préparer son échantillon
Avant de commencer, lavez bien votre outil de prélèvement (les professionnels utilisent une carotteuse, mais un transplantoir, ou truelle de jardin, suffit), le rinçant bien pour éliminer toute trace de savon. Prenez l’équivalent de quelques grosses cuillerées à table de terre à environ 15 à 30 cm de profondeur, soit dans la zone des racines. N’utilisez pas la terre de surface qui contient souvent des éléments qui peuvent faire fausser les résultats. Versez cette terre dans le sac ou le contenant et prenez d’autres prélèvements à différents endroits du même potager, de la même pelouse, de la même platebande, etc. pour un total d’environ six prélèvements (plus si le jardin est très vaste), cela assurera un portrait plus global du secteur qu’un seul échantillon.
Enlevez les pierres, les bouts de bois, etc. avec des gants, s’il le faut (il ne faut pas y toucher avec vos mains, car elles peuvent contaminer le sol et fausser les résultats) et mélangez bien le tout. Il faut environ 250 ml de terre pour l’analyse; si vous avez beaucoup trop de terre, enlevez le surplus.
Apportez maintenant l’échantillon au marchand. Normalement, il vous contactera dans environ deux semaines avec les résultats. Le coût? Environ 20$.
Les résultats de l’analyse
Fréquence
Tout jardinier devrait prendre l’habitude de faire analyser son sol en laboratoire tous les 4 ou 5 ans. Ainsi si le sol s’acidifiait peu à peu, un problème commun notamment quand on fertilise beaucoup ou quand le sol d’origine était très acide (tout sol tend à retourner peu à peu à son pH d’origine), vous le sauriez avant que les plantes commencent à s’en souffrir. Et si votre sol devient un peu trop pauvre en minéraux, vous le sauriez aussi. Pour le potager, faites faire l’analyse aux 2 ou 3 ans, car les légumes, on les veut de toute première qualité!
