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2020: l’année de la ruée vers le jardinage

Malgré la pandémie de la COVID-19, 2020 a été une année formidable dans le monde du jardinage! Photo: deanteamchicago.com

2020 a certainement été une année mémorable dans le domaine du jardinage. Non pas qu’elle ait débuté de manière particulièrement saisissante, même si, dès janvier, les entreprises semencières, les vendeurs de végétaux par vente postale et les fournisseurs d’outils ont commencé à constater une forte augmentation des ventes. C’est vraiment avec la crise du COVID-19 et le confinement qui a suivi que la ruée vers le jardinage a débuté. 

Après le choc initial d’une pandémie mondiale imminente et la réalisation que beaucoup d’entre nous ne voyageront probablement pas bien loin de chez nous dans les mois à venir, une sorte de panique s’est emparée du monde.

Tout d’un coup, tout le monde jardinait comme si leur vie en dépendait. Une étude américaine révèle que les jardiniers déjà expérimentés ont consacré en moyen 2 heures supplémentaires par jour au jardinage pendant le confinement. Mais surtout, c’était l’arrivée massive de jardiniers novices sur le marché qui a fait tant de différence. Toutes sortes de personnes qui n’avaient jamais jardiné auparavant, ni même été dans une jardinerie, se sont soudainement lancées dans ce passe-temps. Et beaucoup d’entre elles étaient des jeunes, des moins de 35 ans, un groupe réputé peu intéressé par le jardinage. Quelque 16 millions (oui, des millions!) de gens ont déclaré avoir commencé à jardiner pour la première fois en 2020 aux États-Unis. Et les résultats sont similaires un peu partout au monde. C’est énorme! Et il est bien connu qu’une fois que les gens contractent le virus de la passion du jardinage, ils jardineront pour le reste de leur vie.

Les gens ont réalisé qu’ils pouvaient jardiner n’importe où, même sur un balcon ou un rebord de fenêtre. Photo: tayloronhistory.com

Une partie de cette recrudescence est causée par le fait que le jardinage est quelque chose que vous pouvez faire à la maison. Tout ce dont vous avez besoin est un petit bout de terrain ou même juste un pot sur un balcon. Aussi, se lancer dans le jardinage coûte déjà très peu, ce qui permet à tout le monde de le faire… et encore à moindre coût avec le temps. 

Cependant, la sécurité alimentaire était également une préoccupation. Si les choses commençaient à sérieusement mal aller, serait-il encore possible d’acheter des fruits et légumes frais? Ou seraient-ils abordables? (La réponse s’est avérée être «oui» dans le premier cas, mais de plus en plus «non» dans le second, certainement pas si la pandémie vous a coûté votre boulot.)

Tant de gens se sont impliqués dans le jardinage en 2020, beaucoup pour la première fois! Photo: homegardenandhomestead.com

Le concept du jardin de la victoire – développé à l’origine pendant les deux guerres mondiales comme un moyen pour les gens de contribuer à l’effort de guerre en cultivant leur propre nourriture et ainsi de ne pas drainer leur pays des ressources précieuses qui pourraient aller aux troupes – était soudain le synonyme de jardinage en 2020. 

Curieusement, j’ai écrit un blogue sur le sujet du jardin de la victoire en janvier 2020, 2 mois avant le début de la pandémie. Non pas que je prétends avoir le don de lire dans l’avenir, mais il faut admettre que c’est une coïncidence intéressante. Certainement, le terme «jardin de la victoire 2.0» était sur toutes les lèvres en 2020. Je suis une des premières personnes à l’utiliser et j’ai même écrit une demi-douzaine de blogues sur le sujet au cours de l’année, avec l’idée d’aider les novices du jardinage à trouver le succès.

Peu importe pourquoi, ce qui est clair est que le jardin de la victoire — ce petit potager familial installé dans une cour ou sur un balcon — est devenu extrêmement populaire presque partout en 2020. L’idée est de consacrer un tout petit espace à un potager afin de mettre sur la table des aliments frais, sains et du terroir. Quelque 67% des adultes interrogés dans un sondage américain ont déclaré avoir cultivé des plantes alimentaires cette année, presque deux fois plus qu’en 2019. Même dans ma propre famille, les «petits-enfants qui n’avaient jamais jardiné» (environ la moitié de la couvée) se sont soudainement mis à la culture des légumes et ont présenté fièrement des photos de leurs résultats sur Instagram.

Le jardinage ornemental, par contre, semblait faire du surplace en 2020. Bien sûr, beaucoup de gens ont cultivé des fleurs, en particulier sur le balcon — d’ailleurs il y avait une nette augmentation des ventes de semences et de plants de végétaux ornementaux aussi —, mais ce détail ne semblait pas faire de vague. On dirait que, en 2020, les gens étaient un peu gênés d’admettre qu’ils cultivaient des fleurs uniquement pour l’embellissement quand tant d’autres cultivaient des légumes pour assurer leur survie. 

Les plantes d’intérieur: si vous n’en cultivez pas ces jours-ci, vous passez pour étrange! Photo: society19.com

Mais le jardinage à l’intérieur aussi a pris de l’ampleur en 2020. La passion pour les plantes d’intérieur était déjà devenue très intense parmi les 35 ans et moins (étudiants, jeunes parents, travailleurs récemment engagés, etc.) depuis quelques années maintenant, mais en 2020, elle a explosé. Maintenant que le travail et même les études à domicile sont devenus soudainement une nécessité pour un grand nombre de gens, l’idée d’avoir quelques plantes avec lesquelles partager son espace de travail personnel semblait une très, très bonne idée. Quand on sait que juste la présence d’une plante ou deux dans le décor a un effet positif majeur sur le moral, c’est facile à comprendre.

Les centres de jardinage ont fait fortune

À leur réouverture, beaucoup de jardineries ont rapidement écoulé leur inventaire de végétaux dans un temps record! Photo: Randy Vazquez, Bay Area News Group

Il est difficile de trouver un seul fournisseur de végétaux, de semences ou de produits de jardinage qui n’a pas connu une année d’expansion en 2020. Bien que certains aient été contraints à se confiner pendant un court moment, cela n’a généralement pas duré. Et quand ils ont rouvert, la plupart ont été pris d’assaut par des foules d’acheteurs avides de plantes, tous les nouveaux jardiniers mentionnés ci-dessus s’ajoutant à la ruée printanière habituelle vers les végétaux, avec des files d’attente monstres avant de même pouvoir pénétrer la jardinerie. Les horticulteurs n’avaient jamais rien vu de tel! Dans certains cas, les plantes se sont vendues directement à partir du camion de livraison: il n’y avait même pas assez de temps pour les placer sur les tablettes!

Vous rappelez-vous aussi la situation chez les semenciers — ceux qui préparent les sachets de semences de légumes et de fleurs — au printemps dernier? Ils étaient tellement submergés par les demandes supplémentaires que beaucoup ont dû cesser de prendre des commandes. Ou ont dû fermer, souvent pendant des mois, pour rebâtir leurs stocks? J’ai été pris dans l’engrenage: plusieurs de mes commandes de semences, toujours livrées illico presto les années précédentes, sont arrivées en retard en 2020. J’ai dû fouiller dans mes réserves de vieilles semences «probablement périmées» pour combler le déficit.  

Sachez que les ventes exubérantes n’ont pas arrêté au printemps; elles se sont poursuivies tout au long de la saison, jusqu’à la fin. Les ventes de bulbes, par exemple, la dernière grande occasion de vente de l’année dans la plupart des jardineries, ont tellement augmenté cette année que beaucoup d’étalages se sont complètement vidés dans les 2 semaines suivant l’arrivée des bulbes en magasin, ce qui n’avait jamais été vu auparavant.

Alors… si vous êtes un marchand de plantes, vous avez certainement eu une année record en 2020!

Jardins fermés, puis rouverts

La plupart des jardins publics du monde entier ont été fermés au début de l’isolement du COVID-19. Photo: france24.com

Et puis il y a eu la fermeture des jardins publics. Les parcs sont généralement restés ouverts (et en fait, étaient souvent bondés de gens cherchant des activités sécuritaires à faire en plein air), mais la plupart des jardins ont été fermés pendant au moins un certain temps alors qu’ils cherchaient à rendre les visites de jardins sécuritaires pour tous. Et la plupart ont réussi. Certes, à la fin de l’été, presque tous les jardins que je connais étaient à nouveau ouverts au public, mais avec certaines restrictions. C’était un tel plaisir de pouvoir les parcourir à nouveau, bien que certains aient souffert de graves difficultés financières à cause de leur longue fermeture, car il faut quand même payer les employés pour entretenir un jardin même si personne ne paie un prix d’entrée. (Assurez-vous donc de visiter votre jardin public local plus souvent en 2021 pour lui donner un coup de main.)

Mon cas

Oui, c’est moi, dans mon environnement naturel, ma serre, avec ma moustache COVID-19.

Pour moi, c’est-à-dire Larry Hodgson, l’homme derrière le blogue jardinier paresseux, la crise du COVID-19 a eu de multiples effets.

Vous ne le savez peut-être pas, mais en plus d’être un blogueur passionné du jardinage qui publie quotidiennement et gratuitement des informations sur le sujet, je suis également un journaliste horticole qui travaille à la pige. D’ailleurs, je suis même un ancien président de l’association Garden Communicators International (GardenComm), le regroupement mondial des journalistes horticoles. 

En fait, je gagne ma vie à partager mes connaissances et trouvailles sur le jardinage et c’est ce revenu qui me permet de faire fonctionner ce blogue. Je n’ai pas de salaire normal, je n’ai pas de vacances payées, je n’ai pas d’avantages sociaux, je n’ai pas d’horaire de travail fixe: je suis totalement indépendant. Je fais ce métier depuis bientôt 40 ans, en dehors de quelques emplois pris à l’extérieur les premières années.

Les conférences? Annulées, toutes!

Annulation des conférences présentielles, baisse majeure dans mes revenus.

Le premier changement évident concernant le COVID-19 qui m’avait affecté est que les conférences en personne (on dit maintenant «présentiel» pour ces activités où le conférencier est devant vous) que je devais donner en 2020 ont toutes été annulées. Au début, provisoirement, mais quand le confinement et les restrictions sur les rassemblements de groupe ont été imposés et qu’il est devenu clair qu’ils resteraient en fonction plus que quelques semaines, c’était la débandade totale. J’avais 64 conférences présentielles réservées de mi-mars à la fin de décembre 2020. Toutes ont été annulées. 

Un petit nombre ont été reprises sous forme de conférences virtuelles ou de webinaires, notamment sur Zoom, et quelques autres vidéoconférences se sont ajoutées aussi au cours de l’année. Curieusement, je n’avais même jamais donné de conférence virtuelle auparavant, mais finalement, j’en ai présenté 12 en 2020. Malgré ses ajouts, financièrement, la perte de conférences fut un coup dur pour moi. Environ la moitié de mes revenus habituels disparus, c’est difficile à avaler! 

Voyages horticoles: également annulés

Aucun voyage horticole non plus!

Je dirige des groupes de jardiniers lors de visites de jardins depuis près de 40 ans, et ce, partout dans le monde. J’avais 8 de ces voyages à mon agenda pour 2020 lorsque le confinement a commencé. Bien sûr, aucun n’a pu avoir lieu. Même si la visite d’un jardin en plein air peut être en soi très sécuritaire, s’y rendre en autobus avec de multiples montées et descentes du véhicule, des arrêts réguliers dans les restaurants, des séjours en hôtel, etc.: ce n’était vraiment plus envisageable. Donc, encore une perte de revenu.

Étais-je inquiet pour ma situation financière? Bien sûr!

Côté positif

Mais j’ai d’autres revenus. J’écris des articles pour divers journaux, magazines et sites Web. Ce travail s’est maintenu et a même augmenté un peu. (Avec plus de gens qui jardinent, plus de gens ont besoin d’informations sur le jardinage!) Je fais aussi de la traduction dans le domaine de l’horticulture. Cela aussi est resté stable.

Je gagne également de l’argent grâce aux publicités qui apparaissent sur ce blogue. Je pense que vous seriez surpris du montant que je gagne de cette façon: certainement bien en dessous du salaire minimum, si vous comptez les heures que je consacre à l’écriture et à la préparation du blogue (environ 6 heures par jour), mais quand même, un revenu est un revenu, aussi minime soit-il et je l’apprécie.

J’ai également atteint 65 ans en 2019. Cela signifie que je reçois désormais une pension de vieillesse du gouvernement. Donc, je n’ai pas besoin d’autant de revenus de travail pour survivre que par le passé. La pension est insuffisante pour maintenir mon style de vie actuel de banlieusard de classe moyenne (un statut que j’adore!), mais contribue quand même à maintenir mes finances à flot. 

Non, pas de prestation d’intervention d’urgence pour moi!

Et non, je n’étais pas admissible à la prestation d’intervention d’urgence, offerte par différents gouvernements aux personnes qui avaient cessé de travailler en raison du COVID-19… car je n’ai jamais arrêté de travailler! D’ailleurs, c’est le contraire! Je n’ai jamais autant travaillé de ma vie! 

J’ai été tellement surchargé de questions au printemps dernier que j’ai sérieusement songé à tout lâcher. Photo: wolverhamptonhypnotherapy.co.uk

Au printemps, le nombre de questions sur le jardinage que je reçois quotidiennement par courriel et auxquelles je me suis toujours efforcé de répondre a doublé, puis triplé. Évidemment, sans aucune augmentation de revenu pour compenser (je réponds aux questions bénévolement). Il a fallu que je travaille jusqu’à tard en soirée, sept jours par semaine, pour y parvenir et j’ai même dû refuser des contrats payants, faute de temps pour les terminer. Pour la première fois de ma carrière, j’étais réellement au désespoir. 

Finalement, sur le conseil d’une amie inquiète (merci Martine!), je me suis résolu à accepter que je ne pouvais plus répondre à toutes les questions que je reçois. Cela me déçoit, car si les gens prennent la peine de m’écrire en posant des questions, c’est qu’ils cherchent désespérément une réponse. Mais il faut que je songe aussi à ma santé mentale. Donc, j’alloue désormais 2 heures par jour pour répondre aux questions et je les pige au hasard. Si je ne peux pas répondre, j’envoie un message pour aviser la personne qu’elle n’a pas été choisie. Voilà: c’est le mieux que je puisse faire. Et je ne vois pas d’autre solution. Pour moi, par exemple, il est impensable de rendre le site Web jardinier paresseux payant: il faut qu’il soit disponible à tous!

De retour au côté positif des finances, j’avais beaucoup moins de dépenses en 2020 que par le passé. Pas d’essence (d’accord, ma voiture était l’une des premières autos hybrides, mais avait quand même besoin d’essence), pas de repas de restaurant à acheter, aucune chambre d’hôtel. Et j’ai fini par donner ma voiture. De toute façon, elle passait semaine après semaine dans l’entrée, ne servant strictement à rien. Et elle était si vieille, rouillée et fatiguée (il y avait près de 400 000 km sur le compteur de vitesse) que la vendre aurait rapporté très peu. Alors, j’ai donné à un ami dans le besoin. Finito! Si j’ai besoin d’auto à l’avenir, je la louerai!

Quelques-uns des livres en français que j’ai écrits au fil des ans.

Mais ce qui m’a sauvé financièrement, finalement, c’est la vente de livres. Tout d’un coup, les livres horticoles semblent plus populaires que jamais. À la surprise de tous, mon livre sur les semis, lancé en février, était déjà épuisé à la fin d’avril. C’est du jamais vu! Et de la deuxième nouveauté de l’année, sur les plantes d’intérieur, lancée en septembre, il ne restait plus que quelques exemplaires, même si mon éditeur a fait imprimer 4?500 exemplaires, théoriquement assez pour 4 ans. Les deux sont en cours de réimpression et seront relancés cet hiver (semis) et au printemps (plantes d’intérieur). Et deux de mes livres, dont un nouveau que je viens de terminer, ont été sélectionnés par le club-entrepôt Costco (bien que juste au Québec) pour la vente en 2021. C’est tout un honneur et devrait assurer de bons revenus en 2021!

Facebook Live

Je présente maintenant une émission Facebook Live chaque semaine.

Une nouveauté pour 2020 a été l’émission Facebook Live que je présente désormais les mercredis à 10 h. Il suffit d’aller sur Facebook à l’heure indiquée et d’entrer «Jardinier paresseux» pour la trouver. L’idée d’origine était d’offrir au grand public une heure de conseils de jardinage pendant le confinement COVID-19, mais je pense à continuer même quand les choses reviendront à la normale… ou plutôt, si elles reviennent à la normale. 

Maintenant, cette émission est offerte conjointement à la radio CKIA-FM 88,3, la radio communautaire de Québec, aussi. Elle atteint environ 20?000 personnes par semaine: un beau succès. Mais je ne peux pas l’inclure au bilan de mes finances: elle ne rapporte aucun revenu.

La joie du jardinage

Pour moi, la vraie joie de 2020 a été le jardinage.

J’ai, évidemment, toujours jardiné, et ce, depuis que je suis enfant, mais depuis déjà de nombreuses années, avec tous les déplacements que je dois faire pour les conférences et les visites de jardins, ainsi que les émissions de télévision à enregistrer dans divers endroits souvent très loin de chez moi, je ne pouvais tout simplement pas être assez présent pour vraiment prendre soin de mon jardin de manière adéquate. Il me semble que je n’étais jamais là aux bons moments, notamment pour m’occuper de l’arrosage et pour contrôler les ravageurs. Cette année, par contre, j’y étais. Tous les jours. Plusieurs fois par jour.

Moi dans mon jardin bien-aimé l’été dernier: j’y suis tellement heureux

Alors quel plaisir cet été d’avoir pu me promener dans le jardin chaque fois que j’en avais envie! Je ne suis pas un habitué des pauses-café et n’en ai d’ailleurs jamais prises, même lorsque je travaillais dans un bureau extérieur, mais j’adore prendre des pauses jardinage. Deux, trois, même quatre par jour. Surtout quand je suis débordé et n’arrive plus à penser clairement. Ce n’est pas du jardinage intensif. Je ne fais qu’errer dans les différentes parties de mon terrain, regardant comment mes plantes poussent, humant l’air et écoutant les oiseaux. D’accord, je cueille quelques légumes, j’arrache une mauvaise herbe si j’en vois une, je replace une tige de tomate vagabonde dans sa cage, je soulève quelques feuilles pour vérifier en dessous, etc., mais c’est tout à fait en douceur, comme dans un rêve. Et je passe mon été avec l’index le plus sale que vous n’avez jamais vu: à force de l’enfoncer toujours dans le sol pour voir quelles plantes ont besoin d’arrosage, la saleté finit par s’impreigner sous mon ongle et dans la peau et ne part plus. 

Se promener tranquillement dans le jardin, la tête perdue dans les rêves, est pour moi un pur délice. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’y sens tellement heureux!

La pollinisation d’une fleur de courge. Photo: sendjoelletter

Les années précédentes, je pollinisais parfois à la main mes concombres et mes courges, quand je le pouvais et quand je pensais qu’il n’y avait pas d’abeilles dans le secteur. Cette année, je pense que j’ai pollinisé toutes les fleurs femelles. Ce n’était sûrement pas toujours nécessaire, mais… tant que passer à côté du jardin, pourquoi pas? Cela donnait un petit but à mes déplacements. De plus, les abeilles ne sont pas toujours fiables: en faisant la pollinisation moi-même, je suis assuré d’obtenir un fruit. Le vieil adage est vrai: on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Même si cela signifie faire l’abeille afin de maximiser la récolte.

En conséquence de tout cela, nous avons produit trop de légumes cette année. Non pas que j’aie planté plus que d’habitude; c’est juste que le rendement était tellement supérieur. Ma femme est la cheffe cuisinière de la famille et la responsable des conserves et elle a littéralement rempli tout l’espace de rangement que nous avions. Nous en avons aussi donné beaucoup. Et, fait rarissime, je n’ai même pas pris la peine d’essayer de faire mûrir ces dernières tomates vertes à l’intérieur cette année. Elles ne sont jamais les meilleures de toute façon. Qu’aurais-je fait d’elles?

Si mes plantes ont beaucoup apprécié l’attention que je leur ai portée, les ravageurs n’ont pas aimé ma présence constante! Je ne pense pas avoir perdu une seule plante face aux prédateurs cette année. En fait, à peine une feuille ou deux! Même la marmotte s’est tenue au loin, découragée, il faut croire, par ma tendance à sortir de façon répétée et à l’improviste à toute heure du jour et de la nuit (je prends un malin plaisir à repérer et écraser les limaces la nuit avec mon téléphone en mode lampe de poche.) J’étais toujours là au moment où les ravageurs commençaient leur attaque. Et combien de bestioles diverses ai-je écrasées, vaporisées de savon insecticide ou lancées dans un bol d’eau savonneuse? C’est incroyable de voir à quel point on peut garder le contrôle sur les prédateurs lorsqu’on est là tous les jours pour s’en occuper!

Donc, cela va paraître étrange, mais pour moi, 2020 a été une année exceptionnelle, une excellente année. Bien que j’en aie dépensé la plus grande partie en confinement et que je n’ai vu mes petits-enfants que par la fenêtre, en plus d’avoir été proche de la catastrophe financière, c’était l’une des meilleures années de ma vie. Vraiment glorieuse! 

J’espère que vôtre année a été tout aussi merveilleuse!

Ill.: tropsimple.com
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